Biodiversité

Concept complexe – mais indispensable à l’évaluation des impacts actuels des activités humaines sur le système Terre – le terme de biodiversité  peut désigner  aussi bien la richesse d’un écosystème, les réserves génétiques d’une espèce, ou encore la diversité globale des espèces sur notre planète. Ce sont lesImage 1 atteintes majeures et destructrices de la richesse naturelle des formes vivantes, atteintes en croissance exponentielle depuis la révolution industrielle, qui ont imposé l’urgence de théoriser le rapport d’une humanité, toujours plus nombreuse et prédatrice, à son milieu de vie et bientôt de survie.

L’atout majeur de la préservation de la biodiversité, sous toutes ses formes, c’est en effet la survie de  cette humanité, sous la condition qu’elle devienne mature. Les logiques chrématistiques à courte vue finissent immanquablement par détruire la richesse qu’elles prétendaient exploiter ; et elles sont d’autant plus voraces que cette ressource est gratuite. Le cas de la surpêche est emblématique ; les flottes des pillards des mers raclent tout ce que leurs filets peuvent ramasser, rejetant les animaux morts sans intérêt commercial. Bilan : les espèces commercialement intéressantes n’ont plus le temps de se reproduire, les rejets étendent les zones mortes, le chalutage détruit les écosystèmes  qui leur servaient de pouponnières, les méduses se multiplient…et il n’y aura bientôt plus de poissons à vendre.  Ce n’est pas tout : cette prédation aveugle accélère la fermeture du puits biogéochimique de carbone et participe par conséquent à la déstabilisation climatique globale ; non seulement les bateaux n’auront bientôt plus lieu de sortir en mer mais ils ne seront même plus en sécurité à l’amarrage…

Second point crucial, en effet : la biodiversité rend des services  écosystémiques. L’Amazonie,Image 2 actuellement coupée à blanc par l’industrie des barrages, empoisonnée au mercure par les chercheurs d’or et stérilisée par les fronts pionniers, vient  d’entamer son processus de désertification. On croit généralement que c’est parce qu’il y pleut qu’il y pousse de grands arbres et que la terre est riche ; et l’Amazonie est en effet l’un des plus riches écosystèmes de forêt primaire, avec approximativement 700 espèces vivantes à l’hectare. Mais piller cette richesse en imaginant qu’elle se reconstituera est une illusion. En Amazonie ce sont les feuilles des arbres qui servent de noyaux de condensation à la vapeur d’eau et ce sont leurs racines qui retiennent l’humus formé par leurs feuilles. En Amazonie, c’est aussi parce qu’il y a des arbres qu’il pleut et que la terre est riche…  On abat les arbres ; les dernières pluies lessivent les sols ; les ruisseaux deviennent turbides ; les poissons disparaissent ; quelques taillis repoussent et c’est fini. Et puis, accessoirement, ces grands arbres qui captaient pendant leur croissance  le carbone en excès dans l’atmosphère, rien ne les remplace et les GES continuent de s’y accumuler.

Quand, enfin, Homo Oeconomicus prétend remplacer ce qu’il détruit par l’effet de son génie génétique, il se fait encore des illusions. Ni les VHR, ni les OGM ne seront jamais en mesure de surseoir à ce que le réservoir génétique du vivant a accumulé d’informations depuis de milliards d’années et qui a précisément fait ses preuves, en matière d’adaptation, en traversant jusqu’à maintenant  tous les aléas tectoniques, climatiques et météoriques. Quelle chance y a –t-il pour que, demain, les cultivars des majors de l’agrochimie, vendues à prix d’or et gourmands en eau et en engrais, puissent résister aux sécheresses à long terme, aux chamboulements des saisons, aux espèces invasives pas prévues au programme ? Aucune.  La biodiversité, c’est la vie même. Il y a une indécente abjection de la part de Monsanto and Co à s’acharner, par un lobbying forcené,  sur les paysans qui plantent des graines fermières ou sur les militants qui, comme Jean-François Berthelot, s’efforcent de les reproduire toutes et de les préserver.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.