DE LA THEORIE…

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Confrontée à la haute probabilité d’une déstabilisation climatique globale et à son impact anticipé en termes de détresse humaine, une réflexion plus spécifiquement philosophique viserait en particulier

  • à ménager l’espace théorique des synthèses interdisciplinaires requises
  • à constituer un think tank à l’usage des acteurs du champ social et politique.

Ses axes principaux seraient les suivants :

Rompre avec notre système de représentations.

Celui-ci est globalement inadéquat et fait désormais obstacle à une nécessaire prise de conscience. Il importe de penser le réel dans sa complexité et sa continuité, c’est-à-dire de renoncer à notre tropisme à la fois causaliste, analytique et substantialiste.

Ce qui survient est émergence, c’est-à-dire résultante aléatoire d’un faisceau de facteurs variables, aux effets non linéaires, jamais entièrement déductible des conditions précédentes. Il n’y a de causalité simple que dans les manuels de physique et les lois qu’on y énonce sont des approximations analytiques du réel, les lettres d’un alphabet qu’il ne suffit pas de connaître pour savoir lire.

C’est parce que le monde est une entité essentiellement complexe et chaotique qu’il fait émerger des formes nouvelles mais la condition de leur surgissement est aussi celle de leur disparition.

Se donner les moyens d’agir.

Parce que nous sommes dans le déni, nous exposons déjà les plus vulnérables. Il n’y a pas, en ces matières, d’évidence du mal ; c’est pourquoi le devoir préalable est un devoir d’intelligence.

Les pays qui détiennent à la fois le pouvoir économique et le pouvoir décisionnaire sont majoritairement des démocraties. En démocratie l’homme politique, pris entre les certitudes des économistes et les principes déontologiques des scientifiques, entre les exigences de son électorat et ce que la raison commande, prend presque toujours des décisions à court terme, remettant à plus tard la solution des problèmes. Une action politique qui répondrait de l’avenir ne peut donc en appeler qu’à la moralité.

Hans Jonas 1 reformule l’impératif catégorique à la mesure des risques :

« Agis de telle manière que ton action soit compatible avec le maintien d’une vie authentiquement humaine sur Terre. »

Mais avons-nous besoin d’une nouvelle morale ? Nous avons déjà commencé à ruiner des vies et à confisquer celles de nos enfants.

Pour une encyclopédie écosophique en ligne.

Cette forme nous paraît commandée à la fois

  • par l’urgence de mettre à la disposition du plus grands nombre d’acteurs sociaux la plus grande quantité d’informations disponibles
  • par les caractères propres du site web (merci à WordPress de nous accueillir) permettant de rassembler la matière de nouveaux articles et d’approcher de nouveaux rédacteurs.

Wikipedia constituerait le modèle de développement de cet outil, en particulier parce qu’un tel système rend possible :

  • l’appel aux contributeurs et aux traducteurs
  • l’ouverture aux critiques, suggestions et propositions.

Bienvenue à tous  /  Welcome to everyone

Muriel Grimaldi

PS  Tout ça, c’était il y a un peu plus d’un an, quand je me faisais encore des illusions et imaginais des flopées de contributeurs tombant du web. La solitude aidant, le projet encyclopédique s’est subrepticement transformé en « dictionnaire philosophique » au jour le jour ; adieu Diderot, bonjour Voltaire. Après tout, c’est utile aussi.

Références
1. « Le principe responsabilité »