Land of plenty

Titre d’un film de Wim Wenders (2003) et d’une chanson de Leonard Cohen (2001).Image 1

La traduction canadienne en français donne, pour la chanson « Le Pays de Cocagne » mais c’est un contresens, ce mythe se référant à une sorte de paradis terrestre dans lequel la nature est d’une inégalable générosité et pour tous ; « Le sanctuaire des voraces » serait plus approprié à  ce à quoi le texte se réfère, sinon à son esprit.

Le titre du film a été traduit en français par « Terre d’abondance », ce qui peut être tenu pour une métonymie, ladite terre étant aussi celle où l’abondance est l’apanage de ceux qui en ont les moyens, ceux-ci n’étant pas prêts à concéder à la collectivité d’autres subsides que ceux qui permettront d’assurer leur propre sécurité, ainsi que le manifeste, en octobre 2013, la suspension du salaire des fonctionnaires fédéraux.

Les États-Unis, puisqu’il s’agit d’eux, se sont faits depuis plusieurs décennies, les champions du libéralisme,  avançant en particulier l’argument que la croissance induite par la recherche du profit profite à tout le monde. Ceci a peut-être été temporairement vrai, tant qu’a duré l’industrie de main d’oeuvre ; ça ne l’est plus.

L’informatisation, la robotisation, la consommation contrainte par le crédit, la spéculation financière, les délocalisations, et c…  précipitent chaque jour des milliers de familles dans la misère, partout dans le monde. L’exportation forcée des O.G.M., la poursuite forcenée de l’exploitation des gisements de carburants fossiles font en outre peser de lourdes menaces sur l’avenir de l’humanité et sur sa sécurité alimentaire.

Tout compte fait, il n’y a de « terre d’abondance » que pour une petite minorité arrimée à ses certitudes et prête à sacrifier tout le reste à ses intérêts immédiats. C’est elle, par exemple qui fait que les États-Unis n’ont toujours pas ratifié le protocole de Kyoto alors  qu’en 2011 la CIA était sommée par le gouvernement américain de bien vouloir  communiquer à différentes agences gouvernementales les renseignements collectés dans son rapport «Tendances et implications du changement climatique pour la sécurité nationale et internationale ».

Image 2Enfin, comme leur constitution a arrêté que l’intervention des Etats-Unis est licite partout où les intérêts de la nation sont en jeu – donc de la minorité qui la gouverne, en particulier en usant de son argent pour financer campagnes électorales et lobbying – on peut logiquement s’attendre, s’il se trouvait que la déstabilisation climatique provoque à nouveau de graves sécheresses par exemple, à la mise en oeuvre de « techniques environnementales ».

Il a déjà été question d’ensemencer les océans avec des particules métalliques afin de favoriser l’absorption du dioxyde de carbone par le puits thermohalin. Le plus probable, cependant, c’est l’expulsion adéquate, à partir d’un modèle climatique national à faible durée mais à petites mailles, de noyaux de condensation dans l’atmosphère, qui amèneront la pluie là où il faut. Peu importe alors qui en sera privé ailleurs.

MG

 

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