Barrage

Ouvrage d’art réalisant l’interruption d’un cours d’eau afin de produire de l’électricité par un écoulement contraint dans des loges occupées par des turbines.Image 1

Les barrages permettraient également de réguler le cours des fleuves et rivières, de constituer des réserves d’eau, et de mettre en place une agriculture irriguée.

Il est incontestable que, sur le plan de la production d’électricité et comparativement aux centrales thermiques et nucléaires, les barrages constituent un moindre mal. Pour autant ils ne sont pas dépourvus  d’impacts négatifs.

Un barrage, c’est d’abord toute une population qu’on prive de son lieu de vie et qu’on déplace dans une zone inoccupée et donc généralement peu vivable. Où vont aller, par exemple, les Indiens Kayapos si le gouvernement brésilien persiste dans son projet de barrage à Belo Monte ? Il leur faudra trouver une région de l’Amazonie qui ne soit ni occupée par une autre tribu, ni ravagée par les fronts pionniers et les incendies qui vont avec, ni empoisonnée par le mercure des chercheurs d’or…

Un barrage, c’est ensuite une masse considérable d’eau qui s’amasse sur un substrat rocheux, induisant des failles et provoquant des tremblements de terre. On peut toujours prétendre que le fameux barrage des Trois Gorges en Chine, record du monde actuel en la matière, permet d’éviter les inondations liées aux crues… mais aucun ingénieur au monde ne peut affirmer qu’il ne cédera pas sous la pression des inondations ou du fait d’une fracture rocheuse sous-jacente.

Quant aux bénéfices agricoles, ils sont plus que discutables. En moyenne l’irrigation permise par un barrage engendre une surface agricole équivalente à celle qu’il a fallu détruire pour le construire ; simplement ce n’est plus la même. L’agriculture de rente sur larges parcelles remplace l’agriculture paysanne vivrière… Du moins pour un temps. En zone tropicale sèche, la salinisation dégrade rapidement les terres irriguées ; en zone tropicale humide, ce sont les turbines du barrage qui s’envasent.

A ce bilan il faut ajouter les impacts sanitaires, les eaux stagnantes du lac de retenue constituant le milieu idéal pour un certain nombre de parasites et de vecteurs de maladies.

L’avenir énergétique passe en tout premier lieu par l’économie et ensuite par les petites unités locales de production d’énergie renouvelable.

MG

Raoni ou la détresse des Indiens

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.