Cosmos

L’univers conçu comme résultant d’un ordonnancement divin ou, tout au moins, témoignant de Image 2l’oeuvre d’une intelligence créatrice. Le dernier avatar de l’harmonie universelle, c’est la thèse selon laquelle une très faible variation des constantes universelles n’aurait pas permis l’apparition de la vie.

Mais cette conception repose elle-même sur le système linéaire des représentations, impliquant un univers unique, avec un commencement et une fin. On sait par ailleurs que le modèle cosmologique actuel laisse dans l’ombre, si l’on peut dire, ce qu’il désigne éloquemment comme la matière noire et l’énergie sombre (ou l’inverse), qui seraient largement dominantes sur ce qui nous est perceptible de l’Univers.

Dès lors rien n’interdit de concevoir un univers circulaire, sans commencement ni fin, opérant en continu la conversion de la matière en énergie et de l’énergie en matière, dans lequel l’apparition ponctuelle de la vie serait un événement parmi d’autres, survenant un nombre indéfini de fois.

Indépendamment des options métaphysiques, dans son usage courant, le terme renvoie implicitement à l’idée d’une totalité régie par des lois invariables. Cependant une meilleure appréciation des lois physiques les a reconnues comme statistiques ; la régularité que présentent les grandes populations de particules est donc un effet plutôt que l’expression d’une essence fondamentalement ordonnée du réel. Par conséquent on peut tout à fait concevoir l’ordre cosmique comme la résultante de l’emboîtement d’une multiplicité de systèmes chaotiques. Ce qui survient alors est émergence, fruit du hasard, de la nécessité et du temps.

Enfin la Nature peut être tenue comme l’expression locale de la nostalgie de l’ordre universel. Notion commode mais qui peut engendrer des erreurs d’appréciation, tant sur le plan théorique que pratique, elle doit être interrogée et précisée. Il existe une multiplicité d’équilibres naturels qui ont permis, sur des millions d’années, l’émergence d’une multiplicité de formes vivantes qui forment système et se soutiennent dans l’être ; notre espèce ne continuera pas à les détruire sans qu’il en résulte, pour elle, de grands dommages.

MG

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