Espèces invasives

Image 6Espèces animales, végétales ou microbiennes qui sortent de leurs  aires de répartition habituelles et colonisent de nouveaux milieux.

Elles peuvent évidemment constituer une concurrence pour les espèces résidentes ou, dans le cas où elles entrent en synergie avec d’autres espèces, une menace de destruction pour certaines de ces résidentes.

Elles utilisent naturellement les voies que leur ménagent depuis toujours  les échanges commerciaux ;  mais le fait nouveau est qu’elles s’implantent beaucoup plus facilement. C’est pourquoi leur multiplication depuis une vingtaine d’années constitue l’un des signes de la déstabilisation climatique. Quelques exemples :

– l’ambroisie, puissant allergène, se répand en France depuis plusieurs années, à telle enseigne qu’on a dû créer un « observatoire de l’ambroisie« .

– en Arctique l’ours blanc paraît condamné mais au delà du cercle polaire, chats, lapins, pissenlits, autrefois inconnus à ces hautes latitudes, pullulent.

– Caulerpa taxifolia, algue d’origine tropicale, rejetée en Méditerranée du fait des nettoyages de l’aquarium de Monaco, s’est développée de façon exponentielle, anéantissant au passage les herbiers de posidonies et la riche faune qu’ils abritaient. Comme la Méditerranée est une mer fermée, toutes les espèces endémiques, qui migreront au nord pour conserver les conditions initiales,  sont condamnées à terme.

– dans l’Atlantique une autre algue, Neodenticula Seminae en provenance du Pacifique et profitant de l’ouverture du passage du Nord, vient d’atteindre la latitude de New York. Elle était absente du bassin depuis 800 000 ans…

– les plathelminthes, organismes terricoles primitifs, en provenance d’Australie et d’Amérique du Image 1Sud, ont débarqué en Europe, probablement dans des pots de fleurs. Ils se nourrissent des lombrics, lesquels sont indispensables à la fertilité naturelle des sols. Comme ils n’ont pas de prédateurs dans cette nouvelle aire, le taux de destruction est important ; il atteint déjà de 20% en Grande Bretagne. Une autre espèce s’attaque aux escargots.

– la fièvre catarrhale du mouton, dite « maladie de la langue bleue » a fait depuis quelques années son apparition dans l’hémisphère nord.

– tous les amphibiens disparaissent dans des proportions catastrophiques : 80% des crapauds et grenouilles dores et déjà anéantis et 70% des espèces disparues. Ils sont victimes, à la fois, de la déplétion de la couche d’ozone, de l’emploi généralisé des pesticides, de la disparition des zones humides, d’un champignon, d’un parasite et de plusieurs virus.Image 6

– tous les marronniers d’Europe sont malades, victimes à la fois d’une chenille et d’un chancre bactérien. La chenille processionnaire du pin a franchi la Loire et commencé à se répandre en Île-de-France.

– la plupart des maladies émergentes sont des zoonoses, c’est-à-dire des maladies dont le vecteur est susceptible de passer la barrière entre l’animal et l’homme (maladie de Lyme, grippe aviaire). Parallèlement on observe une extension des zones de contamination dont le moustique est le vecteur (paludisme, dengue, chikungunya).

L’O.M.S., dans son rapport de 1997, a estimé qu’on pouvait dores et déjà imputer 33% des décès survenus dans le monde aux maladies émergentes (SIDA, SRAS, fièvre d’Ebola, fièvre du Nil, grippe H1N1, H5N1, et c…).

Naturellement les espèces invasives n’épargnent pas les terres agricoles : phylloxera du poirier, cératites des fruits venue d’Afrique… La maladie de Pierce peut atteindre indifféremment pêchers, amandiers, luzerne, vigne, agrumes, chênes, érables et se développe à la faveur d’hivers doux.  Le sycios prolifère depuis quelque temps dans les champs de maïs ; les plants peuvent atteindre 7 m de longueur et briser plusieurs rangées de pieds avec leurs vrilles. Il n’est pas exclu qu’il s’agisse dans certains cas, de souches ayant acquis une résistance  du fait de l’emploi à répétition des pesticides et d’herbicides.

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