Libéralisme

D’après la plupart des économistes, c’est-à-dire des personnes – universitaires ou non – spécialisées dans les échanges marchands et tout ce qui s’y rapporte, le libéralisme est le système d’échanges qui réaliserait le plus parfaitement les objectifs que l’on peut leur assigner :
– satisfaire les besoins de tous
– procurer une activité rémunératrice à chacun
– financer conjointement les fonctions régaliennes, en particulier garantir la sécurité de tous et permettre à chacun d’accéder à la santé et à l’éducation.
D’autre part, et c’est l’un des motifs de l’ambiguïté sémantique de ce terme, il existerait un rapport naturel entre libéralisme économique et libéralisme politique. La plus grande liberté compatible avec la garantie des droits fondamentaux pour tous se déclinerait conjointement dans le droit d’entreprendre et celui de s’exprimer ; elle conduirait, par le même mouvement, à la démocratie et à la prospérité. Chacun, en poursuivant des buts égoïstes, contribuerait ainsi au bonheur de tous. On aura reconnu dans cette maxime la fameuse « main invisible » d’Adam Smith.
S’il est indéniable que le libéralisme économique l’emporte largement sur le système communiste en matière de production de biens et de services, il faut néanmoins réviser une conception trop optimiste de ses bienfaits.
Il est certain que la recherche du profit stimule la créativité ou, plus exactement, le développement de procédés Image 2susceptibles de présenter un intérêt marchand ; c’est en créant de nouveaux besoins que l’on engendre de nouveaux profits. Cependant trois caractéristiques de ce système d’échanges sont en contradiction avec la représentation bénéfique qui en a longtemps prévalu :
– la recherche de l’augmentation des profits qui se traduit en particulier par une compression de la masse salariale et par la quête de débouchés et de ressources supplémentaires – matérielles ou humaines – hors des frontières nationales va engendrer localement du chômage.
– la répartition inégale des richesses produites incline progressivement le système politique à privilégier les intérêts des possédants, en particulier par le biais du financement des campagnes électorales et par la main-mise sur les organes de presse et télécommunication. Formellement il s’agira à peu près toujours de lever les obstacles à l’accroissement des profits, notamment en termes de réglementation.
– la priorité donnée dans tous les cas au développement lucratif de l’activité va conduire le processus de production à intégrer une ou des ressources à bas coût – là encore, matérielle ou non – ce qui se traduit toujours à terme par une dégradation de l’environnement et des conditions de vie, dans ou hors les frontières nationales.
En fin de compte on pourrait presque tenir ce système pour une intégration, dans les sociétés humaines et sous des dehors présentables, de ce qu’on nomme ailleurs les lois de la jungle. Mais c’est une vision optimiste ; quand les lions sont repus, ils cessent de dévorer des gazelles.

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