Forêts – 1

Zones arborées naturelles, initialement caractérisées par la richesse variétale résultant du façonnage progressif d’un milieu propice, notamment par l’accroissement du potentiel d’infiltration des eaux de pluie et la formation naturelle Image 3d’un terreau humifère. La capacité de la forêt à modifier progressivement le milieu initial d’implantation est illustrée en particulier par le cas de la forêt amazonienne dans laquelle ce sont les feuilles des arbres qui servent de noyaux de condensation à la vapeur d’eau et qui, par conséquent, provoquent la pluie qui les alimente en eau.
On peut mesurer ce potentiel à la richesse variétale de la végétation et à la part de la surface forestière comparativement à l’état des forêts aux mêmes latitudes (Congo, Indonésie).
Les forêts primaires, essentiellement situées en zone intertropicale, sont celles qui n’ont pas subi d’exploitation industrielle et conservent donc leurs qualités initiales, notamment en termes de biodiversité des espèces résidantes.
Cependant les effets conjugués des diverses formes d’exploitation des forêts et de la déstabilisation climatique font peser de lourdes menaces sur le potentiel climatique et biologique qu’elles représentent. En zone tropicale les coupes à blanc induisent une modification du milieu qui interdit la régénération du couvert arboré. Les fronts pionniers amazoniens se sont ainsi traduits à terme par l’apparition d’une végétation de broussailles, consécutivement au lessivage des sols. D’autre part dans les zones où on attend un réchauffement important – par exemple +11°C dans la zone péri arctique – l’avancée des lignes isothermes sera beaucoup trop rapide pour permettre le déplacement de la forêt dans de nouvelles zones. Par ailleurs la parcellisation et l’arrivée des espèces invasives vont rendre de plus en plus difficiles la reproduction et la survie des espèces locales. Enfin le stress hydrique induit par une modification du régime des pluies provoque un dessèchement de la végétation qui favorisent la propagation des incendies ; c’est ainsi que des milliers d’hectares de forêts ont brûlé en Californie et en Patagonie, provoquant notamment la disparition des espèces endémiques qu’elles abritaient.
Accessoirement, même si le puits de carbone terrestre que constituent les forêts est transitoire et de courte durée, son amenuisement participera à coup sûr à l’accélération de la déstabilisation climatique. Au lieu de déboiser pour produire l’huile de palme de l’industrie alimentaire diabétogène ou du soja destiné au bétail de boucherie émetteur de méthane, il serait donc plus judicieux de reboiser intelligemment toutes les zones qui peuvent l’être.

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