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STEP

Acronyme de STockage d’Energie par Pompage. C’est la méthode de stockage de l’énergie produite par une source intermittente (solaire, éolienne) la plus performante à grande échelle. Elle consiste à installer deux lacs de retenue d’eau avec une différence d’altitude suffisante pour que l’énergie potentielle du plus élevé soit suffisante pour faire tourner des turbines. La condition préalable est donc de disposer d’un relief adéquat. Après quoi le dispositif permet un lissage permanent de la production : si l’électricité produite est en excès, elle sera dirigée vers des pompes qui feront passer l’eau du bassin le plus bas au plus élevé. En cas de déficit l’ouverture de la retenue du bassin supérieur, grâce aux turbines, produira l’électricité manquante. C’est le dispositif qui a été mis en place à El Hierro, petite île volcanique des Canaries qui a atteint en 2016 une autonomie complète en ENR (sigle d’Energie(s) Renouvelable(s)). Pour le moment on ne dispose pas encore de méthode de stockage de l’électricité produite par ces ENR, laquelle ne peut pas se conserver sous forme ionique, à grande échelle. C’est le point clef de la transition énergétique.

Résilience 2

Capacité qu’ont un corps inerte, un individu ou une communauté vivante, un écosystème (ou autre système complexe), de surmonter un événement brutal, traumatique ou destructeur. En fait ce terme fourre-tout regroupe des réalités très différentes, du corps physique qui encaisse un choc ( ou un changement instantané de température) à l’enfant qui paraît survivre sans trop de difficultés à un traumatisme important, en passant par le village et la forêt détruits par le typhon. L’être vivant, ainsi que l’a montré Georges Canguilhem dans « Le normal et le pathologique » se caractérise par une capacité à fixer lui-même sa propre norme, comme cet arbre qui survit en grand écart entre les deux parois de la faille dans la falaise ; même chose pour un accidenté qui apprend à se déplacer avec une jambe artificielle. On remarquera que dans un cas Image 1comme dans l’autre, « résilience » ne signifie pas exactement rétablissement mais récupération partielle d’une fonction antérieure, ce qui se paye généralement par un surcroît de vulnérabilité. Quant aux communautés, si on laisse de côté la phraséologie managériale dans laquelle ce terme sert habituellement de feuille de vigne à un certain nombre d’obscures manœuvres, leur résilience est nécessairement complexe. Si la forêt a subi un arrachage massif et un glissement de terrain du fait d’un typhon, elle pourra en effet se restaurer dans les endroits dévastés, d’abord en décomposant la biomasse, ensuite en offrant une pouponnière aux petites espèces arborées, enfin en restituant un terrain propice aux arbres qui pourront à nouveau s’y développer. Mais évidemment cela prend du temps, une vingtaine d’années étant donné le temps moyen de croissance d’un arbre, et à condition que la mer ne continue pas à monter…. Le sort de la forêt soumise à l’exploitation humaine est évidemment très différent : la coupe à blanc l’appauvrit en biomasse et la pauvreté variétale ne lui permet généralement pas de reconquérir l’espace perdu. Dans certains cas l’exploitation incontrôlée peut même modifier le climat du biotope. En Amazonie ce sont les feuilles des arbres qui servent de noyau de condensation à la vapeur d’eau et qui, par conséquent, favorisent la pluie ; plus on coupe d’arbres, plus il fait sec ; plus il fait sec, moins les arbres poussent… Enfin les communauté humaines présentent, sur le chapitre de la résilience, deux caractères propres. Comme elles sont capables d’anticiper, elles pourront dans un premier temps restaurer la structure antérieure tout en limitant sa vulnérabilité. Par exemple on reconstruira la partie dévastée du village plus loin de la côte ou plus en altitude. Par contre cette même disposition peut avoir au contraire des effets destructeurs. Si un nouveau typhon arrive les villageois qui ont subi la première dévastation pourraient avoir l’idée de prendre d’assaut le village du plateau et de noyer ses habitants avant de les porter plus tard dans la zone inondée.
Pour le moment ce n’est qu’une fable ; mais elle suffit à montrer que ces résiliences dites communautaires doivent s’édifier avec le plus grand soin. Les aménagements porteront prioritairement sur les dispositifs physiques de préservation de la sécurité, ensuite sur tous les systèmes de production locale d’alimentation, enfin sur la mise en place d’un phalanstère de crise assorti de règles strictes et garantissant à tous les membres de la communauté un droit égal à la survie. Si ce type d’organisation de crise prévaut dans toutes les zones communautaires frappé par l’événement destructeur, on peut espérer à terme voir des échanges se remettre en place et donc de nouveaux réseaux, même en cas de rupture, temporaire ou durable, avec les instances étatiques.

Maladie de Kawasaki

Image 6Maladie émergente apparue au Japon en 1967 et qui a récemment atteint l’Amérique du Nord puis l’Europe. Cette pathologie qui consiste en une inflammation des vaisseaux sanguins, frappe spécifiquement les enfants âgés de cinq mois à six ans. Elle se signale initialement par une forte fièvre, résistante aux antipyrétiques, bientôt suivie par une palette de symptômes : rougissement et gonflement des muqueuses, du blanc des yeux, de la plante des pieds ; gonflement du dos des mains et des pieds, du cou. Des gerçures douloureuses apparaissent sur les lèvres. D’autres symptômes atypiques, d’ordre digestif, peuvent également survenir.
Laissée sans traitement, la maladie de Kawasaki peut induire des pathologies cardiaques et, dans certains cas, entraîner la mort de l’enfant. Elle nécessite une hospitalisation et des injections de gamma globulines ; le traitement est ensuite prolongé au domicile par des prises quotidiennes d’aspirine pendant environ deux mois.
Pour le moment on suppose qu’elle est provoquée par une variété mutante d’un champignon microscopique, du genre candida. Comme on n’en sait pas plus, on ne dispose ni de tests fiables de détection, ni d’un panel préventif.

Nikolaï Vavilov

Nikolaï Vavilov (1887 – 1943) est un botaniste russe, qui, en menant une analyse scrupuleuse du plus grand nombre de plantes possible, est parvenu à déterminer les six grandes familles de cultivars et leur image-1position dans l’arbre phylogénétique. Le travail de collecte qu’il mène avec ses collaborateurs pendant 20 ans, dans plus de soixante pays, peut être considéré, dans la lignée des recherches de Mendel, comme un des fondements de la génétique. Mais surtout Vavilov a l’excellente idée de constituer, à partir des semences ramenées de ces voyages, un conservatoire qui prendra initialement le nom d’Institut Pansoviétique de Botanique appliquée et de nouvelles Cultures et sera initialement localisé à Léningrad. Il est intimement persuadé, avec raison, que la sécurité alimentaire est tributaire de la richesse variétale et que celle-ci doit s’étendre aux congénères naturelles des plantes cultivées.
Malheureusement Vavilov était issu d’une famille aisée et s’opposait en outre aux théories du camarade Lyssenko, lequel venait du milieu paysan et avait donc forcément raison, du moins pour la horde de staliniens alors à la tête du pays. C’est pourquoi ces apparatchiks soviétiques le jetèrent en prison en 1940 où ils le laissèrent mourir de faim, ce qui advint en 1943. En 1966 l’institut finit par prendre le nom de son fondateur – c’est bien le moins – et Saint-Pétersbourg, par retrouver le sien. Il chapeaute 12 stations réparties dans tout le pays. Les collections comportent environ 43 000 espèces de légumes et 5000 espèces de petits fruits. Mais le nombre total des variétés atteint 325 000. C’est dans ce riche patrimoine génétique que l’on peut espérer trouver les configurations génétiques les plus résilientes aux aléas climatiques.
L’Institut Vavilov est l’une des principales banques de semences du monde. Le groupe Seb, qui s’est récemment signalé par la mise sur le marché de petit électroménager réparable, vient de créer près de Lyon une ferme conservatoire issue de semences de l’Institut Vavilov.

Tipping point

… ou point d’inflexion. Valeur d’une variable physico-chimique de l’écosphère qui, une fois atteinte, fait sortir le système dont elle constituait une composante, hors de son état de relative permanence et dans de telles proportions que le retour à l’état d’équilibre antérieur est devenu impossible. Ce que, sur Terre, nous désignons doctement comme « la nature » est en réalité un emboîtement de systèmes chaotiques qui, à partir d’un ensemble de rétroactions, sont parvenus à constituer un système global dans lequel le retour du même assure localement les conditions de reproduction des êtres vivants.
C’est ce fragile équilibre qui est aujourd’hui menacé. Le plus basique de ces points d’inflexion est évidemment la concentration de GES dans l’atmosphère. En 2016 cette concentration a atteint la valeur de 400 ppm ; elle était de 280 avant l’ère industrielle et les climatologues estiment que le point d’inflexion se situe aux alentours de 450 ppm. Le cas de Vénus est emblématique de cette dérive puisque cette planète, sur laquelle l’eau était autrefois abondante, présente une température actuelle au sol de l’ordre de 400°C ; le point d’inflexion en l’occurrence a tenu à un certain point d’abaissement de la pression atmosphérique.
image-2Les autres constantes susceptibles de variations importantes dérivent toutes, plus ou moins directement, de ce premier facteur. Dans les zones polaires à faible ensoleillement ce sont les concentrations de GES qui vont constituer le principal facteur de réchauffement, induisant, en particulier, la fonte de la banquise et des glaciers. Or, contrairement à ce que les climatosceptiques ont longtemps prétendu, la fonte de la banquise arctique n’est pas compensée par l’extension des glaciers de l’Antarctique ; au contraire le « tipping point » vient d’y être franchi pour les glaciers de la presqu’île d’Amundsen. Le vêlage d’icebergs, provoqué par le glissement dû à l’extension des lacs sous-glaciaires, est dores et déjà tellement important qu’on estime que ces glaciers ne se reformeront pas. Leur disparition, à elle seule, se traduira par une hausse générale d’1 m du niveau des mers et océans. La situation en Arctique n’est guère plus favorable ; l’extension de la banquise réduite d’une année sur l’autre, se traduit par un effondrement de l’albédo et donc par un réchauffement progressif des eaux, ce qui réduit encore la formation de la glace pendant l’hiver boréal. Les autres effets directs du réchauffement dans la zone arctique sont la fonte des clathrates et du pergélisol avec libération de méthane et de dioxyde de carbone avec, en conséquence, l’aggravation de la concentration des GES dans la troposphère. Ici aussi on paraît avoir dores et déjà dépassé le point de bascule. A cela il faut ajouter l’acidification de l’eau des océans du fait de la concentration accrue de carbone, ce qui en impactant la calcification et le métabolisme de la micro faune à la base des chaînes alimentaires, pourrait induire la fermeture progressive du puits biogéochimique de carbone que constituaient jusque là les océans.
Enfin le système intégré des courants océaniques qui commande le régime général des précipitations – donc en partie des climats locaux – donne des signes d’altération. La fonte des glaces polaires qui fait descendre aux basses latitudes des eaux froides mais peu denses – puisque la glace se forme en expulsant le sel contenu dans l’eau – rabat la plongée thermohaline vers ces basses latitudes, avec un renforcement du contraste thermique, lequel aura pour premier effet une augmentation des phénomènes climatiques violents dans la zone intertropicale. Ceci constitue un événement de Bond.

Forêts – 2

Image 2Lieu planté d’arbres, naturel ou artificiel. Dans ce second cas il s’agit en réalité d’un champ d’arbres destinés à être coupés et vendus. Sous ce rapport, le pin (ou sapin) Douglas a paru d’abord être le cultivar le plus intéressant : pousse rectiligne et rapide, bon bois d’oeuvre. Il a cependant un inconvénient majeur : il ne laisse rien subsister au sol ou alentour, étant, en cela, plus efficace que tous les autres résineux.
La forêt naturelle est à peu près tout le contraire. Hors exploitation aurifère ou agricole, la forêt d’Amazonie qui est primaire, c’est-à-dire demeurée sur son implantation initiale, présente une richesse variétale record puisqu’elle est capable de faire cohabiter 700 espèces à l’hectare.
Une forêt de cette sorte, naturelle, constitue en réalité un ensemble biodynamique inégalable. Celle-ci a commencé son histoire il y a 65 millions d’années… Des plantes d’espèces différentes poussent et se multiplient ; elles rivalisent en hauteur pour atteindre plus sûrement le soleil et deviennent des arbres ; ou alors elles développent des stratégies ad hoc : molécules pour éloigner les rivales ou feuilles dentelées pour en être tolérées. D’autres plantes ou plantules peuplent progressivement les interstices laissés vacants ; moins exigeantes en lumière ou s’enroulant autour des troncs en place. Tout ça se croise et se bouture et invente tous les moyens de survivre et de se reproduire ; et cela crée indéfiniment. Les feuilles que la lumière n’atteint plus tombent et tapissent le sol et l’enrichissent en nutriments et en humidité ; d’autres graines surviennent et d’autres inventions. Et les animaux de toutes sortes y trouvent leur compte : de quoi se nourrir, se protéger, se reproduire. Au cours du temps les plantes ont multiplié indéfiniment les lieux de vie, les façons d’être. Il suffit de regarder les multiples parcours et activités qu’un oiseau s’invente dans le sous-bois ; c’est le monde qu’il habite.
La forêt, c’est la vie. Que les avides, avec leurs pelleteuses, leurs bulldozers, leur mercure, passent donc au large.

Axe des pôles (déplacement de l’)

On désigne habituellement par cette expression l’axe de rotation de la Terre. Il faut distinguer pôle géographique et pôle magnétique. En effet le champ magnétique terrestre résulte des déplacements de la partie solide de son noyau fer/nickel à l’intérieur de sa partie fluide alors que sa rotation est l’effet combiné de son inertie et de l’attraction gravitationnelle de la lune et du soleil.
Ceci est, comme le reste, une simplification d’une réalité essentiellement complexe. Ainsi le pôle magnétique est-il en train de se déplacer à une vitesse accélérée (au nord, du Canada vers la Sibérie), préludant probablement à une inversion des pôles magnétiques, comme il s’en est déjà produit dans le passé de notre planète.
D’une façon analogue l’axe de rotation est essentiellement complexe ; parmi les facteurs qui le déterminent on distingue en particulier la précession et la nutation.
– Quant à la première, on peut l’appréhender par le fait que cet l’axe ne pointe pas invariablement dans la même direction du ciel ou, plus concrètement encore, que l’étoile polaire a changé au cours des âges. Cette variation résulte d’une composition des forces résultant d’une part de l’inertie rotative terrestre, d’autre part de l’attraction exercée par le soleil sur le bourrelet équatorial, plus importante dans le plan de l’écliptique.
– Quant à la seconde, elle est l’effet de la composition des attractions exercées par la lune et le soleil, variant avec leur position respective. Elle se traduit par une oscillation périodique autour du cercle théorique de la précession.
Déplacement de l'axe des pôlesAvec le déplacement de l’axe des pôles géographiques, on quitte définitivement les implicites rassurant de la mécanique terrestre pour entrer dans le chaotique et le changement d’âge géologique.
C’est que cet axe dépend aussi de la répartition des masses de notre planète. Or, là aussi, on observe un déplacement notable, d’une vitesse de l’ordre de 13 m par an, avec un changement de direction important puisque qu’on passe d’une ligne ouest groenlandaise, parallèle au détroit de Davis, à une ligne atlantique méridienne.
Mais cette fois ce n’est plus strictement les données géophysiques et cosmiques qu’il faut invoquer. La fonte des glaciers et des banquises ainsi que l’évaporation accrue ont eu pour effets concomitants d’augmenter les masses océaniques et de diminuer celles de l’eau stockée dans le sol au cœur des grandes masses continentales. Autrement dit l’inertie de la déstabilisation climatique, même en mettant les choses au mieux sur le plan de la limitation des émissions de GES, se fera sentir bien au delà d’un siècle. Plus grave encore : cette modification de l’axe de rotation implique pour chaque point de la surface du globe une amplitude accrue, au cours d’une année terrestre, de la distance au plan de l’écliptique ; autrement dit une accentuation des écarts saisonniers. Aucun climat ne sera épargné. Enfin il s’agit d’une rétroaction positive : plus ce déplacement s’amplifiera, plus il engendrera un déplacement des masses (fonte et évaporation accrues), plus il s’accélérera d’une année sur l’autre. Enfin, répétons-le, cette information cruciale qui aurait dû logiquement induire une accélération des transitions (énergétique, écologique, économique) paraît être passée à peu près inaperçue. Bienvenue dans l’Anthropocène.

Cobalt

Cobalt

De numéro atomique 27, cet élément chimique très polyvalent sert en particulier à fabriquer les pièces qui entrent dans la composition des ordinateurs, des tablettes et des téléphones portables. Il est extrait d’oxydes ou de sulfures, qui Image 3présentent l’aspect de pierres noires ou grises, et se trouvent, pour les deux tiers des réserves mondiales, au Congo RDC. L’avantage de l’Afrique en général et du Congo en l’occurrence, c’est qu’on n’y est pas très regardant sur le droit du travail. Aucune protection, en dépit d’une toxicité multiforme (cancers, asthme, dermatose), pas de contrôle à l’embauche, ce qui permet de faire descendre dans la mine des enfants à partir de 7 ans. Bilan 2015 : 80 morts, pour autant qu’on le sache. Étant donnée la très forte valeur ajoutée du cobalt , il devrait être possible d’entrer en contact avec les producteurs de tous ces appareils – très à la mode et qui rapportent des fortunes – afin qu’ils garantissent des conditions décentes d’extraction + un salaire suffisant pour les adultes afin que les enfants aillent à l’école plutôt que de passer leurs journées à s’empoisonner dans la mine.

Permaculture

Mot valise issu de l’anglais permanent culture, le terme désigne une méthode culturale qui repose sur les interactions créatrices observées dans la nature. A cet égard le praticien retiendra en particulier la protection de l’humidité du sol par le couvert de débris végétaux, l’effet d’enrichissement du terreau à partir de certaines plantes, Image 2notamment les légumineuses, les services écosystémiques rendus par d’autres plantes ou animaux qui écartent de possibles ravageurs. Il s’interdira en outre les pratiques dévastatrices, comme le labourage profond qui déstructure le sol et rend inopérant les organismes terricoles, et naturellement l’emploi des pesticides qui en détruit les trois quarts. Ces exigences imposent de rompre avec l’organisation agricole des champs uniformes et nus, au profit de mélanges et de succession de plantations ; la pratique de la butte est encore un bon moyen de pratiquer commodément et d’ajuster le taux d’humidité à chaque espèce végétale. Si cette pratique exige de réfléchir en permanence aux gestes du champ ou du potager, elle économise en revanche beaucoup de temps, d’efforts et de dépenses. Un très bel expli-site.

Forêt de Białowieża

Bison dans forêt pol - belarusseUltime parcelle de forêt primaire européenne, située à la frontière Est de la Pologne et de la Biélorussie. Cette zone d’environ 150 000 hectares, qui abrite 3000 espèces végétales et 11 500 espèces animales, constitue une réserve naturelle exceptionnelle. On y trouve notamment les derniers bisons d’Europe et une espèce de cheval primitive. Une partie significative de Białowieża a été versée au patrimoine mondial de l’humanité en 1977.
Malheureusement le ministre polonais de l’environnement a multiplié par 4 en 2016 l’autorisation d’abattage des arbres.

Loi de King

La variation des prix d’une marchandise en fonction de l’offre et de la demande, se spécifie pour les produits agricoles par une hypervolatilité des prix. Schématiquement si l’offre s’effondre, le prix tend vers l’infini, du simple fait qu’on ne peut se dispenser de manger ; si l’offre croît de façon importante, le prix tend vers zéro, ces produits étant à la fois faiblement stockables et faiblement convertibles.
Diverses tensions apparues récemment se font ressentir sur ce marché : les aléas climatiques sont évidemment un facteur d’incertitude ; comme, selon toute probabilité, ils vont croître, il faut s’attendre à une augmentation générale des prix.Image 1 Celle-ci sera entretenue par l’emprise croissante sur les terres de cultures destinées à produire les biocarburants qui viendront s’ajouter à celles déjà destinées à l’alimentation du bétail. Enfin depuis le début des années 2000 les boursicoteurs qui se sont avisés du potentiel de ce marché en termes de croissance des bénéfices, ont commencé à spéculer sur les céréales.
Ces facteurs seront encore aggravés par l’interdiction des exportations en cas de pénurie, les états étant évidemment tenus de garantir la sécurité alimentaire des nationaux.
Relativement à ces risques considérables, il existe deux écoles : le marché et la régulation. Pour les tenants du premier, le refus d’exporter les mauvaises années peut induire un raidissement des politiques nationales et faire perdre l’effet régulateur des gradients de productivité d’une région à l’autre, suscitant finalement une hausse des prix. Pour les partisans de la seconde, il s’agit de garantir la sécurité alimentaire sur le long terme, en particulier par le stockage des excédents qui permet de maintenir les prix dans des limites permettant à la fois l’accès de tous à une alimentation abordable et le maintien des agriculteurs par le biais de revenus décents.
La solution de ce problème crucial réside probablement dans une régulation mondiale qui laisserait agir le marché dans les limites où il est bénéfique mais corrigerait par des politiques appropriées ses effets pervers.

Economie de la dévastation

La mise en place des échanges marchands a impliqué, dès leur origine néolithique, le prélèvement de ressources gratuites dans le milieu, matières premières renouvelables ou non (bois d’oeuvre, métaux précieux) et services écosystémiques (organismes terricoles). La logique de ce qu’on nomme le développement a incliné progressivement les acteurs économiques, par l’effet de ce qu’on nomme cette fois la rentabilité, à outrepasser les limites qui permettaient le renouvellement (coupes à blanc, compactage des sols). La logique du marché – qui a très vite cessé de mériter son nom – s’est déplacé des échanges vers l’accumulation et le profit, induisant en particulier la production de biens de substitution (matériaux de construction, adjuvants agricoles). Un nouveau vecteur de développement a fait son apparition par l’induction de besoins nouveaux (dont la Image 1publicité est devenu l’outil privilégié). Le développement exponentiel des activités qui en résulte se traduit naturellement par des prélèvements accrus sur les ressources disponibles. Leur effondrement engendre à son tour de nouvelles activités qui prélèveront de nouvelles ressources. Le cas de l’agriculture industrielle est emblématique de ce passage à ce qu’on peut nommer une « économie anomique » : transformation progressive du sol en simple support technique, anéantissement des services écosystémiques, vente concomitante de produits de remplacement (engrais, pesticides).
Dans un milieu clos un tel schéma trouve assez vite ses limites ; par exemple, pour l’agriculture, épuisement du phosphate servant à fabriquer les engrais, sélection de super-ravageurs qui contraignent à changer de cultivars au bout de quelques années, écarts croissants aux normales saisonnières du fait de la déstabilisation climatique induite par les émissions de G.E.S. et à terme, effondrement des récoltes. Le terme inéluctable de cette logique du « toujours plus » est donc la contre-productivité dans le meilleur des cas. De brillants économistes prétendront encore que les destructions engendrent de l’emploi et stimulent la créativité. Plus probablement, ainsi d’ailleurs que le signifie l’étymologie latine de dévastation, le terme de cette recherche effrénée du profit, ce sera massacre et pillage de survie entre les survivants.

Virus

Séquence de molécules (polymère) comportant la même structure de base, soit avec une molécule de ribose (A.R.N.) soit avec une molécule de désoxyribose (A.D.N.; un atome d’oxygène en moins) et codant pour un certain nombre de molécules spécifiques, de la même façon que les acides nucléiques des bactéries ou des pluricellulaires.
Sur cette structure fondamentale, et au cours de l’évolution, certaines séquences intégrées au génome des premiers monocellulaires (protozoaires) ont pris les commandes de leur reproduction, jusqu’à constituer un organite spécifique : le noyau. D’autres, en commandant la synthèse de protéines spécifiques, se sont dotées de dispositifs de protection (capside) et de pénétration des cellules ; ce sont les virus proprement dits.
Les virus ont acquis la capacité de détourner la machinerie cellulaire à leur profit de façon à se multiplier. Quand les Image 3protéines et l’énergie disponible (mitochondries) de la cellule parasitée leur ont permis de parvenir à leur fin, ils font éclater le cytoplasme et se répandent dans le milieu.
On ignore encore quelle est exactement leur place dans l’arbre philogénétique des biomolécules. Du reste il est difficile de déterminer si l’on doit les compter parmi les vivants puisqu’ils ne respirent pas et ne se nourrissent pas ; les virus se contentent de se reproduire. D’ailleurs certains d’entre eux restent dormant, intégrés au génome de leur hôte qui duplique à mesure la séquence de leurs bases.
C’est dire que l’amplitude croissante des variations bioclimatiques risque fort de provoquer des réveils de masse ou de rapides mutations, réduisant d’autant la capacité des humains à édifier des parades afin de contrer les maladies émergentes. Du fait de l’universalité du code génétique, les virus, même s’ils ont généralement un hôte spécifique, sont susceptibles de passer la barrière inter-espèces dès qu’ils ont trouvé des conditions favorables et un vecteur ad hoc. L’estimation de leur nombre tourne autour de plusieurs centaines de milliers. On ne pourra probablement pas tous les nommer. Les permiers : virus du S.I.D.A., de la dengue, de la fièvre d’Ébola, virus Zika, de la grippe aviaire, et c…
Dans le même ordre d’idée on vient de découvrir que le réchauffement provoque la prolifération des bactéries du genre Vibrio dans les lagunes, ce qui accroît, là aussi, les risques de contamination. C’est une bactérie de cette espèce qui est l’agent du choléra.

Libéralisme

D’après la plupart des économistes, c’est-à-dire des personnes – universitaires ou non – spécialisées dans les échanges marchands et tout ce qui s’y rapporte, le libéralisme est le système d’échanges qui réaliserait le plus parfaitement les objectifs que l’on peut leur assigner :
– satisfaire les besoins de tous
– procurer une activité rémunératrice à chacun
– financer conjointement les fonctions régaliennes, en particulier garantir la sécurité de tous et permettre à chacun d’accéder à la santé et à l’éducation.
D’autre part, et c’est l’un des motifs de l’ambiguïté sémantique de ce terme, il existerait un rapport naturel entre libéralisme économique et libéralisme politique. La plus grande liberté compatible avec la garantie des droits fondamentaux pour tous se déclinerait conjointement dans le droit d’entreprendre et celui de s’exprimer ; elle conduirait, par le même mouvement, à la démocratie et à la prospérité. Chacun, en poursuivant des buts égoïstes, contribuerait ainsi au bonheur de tous. On aura reconnu dans cette maxime la fameuse « main invisible » d’Adam Smith.
S’il est indéniable que le libéralisme économique l’emporte largement sur le système communiste en matière de production de biens et de services, il faut néanmoins réviser une conception trop optimiste de ses bienfaits.
Il est certain que la recherche du profit stimule la créativité ou, plus exactement, le développement de procédés Image 2susceptibles de présenter un intérêt marchand ; c’est en créant de nouveaux besoins que l’on engendre de nouveaux profits. Cependant trois caractéristiques de ce système d’échanges sont en contradiction avec la représentation bénéfique qui en a longtemps prévalu :
– la recherche de l’augmentation des profits qui se traduit en particulier par une compression de la masse salariale et par la quête de débouchés et de ressources supplémentaires – matérielles ou humaines – hors des frontières nationales va engendrer localement du chômage.
– la répartition inégale des richesses produites incline progressivement le système politique à privilégier les intérêts des possédants, en particulier par le biais du financement des campagnes électorales et par la main-mise sur les organes de presse et télécommunication. Formellement il s’agira à peu près toujours de lever les obstacles à l’accroissement des profits, notamment en termes de réglementation.
– la priorité donnée dans tous les cas au développement lucratif de l’activité va conduire le processus de production à intégrer une ou des ressources à bas coût – là encore, matérielle ou non – ce qui se traduit toujours à terme par une dégradation de l’environnement et des conditions de vie, dans ou hors les frontières nationales.
En fin de compte on pourrait presque tenir ce système pour une intégration, dans les sociétés humaines et sous des dehors présentables, de ce qu’on nomme ailleurs les lois de la jungle. Mais c’est une vision optimiste ; quand les lions sont repus, ils cessent de dévorer des gazelles.

Externalités

Dans la perspective économique classique, ce terme désigne les effets d’une production non intégrés aux rapports marchands dans lesquels cette production prend place. Par exemple l’agriculteurs qui achète des pesticides de type néonicotinoïdes reçoit le service pour lequel il a payé, à savoir l’élimination des ravageurs qui pouvaient s’en prendre à sa récolte ; mais il produit en même temps des externalités négatives :
Image 2– la désorientation des abeilles de l’apiculteur voisin et, à terme, la disparition de ses ruches et de son gagne-pain.
– la diminution de la pollinisation et en conséquence, la baisse de la production du maraîcher du coin avec, à terme, la disparition de son gagne-pain.
Comme les accords de libre échange soumis à une instance juridique privée rendront bientôt illicite l’interdiction de tels produits par les autorités nationales, de zélés économistes expliquent que celles-ci seront en mesure d’en réguler l’usage par un système de taxes, de subventions et de transactions de titres de « droit à polluer ». Outre les difficultés inhérentes à la mise en place d’un tel système et l’accroissement de la dépense publique afférent, ce qu’il importe de comprendre, c’est que ces finasseries n’ont pas d’autres propos que de perpétuer l’économie de la dévastation à schéma de développement exponentiel et rigoureusement incompatible avec la survie de l’humanité et la préservation des écosystèmes.
Il faut interdire tout ce qui, de façon ou d’autre, porte atteinte à l’environnement. Et l’externalité positive, c’est qu’on réduira aussi bien les dépenses exorbitantes de l’agriculture industrielle, que les dépenses de santé des multiples pathologies induites par ces produits.
Une étude conduite aux États-Unis au début des années 90 a établi que si les pesticides ont rapporté en moyenne 27 millions de dollars par an aux agriculteurs, ils ont coûté 40 milliards de dollars à la communauté fédérale.

T.R.E.

Sigle de Taux de Retour Énergétique. Le T.R.E. (E.R.O.E.I. in english for Energy Returned On Energy Invested) mesure le rapport, pour une source donnée, entre la quantité d’énergie obtenue et celle qu’il a fallu investir pour l’obtenir. Que ce rapport Image 2soit exprimé en joules ou en dollars, on comprend que dès qu’il s’approche de la valeur 1, la source considérée cesse d’être rentable. Naturellement ce taux est calculé prioritairement sur des bases nationales ; en bonne logique il devrait également intégrer le coût ou la dépense énergétique des transports et des infrastructures nécessaires à la disponibilité de telle ou telle source d’énergie. L’évolution d’un T.R.E. dans le temps fait apparaître une tendance générale qui peut, le cas échéant, orienter la prospective. Le T.R.E. du pétrole – 100 en 1940 / 23 en 1970 / 8 en 2015 – devrait normalement induire une assistance à la restructuration industrielle et une redéfinition de la politique des transports et des échanges. D’autre part une étude comparative des différents T.R.E. désigne clairement les sources énergétiques à privilégier, toutes choses égales par ailleurs. Résultats approximatifs : Hydroélectricité : 50 à 200. Energie éolienne : 50 à 80. Uranium 235 : 10 à 60. Charbon : 30. Énergie solaire : 7 à 20. Biomasse : 5 à 27. Éthanol : 1,5. Sur la base de la priorité aux énergie renouvelables, on surmontera le problème de leur intermittence en combinant les sources et en édifiant des systèmes de réserve en fonction des ressources locales. El Hierro, dans l’archipel des Canaries, a récemment atteint le record de 100% d’énergies renouvelables, en combinant l’énergie éolienne et le lissage de la production par le biais de l’énergie hydroélectrique issue d’un lac de retenue. Des panneaux solaires viennent compléter cet ensemble.

Femmes

Femelles de l’espèces Homo sapiens sapiens. En l’occurrence, il serait préférable de parler de l’espèce Femina sapiens sapiens puisque le séquençage du génome humain vient de révéler que les gènes de l’intelligence sont majoritairement répartis sur le chromosome X dont on sait que la femelle humaine possède deux exemplaires, soit le double du mâle.
Néanmoins les femmes sont majoritairement dévolues aux tâches ancillaires (entretien du foyer, préparation de la nourriture, Image 2soins donnés aux enfants en bas âge…) A l’exception des pays développés où elles ont la possibilité de faire des études, d’accéder à l’emploi et d’acquérir par là leur liberté, les femmes sont donc entièrement dépendantes de leur époux et soumises à leur bon vouloir, quand ce n’est pas à leur violence.
Les statistiques des violences conjugales en France donnent une petite idée des niveaux que celles-ci peuvent atteindre quand la dépendance est encore plus forte (et que généralement de telles statistiques n’existent pas). Sous d’autres cieux le simple fait de prendre un bus pour une femme accroît significativement le risque d’être violée. Sous d’autres encore, les femmes sont contraintes de s’emballer de la tête aux pieds dans de la toile anthracite faute de quoi elles seront tenues pour responsables des émois sexuels des mâles.
Et pourtant – la génétique ne ment pas – ce sont bien les femmes qui ont inventé l’humanité. Quand le Grand Rift de l’Est africain a commencé à sombrer dans une inexorable sécheresse, les grands arbres protecteurs se sont faits de plus en plus rares. Les singes, nos ancêtres, ont progressivement appris à se redresser afin de voir arriver à temps le lion ou le léopard. Peu à peu les os du bassin et ceux de la mâchoire se sont modifiés. Les petits sont nés prématurément mais les femelles ont appris à moduler les sons dans leur cavité buccale. Ainsi les mères inventèrent le langage et la musique de la parole. Longtemps après encore, l’hémisphère gauche des hominiens a commencé à scruter avec des mots le contenu du droit, demeuré animal. Analyser, anticiper, diriger les gestes… la pensée était née.
Aujourd’hui cette humanité court le risque de disparaître. Il importe que sa moitié féminine et maternelle prenne le pas sur l’autre si elle veut survivre. L’urgence serait de faire comprendre à ces messieurs qu’il est temps de cesser de jouer à la parade du mâle alpha, à la bourse ou sur le champ de bataille, et de se préoccuper de l’avenir des enfants.

R.S.E.

Sigle utilisé pour désigner la Responsabilité Sociétale des Entreprises. Un point préalable sur l’adjectif : « sociétal » et Image 4pas simplement « social » ; ceci implique que ce concept renvoie à tous les impacts de l’activité productrice de l’entreprise sur la société dans laquelle elle s’insère, ce qui inclut en particulier ses prélèvements et ses rejets sur et dans l’environnement.
La R.S.E. est le concept clef de la mutation des acteurs du champ économique vers le développement durable. C’est seulement à partir du moment où ceux-ci signifient – en l’intégrant à leur management – leur nouvelle orientation, que l’on peut espérer voir se mettre en place les mutations qui préserveront l’avenir.
Les sociétés développées, qui se caractérisent par une formidable inertie socio-économique, ne pourront véritablement se réformer que par l’initiative privée et l’engagement individuel, qu’il s’agisse de produire ou de consommer, d’offrir du travail ou de mettre des capitaux à la disposition de ceux qui, justement, assument la R.S.E.
Et plus cette mutation sera rapide, plus le tournant de la transition aura de chance d’être pris à temps.
Ici une excellente étude de R.S.E. / Novethic (cf. Media) qui évalue le retentissement des Accords de Paris sur le monde de l’entreprise et donne nombre de signes encourageants.

Biotechnologies

Le terme désigne les multiples procédures par lesquelles des organismes vivants sont mis à contribution par les hommes afin de produire, par le biais d’une compétence ou propriété spécifique, un bien ou un service jugé utile ou rentable. Le procédé en lui-même est ancien ; la fermentation par exemple est une biotechnologie. Cependant la génétique, dans ses développementsImage 3 récents (décodage, sélection et réimplantation de séquences d’A.D.N. d’un organisme à l’autre) laisse présager une véritable explosion de ces technologies. Un exemple emblématique est la récupération des qualités incomparables du fil d’araignée au bénéfice d’entreprises innovantes de l’industrie textile. Quatre d’entre elles commercialisent déjà le textile issu de cette procédure après avoir réimplanté la séquence ad hoc de l’araignée sur des chèvres, des bactéries ou des vers à soie.
L’argumentaire de ces producteurs, majors ou starts up, est généralement séduisant. Monsanto promettait ainsi de nourrir l’humanité entière… mais entendait surtout continuer à vendre son pesticide, le Round up. Certaines des biotechnologies d’inspiration récente sont prometteuses sur le plan écologique ; par exemple un procédé d’amendement de la peinture à partir de l’amidon de maïs, qui permet une polymérisation sous rayonnement ultraviolet et non plus à 300° C comme dans le procédé antérieur, ce qui constitue une substantielle économie d’énergie.
Mais le marché potentiel n’a plus à décider de tout. Des diatomées pour filtrer l’eau des piscines ? Un morceau du génome du ver de terre pour ralentir le vieillissement des cellules des privilégiés ? Ce lait de chèvre dont on va extraire les précurseurs du super kevlar, n’a-t-il pas d’autre destination plus naturelle ? Comme le reste, les biotechnologies du futur seront ce que nous en ferons.

Économie sociale et solidaire

Image 1dite encore E.S.S. Dénomination regroupant des formes juridiques diverses (mutuelles, associations, coopératives, fondations) exerçant une activité économique spécifique, ne relevant ni du secteur privé, ni du secteur public, et caractérisée par la recherche d’un bénéfice d’ordre social. Exemple : les A.M.A.P (associations pour le maintien d’une agriculture paysanne) qui, sur la base d’une entente entre producteurs, consommateurs et structures de dépôt, permettent aux petits paysans d’écouler plus facilement leurs productions à des prix acceptables et de se maintenir sur leur exploitations. Actuellement, en France, ce type d’activité est prépondérant dans les secteurs du service à la personne et de l’animation. Les coopératives (d’achat, de construction) plus anciennes et souvent inspirées par les théoriciens du XIX° siècle, peuvent être tenues pour la première forme de l’E.S.S. En 2014 l’ensemble du secteur social et solidaire représentait 10% de l’activité et 12% de l’emploi. Cependant deux séries de mesures législatives récentes sont susceptibles d’induire un développement inédit de ce secteur, lui ouvrant l’opportunité d’exercer un rôle prépondérant dans la transition écologique.
– La loi du 1° août 2014 définit les critères d’une structure relevant de l’E.S.S. Elle stipule notamment que sa fin principale est l’utilité sociale, qu’elle est dirigée démocratiquement (sur la base : un salarié = une voix) et que nul n’en est propriétaire. Par ailleurs elle institue des Chambres Régionales de l’ESS (CRESS) chargées en particulier de créer des réseaux de l’ESS et dispose que les structures de ce secteur, compte tenu des services sociaux qu’elles rendent, seront désormais prioritaire sur les marchés publics.
– La loi du 13 juillet 2015, entrée en application au 1° janvier 2016 qui permet à des sociétés commerciales de bénéficier, sous des conditions précises, du dispositif ESS. C’est cette dernière disposition qui pourrait permettre à tous les entrepreneurs porteurs des valeurs de solidarité d’intégrer enfin l’économie réelle et de la transformer de l’intérieur.

Mouvement chipko

Mouvement de défense des arbres né en Inde au XVIII° siècle. La désignation exacte est chipko andolan, le premier terme, argotique, signfiant potd’colle, et le second, arbre. Son action spécifique consiste à former uneImage 2 chaîne humaine autour d’un arbre pour empêcher qu’on l’abatte. L’action la plus ancienne de ce type a eu lieu vers 1720, dans le Marwar, et s’est soldée par la mort de 363 paysans. Cependant le maharadja de Jodhpur, commanditaire de ce massacre, a finalement renoncé à abattre les arbres dont les morts avaient pris la défense.
De nouvelles actions de ce type ont eu lieu à partir de 1973 dans l’Uttar Pradesh puis dans d’autres états; elles se sont renouvelées jusqu’en 1978 et ont permis d’aboutir à un moratoire de 15 ans sur l’abattage des arbres.
Ce mouvement se caractérise encore par la forte implication des femmes. Il répond à un double objectif : conserver aux communautés paysannes les ressources en bois disponibles sur leurs terres et continuer de bénéficier des services écosystémiques que ces arbres procurent aux cultures. Autrement dit il est probable que les paysans indiens (et d’autres de par le monde) pratiquent spontanément et, depuis la nuit des temps, ce qu’on désigne aujourd’hui sous le terme d’agroforesterie. L’une de ces femmes protectrices des arbres, main dans la main de leurs compagnes, fut aussi la mère de Vandana Shiva.

Résilience

Capacité qu’a un individu, une communauté, un écosystème de s’adapter à un changement important de ses conditions de vie initiales. Pour l’individu il peut s’agir d’un traumatisme ; pour la communauté ou l’écosystème, d’une modification climatique ou géoclimatique impactant sensiblement le substrat sur lequel elle ou il était implanté(e). D’après « Le petit vivants symboles de résiliencetraité de la résilience locale » d’Agnès Sinaï, Raphaël Stevens, Hugo Carton et Pablo Servigne, la notion de résilience mobilise les concepts de robustesse, d’adaptation, de récupération, de réactivité, de transformation et de persistance. Livre remarquable répondant à l’impératif de penser l’avenir d’un monde de plus en plus incertain et la contrainte où nous serons de composer avec des limites désormais indépassables. Notre humanité, encore largement « oil dependant » qui se rue fébrilement sur tout ce qui peut faire tourner ses moteurs, au risque permanent de l’état de manque, doit pourtant apprendre à survivre sans sa drogue, ce qui implique notamment de réinventer les systèmes d’échange et de reformater l’économie.
Si la résilience est l’essence même du vivant – qui se caractérise, comme l’avait montré Georges Canguilhem, par la capacité à fixer sa propre norme – il n’est pourtant pas certain qu’on tienne là le concept clef de l’avenir de l’humanité. les changements auxquels il faut s’attendre seront probablement si rapides et si brutaux qu’il est douteux que les communautés humaines puissent y faire face par de simples logiques adaptatives. Mais ce que notre espèce perd en capacité d’ajustement progressif, elle a le pouvoir de le compenser par son pouvoir d’anticiper. L’autre limite du pouvoir opérationnel de la notion de résilience, c’est que les petites communautés autonomes et harmonieuses qui se profilent à l’horizon ne pourront probablement pas faire l’économie de la loi.

Agroécologie

Image 1Formellement il s’agit d’une modalité de la production agricole qui enrôle les différentes composantes de l’environnement de la plantation principale, aussi bien des végétaux, des animaux, des champignons, natifs ou apportés, afin d’en obtenir les services écosystémiques capables de l’optimiser, en réduisant autant que faire se peut les interventions artificielles. Du point de vue de l’économie politique l’agroécologie vise à produire dans les mêmes proportions que l’agriculture industrielle mais en se dispensant de répandre dans les champs les intrants habituels (engrais et pesticides) et d’y perpétuer des pratiques destructrices (anéantissement des organismes terricoles et compaction des sols). Ce but ne peut être atteint – car il l’est effectivement – que par des pratiques raisonnées et des stratégies complexes. Certaines associations particulières de plantes (ou de petits élevages complémentaires) vont suppléer en particulier aux engrais chimiques. C’est le cas des légumineuses qui, en fixant directement l’azote de l’air, couvriront les besoins des céréales associées. D’autres plantes, en bordure de champ, éloigneront tel ou tel ravageur spécifique. D’autres encore, avec des systèmes racinaires différents, augmenteront la capacité du sol à retenir l’eau de pluie et permettront de constituer les réserves nécessaires à la récolte. Celle-ci faite, on pourra encore opter pour une plantation de couverture capable de préserver la fertilité du sol.
On aura compris que l’agroécologie constitue le troisième moment de la révolution néolithique. Elle est, au delà des erreurs de l’agriculture industrielle, le retour aux pratiques paysannes (et elle a permis de valider nombre d’entre elles) mais avec le secours de l’agronomie, ( biochimie et microscopie des sols, en particulier).
Mais plus que cela encore : elle est l’agriculture de l’avenir. Non seulement elle limite les émissions de G.E.S. (fin du labourage profond, du transit des intrants et du pétrole qui les alimentait) mais encore elle seule permettra de faire face au pic du phosphate, matière première des engrais et de quelques autres productions industrielles, en voie d’épuisement. Accessoirement elle libère l’agriculteur de sa position de simple exécutant en restaurant son sens de l’observation, son savoir et sa créativité comme principes de son travail. C’est que l’agroécologie est nécessairement diverse et créative. On sait qu’une faible variation de relief ou d’exposition n’appelle pas le même couvert végétal. La sécurité alimentaire de demain et la résilience des unités de production dépendront de ce savoir et de ce savoir faire.

Effondrement systémique

Terme inéluctable et très probablement catastrophique du développement socio-économique procédant de la révolution industrielle et reposant sur le postulat de l’existence d’une quantité infinie de ressources exploitables. Les échanges de marchandises qui sont sa manifestation principale sont voués à disparaître, d’une part à cause de la déplétion desImage 3 matières premières (pétrole, phosphore, métaux rares), d’autre part sous l’effet de ses externalités négatives, au premier rang desquelles est la déstabilisation climatique globale. La perte mondiale de la sécurité alimentaire, qui sera son premier effet, engendrera inévitablement sous l’effet de King, un surenchérissement des denrées alimentaires puis, dans un second temps, des conduites de survie multi échelles, de l’agression individuelle à l’invasion étrangère.
La parade à cette issue désormais inévitable pourrait reposer, selon la thèse de plusieurs analystes, sur la mise en place de micro sociétés résilientes, capables en particulier de produire l’essentiel de leur nourriture. Il est cependant douteux que la grande majorité des humains parviennent à temps à opérer la transition culturelle qu’elle implique. Dans l’idéal il faudrait impulser partout les mécanismes du rétro développement, le développement humain prenant progressivement la place du développement matériel, les rapports humains, celle des objets substitutifs, le développement personnel, celle de la consommation, la réparation, celle de l’achat.

Pluie

Chute d’eau douce procédant de la condensation de la vapeur d’eau issue des surfaces océaniques sous le fait du réchauffement induit par le rayonnement solaire. La pluie procure, de façon directe ou indirecte, la molécule H2O aux êtres vivants terrestres – animaux, végétaux, champignons – indispensable leur métabolisme et, par conséquent, à leur survie.
Image 1Quand la température de l’atmosphère atteint 0°C, l’eau passe de la phase liquide à la phase solide et devient de la neige. La localisation des précipitations pluviales est fonction de la circulation océanique et des courants aériens mais aussi de la présence et de la densité de noyaux de condensation dans l’atmosphère, particules de petite taille généralement, grâce auxquelles l’eau passe de la phase gazeuse à la phase liquide ou solide.
C’est la régularité du régime des pluies qui décide de l’implantation pérenne des communautés végétales, animales, humaines. A cet égard il faut relever, à partir de 2015, plusieurs indices concomitants de la modification de ce régime lesquels pourraient constituer des indicateurs de la déstabilisation climatique globale : sécheresse prolongée en Californie et en Afrique du Sud, précipitations anormalement abondantes et violentes en Patagonie et dans les Caraïbes. Ces dernières anomalies peuvent aussi provoquer des effondrements de terrain ou des coulées de boue, également destructrices par leur impact sur l’habitat et la partie humique du sol.

Désertification

Processus complexe – incluant généralement des chaînes de rétroactions – par lequel une zone sèche ou aride se transforme en désert. Le processus le plus simple est une transformation géologique qui modifie le régime local des pluies et induit la diminution progressive puis la disparition du couvert végétal. Ex : la surrection de l’épaulement Est du grand Rift Dust storm Autraliaafricain. Plus généralement une modification des courants océaniques et aériens qui trouve son origine dans des variations astronomiques, va se voir plus ou moins amplifiée par des facteurs biologiques locaux. La forêt amazonienne doit autant sa luxuriance à l’abondance des précipitations qu’au fait que les feuilles des arbres y servent de noyau de condensation à la vapeur d’eau. A l’inverse les modifications climatiques qui ont impacté le Sahara il y a 9000 ans, ont probablement été aggravées par les pratiques humaines locales, en particulier la déforestation impliquée dans l’agriculture et le travail du fer.
Les processus de grande envergure actuellement en cours (Californie, Australie) paraissent au contraire résulter de modifications générales impliquant le système intégré des courants océaniques (Grande courroie de transmission). Ceci n’exclut évidemment pas les processus locaux de dégradation (Chine continentale, zone de la mer d’Aral, du lac Tchad).
Enfin il est probable que la déstabilisation climatique qui induira un réchauffement général, se traduira par une amplification de la désertification des grandes masses continentales, du fait d’une saturation plus rapide de l’air en vapeur d’eau, induisant des précipitations plus rapides et donc plus proches des bassins d’évaporation.

E.T.S.

Abréviation pour Emission Trading System, désignation simplifiée de European Union Emissions Trading Scheme, qui désigne le système de bourse de carbone mis en place par l’Union européenne, à la suite du protocole de Kyoto, afin d’induire, dans la stricte observance des lois du marché –  et indépendamment des mesures réglementaires qui pourraient être prises  – une « décarbonation » de l’économie. Les principes de bases sont les suivants :
– chaque entreprise se voit alloué, en début d’exercice, un quota de droits d’émission de G.E.S.
– au terme de l’exercice, les entreprises dont les émissions de G.E.S. ont été inférieures au quota autorisé se voient Image 1attribuer des droits d’émission équivalents.
– celles qui, au contraire, ont dépassé le quota autorisé doivent racheter des droits d’émission équivalents.
Il en résulte donc l’institution d’une bourse du carbone où le prix de la tonne d ‘équivalent CO2 résulte du rapport entre l’offre et la demande.
Les effets escomptés étaient d’une part d’encourager les pratiques vertueuses qui pouvaient, par ce biais, s’autofinancer ou engendrer des bénéfices supplémentaires pour l’entreprise, d’autre part de décourager le laisser faire en le pénalisant.
Malheureusement la récession économique et le développement des énergies renouvelables ont provoqué un effondrement du prix de la tonne de CO2 . Les initiatives destinées à susciter une hausse conséquente de ce titre n’ont pas, pour le moment, abouti, une majorité d’eurodéputés s’étant opposés notamment à la création d’une réserve permettant de réguler le prix de la tonne d’équivalent CO2.
Comme le dit si justement Joseph Stiglitz, la raison pour laquelle on ne voit pas la main invisible, c’est qu’elle n’existe pas. Le tout sans préjuger du problème délicat du contrôle des émissions.

Commerce équitable

Non, Max Havelaar n’est pas une marque de café ! Enfin pas immédiatement… C’est d’abord le nom du héros d’un roman portant ce titre, datant de 1860, écrit par Eduard Douwes Dekker, sous le pseudonyme de Multaluli, et qui raconte la descente aux enfers d’un Néerlandais envoyé dans les colonies, découvrant la misère et l’exploitation des indigènes qui produisent le café, avec la complicité du potentat local. D’où…
Non le commerce équitable ne consiste pas à faire la charité au pauvre monde, même si ce sont des chrétiens qui ont inventé la chose aux Etats-Unis en 1946, et d’autres, le nom un peu plus tard en Amérique du Sud.
Oui la définition consensuelle adoptée, à grand peine et diplomatie en 2001, est perfectible. La voici : « Le Commerce Equitable est un partenariat commercial, fondé sur le dialogue, la transparence et le respect, dont l’objectif est de parvenir à une plus grande équité dans le commerce mondial. Il contribue au développement durable en offrant de meilleures conditions commerciales et en garantissant les droits des producteurs et des travailleurs marginalisés, tout particulièrement au Sud de la planète. Les organisations du Commerce Equitable (soutenues par les consommateurs) s’engagent activement à soutenir les producteurs, à sensibiliser l’opinion et à mener campagne en faveur de changements dans les règles et pratiques du commerce international conventionnel. » Image 2
Il vaudrait mieux l’entendre autrement : commerce équitable il y a, quand les modes de production du produit qu’on achète sont préservatrices du minimum vital et de la stabilité sociale des producteurs ainsi que de la préservation de l’environnement et de sa capacité à restaurer les conditions initiales de la production. Autrement il y a équité parce que l’acte d’achat rétribue également un certain nombre de services collatéraux rendus par le producteur. Quand j’achète ce café, j’achète aussi un peu d’avenir pour les uns et les autres, ceux d’ici et ceux de là-bas : moins de destruction irréversible des terres, moins de misère débarquant ou noyée en mer, moins d’épidémies et d’analphabétisme…mais aussi moins de poisons déversés dans l’environnement, moins de sols stériles un tout petit peu moins, mais quand même. Comme dit le colibri, chacun doit faire sa part. Accessoirement on aura compris que l’agriculture biologique trouve tout naturellement sa place dans la constellation du commerce équitable.
Dans un monde fini qui prend conscience de ses indépassables limites, le commerce équitable est le seul qui vaille. Il faut abolir toutes les autres formes. Comment ? En n’achetant que ce qui est produit dans des conditions acceptables pour les hommes et pour la Terre… Et en le faisant savoir.
La plateforme du commerce équitable, pour tout savoir et s’impliquer où on le souhaite.

Forêts – 1

Zones arborées naturelles, initialement caractérisées par la richesse variétale résultant du façonnage progressif d’un milieu propice, notamment par l’accroissement du potentiel d’infiltration des eaux de pluie et la formation naturelle Image 3d’un terreau humifère. La capacité de la forêt à modifier progressivement le milieu initial d’implantation est illustrée en particulier par le cas de la forêt amazonienne dans laquelle ce sont les feuilles des arbres qui servent de noyaux de condensation à la vapeur d’eau et qui, par conséquent, provoquent la pluie qui les alimente en eau.
On peut mesurer ce potentiel à la richesse variétale de la végétation et à la part de la surface forestière comparativement à l’état des forêts aux mêmes latitudes (Congo, Indonésie).
Les forêts primaires, essentiellement situées en zone intertropicale, sont celles qui n’ont pas subi d’exploitation industrielle et conservent donc leurs qualités initiales, notamment en termes de biodiversité des espèces résidantes.
Cependant les effets conjugués des diverses formes d’exploitation des forêts et de la déstabilisation climatique font peser de lourdes menaces sur le potentiel climatique et biologique qu’elles représentent. En zone tropicale les coupes à blanc induisent une modification du milieu qui interdit la régénération du couvert arboré. Les fronts pionniers amazoniens se sont ainsi traduits à terme par l’apparition d’une végétation de broussailles, consécutivement au lessivage des sols. D’autre part dans les zones où on attend un réchauffement important – par exemple +11°C dans la zone péri arctique – l’avancée des lignes isothermes sera beaucoup trop rapide pour permettre le déplacement de la forêt dans de nouvelles zones. Par ailleurs la parcellisation et l’arrivée des espèces invasives vont rendre de plus en plus difficiles la reproduction et la survie des espèces locales. Enfin le stress hydrique induit par une modification du régime des pluies provoque un dessèchement de la végétation qui favorisent la propagation des incendies ; c’est ainsi que des milliers d’hectares de forêts ont brûlé en Californie et en Patagonie, provoquant notamment la disparition des espèces endémiques qu’elles abritaient.
Accessoirement, même si le puits de carbone terrestre que constituent les forêts est transitoire et de courte durée, son amenuisement participera à coup sûr à l’accélération de la déstabilisation climatique. Au lieu de déboiser pour produire l’huile de palme de l’industrie alimentaire diabétogène ou du soja destiné au bétail de boucherie émetteur de méthane, il serait donc plus judicieux de reboiser intelligemment toutes les zones qui peuvent l’être.

Biocontrôle

Méthode culturale « achimique » basée sur le contrôle des ravageurs grâce à leurs parasites ou prédateurs naturels. Le Image 1biocontrôle instrumentalise donc les chaînes alimentaires ou les commensalités existantes au profit de l’agriculture, excluant a priori et les pesticides classiques et les O.G.M. de type Monsanto, dont on ignore bien souvent que la finalité seconde est de continuer à faire vendre ces pesticides, type Roundup, en particulier. Quelques exemples : coccinelles pour protéger les champs des pucerons, algue laminarine pour stimuler les défenses naturelles des céréales, guêpes trichogrammes s’attaquant aux larves de la pyrale du maïs.
Evidemment le savoir faire qui s’attache à de telles pratiques sera plus long et plus difficile à acquérir que l’actuelle robotique du déversement. La bonne chose, c’est qu’il permettra enfin aux agriculteurs de renouer avec leurs racines paysannes et mettra un terme définitif aux pratiques les plus ineptes de l’agriculture industrialisée, entre autres, celles qui contraignaient lesdits agriculteurs à s’empoisonner un peu plus chaque année.

Empreinte écologique

C’est le rapport entre la quantité de ressources naturelles consommées par un pays, une activité, une personne, et laImage 3 capacité du système terrestre à renouveler ces ressources, qu’il s’agisse de la croissance végétale, ou de l’élimination des déchets. Ce rapport est exprimé en hectares de capacité productive moyenne (cultures alimentaires, industrielles, prairies, forêts).
Soit par exemple un individu vivant en autarcie sur deux hectares de terre de fertilité acceptable, se nourrissant exclusivement avec les fruits et les légumes qu’il cultive (sans carburant) et buvant l’eau de la source qui traverse son champ ; son EE = 2 ha / 2 ha = 1, ce que l’on peut encore traduire en disant que si tous les Terriens survivaient de la même façon, une seule planète serait suffisante, à proportion des terres cultivables.
Supposons maintenant que notre homme ait besoin d’un bifteck deux fois par jour ; il lui faut en plus 5 hectares de prairie, plus deux hectares de foin, plus une camionnette pour conduire ses bêtes à l’abattoir, plus du pétrole. En plus de cette surface, quelques hectares de forêt seront nécessaires pour compenser le méthane et le dioxyde de carbone qu’il émet indirectement du simple fait de son régime alimentaire ; mettons 3. L’empreinte écologique de notre homme serait donc approximativement, par rapport au cas précédent : EE = 12 ha / 9 ha = 1,33 ; c’est-à-dire qu’il faudrait une planète plus un tiers de planète pour nourrir un carnivore de cette espèce. Le tout sans préjuger du quotient de terres cultivables par rapport à la population totale.

Fatberg

Amas de graisse, d’immondices et de déchets divers (seringues incluses) qui encombrent lesImage 1 égouts de Londres. Ces amoncellements peuvent atteindre la masse redoutable de 15 tonnes et faire exploser des conduites, libérant en particulier de l’hydrogène sulfuré, toxique. Le 19 février 2015 une telle explosion a provoqué l’effondrement de la chaussée. Il semble que les Anglais aient tendance à jeter une partie significative de ce qui devrait aller à la poubelle, dans la cuvette de W.C. Cette habitude provoque en moyenne 80 000 obstructions annuelles et son coût est élevé. Ceci dit, le cas doit être à peu près général dans les pays dits « développés ». La formule magique : vsh (végétarisme et sobriété heureuse)… et merci aux égoutiers.