Agroécologie

Image 1Formellement il s’agit d’une modalité de la production agricole qui enrôle les différentes composantes de l’environnement de la plantation principale, aussi bien des végétaux, des animaux, des champignons, natifs ou apportés, afin d’en obtenir les services écosystémiques capables de l’optimiser, en réduisant autant que faire se peut les interventions artificielles. Du point de vue de l’économie politique l’agroécologie vise à produire dans les mêmes proportions que l’agriculture industrielle mais en se dispensant de répandre dans les champs les intrants habituels (engrais et pesticides) et d’y perpétuer des pratiques destructrices (anéantissement des organismes terricoles et compaction des sols). Ce but ne peut être atteint – car il l’est effectivement – que par des pratiques raisonnées et des stratégies complexes. Certaines associations particulières de plantes (ou de petits élevages complémentaires) vont suppléer en particulier aux engrais chimiques. C’est le cas des légumineuses qui, en fixant directement l’azote de l’air, couvriront les besoins des céréales associées. D’autres plantes, en bordure de champ, éloigneront tel ou tel ravageur spécifique. D’autres encore, avec des systèmes racinaires différents, augmenteront la capacité du sol à retenir l’eau de pluie et permettront de constituer les réserves nécessaires à la récolte. Celle-ci faite, on pourra encore opter pour une plantation de couverture capable de préserver la fertilité du sol.
On aura compris que l’agroécologie constitue le troisième moment de la révolution néolithique. Elle est, au delà des erreurs de l’agriculture industrielle, le retour aux pratiques paysannes (et elle a permis de valider nombre d’entre elles) mais avec le secours de l’agronomie, ( biochimie et microscopie des sols, en particulier).
Mais plus que cela encore : elle est l’agriculture de l’avenir. Non seulement elle limite les émissions de G.E.S. (fin du labourage profond, du transit des intrants et du pétrole qui les alimentait) mais encore elle seule permettra de faire face au pic du phosphate, matière première des engrais et de quelques autres productions industrielles, en voie d’épuisement. Accessoirement elle libère l’agriculteur de sa position de simple exécutant en restaurant son sens de l’observation, son savoir et sa créativité comme principes de son travail. C’est que l’agroécologie est nécessairement diverse et créative. On sait qu’une faible variation de relief ou d’exposition n’appelle pas le même couvert végétal. La sécurité alimentaire de demain et la résilience des unités de production dépendront de ce savoir et de ce savoir faire.

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