Contre-productivité

Concept forgé par Yvan Illich en 1970 pour caractériser le paradoxe que la plupart des institutions, Image 1parvenues à un certain stade de leur développement, finissent par produire des résultats opposés à leur finalité initiale.

L’exemple fameux qu’il  donne alors est celui de l’automobile : si l’on inclut dans le calcul de la vitesse moyenne des déplacements automobiles le temps de travail consacré au paiement de la voiture, à son entretien et à l’achat du carburant, on parvient à une vitesse moyenne de 6 km / h., soit l’équivalent de celle de la marche à pied. Quelques décennies plus tard on aboutirait probablement à un résultat équivalent si l’on tient compte de ce que l’informatisation a permis en matière d’obsolescence programmée des véhicules.

Autre exemple donné par Yvan Illich, celui de la médecine : les médicaments s’attaquent à la maladie ciblée mais induisent à leur tour des effets pathologiques. De facto la logique libérale des grands laboratoires trouve son intérêt dans le maintien d’une large cohorte de malades au long cours. Au contraire la médecine traditionnelle chinoise était prioritairement préventive et c’est sur le critère de la bonne santé de leurs patients que les médecins étaient rétribués.

Le développement actuel de la téléphonie mobile justifie amplement l’analyse qu’Yvan Illich conduisit alors des réseaux de communication. Si l’on instituait, en suivant notre tropisme analytique, une science des réseaux, que l’on pourrait nommer, en bonne logique helléniste, la dictologie ou la saguénologie, sa première loi serait, à n’en pas douter, que plus le réseau est étendue, plus l’information qui y circule est uniforme, ce qui pourrait être validé par le pourcentage de l’occurrence du message : « Je suis dans le bus ; j’arrive ».

A ces directions initiales de recherche on pourrait ajouter l’agriculture destructrice des sols ou l’économie destructrice des emplois et, par voie de conséquence, du pouvoir d’achat.

La question fondamentale c’est de déterminer quel est le facteurs commun à toutes ces faillites atteignant des institutions si diverses. On peut émettre l’hypothèse que l’on y est toujours, formellement, dans l’absence de régulation. Il est alors possible d’appréhender les conduites alternatives comme mises en place progressives de systèmes de régulation ou encore comme remplacement d’une économie linéaire non régulée et vouée à la faillite par une économie circulaire, viable.

MG

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