Cinéma

Ici, tous les films qui nous ouvrent les yeux sur tel ou tel aspect de notre monde à la dérive, et dont il ne faut pas perdre la mémoire, si l’on veut espérer revenir, un jour, au port.

Comment survivre : L’éveil de la permaculture
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Un film d’Adrien Bellay, fouillis, fourre-tout, où l’on n’a pas vraiment le temps de s’appesantir sur les procédés. Mais un film qui, tout en traçant à petites touches l’histoire hasardeuse de ce concept aux contours variables de la permaculture, ouvre la voie aux modalités d’une survie possible. Petites communautés coopératives retrouvant par recoupements des pratiques ancestrales, du dynamisme forestier et des connaissances les plus pointues de l’agro-écologie, une agriculture résiliente et auto-régulatrice. Et puis quand l’assurance de la survie est acquise, on peut enfin construire, s’installer, retrouver le temps de vivre. Et continuer à créer… Un film pour donner envie, à voir et à programmer

Enfin de bonnes nouvelles
Image 1 07-06-15Film de Vincent Glenn. Ou comment un chômeur longues durée et ses copains inventent une agence de notation d’un genre totalement nouveau. Ou encore « l’éthiquette » systématique. Achetez éthos et si vous êtes assez nombreux vous condamnerez à disparaître les abjections des profiteurs à tout prix… Enfin, pas tout à fait ; c’est l’un des traits remarquables de cette création : it’s not that simple. Avec ça une mise en scène parfaite, un scénario où rien n’est convenu, des acteurs à la fois inconnus et bluffants.
Film génial aussi au premier sens du terme : on n’a jamais vu ça. Un « docu fiction », remarquablement ficelé, impeccable. En prime, l’actrice la plus improbable de toute l’histoire du cinéma, parfaite dans un court rôle de… « composition » est peu dire !
AV& A P*
* A voir et à programmer.

Printemps citoyen
Film documentaire de Ryslaine Boumahdi. Un voyage, allers et retours, des « indignados » dePrintemps citoyen Madrid et Barcelone, à « Occupy Wall street » de New York, au parti pirate d’Islande, au mouvement « Zo » en Grèce, avec un bref passage à « Nuit Debout ». Tour du monde des initiatives citoyennes en démocratie active, cette compilation fait progressivement apparaître les lignes de force d’une authentique démocratie : dialogue, synergie, créativité, intelligence collective, initiatives révolutionnaires pacifiques. Elle pointe vers les pédagogies alternatives, les outils possibles d’une consolidation de ces pratiques. Elle annonce enfin que les citoyens du monde commencent à entrer dans la majorité et qu’ici ou là, ils ne se contenteront plus d’une demi-heure tous les quatre ou cinq ans où ils délèguent leur pouvoir tout le reste du temps ; ils entendent désormais décider, en pleine connaissance de cause, de ce qui les concerne. Si jamais ce monde a un avenir, il passe par là. AV& A P*
* A voir et à programmer.

Dans sa bulle
Ce n’est pas un film écolo dans le sens militant du terme mais ça l’est quand même et pas Image 1seulement parce que le cinéma La Clef à Paris qui le programme cette semaine a offert un verre de vin bio aux spectateurs… ainsi qu’à toute l’équipe du film.
Film à petit budget, acteurs inconnus sur la grande toile… mais film proprement génial et à tous points de vue. « Dans sa bulle » ou comment instaurer entre quatre personnages principaux, magnifiquement interprétés, des rapports complexes, à rebondissements ; scénario haletant mis en scène avec des talents de peintre, dans un appartement rez-de-chaussée terrasse et une petite venelle pavée. Comme quoi on n’a pas besoin de jouer les gros bras de la surproduction pour atteindre à la perfection et transporter le public de l’étonnement à la réflexion, de l’indifférence à la sympathie, du magazine à la partie d’échecs. Si jamais l’humanité a un avenir, c’est à cela que ressemblera la création cinématographique. Film de Pierre-Loup Rajot avec Céline Rajot, Eric Bonicatto, Marie Caldera, Jean-Louis Milesi. A voir et à programmer absolument.

Colonia ou l’une des dernières menées de l’axe V-W
Entendre par là Vatican-Washington. Ce film montre comment l’intégrisme religieux, sous les traits de l’ignoble Paul Schäfer, nazi exfiltré par Rome au Chili, pédophile et ami du général Pinochet, prête la main à l’anéantissement de l’opposition politique, après le coup d’état de 1973. Ça n’est pas par hasard. Pour les capitalistes comme pour les calotins, le communisme constitue un danger mortel.
Sous couvert du retour des brebis égarées « dans le sein du Seigneur » la Colonia Dignitad sert de couverture à la torture de ces opposants, avant de procéder à leur décérébration ; le goulag était un cran au-dessous dans la mesure où il laissait subsister chez les opposants au stalinisme, une relative liberté d’esprit.
Ceci dit Karl Marx fut bien naïf de voir dans l’idéologie l’outil principal de la lutte des classes. Ça n’est par hasard non plus si l’Europe d’avant 1939 voit se succéder les coups d’état militaires perpétrés par des officiers bien pensants Image 1(Mussolini, Franco). Et puis Hitler avait été baptisé et c’est le Zentrum, parti catholique, qui , en se désistant en 1933, lui permet d’accéder au pouvoir. Enfin, contrairement à la doxa en vigueur chez les historiens, l’invasion de la France en 1940, permise de facto par le pacte germano-soviétique, procède de la même logique. Depuis 1934 la tentative avortée de coup d’état et l’accès au pouvoir du Front Populaire, font de la France, aux yeux des capitalistes et des catholiques, le pays le plus dangereux en Europe ; il se pourrait bien qu’y ait lieu une hybridation du communisme et de la démocratie qui en évincerait les uns et les autres.
C’est la même éventualité qui, en 1973, décide la même alliance à intervenir au Chili pour y abattre Allende. Et ce sont toujours ces calotins qui depuis quelques années oeuvrent dans l’ombre pour la révision de la loi de 1905, au profit de ce qu’ils nomment une « laïcité d’ouverture », en instrumentalisant la jeunesse d’origine maghrébine, réputée musulmane ; même erreur, soit dit en passant, que celle que les Américains firent en Afghanistan, quand ils décidèrent, contre l’U.R.S.S., de réactiver l’intégrisme musulman.
Quel rapport avec l’écologie ? demandera-t-on. Celui-ci : si l’humanité veut survivre autrement que dans le retour à la barbarie, il lui faudra d’abord et à la fois s’extraire de l’illusion capitaliste d’un monde infini et de l’illusion religieuse d’un autre monde. Il lui faudra ensuite déjouer les manoeuvres de tous ceux qui, dans l’illusion d’être les détenteurs du « bien », n’oeuvrent en réalité que pour la préservation de leurs intérêts particuliers.
Ça n’est pas gagné. En attendant si ce film remarquable n’obtient pas pour ses excellents acteurs, sa remarquable mise en scène, son scénario exceptionnel et le prestige inégalable de la vérité, l’oscar du meilleur film étranger, nous saurons à quoi nous en tenir. Du moins il nous restera notre césar… Colonia est allemand et c’est Florian Gallenberger qui en signe la réalisation. Et une devise pour ce monde à réinventer : ni la peste, ni le choléra.

El olivo / L’olivier Film d’Iciar Bollain (qui y tient aussi l’un des rôles clef). Beau, émouvant et Image 1éloquent. Les puristes objecteront que s’y déroule un voyage aller et retour en camion tractopelle entre Grenade et Dusseldorf… Mais l’important est ailleurs. C’est la nécessité de reconstituer l’alliance immémoriale entre les lignées d’arbres, les lignées d’hommes… et les lignées d’oiseaux. A cette agriculture sensible et harmonieuse Bollain oppose, en quelques plans séquences mémorables, l’abjection de la ferme industrielle ; encore s’est-il abstenu de nous montrer le broyage des poussins. Ces arbres millénaires d’Andalousie font aussi penser à ceux de Zakinthos, en Grèce… Certains, comme il est dit, contemporains du Christ, sont peut-être nés d’un bouturage contemporain d’Ulysse. Pourquoi sommes-nous incapables d’entendre dans leurs branches le chant du vent venu du fond des âges ?
Et puis c’est aussi l’argent roi qui est dénoncé ici, qui permet de tout acheter et de tout détruire.
Decir, me decir de quien, de quien son esos olivos…

Jungle d’eau douce ou la leçon des gravières
Ça se passe en Alsace. Au long du Rhin d’anciennes gravières (zones minières à ciel ouvert où on prélevait autrefois les graviers et le sable produits depuis la nuit des temps par les cours d’eau), sont devenues des étangs. Certaines ont servi de décharges ; d’autres à la belle saison, font office de piscines ; d’autres ont été transformés en « carpodromes » (alevins de carpes + boulettes de nourriture) et font le bonheur des pêcheurs. Et les dernières, les plus rares et les plus fragiles, Image 3sont revenues peu à peu aux cycles naturels.
Serge Dumont – qui est un passionné de ces lieux-ci – a passé dans l’un d’eux toute une nuit en immersion, avec caméra, éclairage spécial et scaphandre sans bulles, afin d’y saisir les moments secrets de la vie des animaux, des plus grands aux plus petits. Dans une de ces rares gravières préservées – et ce n’est le cas ni des piscines ni des pêcheries artificielles, du fait de la turbidité – l’affleurement de la nappe phréatique et la pluie ont fait refleurir de minuscules crevettes – dites rouges sang – qui viennent du fond des âges et du fond des eaux, ne s’ébattant qu’aux dernières heures nocturnes, quand les prédateurs du jour ne sont pas encore éveillés et que s’endorment déjà ceux de la nuit. Ce sont les oiseaux – cygnes, grèbes, hérons – qui, venant s’ébattre et pondre sur ces eaux, les ont progressivement ensemencées et y ont fait revenir les poissons : mérous, brochets, carpes. Et dans les riches herbiers que les basses eaux et le soleil ont fait naître, les grands Image 2cycles animaux se sont progressivement remis en place : prendre et ne pas être pris, grandir et procréer. Le plus miraculeux, c’est la saga de l’anguille au long cours. Il a suffi que l’excès d’eau engendre des ruissellements qui s’écoulent jusqu’au fleuve. Cet animal nocturne part tous les 10 ans se reproduire… dans la mer des Sargasses. Rejoindre le Rhin, parfois en rampant plusieurs mètres hors de l’eau, passer les barrages, parvenir en mer du Nord puis traverser l’océan Atlantique… La plupart de ces animaux n’atteignent pas le terme du voyage ; mais grâce soit rendue à ceux qui y parviennent par lesquels il nous est encore possible de célébrer la vie et de continuer, nous aussi, à nous battre en dépit de toutes les raisons qu’il y a de désespérer.
Ici on peut regarder le film de la plongée nocturne et ici on peut louer ou acheter celui que Serge Dumont et son équipe ont tiré de leurs patientes observations, Jungle d’eau douce.

Taklub ou les martyrs de Tacloban. Ce film de Brillante Mendoza raconte au jour le jour la vie difficile des humbles d’un faubourg de Tacloban, la métropole de l’île de Leyte. C’est la zone du bord de mer qui a été dévastée enImage 3 2013 par le typhon Haiyan. En tagalog « taklub » signifie piège. Piège impitoyable, en vérité, multiple, diabolique. Piège de la pauvreté de ceux qu’on n’a toujours pas relogés et qui vivent depuis trois ans dans des tentes, piège de cet océan qui constitue une menace permanente, entre pluies diluviennes et possible retour d’un typhon ou d’une vague scélérate, piège d’une administration bureaucratique qui joue au ping-pong avec les gens, piège enfin d’un christianisme à l’état pur, charitable et plein d’espérance, qui rend fidèlement hommage aux morts, aux enfants singulièrement. Il faut vivre pourtant, tâcher de ménager des moments de douceur partagée dans cette nature déboussolée. Mais tout cela se fissure insensiblement, comme si ne se faisait plus entendre dans le ciel que le ricanement de la Moïra ; d’ailleurs le crucifix retrouvé dans la boue n’offre plus qu’un Christ aux bras cassés. C’est un homme qui perd tous ces enfants dans l’incendie d’une tente… ce soir-là, pas une goutte d’eau ; c’est une femme qui laisse échapper une tasse avec le portrait d’un de ses enfants morts. Et les sentences de l’Ecclésiaste résonnent étrangement à la fin de ce film remarquable… Il n’y aura bientôt plus de temps pour reconstruire tant les épisodes de destruction se succéderont en rangs serrés. Quand donc nos rutilantes institutions internationales se décideront-elles à demander aux empoisonneurs de la planète des comptes pour les Philippins ?

Earth under water ou l’inondation universelle. Un film très parlant (à voir ici mais en Image 3anglais) sur ce qu’impliquera concrètement la montée des océans. Le problème, c’est la solution, si l’on peut dire. Avec un pragmatisme made in U.S.A. on vous expliquera comment des digues de différentes factures permettront de protéger telle ou telle zone cruciale du littoral, New York, for instance. Pour la Méditerranée, c’est simple : il suffit d’obturer le détroit de Gibraltar. Evidemment on déplore à l’avance que les nations les moins favorisées, type Bangladesh, n’auront probablement pas les moyens de faire face à ces dépenses. Comme le génie hydrologique a tout prévu, on installera aussi des conduits de passage « transdigues » afin d’évacuer l’eau qui se serait éventuellement accumulée en amont. Toujours le même paradigme éculé : le libéralisme trouvera la solution ; suffit de banquer.
Game over, folk : l’eau montera inévitablement des deux côtés à la fois, en particulier parce que l’accélération du cycle et la saturation plus rapide de l’air en vapeur d’eau rabattront les précipitations vers les côtes. Au moins les Bengalis, contrairement aux New-Yorkais, comprendront immédiatement qu’il faut partir.

Amis publics ou les Robins des banques. A la suite de l’explosion d’une usine pétrochimique, les parents de Léo sont morts et son frère Ben, atteint d’un cancer, n’en a plus pour très longtemps. Comme celui-ci a toujours rêvé d’un Image 3braquage, son frère et ses copains se chargent de la mise en scène… laquelle, à la suite d’une redoutable méprise, passe la rampe et débarque dans le réel. C’est drôle mais ça donne à penser. Combien de victimes sacrifiées pour quelques actionnaires qui n’en ont jamais assez ? Peut-être en effet est-il temps de reprendre la main et d’arrêter d’engraisser ces vampires qui n’hésitent pas, dans une logique perpétuelle de majoration de leurs bénéfices, à souscrire à la sécurité minimale et puis, quand on a fini de compter les morts, les blessés, les malades… se mettent la main sur le coeur et affirment qu’ils ne savaient pas. Le plus troublant dans cette belle histoire, c’est le basculement révolutionnaire de tous ceux qui ont encore un peu d’humanité.

César pour DemainEt le César du meilleur documentaire va à …. Demain, film de Cyril Dion et Mélanie Laurent, avec, à la manoeuvre, Vandana Shiva, Pierre Rabhi et quelques autres, ainsi qu’un certain nombre de supporters enthousiastes et kisskissbankers afférents. Comme tout le monde paraît avoir oublié les bonnes résolutions prises lors de la COP21, il faut remercier les jurés pour cette petite piqûre de rappel. Le film a dépassé les 500 000 entrées depuis plusieurs semaines ; ce prix peut lui permettre d’accéder à de nouvelles salles et d’atteindre ceux qui ne l’auraient pas encore vu. Car il faut ABSOLUMENT aller le voir ! Sachez-le, bonnes gens : sans Demain, demain ne sera qu’une suite de désastres sans lendemain qui vaille.

Les saisons

Un film admirable, de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud. Texte minimaliste, images jamais vues des animaux si proches et que l’humanité s’est évertuée à faire disparaître, sans l’avoir voulu ou en les massacrant… La vie vue du regard des bêtes, le monde du loup, du renard, du canard, du cerf, du sanglier, de la lucane… Et quand on survole la campagne en compagnie des oies sauvages, alors, comme par magie, on revit le merveilleux voyage de Niels Holgerson.
Un film mais pas seulement ; une porte ouverte sur une pacification possible de nos rapports avec ce que nous aurons pu préserver de la nature. Il y a aussi des livres, des cartes, des jeux. Tout est là, sur le site des Saisons. Jamais la pédagogie n’aura mieux mérité son nom. Histoire du dernier interglaciaire, histoire de la révolution néolithique… mais aussi mode d’emploi du monde qui reste et où les enfants auront à vivre, si, du moins, nous leur en laissons la possibilité. Belle musique et bruissements divers de la forêt dont c’est aussi l’histoire.

The big short / Le casse du siècle

Ou comment quelques malins hackers et subtils banquiers profitent de la crise des subprimes (2005-2008) pour se remplir les poches en toute légalité. Il suffisait de spéculer sur l’effondrement des emprunts immobiliers titrisés et celui des Image 2« produits » bancaires dérivés qui, tout en comportant de ces emprunts toxiques, continuaient d’être évalués AAA par les agences de notation. Principe de cette spéculation : acheter et faire acheter à bas prix, (3 ans avant the big crunch, en fait) les titres de repli, autrement dit les garanties sur lesquelles les banques se replieraient inévitablement au moment des prodromes de l’éclatement de la « bulle immobilière ». Bien vu, bien joué, tout est parfait…
Sauf que les états ne peuvent pas laisser s’effondrer les banques qu’on renfloue avec les impôts, engendrant, cette fois, la crise économique (dont nous ne sommes toujours pas sortis), sauf que des milliers de familles, faute d’avoir pu rembourser les mensualités de leur prêts, se retrouvent à la rue, sauf que les économies européennes, dont les banques ont également acquis des cocktails toxiques, s’effondrent l’une après l’autre…
Pas leur problème, à ces gentlemen. Ils n’ont rien fait d’illégal. Ce sont les banquiers qui auraient dû être plus prudents en contrôlant l’octroî des crédits et surtout en s’abstenant de spéculer sur les défaillances des emprunteurs, élevant à mesure les taux d’intérêt, juteuse affaire.
Alerter ? Prévenir les uns et les autres pour éviter la catastrophe ? Vous voulez rire !!! Chacun pour soi, bien sûr.
Ce film d’Adam McKay dont le scenario est tiré du livre de Michael Lewis, permet de toucher du doigt l’ampleur de la mutation requise pour éviter la catastrophe. Mutation morale, d’abord ; dans un monde fini dont nous percevons chaque jour un peu plus les limites, l’égoïsme pourrait bien cessé d’être une stratégie de survie pertinente.

Image 3DEMAIN

C’est énorme ! Ça fait du bien. Ça m’a donné une grosse patate ! Bouleversant ! Magnifique ! Revigorant, de voir des choses aussi positives. J’ai trouvé ça génial ! Allez voir ce film ; c’est une bouffée d’oxygène. C’est l’espoir. Les images sont superbes et c’est génial !
Paroles de spectateurs !
Si vous n’y croyez pas, ici la tournée et ici la bande annonce.
Mais le mieux, c’est encore d’aller voir le film.

La glace et le ciel

Un film de Luc Jacquet, auquel on devait déjà « La marche de l’empereur », hommage au fondateur de la glaciologie scientifique : Claude Lorius. Celui-ci fut le premier à comprendre que les carottages en Antarctique pouvaient révélerImage 5 les paléoclimats, le premier à établir une corrélation entre température globale et teneur de l’atmosphère en dioxyde de carbone, le premier aussi à alerter sur l’impact global des essais nucléaires atmosphériques. Un pionnier et un lanceur d’alerte… négligé pendant 30 ans, comme beaucoup d’autres, à cause des « climatosceptiques »… et l’on sent bien qu’il se retient pour ne pas dire tout le bien qu’il pense de ces gens-là. Merci à tous les deux.

Nous venons en amis

Ceux qui avaient vu « Le cauchemar de Darwin » retrouveront ici le regard d’une imparable lucidité d’Hubert Sauper sur le martyr silencieux de l’Afrique et des Africains. Cette fois-ci on part au Soudan du Sud, dans un petit coucou du style motocyclette volante. Est-ce que c’est cet engin improbable ou la façon atone dont il pose ses questions mais les Image 3carnassiers qui dépècent le continent noir, qu’ils soient missionnaires ou pétroliers, qu’ils extirpent la culture ou les ressources minières, lui répondent avec une totale ingénuité. La palme de l’abjection revient ex æquo aux Américains et aux Chinois. Pour les uns comme pour les autres, il n’y a que le pétrole qui compte. Alors les « locaux », comme ils disent, sont refoulés hors des terres ancestrales, condamnés à vivre dans des bidonvilles ou des nécropoles. On en viendrait presque à se dire que la charia qui s’implante au Nord est un moindre mal.
C’était pourtant le moment où les Africains auraient pu enseigner au reste du monde comment vivre… Maudits soient tous ceux qui les exploitent et qui les trompent.

Ventos de Agosto

Image 4C’est un film de Gabriel Mascaro qui raconte en pointillés un peu de la vie de quelques hommes et femmes, échoués sur un rivage d’Amazonie, pris entre l’Atlantique qui a des sautes d’humeur et une palmeraie où les arbres se raréfient. Il y a deux amoureux, une vieille femme, un visiteur, un cadavre… ce sont eux qui nous intéressent.
Et tout est là : discrètement, l’air de ne pas y toucher, la déstabilisation climatique a pris place dans la trame narrative. Personne ne le conçoit d’abord ; chacun mène sa barque comme il peut. Le climatologue qui fait ses relevés intrigue un temps les enfants ; le père aimerait bien que le fils s’active un peu plus dans la construction de la butée qui leur évitera d’avoir les pieds dans l’eau… Le cimetière, c’est autre chose ; la vague qui vient jusqu’aux tombes déjà inclinées par l’effet du retrait du sable, n’est pas spectaculaire mais elle contourne aisément la digue de pierres qui prétendait l’arrêter ; et sans que personne ne le dise, chacun sait alors que quelque chose ne va pas.

Elle est retrouvée.
Quoi ? – L’Eternité.
C’est la mer allée
Avec le soleil.

« Vacheries de ripoux ! ou comment on va quand même s’en sortir ».

« Cowspiracy, the secret of sustenability », c’est le titre en V.O., codirigé par Kid Andersen et Elvin Bishop. Il faut ABSOLUMENT REGARDER CE FILM (sous-titré V.F.).
Kid Andersen, qui se définit initialement lui-même comme « un écolo obsessionnel compulsif », découvre avec effarement que Image 3 tous ses comportements vertueux pèsent finalement de peu de poids devant le simple fait de continuer à consommer des produits animaux. Il chiffre précisément les choses, avec des graphiques parlants. Mais il va plus loin : il se demande pourquoi toutes les O.N.G. écolos de la planète demeurent, sur la question, dans un affligeant silence. Ce qu’il découvre est consternant. Lobby and c°, as usual ; on lui a même supprimé des financements pour le film. Les fermes 1000 vaches made in States engraissent Greenpeace pour que Greenpeace ne mette pas le nez dans leur fumier.
Bravo aux réalisateurs ; c’est ce qui s’appelle remettre les pendules à l’heure. En plus ça peut être beaucoup plus rapide et efficace que toutes les autres actions.
Vous vouliez sauver la planète ? Restituer aux enfants leur avenir ? C’est possible et c’est facile ! Devenir « vegan » n’est plus désormais une pure posture éthique ; c’est la seule façon d’éviter la catastrophe universelle. A diffuser largement et avec enthousiasme !

Human, prélude à la COP21

YABertrandYann Arthus-Bertrand, on l’a connu d’abord comme un photographe d’exception. Et puis, entre l’exposition – livre – documentaire « La Terre vue du ciel » qui a fait le tour du monde et les films « Home » et « La planète océan », on a peu à peu saisi qu’il y avait derrière l’objectif, un écolo au grand cœur.
Son prochain film, « Human », sortira en septembre. Où donc ? Dans le monde entier, au cinéma, à la télévision, sur internet… Partout ; pour que les femmes et les hommes de cette planète se rencontrent enfin entre eux, dans la sympathie et la confiance, avant de se mettre ensemble à l’œuvre, pour sauver tout ce qui peut l’être. Ici la bande-annonce du film ; et là le site de Yann Arthus-Bertrand, un homme engagé, comme il le dit lui-même, et de la plus belle eau.

Aux armes, citoyens du monde !

Un film génial, financé en crowdfunfing, qui redécouvre Marx, l’idéologie et la lutte des classes.Image 1 Son nom : END:CIV et son concepteur : Derrick Jensen. Regardez-le, ici et maintenant, et votre conception irénique de l’écologie va en prendre un coup dans l’aile. Mais il a raison Derrick : les manifs et les pétitions, c’est de la roupie de sansonnet ; on n’a plus le temps et ce n’est pas le fait de se donner bonne conscience à peu de frais qui peut sauver ce qui peut l’être encore ; il faut passer à l’action directe ; celle-ci n’exclut ni la violence, ni la transgression. Encore faut-il qu’elle soit pertinente et qu’elle frappe où il faut. Toutes les idées sont les bienvenues, à formuler en baragouin à cause des grandes oreilles. Ex : Cot boy actif von Do mac.

En quête de sens

La jeunesse d’aujourd’hui ressemble comme une soeur à celle de 1968 ; celle-ci étouffait sous la Image 1menace permanente de l’apocalypse nucléaire que lui promettait chaque jour la guerre froide ; celle-là a bien compris, qu’avec la poursuite du « business as usual », c’est son avenir et c’est sa vie qu’on lui vole. Deux jeunes font le tour du monde – l’un à la caméra, l’autre au micro – et vont à la rencontre des quelques personnes qui dessinent, par la pensée et l’action, un chemin de vie pour cette jeunesse. Figures connues, comme Vandana Shiva ou Pierre Rabhi, ou moins connues (Satish Kumar, Trinh Xuan Thuan, Arnaud Desjardins, Frédéric Lenoir), ces multiples personnalités jalonnent de leur lumière la trajectoire des deux jeunes gens. Un très beau film de Nathanaël Coste.

Howard Zinn, une histoire populaire américaine d’Olivier Azam et Daniel Mermet

« Tant que les lapins n’auront pas d’historiens, l’histoire sera racontée par les chasseurs »… ça peut paraître une plaisanterie mais, voilà, c’est l’histoire d’un lapin qui a décidé de se faire l’historien des lapins, entendez des exploités. Et on reste figé de saisissement d’un bout à l’autre de ce film…Image 1 peut-être parce qu’il commence par l’événement qui a décidé de la vocation d’ Howard Zinn : le bombardement de Royan, où s’étaient retranchés les Allemands, par les aviateurs américains (dont le jeune Zinn), le 15 avril 1945. On a appris en 1996 que le Japon avait fait parvenir, via Staline, une demande de reddition aux Américains en décembre 1944. Il semble bien que, de même que les bombardements d’Hiroshima et de Nagazaki ont permis de tester respectivement la bombe A et la bombe H, le bombardement de Royan – inutile puisqu’un bombardement de la R.A.F. avait eu lieu quelques semaines plus tôt – n’ait eu d’autre but que de tester le napalm. On sait par ailleurs que la première guerre mondiale qui dévasta l’Europe fut une excellente opération pour les États-Unis, les propulsant au premier rang économique mondial ; c’est probablement la raison pour laquelle ils n’étaient pas pressés de se mêler de la seconde. Ce que ce film permet de comprendre, c’est que ces guerres furent aussi un excellent moyen de mater un prolétariat qui avait eu l’impudence de se mêler de syndicalisme, entre autres choses… bref, le capitalisme dans toute son horreur. Mais ça n’est pas parce qu’on fuit la peste qu’il faut célébrer le choléra, id est le stalinisme et ses séquelles. Reste qu’il ne faut  compter en aucun cas sur le 1% pour renoncer à l’un quelconque de ses avantages, le reste de l’humanité dût-il périr. Reste à réinventer l’économie comme échange des biens et services produits par le travail et le travail exclusivement.

Image 3L’enquête, un film de Vincent Garenq – magnifiquement interprété par Gille Lellouche – qui retrace avec une scrupuleuseImage 1 justesse le parcours du journaliste et écrivain Denis Robert lequel a établi la vérité à propos du système de blanchiment et de corruption mis en place par Clearstream. Il l’a payé par des procès à répétition intentés partout, et sous le moindre prétexte, par le même turbide, boueux, fangeux et si mal nommé « clearstream »,  défendu par Jean-Claude Juncker, alors premier ministre du Luxembourg… lequel dirige actuellement la Commission européenne.
Afin qu’on n’oublie pas le pouvoir hégémonique de l’argent, malgré le hochet de la démocratie qu’on fait de temps à autre résonner à nos oreilles de gens du commun, et qu’on comprenne mieux pourquoi et comment le lobby pro-OGM est en train de l’emporter aux États-Unis, à coups de dollars et de subtilités stratégiques.

Sud Eau Nord Déplacer

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La version « Chine communiste révolutionnaire Mao Zé Dong » du fameux « Inverser le cours des fleuves » de Staline, avec une série de catastrophes humaines et écologiques à la clef. Les pharaons avaient peut-être aussi un ego surdimensionné mais au moins ils achevaient leurs chantiers ; c’est du même ordre. Et la confirmation de l’existence d’une Internationale écolo, de facto. Deux magnifiques militants qui ne mâchent pas leurs mots : un Chinois et une Tibétaine. C’est signé Antoine Boutet. Allez y vite ou, si vous dirigez une salle, commandez-le ; l’équipe peut se déplacer pour un débat.

Master of the Universe

Un film à voir absolument avant qu’il ne disparaisse des écrans. Marc Bauder réalise une longue interview d’un hacker de première grandeur, Rainer Voss, qui nous fait pénétrer le monde délirant de la spéculation financière. En circulant avec lui dans un de ces immenses immeubles désertés où les banques dites d’affaires se livrent à leurs odieux trafics, nous apprenons peu à peu comment s’y prennent les rapaces de la finance pour générer de colossales fortunes au dépends de la plupart des gens ordinaires, en particulier ceux qui ont eu la mauvaise idée d’acheter un logement à crédit. Au sommet de sa forme, Rainer engendrait un million d’euros de bénéfice par jour et recevait un salaire de 100 000 euros par mois.

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Scoop kapital : ces messieurs ont décidé d’en finir avec la zone euro, laquelle constitue, malgré tout, un certain obstacle à leurs crapuleuses manœuvres. Rainer nous explique dans les grandes lignes comment ils vont s’y prendre : d’abord calmer le jeu pour endormir la bête et lâcher un peu l’Italie et l’Espagne. Et puis, quand nos politiques croiront la partie gagnée, mettre tout le paquet sur la dette de la France, de façon, on le suppose, à faire exploser les taux d’intérêt et à la contraindre à sortir de la zone euro, après quoi celle-ci aura virtuellement cessé d’exister.

Rainer Voss s’honore de ces scrupules qui le font parler aujourd’hui ;  puisse-t-il être entendu à temps et gloire à Immanuel Kant.

Le sel de la Terre – Octobre 2014

Image 47Un très grand cinéaste, Wim Wenders, filme un très grand photographe,Image 50 Sebastiao Salgado. Le premier a flashé sur une photo du second, découverte il y a des années… et n’a eu de cesse de faire sa connaissance. Quand Wim a enfin rencontré Sebastiao, il a découvert que le fils de celui-ci, Juliano, était aussi cinéaste. Et les voilà partis tous les trois dans une extraordinaire aventure. Sebastiao montre ses photos – et il n’en est pas une qui ne vous saisisse au cœur ou à l’âme – il raconte, il explique, il embarque sur son prochain projet. Et Wim filme, suit et dialogue ; le montage est d’une rare intelligence et nous découvrons, chemin faisant, tous les visages cachés de la Terre, des plus sublimes aux plus terrifiants. Et Juliano parvient, ici ou là, à capter Wim. Note finale pleine d’espoir avec le « Terra instituto ».


Résistance naturelle, 18 juin 2014, de Jonathan NossiterImage 1

Ce type a du génie. Il nous avait déjà offert, avec l’inoubliable Mondovino, une véritable initiation au monde du vin – effectivement – et aux ravages de la production industrielle. Il s’agit de comprendre ici les trafics auxquels se livrent les mêmes avides de profits avec l’appellation AOC. Mais au delà de l’intelligence du documentaire, Jonathan Nossiter nous offre un voyage dans ce qui subsiste de l’Italie heureuse, avec un art inégalable pour capter l’essentiel des êtres et des choses. La bande-annonce.

Image 2Amazonia / 2013

Film exceptionnel de Thierry Ragobert, qui avait déjà co-réalisé La Planète Blanche. Un merveilleux petit singe atterrit au cœur de la forêt amazonienne, à la suite  d’un accident d’avion, et va nous faire découvrir, à travers ses multiples aventures, toutes les créatures du lieu, aussi époustouflantes les unes que les autres. Pas une seconde sans qu’il ne se passe quelque chose, sans qu’un animal étrangeImage 1 n’apparaisse ou qu’une plante ne déploie sa parure.

Le génial metteur en scène et son équipe ont su s’adapter aux animaux acteurs et aux surprises de cette nature généreuse, improviser, inventer et, finalement, construire le scénario avec les moyens du bord. C’est cela, peut-être qui donne au film cette fraîcheur inégalable.

A voir (et programmer) de 7 à 77 ans, en croisant les doigts pour que cette Amazonie-là demeure.

Au nom de la terre , de Marie-Dominique Dhelsing, mars 2013

Image 1Un très beau film, consacré à Pierre Rabhi, agro-écologiste en action, qui retrace son parcours, révèle ses multiples activités ( agriculture, formation, écriture, expertise) et lui donne la parole. Or c’est au nom de la terre qu’il parle, de sa préservation, de son entretien naturel, qui sont les bases et les conditions de notre survie. S’il condamne sans appel ce qu’il nomme judicieusement ailleurs « le capitalisme concentrationnaire », la révolution à laquelle il appelle n’est pas l’une de ces convulsions historiques qu’il qualifie d’ « éclat de colère » ; c’est celle par laquelle nous nous changerons nous-mêmes, revenant à la « sobriété heureuse », un autre de ses concepts fondamentaux. Il est frappant de voir à quel point il a retrouvé la philosophie du Jardin, celle d’Épicure, surtout quand on le voit circuler paisiblement au milieu de tous ceux qui sont venus à lui, pour se former, et qu’il accueille avec une grande aménité.

Le film, à regarder dès que possible… et à programmer ensuite.

Le film

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