Désublimation contrôlée

Image 3Concept forgé par Herbert Marcuse dans L’homme unidimensionnel (1964) par lequel il désignait la destinée particulière de la libido dans les sociétés industrielles avancées permettant à terme l’instauration de la société unidimensionnelle, celle dans laquelle aucune véritable contestation n’est possible, ni même aucun comportement simplement non conforme.

Les membres d’une telle société subliment suffisamment pour consacrer l’essentiel de leur énergie libidinale à leur activité professionnelle – celle-ci devenant progressivement la dimension dominante de leur existence – mais suffisamment peu pour continuer à croire que c’est par la consommation qu’ils parviendront à assouvir leurs désirs.

Le schéma général de l’économie psychique qui en résulte, en ménageant des satisfactions partielles aux pulsions agressives et érotiques, assure à la fois la reconduction des comportements consuméristes et l’adhésion de l’individu au modèle social et économique, en lui ôtant tout espace théorique de contestation possible.

C’est par ce biais que le système économico-politique tend à se perpétuer indéfiniment alors que personne n’est en mesure ni de se développer pleinement,  ni de réaliser ses aspirations profondes.

On objectera que deux tiers de l’humanité aimeraient bien connaître les malheurs de l’abondance ; sans doute ; reste que la perpétuation et l’extension de ce modèle de développement, dont on connaît désormais les conséquences catastrophiques pour les êtres humains à venir – y compris les enfants déjà nés aujourd’hui – ne peuvent s’expliquer que par la généralisation d’une organisation psychique de cet ordre, à laquelle il faut désormais adjoindre la figure typique du déni.

MG

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