Archives pour la catégorie Articles

Agroforesterie

Méthode culturale s’inspirant de la tradition – mais remise au goût du jour – et associant des arbres aux cultures ou à l’élevage. Il s’agit d’abord de procurer aux champs et à l’agriculteur les bénéfices qu’engendre l’arbre, judicieusement planté et en quantité adéquate : optimisation de la porosité duImage 1 sol, enrichissement en matière organique, limitation de l’érosion, restauration des colonies de terricoles, captation des pollueurs de la nappe phréatique, hébergement des pollinisateurs et des prédateurs naturels des insectes qui menacent les cultures. L’arbre bénéficie aussi de cette association qui l’oblige à loger ses racines en profondeur ; il devient lui-même plus productif. Par ailleurs certaines associations sont particulièrement bénéfiques : noyer / blé d’hiver, peuplier / colza. Pour ce qui est de l’élevage, le couvert arboré offre une protection aux animaux contre le soleil ou les pluies violentes. A cela il faut ajouter quelques avantages supplémentaires : amélioration des revenus de l’agriculteur qui récupère les fruits ou le bois ou le fourrage, restauration des paysages, captation du carbone. Pour une même culture et des intrants identiques, 100 hectares cultivés en agroforesterie produisent autant que 140 hectares en agriculture industrielle.
Association française d’agroforesterie

Chloredécone

Pesticide organochloré employé notamment contre le charançon du bananier. Particulièrement stable et nocif, il est impliqué dans de multiples cancers (foie, prostate), des troubles Image 2neurologiques variés (céphalées, tremblements), des perturbations de la spermatogenèse, l’accroissement du risque de prématurité, des malformations congénitales. Sa toxicité ne faisant pas de doute, il a été interdit aux Etats-Unis dès 1976. L’État français a traîné jusqu’en 1990, sur le papier, du moins ; comme le lobbying des producteurs de bananes s’est révélé efficace, l’usage du Chloredécone a été prolongé jusqu’en 1993 ( et plus, en cas de stocks constitués). Le sol et les nappes phréatiques sont complètement pollués, en Guadeloupe comme en Martinique, et les effets délétères de la molécule miracle se feront encore sentir pendant une vingtaine d’années. La pêche a dû être interdite en Martinique en 2009. Les différentes plaintes déposées jusqu’à ce jour n’ont pas été jugées recevables et on attend toujours le procès.
Dernier point : la commission d’étude de la toxicité des produits sanitaires avait alerté sur les dangers potentiels de ce produit dès 1968 et l’autorisation initiale était d’une année renouvelable ; seulement les cyclones sont passés par là et les charançons se sont multipliés.

Episode cévenol

Image 1Fortes précipitations hivernales initialement caractéristiques des Cévennes et provoquées par le refroidissement brutal de masses d’air chaud provenant de la Méditerranée et poussées en altitude par le relief montagneux.
Dès le début de l’Anthropocène ce phénomène s’est étendu à tout l’arc méditerranéen et s’est considérablement renforcé, tant en fréquence qu’en quantité de précipitations. Cette modification paraît induite par l’événement de Bond en cours dans l’Atlantique Nord : les basses pressions régnant durablement sur l’océan – du fait de la plongée de plus en plus méridionale des eaux de surface – favorisent le vent du sud au détriment du vent d’ouest, lequel est du reste en train de disparaître des côtes françaises. D’autre part la chaleur accumulée sous les basses latitudes se diffusant moins vers l’Arctique, pourrait augmenter la quantité d’eau évaporée en Méditerranée.

Giboulées de mars

Pluies brèves et violentes, d’eau ou de grêlons, caractéristiques de la transition saisonnière hiver /Image 2 printemps dans l’hémisphère nord, durant l’Holocène. Les giboulées de mars, qui pouvaient également survenir en avril, étaient provoquées par la montée rapide de l’air réchauffé par l’accroissement du rayonnement solaire capté par les surfaces terrestres (océaniques et continentales) et sa condensation rapide en altitude par l’effet de l’air froid rencontré alors. Du fait de la survenue d’un événement de Bond, au début de l’Anthropocène, la transition saisonnière a cédé la place à une alternance de vagues de froid et de chaleur et il convient désormais de parler du crachin de la fin mars.

Politique

Au sens étymologique la « polithéïa » (πόλιτεια), c’est l’administration de la cité ( πόλις), tant du point de vue du citoyen que de celui de l’homme d’état. Cette dualité fondamentale implique les deux principes quiImage 2 doivent prévaloir en bonne politique : le rationnel et le raisonnable. Dans l’un et l’autre cas, celle-ci intègre la notion de limite. Pour ce qui concerne le XXI° siècle, les deux ordres de limites relèvent de l’écologie et de l’économie.
C’est ainsi que la bonne politique pour l’avenir devra favoriser la transition vers un modèle économique compatible avec la survie de tous ; elle passera donc nécessairement par la priorité donnée aux communautés locales en augmentant leur résilience (c’est-à-dire leur capacité à résister aux changements), sur les plans alimentaire et énergétique en particulier, et en posant le principe de la permanence de l’implantation, sauf exception.
Si l’on veut en effet dans l’avenir éviter de déclencher, à la suite d’inévitables catastrophes, de dramatiques mouvements de population, à la fois déstabilisantes pour les autres communautés et sans aucune garantie à court terme d’obtenir une résidence sécurisée, il faut impérativement donner la priorité à l’adaptation.

Acidification des océans

La concentration de plus en plus importante des basses couches de la troposphère en dioxyde de carbone induit un abaissement du pH (potentiel hydrogène) des couches océaniques superficielles. Il en résulte en premier lieu une moindre disponibilité des ions carbonate et, ainsi qu’on a pu le mesurer récemment, des défauts de calcification des organismes à la base des chaînes alimentaires (krill, ptéropodes) ; en second lieu, on peut imputer à l’accroissement de la concentration de CO2 dans les eaux de surface la survenue de stress respiratoires pour les organismes marins, avec les phénomènes d’irruption sur les plages dans les zones littorales, et les zones mortes en  haute mer, avec bloom algal et rétroaction positive.
Plus que l’effondrement des prises de pêche, l’impact majeur de cette acidité accrue, c’est laImage 1 fermeture du puits océanique de carbone. On a en effet ici une rétroaction positive caractérisée : abaissement de la biomasse -> abaissement de la nécromasse envoyée par le fond -> augmentation du CO2 -> augmentation de l’acidité -> abaissement de la biomasse, et c…
Une étude récente a établi le passage, en 150 ans, du pH océanique moyen de 8,2 à 8,1, soit une augmentation de 25 % de l’acidité, le pH étant une fonction logarithme. Lors du maximum thermique Paléocène/Éocène – qui survint il y a 56 millions d’années et se traduisit par une augmentation générale moyenne de 6°C – une variation équivalente à celle qu’induira la boucle rétroactive d’ici à la fin du siècle (pH 7,8) avait été atteinte en plusieurs milliers d’années.
Le nombre d’espèces vouées à la disparition sera donc significativement plus important ; mais surtout il n’est pas certains que des espèces nouvelles aient l’opportunité de s’adapter à des changements si brutaux, d’autant moins que le phénomène affecte également les massifs coralliens dont on sait qu’ils sont les réservoirs majeurs de la biodiversité.

TAFTA

Acronyme de Trans Atlantic Free Trade Area. Traité de libre échange négocié dans le plus grand secret entre l’Union européenne et les Etats-Unis et applicable dès 2015. Il prévoit en particulier l’harmonisation (entendez la réduction a minima) des réglementations et l’institution d’un tribunal arbitral devant lequel les états pourront être cités à comparaître du fait d’entreprises  qui Image 1s’estimeraient lésées dans leurs intérêts. Un petit exemple pour clarifier les choses : du fait d’un accord similaire signé entre l’Australie et les Etats-Unis, la première devra payer quelques millions de dollars à l’entreprise Philip Morris pour avoir eu l’outrecuidance de financer une campagne antitabac qui porte atteinte aux intérêts du cigarettier américain ; on peut s’attendre à des actions similaires de la part de Monsanto.  On aura compris que ce traité signifie purement et simplement la capitulation sans condition des pouvoirs publics face aux profiteurs et les peuples  mis à disposition des rançonneurs. Quels sont les arguments des négociateurs ? Un tel traité serait, selon eux (des représentants des entreprises à 90%…), un puissant moteur pour la croissance. Seulement 2015 c’est aussi l’année où il faut mettre un terme à ladite croissance si l’on veut que l’humanité ait un avenir. C’est le caddy – plein et empoisonné – ou les enfants ; il faut choisir.

S’informer et agir

 

Sécheresse

État d’inhabituel déficit hydrique affectant en particulier les récoltes. Sous l’ancien régime climatique – et depuis l’invention de l’agriculture – durant les périodes de sécheresse, la pluie ne se Image 2faisait généralement pas attendre plus de quelques semaines, ce qui était néanmoins suffisant, dans les période critiques de l’année, pour provoquer un effondrement des rendements. D’autre part les sécheresses n’affectaient généralement pas des surfaces suffisamment importantes pour provoquer l’assèchement du réseau hydrographique.

Dans une ère de déstabilisation climatique, c’est tout le régime de circulation des vents et de la nébulosité qui est affecté. Une sécheresse persistante, comme celle qui s’abattit sur la Californie en 2014, doit alors être tenue pour le possible indice d’une modification climatique  et induire une approche spécifique, aussi bien technique que politique.

Par exemple les habitants de Porterville (450 km au Sud Est de San Francisco) ont été totalement privés d’eau pendant 4 mois entiers ; il a donc fallu les alimenter par camions citernes et les autorités publiques se sont émues du coût de ces opérations ( 30 000 dollars US). Parallèlement certains d’entre eux ont dissimulé leurs enfants par crainte qu’on les leur enlève en arguant de ce qu’ils n’étaient pas en mesure de les traiter convenablement. Le retour probable d’un nouvel épisode de sécheresse dans cette petite ville devrait donc inciter à y mettre en place des équipements et procédures d’économie de l’eau de façon à y faire face dans de meilleures conditions. Les procédures de déplacement autoritaires ne sont pas une solution dans la mesure où rien ne garantit plus la pérennité des caractéristiques climatiques de la région d’accueil.

Agriculture industrialisée

Agriculture industrialisée

Agriculture passée sous la coupe des producteurs de l’industrie, dont la pratique, à terme, appauvrit le sol et endette l’agriculteur, le tout précédant la mainmise de véritables entreprises industrielles sur les terres agricoles.

Image 3On a commencé par faire croire aux paysans que,  grâce aux machines motorisées et aux intrants (engrais, pesticides), ils pourraient désormais réaliser leur travail sans effort. Résultat : ils sont devenus entièrement dépendants et leurs champs aussi. Ceux qui ont survécu à l’endettement et au dumping des prix pratiqué par les grandes surfaces ont racheté les champs de ceux qui ont fait faillite et travaillent donc sur des parcelles de plus en plus grandes.

Pour ce qui est des champs, le processus est le suivant : le désherbage et le labourage mécanisés compactent l’humus et se soldent par une baisse constante des réserves du sol en carbone  et minéraux ; il faut donc en permanence répandre des engrais pour compenser les pertes de la récolte précédente.

La pluie lessive cet humus compacté sans toutefois le pénétrer, faute des organismes terricoles et des plantes adventices  qui,  grâce aux galeries et aux systèmes radiculaires, permettaient autrefois de la retenir ; il faut donc irriguer dès le printemps.

On  ne peut donc plus continuer à produire sans engrais et sans irrigation ; le sol se transforme insensiblement en simple support technique. Comme parallèlement on est entré dans le cycle infernal des pesticides, qui finit toujours par sélectionner des super ravageurs, on termine le tableau du désastre agricole avec les O.G.M. et une ultime illusion, celle d’être enfin sorti de l’ornière. Erreur fatale : l’O.G.M. n’est performant que sur le ravageur principal et il faut donc continuer à s’empoisonner et à empoisonner son champ et ses cultures mais en payant beaucoup plus cher des semences fabriquées pour ne pas se reproduire et contraindre le paysan à repasser tous les ans à la caisse. En Inde le sac de semences de coton modifié génétiquement a ainsi augmenté de 60 000 % ; le paysan trop endetté pour racheter des semences se suicide, en avalant généralement le bidon de pesticide ; Vandana Shiva estimait il y a quelques années que 200 000 paysans avaient été ainsi poussés à se donner la mort. Au total les paysans qui subsistent sont inféodés à la grande industrie et à la banque aussi sûrement que les serfs du Moyen Âge l’étaient au seigneur et à l’évêque du lieu.Image 2

Il existe heureusement une alternative : l’agroforesterie et la double culture permettent de restaurer en quelques années le potentiel humique du sol, sans engrais et sans irrigation ; il suffira ensuite de faire les semis de printemps sur la friche de la culture précédente. Voir à ce propos les très pertinentes explications de Konrad Schreiber : – En finir avec le labour ; – Reconstruire la vie des sols

Rémi Fraisse

Jeune étudiant en biologie et botaniste amateur, passionné par les plantes rares, abattu le 25Image 1 octobre 2014, à l’âge de 21 ans, par un tir tendu de grenade offensive, alors qu’il participait à une manifestation d’opposition à l’édification d’un barrage de rétention d’eau, planifié par le Conseil général du Tarn, au bénéfice de quelques agriculteurs industriels du canton.

Châtaignier

Image 1Arbre à pain des communautés paysannes de moyenne montagne du Sud de l’Europe, le châtaignier, implanté dans ces régions depuis le début de l’ère commune, est actuellement victime d’un insecte parasite venu d’Asie : le cynips. Celui-ci pond ses larves dans le bourgeon, ce qui interdit le développement du fruit et provoque un effondrement des récoltes. On espère limiter la population de ce parasite en important son prédateur, le torymus, qui se nourrit de ses larves.

Comme dans d’autres cas d’espèces indigènes attaquées par des parasites exotiques, il est probable que l’on a affaire ici à une convergence entre une espèce opportuniste déplacée et des conditions devenues favorables, du fait du développement anormal d’un agent secondaire, non encore identifié.

Végétarisme

Pratique qui consiste à exclure toute chair animale de l’alimentation, le végétarisme relève traditionnellement de convictions religieuses ou philosophiques. De façon plus récente deux nouveaux motifs d’être végétarien ont fait leur apparition : d’une part le refus de la souffrance des animaux, d’autre part la volonté de réduire l’impact de l’alimentation carnée sur l’environnement et sur le potentiel agricole. Non seulement les ruminants rejettent d’importantes quantités de méthane – puissant GES – dans l’atmosphère, mais encore leur nourriture mobilise d’importantes surfaces qui pourraient être vouées à l’alimentation humaine ou à la préservation des biotopes naturels.

Image 1Enfin ne pas manger de viande n’affaiblit ni le potentiel intellectuel, ni les dispositions artistiques, ni les qualités physiques ni la créativité et les végétariens sont d’excellente compagnie ; dans l’ordre alphabétique : Theodor Adorno, Joan Baez, Jeremy Bentham, Surya Bonaly, James Cameron, Bill Clinton, Penelope Cruz, Cuvier, Darwin, Johnny Depp, Leonardo di Caprio,Thomas Edison, Empédocle, Benjamin Franklin, Einstein, Gandhi, Jane Goodhall, Al Gore, Steve Jobs, Lamartine, Alain Mimoun, Paul McCartney, Montaigne, Martina Navratilova, Nietzsche, Natalie Portman, Plutarque, Pythagore, Romain Rolland, Albert Schweitzer, Tolstoï, Tina Turner, Mike Tyson, Léonard de Vinci, Voltaire, Marguerite Yourcenar, Forest Whitaker, Zola… pour n’en citer que quelques uns.

Et en prime une santé de fer, ainsi que le prouve une récente compilation chiffrée que l’on pourrait intituler Des motifs supplémentaires d’être végétarien.

Polymathie

Capacité à maîtriser en profondeur de nombreux domaines de savoir, parfois très différents. Les polymathes sont rares et les figures historiques qui relèvent de cette catégories, à quelques exceptions près, sont demeurés généralement dans l’ombre, du fait de la valorisation de la Image 2spécialisation à outrance. En Occident cette spécialisation dérive elle-même de l’organisation médiévale de l’enseignement et relève, en dernière instance, de la nécessité de maintenir hors du domaine de la connaissance tout ce qui était susceptible de porter atteinte à l’hégémonie du christianisme institutionnel.

L’enseignement de l’histoire est particulièrement révélateur de cette dérive idéologique ; la division infranchissable entre histoire antique et médiévale permet ainsi de laisser dans l’ombre les siècles décisifs pendant lesquels le christianisme, ayant finalement opté pour la voie césaro-papiste, met partout la main sur le pouvoir et entreprend méthodiquement la destruction des civilisations antiques. Les séquelles de cette organisations universitaires sont encore visibles aujourd’hui, par exemple dans le clivage entre paléo climatologues et climatologues qui interdit aux uns et aux autres de concevoir que la déstabilisation climatique a dores et déjà fait entrer l’Atlantique Nord dans un événement de Bond ; pour les premiers, c’est un événement du passé, pour les second, c’est seulement l’alternance glaciaire / interglaciaire qui caractérise le présent.

La complexité conjointe des problématiques climatiques actuelles et de leurs implications sociales et sociétales exige d’inverser la tendance et de tâcher, au contraire, de former des polymathes. Quelques polymathes célèbres : Aristote, Shen Kuo, Léonard de Vinci, Descartes. Comme les polymathes sont généralement « en avance sur leur temps », on leur sait peu de gré de la pertinence de leurs jugements. Il suffit d’imaginer les interlocuteurs de Shen Kuo au XI° siècle, quand il leur déclarait qu’à son sens, l’huile de roche (petra, oleum) lui paraissait promise à un grand avenir.

Autre détail significatif : le mot lui-même n’a fait que très récemment son entrée dans le dictionnaire de l’Académie Française ; mais on sait que Richelieu avait précisément conçu cette docte assemblée pour écarter de l’usage tous les termes indésirables et les idées qui allaient avec ; autrement dit, contrôler les mots pour contrôler les pensées. Heureusement le brave Émile Littré  avait précédemment ouvert à « polymathie » la porte de son dictionnaire.

Pétrole

PétroleImpératif catégorique de la civilisation techno-chrématistique mondialisée, le pétrole sert au premier chef de carburant pour les moteurs à explosion des voitures, des camions, des bateaux  et des avions ; il constitue également la matière première des industries du plastique. La mondialisation exige des échanges de marchandises sur de longues distances et ne conçoit donc pas de se passer du pétrole. La politique extérieure des grandes puissances est partiellement déterminée par la nécessité de contrôler l’approvisionnement en pétrole et de maintenir son prix dans des limites jugées acceptables.

Outre les pollutions diverses que l’exploitation des gisements ou le transport des barils ont provoqué ici ou là, la combustion du pétrole est responsable d’une part significative des émissions des G.E.S. L’impératif de la survie exige donc que soient progressivement abandonnées non seulement cette source d’énergie mais encore la logique économique à laquelle elle est si étroitement imbriquée. Le recyclage des matières plastiques constitue un premier élément de réponse ; les véhicules propulsés à énergie propre en sont un autre. Ils ne suffiront cependant pas ; chacun comprend aisément que ce ne sont pas des voiliers qui pourront remplacer les immenses cargos chargés de containers qui traversent incessamment mers et océans (et qui « dégazent » en mer afin de maximiser leurs marges). C’est bien un nouveau modèle économique qui est requis ; comme ceux qui trouvent leur avantage dans le modèle actuel n’y renonceront pas, c’est l’action individuelle qui peut enclencher le processus : renoncer à la voiture, acheter local, faire réparer et c…

Cultures associées

Art botanique d’utiliser les rapports spontanés entre les plantes –  qu’ils soient coopératifs ou antagonistes – afin d’obtenir une production agricole ou jardinière durable, qu’il s’agisse de régénérer ou de préserver le sol et les organismes terricoles, d’éliminer ou de limiter sainement les ravageurs, de faire face aux aléas climatiques ou de procurer naturellement à chaque espèce les nutriments dont elle a besoin. L’association des cultures permet donc de se passer de pesticides et d’engrais ; elle préserve la fertilité des sols ; elle augmente la résistance des cultures aux variations météorologiques importantes.

Deux exemples de démarche d’association des cultures :Image 3

– l’agroforesterie : associe arbres et cultures (mais aussi élevage) ; elle permet une utilisation annuelle de l’énergie solaire, enrichit le sol, augmente la productivité, favorise l’irrigation du sol.

– la permaculture (mot valise résultant de l’association de « culture » et « permanente ») : articule  la démarche paysanne à une éthique et une philosophie.

Et quelques recettes pour le jardin ou le potager :

– les fleurs en général – et celles du Buddleja en particulier – attirent les insectes pollinisateurs, lesquels, pendant qu’ils y sont, s’occuperont aussi de la petite fleur jaune de la tomate ou de celles des arbres fruitiers.

– les légumineuses – par exemple le petit pois – ont la capacité de fixer, grâce à une bactérie symbiotique, l’azote de l’air et constituent donc un engrais naturel pour les autres plantes.

– l’ail, par ailleurs excellent pour la santé, protège les carottes des rongeurs mais ne doit pas être associé aux légumineuses.

On aura compris qu’il y a là tout un art du jardin comme composition idéale.

Des ressources : réseau francophone de permaculture Et pour quelques conseils simples et clairs pour démarrer son potager « associatif ».

Légumineuses

Plantes dont les fruits, disposés dans des gousses, sont traditionnellement utilisées dans Image 1l’alimentation humaine (pois, fèves, lentilles, haricots ) et animale (soja, trèfle). Les légumineuses sont de culture aisée, en particulier parce qu’elles sont capables, grâce à une symbiose bactérienne, de fixer l’azote de l’air ; elles ne nécessitent donc pas d’engrais. Par ailleurs elles sont riches en protéines et en sels minéraux. Dans un contexte futur de probable diminution de la sécurité alimentaire, du fait d’oscillations climatiques plus importantes, et d’embargo à prévoir sur les exportations agricoles, il est judicieux d’encourager leur culture. C’est ce qu’a entrepris de faire l’Union Européenne avec le programme LEGATO ; il faut savoir qu’en 2014 ces cultures n’occupent plus qu’environ 1% des surfaces agricoles de l’UE, contre 10% en Amérique et en Asie. Petit inconvénient : elles comportent de l’acide phytique qui inhibe la fixation de certains minéraux ; celui-ci peut cependant être éliminé par trempage.

Énergie renouvelable

Image 4Énergie susceptible d’être produite sans apport de carburant  ou de combustible et, par conséquent, sans rejets nocifs dans l’environnement, qu’ils soient indirects, comme les G.E.S. ou directs, comme les effluents nucléaires, ceci par renouvellement naturel de sa source.

L’énergie solaire, l’énergie éolienne  et l’énergie hydraulique constituent les trois formes de l’énergie renouvelable ; elles utilisent respectivement le rayonnement solaire, la force du vent et celle des eaux, qu’il s’agisse des rivières ou de la mer. Une fois l’ installation faite et les raccordements effectués, l’énergie peut être produite sans autre dispositif  que des visites d’entretien. On doit cependant faire entrer dans le bilan environnemental les rejets liés à l’édification de l’outil de production ; s’agissant des barrages, par exemple, on sait que le ciment est, lui aussi, un puissant émetteur de G.E.S.

Ceci dit, ces dispositifs peuvent ensuite produire perpétuellement de l’électricité. Jusqu’à une époque récente, le développement du solaire et de l’éolien buttait sur le problème du lissage de la production et, par conséquent, sur celui du stockage de l’énergie. Il semble que l’on dispose désormais, avec les fullerènes, de structures moléculaires susceptibles de stocker efficacement ce qu’on nomme les « énergies intermittentes ».

Enfin, même si l’investissement initial, rapporté au kilowatt / heure produit,  est sensiblement plus élevé que pour les centrales à combustibles fossiles, il faut considérer d’une part la très courte durée de l’amortissement, d’autre part la nécessité absolue d’éviter la catastrophe climatique.

Inondations

Elles sont les formes dominantes de l’impact de la déstabilisation climatique sur les îles et les bordures continentales. La montée du niveau des océans sera d’abord l’effet de l’expansion thermique des eaux et ensuite seulement, celui de la fonte des banquises et des glaciers. Indépendamment des phénomènes extrêmes (tempêtes, grandes marées), cette hausse a déjà Image 4commencé à submerger des terres dans les îles du Pacifique et au Bangladesh ; elle a fait reculer la ligne de côte de plusieurs mètres en Europe de l’Ouest.

A cette montée s’ajoute une accélération du cycle de l’eau. La chaleur accrue, en particulier en zone intertropicale, produit une plus grande quantité de vapeur ; la saturation est donc atteinte plus vite et les précipitations sont plus rapides et plus abondantes dans les zones proches des océans. Parallèlement il faut s’attendre à un déficit  dans les zones continentales éloignées et à la mise en place de processus de désertification.

D’autre part l’événement de Bond en cours dans l’Atlantique Nord, avec sa double composante front froid / front chaud, favorise les structures cycloniques, avec leurs vents violents et leurs vagues submersives. Les tempêtes et inondations à répétition – que l’on a déjà pu observer en Europe de l’Ouest – ont des impacts sociaux et économiques importants : évacuation et relogement des populations sinistrées, réduction drastique des activités de pêche, effondrement des productions agricoles. Une récente étude de la commission européenne a chiffré le coût des 352 tempêtes, survenues entre 2002 et 2013, à 150 milliards d’euros et, compte tenu des aggravations attendues, incite fortement les états concernés à entreprendre des travaux de protection contre les inondations. Sur la base d’une hausse plausible de 2,8°C de la température globale d’ici à la fin du siècle, cette étude prévoit que, sans politique préventive, entre 121 000 et 425 000 Européens seront, chaque année, affectés par les inondations côtières ou fluviales.

Relation de Clapeyron-Clausius

Image 1Loi de la thermodynamique  permettant d’établir, pour un corps pur, les températures critiques de changement de phase. Appliquée à la vapeur d’eau de l’atmosphère, en modèle simplifié, elle permet d’anticiper une augmentation de 7% des précipitations avec 1°C d’élévation globale de la température, ce qui devrait être atteint dès les prochaines décennies ; ultérieurement une élévation à 2C° donnerait une augmentation de moyenne de 12% des précipitations. Par contre les événements extrêmes devraient croître beaucoup plus rapidement en nombre ; le G.I.E.C. prévoit, pour une augmentation globale variant de 1,4 à 5,8°C une croissance de 9 à 38 % des inondations catastrophiques. Par ailleurs, comme une condensation plus rapide implique de moindres distances parcourues par cette vapeur à partir des bassins océaniques, il faut en attendre, outre les phénomènes récurrents d’inondation des zones littorales, déjà observables, une désertification des grandes masses continentales.

 

Semences fermières

Semences des fruits, légumes et céréales obtenues depuis la nuit des temps par le travail des paysans. La semence est, par définition, une graine que l’on sème et vue d’une récolte future. Le qualificatif de « fermière », récemment adjoint au terme, paraît d’abord un pléonasme ; il est enImage 2 réalité l’indice d’une stigmatisation. Il s’agit, pour les industriels du secteur – et singulièrement pour les producteurs d’O.G.M.- de restreindre puis d’interdire l’emploi des semences dites fermières afin de maximiser les profits issus de la commercialisation des semences industrielles. Leur argument principal est que les fermiers qui utilisent leurs propres semences bénéficient, sans en payer le prix, du travail de recherche des laboratoires des semenciers industriels.

Cet argument est fallacieux et cela pour trois raisons : 1° Ces semenciers industriels bénéficient, quant à eux, du travail de sélection variétale opéré par les fermiers depuis le néolithique, soit 9 000 ans de recherches. 2° Les semences industrielles de type V.H.R (variétés à haut rendement) sont généralement issues, par espèce, de quelques cultivars présentant avant tout un intérêt économique, (par exemple une forte rétention en eau et un volume élevé) alors que les semences fermières se signalent au contraire par leur grande variété et leur richesse gustative. 3° L’un des principaux caractères des O.G.M. est la stérilité des graines.

Image 3Les industriels du secteur ont cependant mis en place un lobbying forcené pour obtenir des autorités l’éradication des semences fermières, qu’il s’agisse d’interdiction de commercialiser des espèces non répertoriées ou du paiement d’une redevance pour l’emploi de ces semences. A un moment où une majorité de responsables politiques a enfin compris que nous étions entré dans la déstabilisation climatique et que celle-ci se traduirait inévitablement par une tension croissante sur les récoltes, encourager l’appauvrissement génétique des plants et la stérilité des graines est proprement criminel. Seule la plus grande variété génétique permettra aux cultures de s’adapter aux aléas climatiques. Une politique responsable consisterait, au contraire, à encourager l’emploi et la multiplication des semences fermières.

Kokopelli, le semeur de vie.

Biodiversité

Concept complexe – mais indispensable à l’évaluation des impacts actuels des activités humaines sur le système Terre – le terme de biodiversité  peut désigner  aussi bien la richesse d’un écosystème, les réserves génétiques d’une espèce, ou encore la diversité globale des espèces sur notre planète. Ce sont lesImage 1 atteintes majeures et destructrices de la richesse naturelle des formes vivantes, atteintes en croissance exponentielle depuis la révolution industrielle, qui ont imposé l’urgence de théoriser le rapport d’une humanité, toujours plus nombreuse et prédatrice, à son milieu de vie et bientôt de survie.

L’atout majeur de la préservation de la biodiversité, sous toutes ses formes, c’est en effet la survie de  cette humanité, sous la condition qu’elle devienne mature. Les logiques chrématistiques à courte vue finissent immanquablement par détruire la richesse qu’elles prétendaient exploiter ; et elles sont d’autant plus voraces que cette ressource est gratuite. Le cas de la surpêche est emblématique ; les flottes des pillards des mers raclent tout ce que leurs filets peuvent ramasser, rejetant les animaux morts sans intérêt commercial. Bilan : les espèces commercialement intéressantes n’ont plus le temps de se reproduire, les rejets étendent les zones mortes, le chalutage détruit les écosystèmes  qui leur servaient de pouponnières, les méduses se multiplient…et il n’y aura bientôt plus de poissons à vendre.  Ce n’est pas tout : cette prédation aveugle accélère la fermeture du puits biogéochimique de carbone et participe par conséquent à la déstabilisation climatique globale ; non seulement les bateaux n’auront bientôt plus lieu de sortir en mer mais ils ne seront même plus en sécurité à l’amarrage…

Second point crucial, en effet : la biodiversité rend des services  écosystémiques. L’Amazonie,Image 2 actuellement coupée à blanc par l’industrie des barrages, empoisonnée au mercure par les chercheurs d’or et stérilisée par les fronts pionniers, vient  d’entamer son processus de désertification. On croit généralement que c’est parce qu’il y pleut qu’il y pousse de grands arbres et que la terre est riche ; et l’Amazonie est en effet l’un des plus riches écosystèmes de forêt primaire, avec approximativement 700 espèces vivantes à l’hectare. Mais piller cette richesse en imaginant qu’elle se reconstituera est une illusion. En Amazonie ce sont les feuilles des arbres qui servent de noyaux de condensation à la vapeur d’eau et ce sont leurs racines qui retiennent l’humus formé par leurs feuilles. En Amazonie, c’est aussi parce qu’il y a des arbres qu’il pleut et que la terre est riche…  On abat les arbres ; les dernières pluies lessivent les sols ; les ruisseaux deviennent turbides ; les poissons disparaissent ; quelques taillis repoussent et c’est fini. Et puis, accessoirement, ces grands arbres qui captaient pendant leur croissance  le carbone en excès dans l’atmosphère, rien ne les remplace et les GES continuent de s’y accumuler.

Quand, enfin, Homo Oeconomicus prétend remplacer ce qu’il détruit par l’effet de son génie génétique, il se fait encore des illusions. Ni les VHR, ni les OGM ne seront jamais en mesure de surseoir à ce que le réservoir génétique du vivant a accumulé d’informations depuis de milliards d’années et qui a précisément fait ses preuves, en matière d’adaptation, en traversant jusqu’à maintenant  tous les aléas tectoniques, climatiques et météoriques. Quelle chance y a –t-il pour que, demain, les cultivars des majors de l’agrochimie, vendues à prix d’or et gourmands en eau et en engrais, puissent résister aux sécheresses à long terme, aux chamboulements des saisons, aux espèces invasives pas prévues au programme ? Aucune.  La biodiversité, c’est la vie même. Il y a une indécente abjection de la part de Monsanto and Co à s’acharner, par un lobbying forcené,  sur les paysans qui plantent des graines fermières ou sur les militants qui, comme Jean-François Berthelot, s’efforcent de les reproduire toutes et de les préserver.

Maladies émergentes

En dépit des progrès continus de la médecine  et des avancées décisives de la biologie humaine,Image 1 le monde a connu, dans les dernières décennies, une véritable explosion de maladies nouvelles, qu’il s’agisse de pathologies jusqu’ici inconnues (SIDA, maladie de Lyme ), de mutations de micro organismes jusque là inoffensifs (souches E. Coli létales), ou d’agents pathogènes franchissant la barrière inter espèces  (grippe aviaire) ou encore d’hôtes ou de vecteurs étendant ou déplaçant leur aire de répartition (dengue).

Il est probable que la majorité de ces contaminations d’un nouvel ordre, qui ont déjà fait des millions de victimes, sont imputables à un certain nombre de pratiques socio-économiques récentes : bétail nourri aux farines animales (encéphalopathie spongiforme), élevages concentrationnaires (grippe aviaire), déforestation à outrance (fièvre d’Ebola), antibiothérapies systématiques (bacilles de Koch poly résistants), multiplication des voyages et des échanges commerciaux (flambée américaine de choléra).

Parmi les 10 pays qui ont vu surgir des pathologies nouvelles, 5 sont des pays développés (Etats-Unis, Angleterre, Italie, Japon) et 3, des pays émergents (Brésil, Inde, Corée du Sud). En bonne logique, cela devrait nous conduire à nous interroger sur notre modèle de développement.

Enfin les modifications du milieu, du fait de la surexploitation ou des modifications climatiques, favorisent la transmission des facteurs pathogènes de l’espèces initiale à une espèce voisine (virus zyka transmis par un moustique du singe à l’homme).

Eau

De formule chimique H2O, cette molécule est vitale ; tous les être vivants  en ont besoin en permanence. Or il se trouve que la sous-espèce Homo  Industrialis Liberalis prélève sur la ressource terrestre globale une part de plus en plus importante, qu’il s’agisse de ses besoinsImage 1 domestiques (lave linge, lave vaisselle, piscine), de l’irrigation de son agriculture rentière ou du refroidissement de ses centrales électriques, thermiques aussi bien que nucléaires.

Par ailleurs la déstabilisation climatique globale s’est dores et déjà traduite par une modification sensible du régime des pluies. Le cas de l’Australie est particulièrement éclairant : sur le dernier demi-siècle, seulement un cinquième du territoire a conservé la même moyenne annuelle de précipitations ; partout ailleurs on est en excès ou en déficit. Au Niger, sur la même période, on passe d’une anomalie par excès à une anomalie par défaut. Mais le cas le plus préoccupant est sans doute la disparition définitive de ressources locales. Tous les glaciers des Andes sont en train de fondre et les petites communautés villageoises établies autour d’une source que la glace cessera bientôt d’alimenter devront se disperser. Enfin il est probable que l’on verra progressivement se mettre en place une désertification des grandes masses continentale. La chaleur accrue induira en effet une saturation plus rapide de l’air en vapeur d’eau et un régime plus rapide – donc plus côtier – des précipitations.

Même la Banque Mondiale s’est inquiétée de cette situation dans laquelle elle perçoit un frein au développement ; c’est tout dire. Pour l’avenir, toutes les options sont ouvertes : allocation d’un droit à la consommation, comme cela se pratique déjà dans la Californie en voie de désertification, mise en place d’un commerce international de l’eau – comportant notamment l’installation d’usines de dessalement de l’eau de mer -, guerres de l’eau… ou sobriété volontaire.

.

 

 

Ver de terre

Image 2Nom commun de Lombricus terrestris, l’un des représentants du sous-ordre Lumbricina, de l’embranchement des annélides. Le ver de terre, bienfaiteur de l’humanité agricole, est victime de la monoculture de rente dopée aux pesticides, lesquels l’éliminent inexorablement ; dès lors ladite agriculture doit être complétée aux engrais, de façon à suppléer au travail de restauration des sols que le ver de terre n’est plus là pour accomplir.

Car le ver de terre assure gratuitement de multiples tâches. En digérant la matière organique et en la minéralisant, il prépare la couche superficielle du sol à recevoir, dans les meilleures conditions, le semis direct, qui y trouvera ainsi un engrais  immédiatement assimilable. En outre, grâce aux kilomètres de galeries qu’il y creuse, il aère ce sol et augmente sa capacité à retenir l’eau. Bref, il pratique un labourage et un  amendement intelligents, préparant inlassablement le sol idéal de la prochaine récolte, fabriquant un milieu où les racines pousseront aisément, assurant ensuite la cohésion de l’ensemble.

Le ver de terre est malheureusement en danger. Comme si les majors de l’agrochimie ne suffisaient pas, le plathelminthe, un ver mou, a récemment débarqué d’on ne sais où, par le biais de plantes importés par l’Angleterre. Cet animal, qui se nourrit de vers et d’escargots, est en train de se répandre en Europe – en particulier du fait qu’il n’y trouve pas ses prédateurs habituels – ce qui, par hasard sans doute, fait le jeu des producteurs d’O.G.M

Marcel Bouché, l’ardent défenseur du ver de terre et Jean-Lou Justine, l’infatigable veilleur du plathelminthe.

Méduses

Différentes espèces de ces animaux prolifèrent actuellement dans tous les océans du monde, en particulier les méduses géantes.Image 3 Elles rendent  la pêche de plus en plus difficile dans la mer du Japon. Mais on en trouve aussi plus fréquemment au large des îles britanniques et une dizaine d’entre elles se sont récemment échouées sur les plages de Tasmanie, en Australie.

Ces méduses, dont l’ombrelle peut atteindre 2 mètres de diamètre, les filaments, 3 mètres de longueur, et qui peuvent peser jusqu’à 150 kg, doivent le développement spectaculaire de leur population à la convergence de la sur-pêche et de l’extension des zones mortes. Les poissons, qui se nourrissaient en partie de leurs larves,  devenant de plus en plus rares,  un nombre plus grand de ces animaux  atteignent la maturité ; et comme les méduses se nourrissent, à leur tour, d’oeufs de poissons, on est entré typiquement  dans la boucle à rétroaction positive qui amplifiera inexorablement le déséquilibre initial. Par ailleurs dans les zones mortes où les eaux sont Image 1appauvries en oxygène, du fait de la saturation  en gaz carbonique, elles survivent mieux que les autres organismes marins, ce qui constitue un avantage adaptatif décisif. Enfin leurs piqûres sont toxiques pour une grande majorité de la faune océanique.

On observe également une pullulation d’espèces plus petites, ce qui paraît attester du caractère général du phénomène. Subsidiairement, comme l’eau représente 98 % de la masse corporelle des méduses et qu’il faut s’attendre à ce qu’elles écument, de façon ou d’autre, ce que les pêcheurs auront laisser subsister de poissons, elles provoqueront probablement un déficit sensible de la nécromasse, participant ainsi à la fermeture du puits de carbone océanique.  (14 juillet 2014)

Circulation atmosphérique

Cellules atmosphériquesSystème intégré des déplacements d’air induit par l’énergie solaire, en fonction de la différence de température – et donc de pression – et de l’effet de Coriolis, c’est-à-dire du déplacement spécifique des particules d’air induit par la rotation terrestre. C’est ce système qui commande le schéma général des vents, lesquels, par ailleurs, composeront aussi avec le relief et les surfaces océaniques.

Les gradients de température et la déviation de Coriolis engendrent  des cellules de convection définies, soit, à partir de l’équateur, parallèlement à lui et en direction de chacun des deux pôles, les cellules de Hadley, les cellules de Ferrel et les cellules polaires. Enfin,  les différences d’altitudes entre ces cellules et les variations importantes de température qui en résultent sur de faibles distances produisent des vents d’altitude constants, rapides, circumterrestres et  orientés d’Ouest en Est : les jet streams ; ceux-ci doivent leur nom au fait qu’ils sont empruntés par des avions. Ils ont récemment donné des signes de ralentissement, ce qui constitue une pièce de plus à verser au dossier de la déstabilisation climatique globale.

 

Atlantide(s)

NY under the seaCité état insulaire qui aurait disparu sous les flots, à la suite de violents séismes, et dont la légende est rapportée à deux reprises par Platon. Le nom de la patrie supposée des Atlantes pourrait bien, dans les décennies qui viennent, devenir un nom commun. La fonte des glaciers continentaux et des banquises, majorée par l’expansion thermique des océans, a déjà induit une élévation mesurable du niveau des océans. Actuellement de l’ordre de 3,4 mm par an, elle pourrait atteindre 84 cm à la fin du siècle en cours. Une telle élévation serait évidemment catastrophique pour les îles du Pacifique de faible altitude ; mais elle aurait des impacts sur de nombreuses métropoles du reste du monde. Quelques dizaines de centimètres d’élévation du niveau de la mer, c’est une base accrue  pour les tempêtes et les marées d’équinoxe, les nappes phréatiques saturées et polluées, les fleuves et les rivières en mal d’écoulement… Cités candidates au titre :  New-York, Miami, Alexandrie, Qingdao, Nagoya, Ho Chi Minh ville, Rotterdam, Amsterdam , Osaka, New Orléans, Nigbo, Bangkok, Hong Kong, Tokyo, Tianjin, Mumbaï, Shangaï, Calcuta, Guangzhou…

Pesticides

Composés chimiques employés systématiquement dans l’agriculture de rente afin de maximiser les rendements, les pesticides sont des molécules chimiques destinées à éliminer les ravageursImage 1 potentiels des cultures, essentiellement les insectes (insecticides) et les moisissures (fongicides).

Cependant leur emploi conjugué à celui des V.H.R. (variétés à haut rendement) s‘est révélé contreproductif ; la faible variabilité génétique de ces plans et l’emploi répété de ces molécules suffisent en quelques années à sélectionner des super-ravageurs. Il faut alors soit augmenter les doses, soit investir dans un nouveau cultivar, soit encore passer à une nouvelle génération de pesticides (écosystémiques, par exemple, c’est-à-dire enrobant la graine ou répandus préalablement dans le sol).

Outre ces performances discutables, les pesticides ont provoqué de nombreux dommages collatéraux : maladies professionnelles des travailleurs de l’agriculture, cancers notamment, génotoxicité pour les consommateurs de ces productions, élimination progressive des insectes pollinisateurs, atteintes répétées  à la biodiversité. Outre le fait qu’ils empoisonnent les cours d’eau, ils pourraient également être impliqués dans l’étiologie de l’autisme – les neurotoxiques représentent 40% de la production actuelle – et l’effondrement des populations d’oiseaux. Sur le Image 1premier point, une étude publiée en juin 2014 dans Environemental Health a montré un accroissement significatif des risques pour les femmes enceintes vivant à proximité des entreprises agricoles employant ces produits ; ceux-ci affecteraient le développement du cerveau du foetus. Le risque de développer cette maladie aux États-Unis a été multiplié par 2 entre 2000 et 2014.

Les O.G.M., qui se sont longtemps présentés comme une alternative, ne sont en réalité destinés qu’à préserver ce marché lucratif pour les majors de l’industrie chimique ; l’élimination du ravageur principal ne dispense en rien de l’emploi de pesticides pour tous les autres ravageurs potentiels. Dans une période qui sera de plus en plus marquée par  l’incertitude climatique, la sagesse commanderait, au contraire, une culture biologique de mélanges variétaux les plus riches possible.

Génotoxicité

Propriété qu’ont certaines substances (ou certains rayonnements) de fragmenter les molécules Image 1d’A.D.N. et d’induire, par une modification du génome des cellules atteintes – selon le cas – soit des processus cancéreux, soit une modification génétiques des gamètes, provoquant des pathologies dans la descendance, laquelle n’aura donc qu’une survie limitée. Environ un tiers des rejets industriels et agricoles ont des propriétés génotoxiques et, par conséquent, les produits initiaux également ; il s’agit en particulier des hydrocarbures et des pesticides. Enfin on s’attend à ce que les nanoparticules – dores et déjà employées dans l’alimentation industrielle et les cosmétiques – soient également génotoxiques mais on ignore encore dans quelles proportions.

Vortex polaire

Courant aérien circulaire entourant chacun des pôles et résultant d’une part du gradient de température entre zone polaire et zone tempérée, d’autre part de l’effet de Coriolis. Comme c’est lors de l’hiver hémisphérique que ce gradient est le plus important, c’est pendant cette saison que le vortex est le plus actif. Il a pour effet d’isoler des zones de haute pression, donc froides, qui, du fait de cet isolement,  continuent à se refroidir. C’est encore cet isolement qui catalyse, en Antarctique, la déplétion de l’ozone stratosphérique.Image 1

L’épisode de froid intense de 2014 en Amérique du Nord – qui s’est traduit en particulier par des températures anormalement basses dans les états du Sud – paraît être le signe d’un déplacement du vortex arctique. Celui-ci pourrait résulter corrélativement  d’un déplacement du jet stream, de sa structure propre (il a deux foyers) et du réchauffement du vaste plateau continental sibérien.

Géo-ingénierie

Proto technoscience visant à infléchir l’évolution climatique actuelle (vers la déstabilisation globale). Trois voies sont principalement explorées, soit du fait d’initiatives privées, soit dans le cadre d’agences gouvernementales. 1° : répandre de la limaille de fer dans les océans de façon à stimuler la croissance du phytoplancton, lequel consommerait alors le dioxyde de carbone qui sature actuellement les couches d’eau superficielles. 2° : blanchir les nuages de la basse Image 2troposphère en y propulsant de l’eau de mer, de façon à les « blanchir » du fait des particules de sel ainsi mises en suspension et, par conséquent, à augmenter leur albédo ; 3° : injection « volcanique » de particules de soufre dans la haute atmosphère dont on connaît l’effet refroidissant.

Ces perspectives sont problématiques, et à plus d’un titre. Rien ne garantit leur efficacité ; l’engrais ferreux pourrait tout aussi bien déclencher un bloom d’algues toxiques destructeur et contre-productif. Par ailleurs la question du bilan se pose : combien de tonnes de pétrole pour qu’un avion ou un navire arroseurs envoient en l’air du soufre ou de l’eau salée ? Par ailleurs il ne suffit pas de souhaiter que les initiatives à venir en ce domaine soient placées sous l’autorité des organismes internationaux pour se garantir des initiatives « locales » ; on peut fort bien concevoir que telle nation, qui en aurait les moyens techniques, détourne sur le territoire d’une nation voisine un orage cellulaire destructeur de récoltes. Enfin, comme rien ne garantit la pertinence d’une de ces diverses approche – étant donnée la complexité de la machinerie climatique – il semble que la fonction essentielle de la géo-ingénierie soit plutôt la préservation du modèle actuel de développement.

Anthropocène

Néologisme fabriqué en 1980 par l’écologiste Eugene F. Stoermer pour désigner la période géologique dans laquelle la Terre serait entrée à partir de la Révolution industrielle, les activités Image 5humaines étant devenues à partir de la moitié du XIX° siècle le facteur dominant de l’évolution terrestre.

Parmi les activités qui justifieraient en effet le passage de l’Holocène à l’Anthropocène, il faut citer l’agriculture et la déforestation qui induisent la fragmentation et la disparition des biotopes, la surpêche qui a dores et déjà  anéanti nombre d’espèces marines, l’épuisement de certains fleuves et rivières et, naturellement, l’émission des gaz à effet de serre qui retentit déjà sur l’ensemble des climats, et donc sur celle des aires de répartition et donc sur celle des évolutions des populations d’espèces animales et végétales.

Les avis sont partagés sur la pertinence de ce concept. Les climatosceptiques le trouvent évidemment fantaisiste, même si la fonte de la calotte antarctique est susceptible non seulement de générer des mouvements tectoniques mais encore, par rotation de la plaque sous-jacente, de retentir sur les plaques limitrophes. D’autres proposent une autre dénomination : le Poubellien ; d’autres enfin ont  déposé une demande argumentée d’homologation devant le Congrès International de Géologie de 2011 ; quoiqu’elle n’ait pas été acceptée, certaines sociétés nationales de géologie ont désormais intégré l’Anthropocène au champ de leurs recherches.

A lire : un entretien entre Hubert Reeves et Jean-Louis Etienne