El Niño

Oscillation climatique courte (2 à 7 ans) qui affecte essentiellement les côtes pacifiques Est et Ouest de la zone intertropicale.Image 4

En année réputée normale, le courant de Humbolt, l’un des constituants du gyre pacifique sud, fait remonter des eaux froides vers l’équateur le long des côtes de l’Amérique latine.

Du fait du gradient de température entre les rives Est et Ouest du Pacifique, il en résulte la constitution d’une cellule atmosphérique spécifique, la cellule de Walker.

Par ailleurs les Alizés et la rotation terrestre engendrent en zone équatoriale, au large des côtes asiatiques, un large bassin d’eau chaude (Th > 30°C) qui, du fait de la forte évaporation, produit de fortes quantités de nuages,  dérivant vers l’Est, du fait du gradient de pression.

A l’Est, les eaux constamment refoulées vers l’Ouest, par la rotation terrestre et les Alizés, sont remplacées au fur et à mesure par des eaux froides remontées des hauts fonds ; c’est l’upwelling qui, en particulier, alimente les pêcheries péruviennes.

L’eau étant peu compressible, il en résulte une différence moyenne de 60 cm de hauteur entre les eaux du Pacifique Ouest et celles du Pacifique Est.

Et puis l’année dite « El Niño» (L’enfant, le phénomène survenant généralement à l’époque de Noël), parce que les Alizés s’affaiblissent, le bassin d’eau chaude dévale vers l’Est, entraînant avec lui la convection atmosphérique et la fabrique de nuages.

Cette année-là la sécheresse s’installe en Asie pour 6 à 18 mois et, l’upwelling ayant disparu, les pêcheurs du Pérou ne prennent plus de poissons.

En outre un phénomène El Niño retentit sur l’ensemble des climats terrestres : tempêtes de neige au Canada, déluges en Californie, cyclones dans le Pacifique, sécheresse en Australie et en Amérique centrale.

Comme le retour aux conditions initiales se réalise par un phénomène inverse dit La Niña qui se concrétise aussi par des phénomènes climatique extrêmes, notamment vagues de froid en Amérique du Nord et tempêtes en Atlantique, et que, comme on l’a vu, la périodicité est elle-même assez capricieuse, il n’est pas certain qu’on puisse considérer qu’existent encore des années « normales » ; on en est d’ailleurs venu récemment à distinguer les phénomènes El Niño proprement dits de ce qu’on nommes les « conditions El Niño » auxquelles on attribue une périodicité de 5 à 18 mois.

Le climat étant un système complexe et donc chaotique, c’est précisément cette forme qu’il faut attendre de sa déstabilisation  : accentuation des phénomènes antérieurs, modification de leur périodicité… jusqu’au passage du point de basculement.

MG

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