Déplétion de l’ozone stratosphérique

Les C.F.C. (chlorofluorocarbures) sont des gaz qui furent longtemps utilisés dans l’industrie, en Image 3particulier comme agents réfrigérants, propulseurs des bombes aérosols ou constituants des mousses de synthèse. En 1974 Sherwood  Rowland tenta vainement d’alerter sur leur effet potentiellement  destructeur sur les molécules d’ozone (O3) de la stratosphère, le chlore libéré par les basses températures agissant comme un catalyseur, chaque atome pouvant détruire jusqu’à 100 000 molécules d’ozone et les molécules de C.F.C. ayant une durée de vie de 58 à 250 ans.

Or ce sont les molécules d’ozone, issues de l’activité biologique des cyanobactéries, et qui ont permis l’apparition et le développement, il y a 500 millions d’années, des organismes aérobies, des eucaryotes et l’épanouissement d’une multitude de formes vivantes sur les plateaux continentaux. Ce sont elles qui font office de bouclier pour ces êtres vivants, interdisant au rayonnement ultraviolet le plus énergétique d’atteindre les surface terrestres et le pic d’absorption de leurs molécules et de leur A.D.N.

En 1983 on observa pour la première fois une déplétion dans la couche d’ozone au dessus de l’Antarctique, ce qui aboutit 2 ans plus tard au protocole de Montréal, ratifié en 2009 par 196 états, qui impose, à quelques exceptions près, l’arrêt de la fabrication et de l’utilisation de ces molécules.

La saga des C.F.C. peut, à première vue, paraître exemplaire ; il n’en est rien. D’abord parce que les molécules de substitution sont de redoutables G.E.S. (le HFA 22 a un pouvoir d’absorption des infrarouges 3000 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone). Ensuite parce que, l’effet de serre opérant déjà, la rétention de la chaleur dans la troposphère induit un refroidissement de la stratosphère, lequel favorise la libération du chlore destructeur de l’ozone, à telle enseigne qu’on a vu également apparaître un « trou » au dessus de l’Arctique. Enfin parce que cette déplétion, même si elle ne devient apparente que de façon saisonnière, se traduit, après la rupture du vortex polaire, par une diminution de la concentration de l’ozone, à toutes les latitudes. C’est ce dont témoigne, en particulier, l’explosion du nombre des mélanomes.

Par contre elle est emblématique du complexe économicotechnique qui nous domine : on innove d’abord, on compte les morts après.

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