Paris, 2015… et les suites

What should be « great again » ?

En ce jour, samedi 24 juin 2017, à l’initiative de Yann Aguila, responsable environnement du Club des juristes, sont réunis à la Sorbonne, sous la tutelle prestigieuse de Laurent Fabius, Ban Ki-moon et Nicolas Hulot, une assemblée de juristes et de personnalités (entre autres Christine Tubiana et Arnold Schwarzenegger), qui se proposent de réfléchir aux moyens de rendre l’Accord de Paris contraignant. C’est la même intuition que celle de Pascal Canfin : il faut inscrire cet accord, d’une façon ou d’une autre, dans les tables de la Loi. L’avant-projet du Pacte mondial pour le Climat qu’il s’agit d’édifier ici, comporterait en particulier les articles suivants :
Image 1– le droit pour tout être humain de vivre dans un environnement écologiquement sain.
– le devoir pour chaque personne, morale ou physique, de préserver cet environnement.
– la priorité donnée au développement durable par les politiques publiques
– le droit à la vie des générations futures
– l’obligation pour les pouvoirs publics d’évaluer a priori les impacts de toute activité sur l’environnement et de n’autoriser que celles qui sont sans danger.
– la prévalence du principe de précaution.
– l’obligation de réparation pour tout dommage portée à l’environnement et aux populations impactées.
Donald Trump avait, soi disant, l’ambition « to make United States great again », ce qui n’est pas très cohérent avec le fait de se retirer de l’O.T.A.N. et de laisser à Poutine le champ libre pour toutes ses abjectes manœuvres, en Europe de l’Est, via des soldats russes déguisés en « séparatistes », et en Europe de l’Ouest, via le financement occulte des partis fascistes.
Emmanuel Macron, qui prononcera dans deux heures le discours de clôture de cette réunion, avait répliqué au précédent qu’il s’agissait au contraire « to make world great again » ; sauf que grand, le monde ne l’a jamais été. Pour le devenir, il faut atteindre l’unanimité sur les questions de la survie, il faut passer définitivement de l’âge des guerres à celui du dialogue. Et par conséquent ce qu’il faut « make great again », c’est le Paris des Droits de l’Homme, le Paris de 1789 qui prononça haut et fort l’égalité des droits pour tout être humain, qu’il s’agisse d’ un riche héritier qui s’est payé la présidence des Etats-Unis ou d’un paysan du Vanuatu qui rassemble ce qui reste de sa maison dévastée une nouvelle fois par un cyclone.

Pascal Canfin : une idée de génie
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L’actuel directeur du WWF France (et ancien ministre) suggère d’inscrire dans la Constitution les objectifs définis par l’Accord de Paris. On sait que le choix stratégique des architectes de cet Accord – Ban Ki-moon, Cristina Figueres et Laurent Fabius – a été de donner la priorité à l’universalité, à charge pour chaque état de définir sa stratégie propre. Raison pour laquelle les Etats-Unis seraient aujourd’hui au ban des nations si nombre d’Américains n’avaient renouvelé leur adhésion, en dépit de la décision honteuse de Donald Trump. C’est d’ailleurs ce qui attend la Russie si elle ne se décide pas à la ratification. Le pari de Pascal Canfin est aussi celui d’un effet d’entraînement : que dans la perspective qu’ouvrirait ainsi la France, d’autres nations prennent ce ferme engagement de soumettre, par le biais de la loi fondamentale, toutes leurs décisions à l’impératif prioritaire de se conformer à cet accord. Il n’est pas douteux que Nicolas Hulot lui emboîtera le pas ; puisse-t-il aussi être entendu par le reste du gouvernement !

Tout n’est pas perdu
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Les anges gardiens du climat viennent de faire leur come back aux States. Ce ne sont pas tout à fait les mêmes qu’en 2015. Des responsables politiques, des chefs d’entreprise, des présidents d’universités, des maires… plutôt des archanges, par conséquent, en termes hiérarchiques. Ils se sont publiquement engagés à tout mettre en œuvre pour que les États-Unis, in spite of their narrow minded president, tiennent l’engagement lié à leur ratification de l’Accord de Paris. C’est ainsi que le nouveau secrétaire général des Nations Unies a reçu une déclaration solennelle portant la signature d’un peu plus de 1200 de ces « décideurs ». Par ailleurs neuf états de la fédération, dont New York et la Californie, ont déjà pris cet engagement ; reste à espérer que les bientôt cinquante-deux autres les rejoindront sans retard dans cette action salvatrice. Des major enterprises aussi : Google Apple, Microsoft, Nike. Si vous avez besoin de changer de chaussures ou d’ordinateur…
Image 2Et puis il y a un colibri conséquent et exemplaire : Michaël Bloomberg, 8° fortune du monde. Il a commencé par déclarer « Americans will honor and fulfill the Paris Agreement » puis il s’est engagé à rassembler la part américaine annuelle du fonds vert, soit 15 millions de $. Il n’y a plus qu’à espérer que les sept autres prendront la relève pour les années qui viennent.
Ceci dit au moment où on décide d’attendre encore un peu avant de rejoindre les « collapsologues », on apprend avec consternation que Poutine a décidé de ne pas ratifier l ‘Accord. Décidément les deux font la paire…

1° juin 2017 : Trump se retire de l’Accord de Paris

La réprobation est universelle et s’exprime de toutes les façons possibles : « Shame on you » a dit Marc Ruffalo. Repli stratégique du secrétaire général de l’O.N.U. sur l’échelle locale : il n’y a pas lieu de s’émouvoir puisque ce sont les villes qui gagneront ce combat. Il est probable que M. Gutteres n’a simplement pas envie de déménager, le vilain petit Image 4canard au postiche étant fort capable de foutre l’O.N.U. dehors si elle lui déplait ; n’empêche, on attendait mieux de ce haut personnage. Barak Obama a déploré que par cette voie les Etats-Unis rejettent l’avenir. Le premier ministre canadien est simplement déçu mais Montréal offre l’asile politique aux climatologues, ainsi d’ailleurs que Paris, avec Anne Hidalgo qui demande au président des Etats-Unis de revenir sur cette décision dramatique et Emmanuel Macron qui dénonce une erreur pour les Etats-Unis et une faute pour le monde.
Mais le temps des nuances est passé. Le seul « statement » véridique, c’est celui de Noël Mamère : « Cette décision est criminelle » ; et la seule décision juste, celle prônée par Philippe Lamberts, député au parlement européen : « Le non respect de l’Accord de Paris sur le climat va créer une distorsion majeure de concurrence entre l’Europe et le continent américain qui justifie de revoir le fonctionnement de l’OMC en donnant primauté à la sauvegarde du climat et à la protection de nos normes sociales et environnementales sur les autres réglementations. Concrètement, si les Etats-Unis de Donald Trump ne respectent plus les règles issues de la COP21, ils devront payer pour accéder au marché européen »
Oui, sans doute ; on peut même aller plus loin… Ce qu’il faut, c’est le boycott universel, ce qu’a excellemment exprimé Benoît Hamon : « America last ! » et ceci jusqu’à la capitulation inconditionnelle des premiers dévastateurs du monde par tête de pipe.

Une agriculture durable pour le seul avenir possible
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Le SDSN (Sustainable Development Solution Network) est un réseau mondial parrainé par l’O.N.U. qu’a mis en place Ban Ki-moon après l’Accord de Paris et qui s’est donné pour tâche de promouvoir toutes les initiatives favorisant la réalisation des objectifs de 2015. Il opère à tous les niveaux – local, national, international – qu’il s’agisse de collecter des données, de proposer des programmes d’éducation, de relayer des expériences ou de proposer des formations universitaires.
Or son dernier programme, FABLE (Food, Agriculture, Biodiversity Land and Energy), a le mérite de mettre le doigt sur le point sensible : c’est ce que l’humanité fera de ses terres qui décidera de son avenir. Des pratiques agricoles dépendent en effet, et de façon corrélative, la sécurité alimentaire pérenne, le taux de réduction souhaitable des émissions de GES, la résilience aux aléas climatiques (ce qui implique une régénération des sols, la préservation des forêts et le rétablissement de la biodiversité), la gestion optimale de l’eau douce.
L’objectif du programme FABLE est de fournir des outils de prospection analytique fiables qui permettent aux différentes nations d’engager le plus tôt possible les réformes indispensables ; autrement ce sera la guerre de tous contre tous.

Il va falloir passer aux actes…

et probablement beaucoup plus rapidement que la plupart des acteurs économiques et politiques ne l’escomptaient. Sur le pas de ses émissions actuelles de GES, le monde va inexorablement vers un réchauffement de 3,5°C, soit plus de la moitié du gradient de température qui sépare le climat actuel de la planète de ce qu’il était au carbonifère.
Lundi 8 mai s’est ouverte à Bonn, pour dix jours, la réunion préparatoire à la prochaine Conférence des Parties ou COP 22 qui aura lieu en novembre à Marrakech. La rencontre entre les signataires de l’Accord de Paris devra permettre en particulier d’approcher la solution du problème du financement de la transition énergétique et de l’adaptation au changement climatique dans les pays en voie de développement.
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Bel accès d’optimisme du MEEM

(ministère de l’environnement, de l’énergie et de la mer)
Sous la belle accroche « L’Accord de Paris est désormais irréversible », le service de « la com » du même nous rappelle que, selon ses propres termes, cet accord ne peut plus, en principe, être remis en cause par les 175 nations qui l’ont Image 4ratifié et devient donc, par le fait même, également contraignant pour les autres.
Seulement, comme on sait, les promesses n’engagent que ceux qui les croient. Qui imagine un seul instant que Donald Trump est capable de modifier la politique qu’il met en place aux Etats-Unis afin de conformer lesdits états aux termes de cet accord ?
Sans doute y a-t-il des raisons de demeurer optimiste et ledit service de la « com » ne manque pas de les énumérer : mise en place de l’Alliance solaire internationale, établissement du planning de croissance du prix du carbone par la Banque Mondiale, développement des énergies renouvelables et des Plan d’Action Climat des grandes métropoles…
Mais tant qu’une forte proportion des signataires de l’Accord de Paris n’établira pas une stratégie coercitive à l’égard des récalcitrants, le monde n’aura aucune chance de se maintenir sous la barre des + 2°C. Autrement dit il faut que ce gentil smiley se décide à montrer les dents ; par exemple en mettant en place une monnaie neutre pour les transactions internationales entre les pays qui respecteraient cet accord…

Allons, enfants de la Terre…

On est mal barré ; entre Donald Trump qui nie le réchauffement climatique, histoire de stimuler les activités de ses amis pétroliers, et Vladimir Poutine qui concède que, oui, il y a bien un phénomène de réchauffement mais qu’il date de 1930 et résulte des cycles astronomiques et qu’il faut donc s’y adapter… on n’est pas près de voir le bout du tunnel. l’Accord de Paris qui fut si difficile à finaliser, est en train de voler en éclats.Image 7
Aussi cons l’un que l’autre ou aussi abjects ? Difficile à déterminer… Le premier veut dynamiser l’économie américaine, peu importe à quel prix ; d’ailleurs les inondations, les incendies, c’est bien : ça stimule le bâtiment et les activités annexes. Le second veut mettre la main sur les réserves minières arctiques. Là encore, peu importe à quel prix (effondrements, émissions massives de méthane).
Mais si « une bonne guerre » est toujours stimulante économiquement, il y a, malgré tout, un « tiping point » : passé un certain cap, les destructions engendrent plus de dépenses que de bénéfices. Par exemple ces villes du Sud – Ouest plongées dans la sécheresse depuis des mois et qu’il faut quotidiennement ravitailler en eau avec des containers. On dira que ce ne sont pas ceux qui casquent qui ramassent la mise. Certes ; mais les premiers finiront par faire la révolution et ça ne sera pas l’aimable coup de main du Tea party…
Quant aux ex communistes, l’ex du KGB a tort de les prendre pour des cons. D’abord ils n’auront pas de mal à découvrir que les variations astronomiques vont en partie dans le sens d’un refroidissement (notamment inclinaison de l’axe de rotation terrestre et moindre activité solaire depuis 2011) . Ensuite l’origine réputée « naturelle » d’un phénomène n’implique pas automatiquement qu’il faille s’y « adapter » ; si les Mésopotamiens du VI° millénaire avant l’ère commune s’étaient « adaptés » aux variations saisonnières des ressources, ils n’auraient pas inventé l’agriculture.
Sans compter que dans l’état actuel de leurs relations, un conflit nucléaire n’est pas à exclure
Amis terriens, voulez-vous vivre ? Voulez-vous que vos enfants aient un avenir ? Alors il faut virer ces deux-là.

Europe : plafonnement plancher des GES

image-2Une instance fédérale comme est la Commission Européenne aurait pu jouer un rôle moteur dans la mise en place des transitions (l’énergétique ne va ni sans l’économique, ni sans l’environnementale) dans l’UE : objectifs ambitieux assortis d’un prix du carbone, financement encourageant des énergies renouvelables, directives incitatrices à la mise en place de l’économie circulaire. C’est tout le contraire qui a été décidé. M. Junker, qui s’est toujours montré intraitable sur les principes du libéralisme économique, a été d’une singulière pusillanimité dans l’application des engagements de Marrakech, comme s’il craignait d’effrayer les marchés. Résultat : à l’instar des États-Unis l’U.E. se caractérisera, dans les prochaines années, par le maintien des fondements commerciaux de l’économie de la dévastation, étant entendu qu’on laisse aux gentils membres le soin de mettre en place des politiques plus ambitieuses sur le plan climatique.
Le paquet « énergie propre » mais seulement en anglais, ce qui est un comble par ces temps de « brexite » … et le compte-rendu que les ONG font de cet ensemble peu reluisant de mesures réglementaires.

J’sus r’parti sur Québec air, Trans world, North-east, Eastern, Western, pis Pan American
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Au Canada les provinces du Manitoba et du Saskatchewan ont refusé de ratifier l’instauration d’une taxe carbone prévue pour 2018. Dans le même intervalle de temps on s’attend à ce que la production de pétrole augmente de 50% grâce à l’exploitation des sables bitumineux. De là les concessions accordées aux deux nouveaux oléoducs, l’un de 1000 kms, l’autre de 1660. A part ça Justin Trudeau qui se justifie par la création d’emplois, estime son plan climat « ambitieux ». Celui-ci portera essentiellement sur la réduction de la production des hydrofluorocarbures et la fermeture des centrales à charbon. Harmonie du soir à Chateauguay ; nostalgie ou espoir, on ne sait pas encore.

La patate chaude

La conférence de Marrakech une fois bouclée, chacun est retourné à ses affaires. Le vilain petit canard au postiche a image-6évidemment commencé à lacérer le contrat : la déstabilisation climatique « is an hoax » (entendez par là une fausse nouvelle inventée dans l’intention de nuire) et même si elle avait quelque existence, elle pourrait être une bonne chose ; voilà de quoi revenir sereinement aux énergies fossiles. Du coup l’UE ne paraît pas prête à mettre en œuvre la politique résolue qu’exigent à la fois la ratification de l’Accord de Paris et l’urgence de la situation : la période 2011 – 2015 est la plus chaude jamais enregistrée. De ce côté-ci de l’Atlantique, on reste donc aussi sur un pas de + 3,5°C. Pendant ce temps-là les autorités de Shangaï se demandent si l’avenir de leur métropole, c’est plutôt Venise ou l ‘Atlantide et les états africains font le compte des catastrophes climatiques de 2015. En France aucun des candidats – ou ex candidats – n’a eu le courage d’aborder le problème de front. Et on ne parle pas des malheureux états insulaires du Pacifique… Jacques a dit : « Détournez pudiquement les yeux ».

COP 22 : un bilan mitigé

L’accord universel sur la nécessité d’agir est formellement maintenu, même si l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis a incontestablement cassé la dynamique née à Paris. image-3
Les responsables politiques et associatifs, relayés par les journalistes, se félicitent de ce que, depuis qu’on en prend la mesure, les émissions de GES se soient, pour la première fois cette année, stabilisées. C’est oublier un peu vite que ces molécules subsistent plusieurs décennies dans la haute atmosphère en continuant d’y être actives. On nous assure ici ou là que les acteurs économiques ont pris la mesure de la nécessité du changement et on nous promet des procédés révolutionnaires qui permettront d’éviter les émissions mortifères… en conservant les mêmes filières industrielles. Et puis le discours général sur la mondialisation et la nécessité des échanges commerciaux est resté le même, continuant d’éluder la part majeure des supertankers dans ces émissions. Si le fonds vert est parvenu à rassembler 10 milliards de $ pour le financement des énergies renouvelables en Afrique, on ignore où en est la provision des 130 milliards prévus pour financer la transition énergétique dans l’ensemble des P.M.A.
Dans un moment d’optimisme les délégués de la COP 21 avaient exprimé le souhait d’engagements qui permettent de limiter le réchauffement à 1,5°C. Sur le pas actuel, on est à 3°C . C’est pourquoi 165 des 192 parties se sont engagées à réduire leurs émissions de 80% d’ici à 2050.
Autre point positif : la révision de la feuille de route des engagements des parties. Elle doit désormais être remise au plus tard en 2018. Espérons que ce n’est pas un vœu pieux de plus.

Vendredi 4 novembre 2016 : l’Accord de Paris entre en vigueur
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Il a été à cette date ratifié par 96 états, représentant 68 % des émissions de GES. Reste à établir la feuille de route de chacun de ces membres de l’O.N.U., ce qui constituera la tâche, non moins essentielle, de la COP 22 qui s’ouvre à Marrakech dès le 7 novembre. Ici la mappemonde des pays qui ont ratifié l’accord avec leurs quotas respectifs d’émissions ; c’est aussi la carte des « non ratificateurs ». Si l’on veut être conséquent, il faut cesser de donner des avantages aux pollueurs : par conséquent il est recommandé de cesser tout espèce de commerce avec ces nations.

Au Rwanda, la COP 28 à l’honneur
L’accord de Montréal, exemplaire, avait statué sur l’arrêt de la production des CFC (chlorofluorocarbures) dont on avait découvert, sans contestation possible, qu’ils dissociaient les molécules d’ozone (O3) laissant ainsi parvenir image-1jusqu’au sol les U.V. destructeurs B et C.
Et puis évidemment les chercheurs de l’industrie s’étaient aussitôt remis à l’œuvre pour leur trouver des substituts acceptables. Moyennant quoi, en bonne rationalité technicochimique, on avait assez vite abouti aux HFC (hydrofluorocarbures), inoffensifs pour l’ozone stratosphérique mais, ainsi qu’on le découvrit un peu tard, catastrophiques sur le plan de l’effet de serre additionnel : 14 000 fois plus efficaces que le dioxyde de carbone dans la captation de la chaleur réfléchie.
L’amendement de Kigali, intervenu entre les 197 signataires du protocole de Montréal, comporte des engagements fermes et un échéancier précis de l’arrêt de la production des HFC, ainsi que l’équivalent du fameux « fonds vert ». Autrement dit il constitue le premier volet d’un accord contraignant et efficace sur le climat. Bravo aux négociateurs et en particulier à Vincent Biruta, le ministre rwandais en charge des négociations !
La diminution du « trou » dans la couche d’ozone est désormais avérée ; fasse l’accord intervenu à Kigali et ceux qui suivront qu’il en soit de même pour la limitation drastique des émissions de GES avant la survenue d’irrémédiables catastrophes.

C’est bouclé !
image-1Aujourd’hui, 4 octobre 2016, à la mi-journée, en présence de Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations Unies, le parlement européen a ratifié l’Accord de Paris. Ça ne signifie malheureusement pas que les traîne-savates de l’UE se sont engagés dans la transition énergétique mais seulement que ceux qui l’avaient déjà fait – la France, l’Albanie, l’Islande, la Norvège et l’Ukraine – vont pouvoir ajouter le total de leurs émissions à celui des autres nations ayant déjà procédé à la ratification, ce qui nous fait enfin franchir la barre fatidique de 55 % ( 51,89 + 4,39 = 56, 28 %).
Selon les termes de l’accord, le traité doit donc entrer en vigueur au plus tard 30 jours après que ces deux seuils aient été franchis (nombre de signataires acquis, total de leurs émissions), soit le 4 novembre 2016, 3 jours avant l’ouverture de la COP 22 qui se tiendra à Marrakech du 7 au 18 novembre et dont la mission sera de définir les modalités de la mise en œuvre de l’Accord de Paris, concernant notamment la constitution du Fonds vert. La réunion de Marrakech conduira en outre l’indispensable réflexion sur les mécanismes d’adaptation et de résilience à instaurer dans les différentes communautés (urbaines, locales, nationales) et sur leurs différents impacts (échanges notamment) ; autrement dit la transition économique. Enfin y sera abordée la question cruciale des transports. Autant dire que Paris ne fut qu’une étape… et que le vrai travail commence à Marrakech. Demandez le programme !!!

L’Inde a ratifié l’Accord de Paris !
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Bénie soit-elle ! Son premier ministre a procédé solennellement à cette ratification le 2 octobre, jour anniversaire de la naissance de Gandhi. En nombre de pays signataires, les 55 % étaient atteints et dépassés, mais en quantité d’émissions de GES, on approche enfin du but. Avec les 4,1% de la République indienne, les signataires engagés cumulent désormais presque 51,89 % des émissions.
Il est donc impératif que l’Union européenne procède à cette ratification dans les plus brefs délais, ce qu’elle paraît disposée à faire. Enfin si le Canada la devançait, ça amènerait le monde à 53,84 %… Il faut impérativement que nous y arrivions de façon à commencer à mettre en œuvre la transition énergétique le plus tôt possible, 30 jours après ces fatidiques 55 % au plus tard, ainsi que le prévoit l’Accord de Paris. Angleterre, Pologne, Danemark, Espagne, Italie, où êtes-vous ? François, nom de Dieu !, au lieu de te préoccuper de la théorie du genre dans les manuels scolaires français, tu ferais mieux de rappeler à l’ordre une ou deux de ces catholiques nations ! Si désormais l’une quelconque s’avise de faire obstacle à cet accord, maudite soit-elle !

Yes, We can ! On the 21th of september 2016 :
image-1Il manque donc encore 7,24% pour atteindre le seuil de 55 % des émissions. Pays n’ayant pas ratifié l’accord de Paris à cette date : Arabie saoudite (1,36% des émissions mondiales), Arménie (<1% é.m.), Chili (<1% é.m.), Irak (<1% é.m.), Kirghizistan (<1% é.m.), Moldavie (<1% é.m.), Nicaragua (<1% é.m.), Nigeria (<1% é.m.), Niue (émissions incluses dans celles de la Nouvelle Zélande), Ouzbékistan (<1% é.m.), Sierra Leone (<1% é.m.), Syrie (<1% é.m.), Togo (<1% é.m.), Turkménistan (<1% é.m.), Vatican (émissions incluses dans celles de l’Italie), Yémen (<1% é.m.), Zambie (<1% é.m.). Ensuite l’on choisit un de ces états, on cherche le n° de téléphone de son ambassade et on demande poliment pour quel motif l’accord n’a pas été ratifié.

Ratification : on avance mais il reste du chemin à faire… et vite !!!

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La Chine et les Etats-Unis viennent de ratifier l’Accord de Paris, faisant faire au monde un grand pas en avant. Selon les termes arrêtés en 2015 par la communauté internationale, cet accord n’entrera en vigueur qu’à condition d’être ratifié par au moins 55% des signataires, ceux-ci représentant au moins 55% des émissions.
Fin août, dans une Tribune publiée par Le Monde, Laurent Fabius appelait à cette ratification de façon pressante, soulignant notamment que le total des émissions des états ayant ratifié l’accord n’atteignait pas même 2 % des émissions.
Le 3 septembre la ratification de ces deux gros émetteurs propulsait ce total vers les 42% : par contre, pour ce qui est du quota des états engagés, on approche péniblement les 15%.
Le problème désormais n’est plus tant de savoir si la communauté internationale parviendra à franchir ces seuils, permettant à l’Accord de Paris d’entrer dans les faits, que celui de déterminer quand il le pourra image-4enfin.
Quand Laurent Fabius déclare dans le même article « La totalité des informations scientifiques recueillies sur les changements climatiques confirme en effet qu’il n’y a aucune bonne nouvelle spontanée à attendre. 2015 a battu tous les records ; chaque mois qui passe est le plus chaud jamais enregistré et 2016 battra 2015. La fréquence et la gravité des sécheresses, la rapidité et l’étendue de la fonte des glaciers, l’intensité des incendies et inondations, l’étroitesse des liens entre climat et maladies, climat et migrations, climat et violences, tout confirme les prévisions dramatiques du GIEC pour notre planète. » il est parfaitement fondé à le faire.

C’est mal parti

Une vingtaine de micro états insulaires du Pacifique viennent de signer un accord par lequel ils s’engagent à interdire les énergies fossiles sur leurs territoires respectifs à l’horizon 2017. Étant donné l’impact déjà visible localement – 4 des îlots de l’archipel des Salomon viennent de disparaître sous les flots – et les derniers développements climatiques – modification de l’axe de rotation de la Terre, notamment – seules des mesures énergiques de cet ordre pourront préserver la plupart des communautés humaines.
Pourtant à la date du 29 juin 2016, seulement 20 Etats, représentant 0,40% des émissions de GES, avaient déposé les instruments de la ratification de l’Accord de Paris. 20 + 1 : « C’est donc l’honneur de la France d’être le premier pays industrialisé à ratifier l’Accord de Paris pour continuer à entraîner le monde entier vers un destin meilleur. » a fièrement déclaré Ségolène Royal lors de la cérémonie officielle de la Image 2ratification française ; c’est bien le moins…
Part de la France dans le total des émissions de GES : 1,2 % Ce qui nous amène à un total de 21 états ayant ratifié l’accord, représentant 1,6 % des émissions et 11% des signataires.
Rappel des termes de l’accord de Paris : 55% des signataires et 55% des émissions. Autrement dit si la Chine et les Etats-Unis ne se décident pas à déposer à leur tour les instruments de la ratification, ça capote.
Les Etats-Unis ne le feront que si la Chine le fait ; mais ce n’est pas parce que la Chine le fait que les Etats-Unis le feront… Comme le rappelait opportunément Yannick Hervé (cf. media), les Etats-Unis n’ont ratifié aucun des accords fondamentaux relatifs aux droits humains : ni la convention du droit international du travail, ni les chartes relatives à la protection de l’environnement (accord de Kyoto, notamment), ni la convention UNESCO relative à la culture, ni la convention des droits de l’enfant, ni celle relative à la cour pénale internationale. Il faudrait encore ajouter à cette liste les accords SALT II sur la limitation des armes stratégiques et le traité relatif à l’interdiction des essais nucléaires que les Américains n’ont pas non plus ratifiés.
D’ailleurs toute leur politique étrangère en témoigne : comme les Etats-Unis ont reçu de Dieu en personne une « mission manifeste » de civilisation du monde – par le biais de la démocratie marchande et de l’économie de marché – ils sont justifiés à agir en toute occasion pour la défense exclusive de leurs intérêts.
Or non seulement ils sont les plus gros pollueurs de la planète mais encore ils prétendent, au seul souci de leur avantage, entraîner le reste du monde dans leur délire productiviste avec les traités CETA, déjà signé, et TAFTA, en cours.
Dernier point : dans une démocratie où l’on peut subventionner sans limites le parti ou le candidat de son choix, acheter les media que l’on veut et les mettre au pas, quelle est finalement la responsabilité du peuple dans la politique étrangère ? Aux Etats-Unis, le 1% tient en mains tous les leviers du pouvoir ; « 1% » est d’ailleurs devenu, depuis que Joseph Stieglitz a forgé ce concept, un euphémisme, 85 personnes détenant sur cette planète autant de richesses que 3,5 milliards d’autres.
Tout va donc dépendre des élections présidentielles américaines. Ou bien Obama parvient à faire ratifier l’accord avant qu’elles aient lieu, ou bien Hillary Clinton est élue ; autrement, c’est mort, les deux candidats républicains étant climatosceptiques. Il faut espérer que Donald Trump, avec ses ineptes rodomontades, va finir par faire comprendre aux Américains les limites de leur modèle politique.

Break free from fossil fuels !

Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, des hommes et des femmes de 12 nations, répartis sur les 5 continents ont agi ensemble, soutenus par plusieurs centaines d’ONG, pendant 12 jours, afin que désormais, partout dans le monde, les Manif 350 A du Suddécideurs politiques et économiques comprennent que le charbon, le pétrole et le gaz devront désormais rester où ils sont, à savoir dans les strates de la lithosphère. Courageux militants dont certains se sont attachés à des excavatrices et d’autres, pour la première fois de leur vie, ont été arrêtés par la police. C’est que, comme l’un d’entre eux l’a déclaré, « On ne peut plus attendre ; il y a eu 21 COP et l’exploitation du charbon et du pétrole n’a cessé d’augmenter. » Ces actions – dont on n’a pas entendu parler une seule fois en France – se sont déroulées du 4 au 15 mai 2016, au Angleterre, en Allemagne, en Turquie, au Brésil, dans les Philippines, en Nouvelle-Zélande, en Australie, au Nigeria, en Indonésie, en Afrique du Sud, aux Etats-Unis et au Canada.
Une ONG en particulier, 350.org (pour 350ppm / m3 de CO2), s’est vouée à ce combat. Nicolas Haeringer, son représentant en France, donne la mesure de l’événement : « Le but était d’identifier dans chaque région les sites iconiques de l’exploitation des énergies fossiles et d’agir partout au même moment pour montrer qu’on fait partie d’une vague mondiale de résistance. »
On trouvera sur le site de l’organisation (à condition de ne pas avoir un moteur de recherche frappé d’obsolescence) toutes les infos sur les actions passées et à venir. Et il faut faire vite : le déplacement de l’axe de la rotation terrestre est, de toutes, la rétroaction positive la plus inquiétante.

Le Titanic parviendra-t-il à passer au large ?

Ça va se jouer à pas grand chose… Rappelons d’abord la règle : si 55 % des signataires au moins, représentant au moins 55% des émissions de GES, ne ratifient pas l’Accord de Paris, celui-ci n’est pas validé et les signataires ne sont plus tenus de le faire entrer en application.
Ce qui paraît ici parfaitement gratuit – et un rien folklorique – était en fait la condition sine qua non pour aboutir à un accord universel. On ne peut pas en effet demander à une nation de renoncer, au nom de l’avenir commun, à ses « avantages comparatifs », si elle n’a pas la garantie que ses partenaires seront tenus à la même obligation. Toute la difficulté ensuite tient aux différences de ressources et de contraintes d’un pays à l’autre.
Or autant le nombre de signataires à New-York parut encourageant -177 états y ayant confirmé l’ Accord de Paris – autant les Icebergdélais et procédures de ratification semblent problématiques. Si l’accord a été immédiatement ratifié par les petites nations insulaires – en première ligne quant aux impacts de la déstabilisation climatique – l’Union européenne traîne des pieds. Le fondement solide du succès, c’est l’accord, mis en place dès 2015, entre la Chine et les Etats-Unis qui représentent à eux deux 42% (26% ; 16% ; chiffres 2014) des émissions de G.E.S. et se sont engagés à procéder à la ratification avant la fin de l’année. Evidemment Barack Obama, qui achève bientôt son mandat, est confronté à l’opposition des Républicains… En supposant que l’actuel Président des Etats-Unis parvienne à surmonter les obstacles à temps, et en ajoutant la ratification de l’Inde ( 6,2%) et des petites nations, on atteint péniblement 50%. Le Japon qui représente 3,9 % des émissions pourrait être encouragé à la ratification par les États-Unis. Mais en Europe seule la France est prête à une ratification rapide… et elle ne représente (même s’il ne faut surtout pas le regretter) que 1% du total des émissions. Ce qui nous amène, en étant optimiste, à un total de 53,1%…
De quoi donner des motifs à la Pologne qui ne veut rien savoir, à l’Angleterre qui est occupé ailleurs, à l’Allemagne qui conserve un silence poli, à l’Italie et à l’Espagne, frappées de mutisme… de ne pas procéder à la ratification.
Abjects petits calculs qui méconnaissent la nature de la mutation que le réel exige de nous. Les choses sont pourtant claires : dans le monde de la déstabilisation, les loups iront d’abord en meutes avant de s’entredévorer. Au fond, l’affaire est simple : l’humanité devient majeure ou elle disparaît.
Dans l’Atlantique nord, cette nuit-là, le Titanic n’était pas seul. Plusieurs autres navires, le jour précédent et le soir encore, lui avaient signalé le danger des icebergs dérivants. Mais le capitaine – lui avait-on promis une prime ? – voulait établir un record de vitesse. Alors le radio – aspirant sans doute à plaire à son supérieur – a envoyé balader le dernier contact radio qui l’informait de la proximité du géant de glace. Quand la vigie a hurlé « Droit devant ! », le même capitaine, toujours obsédé par sa vitesse, a fait arrêter les moteurs alors qu’il aurait fallu faire machine arrière. Le gouvernail n’a pas suffi à compenser l’inertie…
Femmes et hommes de bonne volonté, debout ! Agissez, avant qu’il ne soit trop tard, partout où vous pourrez faire reculer l’immonde.

Christiana Figueres au mieux de sa forme, explique en 20 minutes – et en anglais – ce que l’Accord de Paris a changé. Christiana Figueras
Et elle ajoute, avec beaucoup de pertinence, qu’il ne s’agit évidemment pas d’en rester là. Rappel de la feuille de route : après la signature de l’Accord à New-York, l’autorité internationale attend la ratification du traité par chacun des signataires et, parallèlement, ses propositions propres en matière de réduction des émissions de G.E.S.

New York 2016 : in the mood for change
Depuis le 22 avril 175 nations se retrouvent au siège de l’O.N.U. pour signer l’Accord de Paris, qui n’était par la vertu du coup de maillet de Laurent Fabius, qu’un accord de principe, oral en somme. Après quoi chaque état devra obtenir localement – par différentes procédures selon les régimes politiques – la ratification de cet accord. Ensuite on fera les comptes : 55% des membres devront obtenir la ratification et les nations qui l’auront obtenue devront totaliser 55% des émissions de G.E.S. Image 1C’est seulement à ces deux conditions que l’accord sera effectif ; autrement aucun des signataire ne serait tenu de s’y conformer.
Comme la route est longue, il faudra encore que chacun de ceux-ci fasse connaître les méthodes et le calendrier de ses réductions d’émissions.
Côté volume total, avec la Chine et les États-Unis principaux signataires, on devrait sans trop de difficulté atteindre le seuil des émissions qui permettra l’entrée en vigueur du traité. Côté nombre de pays, ça risque d’être plus délicat.
Enfin il faudra que les plans de réduction permettent effectivement un maintien du réchauffement global sous la barre des 2°C. De ce côté-là, on est vraiment mal parti… Et tandis que nos responsables politiques paradent, tergiversent, font des plans sur la comète à 10, 20 ou 30 ans, l’eau monte inexorablement dans les archipels du Pacifique où les humbles îliens ont commencé à évaluer en mois leurs chances de survie. Sans parler du fonds vert, toujours pas abondé…

La COP21 prend l’eau ; aux écopes, matelots !
L’Accord de Paris de 2015, relatif à la maîtrise des émissions de G.E.S., doit être signé à New York le 22 avril prochain par chaque puissance contractante. Le registre demeurera ouvert pendant une année entière. Ceci doit constituer la première étape de la ratification. Mais plus on s’approche de cette date, plus de sombres nuées s’élèvent à l’horizon…
La Pologne, dont l’énergie provient essentiellement des ressources fossiles, n’entend pas ratifier le traité ; ce faisant, elle bloque la ratification de l’Union Européenne. La République tchèque traîne aussi des pieds… Evidemment chacun des états européens peut s’engager individuellement ; mais la pièce majeure de l’échiquier économico politique que constitue l’U.E. – première puissance économique mondiale – risque fort de conforter les autres grands acteurs économiques dans leurs Image 5réticences.
L’Angleterre, engagée sur la pente du « Brexit » (British exit), n’est pas non plus très enthousiaste.
Même si la ratification commune n’est pas suspendue à l’unanimité, le processus de sa réalisation ne devrait pas aboutir avant décembre 2017.
L’enjeu de toutes ces procédures est crucial : l’accord lui-même ne peut entrer en vigueur que modulo la règle des 55% : soit, au minimum 55% des émissions + 55% des membres de l’O.N.U. Où l’on voit que l’Europe est, à nouveau, avec ses 28 membres et ses 15,3% des émissions mondiales, en mesure de déterminer, dans un sens ou l’autre, l’avenir dudit accord. Et même dans le cas où ce seuil serait atteint, l’Accord de Paris n’entrerait pas en vigueur avant 2020. Or nous avons déjà dévoré – dans les spasmes de notre voracité énergétique – la moitié des 2°C d’augmentation globale de la température sous la barrière desquels celui-ci a prescrit de demeurer.

Tout ce que vous rêviez de comprendre à propos de la COP 21
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A la télé et par un pédagogue hors pair : Brice Lalonde. Si vous comptez sur les doigts d’une seule mains les cinq premiers écolos historiques de France, il en fait partie. En plus c’est lui qui a, en 1974, l’excellente idée d’aller chercher René Dumont pour en faire le premier candidat écologiste à une élection présidentielle. Après une carrière politique assez mouvementée- hexagonale puis à l’O.C.D.E. – il est devenu coordonateur de la Conférence sur le Développement durable auprès de l’O.N.U. Au bout du compte, une claire intelligence de la problématique des transitions, énergétique et économique, au plan local comme au plan international.

Rares ceux qui parviennent à demeurer à la hauteur….
C’est le cas de Laurent Fabius. Il a démissionné de la présidence de la COP 21 (alors qu’il n’en avait nullement l’intention) à la suite des basses intrigues de Ségolène Royal qui aspirait à occuper ce poste prestigieux. François Hollande avait pressenti le premier pour assurer la présidence duImage 6 Conseil constitutionnel ; après qu’il ait accepté de remplir cette fonction, la seconde a prétendu qu’il y avait incompatibilité entre celle-ci et la présidence de la COP. Ce n’est évidemment pas le cas – au contraire – ainsi que l’a fait justement valoir Laurent Fabius (une situation internationale tendue laissant évidemment moins de loisirs pour le suivi de la question climatique). Mais comme il n’est pas parvenu à se faire entendre et qu’il ne voulait pas créer de polémique, il a renoncé à la COP… sur laquelle la première dame du harem a immédiatement porté ses mains avides. Il n’est pas exclu au demeurant qu’elle ait suggéré à son ex de faire au ministre des Affaires étrangères la proposition du Conseil Constitutionnel.
Ces deux-là ne se sont jamais entendus ; elle le trouve ringard, il la trouve futile. En l’occurrence « futile » est d’une rare élégance… et « ringard » atteste de l’incompétence et de l’aveuglement de Madame la Ministre, d’autant plus malvenue dans cette fonction qu’elle maîtrise mal l’anglais. Laurent Fabius est un grand homme et c’est de la petitesse que de le traiter d’une telle façon. Fin de règne ou pas, il n’est jamais bon de s’en tenir à la distribution des prébendes.

Paris, 2015… et la suite

=> Au 31 janvier 2016, « Demain« , le film, a dépassé les 500 000 entrées et il est sélectionné pour les César, section documentaires ! 😉 😉 😉
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L’Accord de Paris
Les négociateurs ont abouti, il n’y a pas lieu d’en douter, au meilleur compromis possible. Comme on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre et la crémière par dessus le marché, la stratégie qu’avaient choisie les responsables, c’était d’obtenir un accord universel qui, du fait même de son universalité, soit politiquement contraignant. Sur la base de cette unanimité, l’état qui, pour un motif ou un autre, irait contre, se mettrait au ban des nations. Du reste comme on l’a Image 6judicieusement relevé, le « juridiquement contraignant » est parfaitement irréaliste dès lors que l’O.N.U. ne dispose d’aucun moyen de sanction.
Evidemment cette universalité a un prix. Si, dans l’ordre des points forts, il faut mettre au crédit de la COP21 une ambition de réduction des émission de GES compatible avec un réchauffement maximal de 2°C, ambition assortie du principe d’une révision quinquennale, on peut déplorer que les promesses de dons pour le fonds vert soient encore largement en dessous du minimum requis et que le projet d’un marché universel du carbone, qui aurait permis une adaptation rapide des pays les plus exposés, ait été abandonné.
Mais de même que par cet accord l’humanité, pour la première fois de son histoire, parle d’une seule voix, de même tend-il la main à chacune des sociétés civiles afin qu’elles s’en saisissent et le fassent vivre. Des gestes quotidiens aux actions ponctuelles, en passant  par le bulletin de vote pour ceux qui le peuvent, collectivement ou individuellement, chacun de nous a le pouvoir de prendre part au redressement de l’axe du monde. Et comme il paraît que nous sommes 7 milliards 350 millions de terriens, il y a de quoi faire…
On peut d’ailleurs commencer par prendre connaissance du texte de l’accord, en annexe, à la page 23.

Les quelques terribles heures de la nuit d’avant
(Conjectures pour de futurs historiens – en espérant qu’il y en ait – à partir de données piochées ici ou là… plutôt Michelet que Guizot, en fait)
Vendredi 11 décembre, zone bleue, le soir. Laurent Fabius paraît confiant. Dehors des ministres pressés, dans le froid glacial, tirent leur valise vers l’aéroport.
La nuit est tombée. Multiplication des appels téléphoniques entre chefs d’état (Inde, Chine, Etats-Unis, Brésil, France, en particulier) pour lever les derniers points de blocage.
Et puis c’est le clash : la délégation américaine trouve dans sa traduction un « shall » là où elle attendait un «should».
C’est l’alinéa 4 de l’article 4, version initiale, qui est en cause : « Developed country Parties shall continue taking theOmbre de René lead by undertaking economy-wide absolute emission reduction targets. » Autrement dit « Les parties / pays développés continueront de montrer la voie en assumant des objectifs de réduction des émissions en chiffres absolus à l’échelle de l’économie » Et Todd Stern, l’envoyé spécial des Etats-Unis, rappelle probablement ce qu’il a déjà dit : si l’accord implique un remaniement de la loi, il devra être soumis au congrès et les Républicains – avec leur noyau dur de lobbyistes du pétrole – refuseront de le ratifier. Très bien, on a compris, réplique probablement Laurent Fabius ; on remplace par « should ».
Mais alors, du coup, d’autres délégations pensent qu’on peut revenir sur le texte ou bien le même Todd se dit qu’il proposerait bien une autre petite correction…
Alors celui qui ne voulait pas être président de la COP, celui qui est devenu écolo en prenant connaissance du dossier abyssal du climat, celui qui depuis plus d’un an a mis toutes les ressources de son intelligence au service de cette cause suprême, se lève : si les délégations veulent faire machine arrière, il part. Et s’il part, il n’y aura pas d’accord. Et Laurence Tubiana qui le seconde fidèlement, s’est levée aussi… moment de silence et d’hébétude dans l’assistance. Et puis quelqu’un dit « Sit down, please, Laurent. Let’s resume the work ». Il regarde alentour ; ils se sont tous remis au travail. Il se rassied et ouvre à nouveau son dossier.
L’aube se lève. Troisième nuit blanche pour les négociateurs. Le texte de l’accord, enfin achevé, est confié aux traducteurs. Quelques heures de sommeil bien méritées pour les premiers.
Et quelques autres heures plus tard, quand notre Ministre des Affaires étrangères entame son discours, l’émotion de ce moment crucial le submerge. Un geste fou mais le seul qu’il fallait faire ; et c’est vers les militants de la première heure que sa pensée se tourne, ceux qui devraient être là en ce jour historique pour lequel ils se sont battus. Their shadows were there, however, called to us by your audacity and generosity.

Nous l’avons fait
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Pendant que les militants du CCFD et de Terre Solidaire prenaient place dans les rues de Paris, par groupes de trois, à des points fixés à l’avance, afin de composer un message d’espoir à adresser au monde, ceci sur la base d’une logistique particulièrement sophistiquée (feuilles de route, géolocalisation, enregistrement sur site), Laurent Fabius, ému aux larmes, annonçait aux 195 délégations que l’Accord de Paris avait enfin été finalisé. Merci adressé à tous ceux qui ont oeuvré, importants ou anonymes, parfois depuis des lustres, pour qu’on aboutisse enfin à cette fondation qui préserve l’avenir. Et puis au travail. Le fonds vert n’est pas complètement abondé ? Qu’à cela ne tienne ! Ce que nos gouvernements ne voudront ou ne pourront pas donner, c’est nous qui le donnerons.

Deux jours encore pour nous bercer d’espoir…
Ce matin du 9 décembre Laurent Fabius a remis aux ministres délégués de 195 états qui participent aux négociations le texte Image 6simplifié auquel sont parvenus les négociateurs les six jours précédents. Texte allégé en options, qui comporte encore un certain nombre de « crochets » ainsi qu’on s’en assurera sur la version mise en ligne par l’O.N.U. Exemple : « (should, shall, will) ». On conviendra que selon la forme verbale choisie, le sens de la phrase qui en résultera sera sensiblement différent. En l’occurrence « chacun des signataires (devrait, fera, devra) ».
Néanmoins ce texte préliminaire a des vertus.
=> La principale est qu’il pose les bases d’un accord contraignant, même si – ce qui relativise la portée de la contrainte – il ne prévoit pas de sanction pour la nation qui ne tiendrait pas ses engagements.
=> La deuxième est qu’il se donne pour objectif la réduction de la température globale à 1,5°C au lieu des deux degrés prévus. Ici, deux interprétations possibles : soit les autorités politiques ont enfin pris la mesure de l’extrême gravité de la fermeture du puits océanique de carbone, soit les subtils coordonateurs ont supputé qu’ils pourraient transiger sur l’acceptation de la contrainte en accordant un demi degré supplémentaires aux récalcitrants.
=> Troisième avancée : l’évaluation des réductions aura lieu tous les cinq ans (et non tous les dix ans ainsi que le voulait la République indienne).
Fasse Mitra, l’antique dieu védique des contrats, du soleil levant et de l’amitié entre les hommes, que cet accord soit universellement ratifié.

Mi-temps
Ils sont plutôt discrets ; on ne les voit pas parader devant les caméras ni déclamer face aux journalistes. Laurent Fabius et Christina Figueres… Qui sait que le premier est le Président de la 21° Conférence des Parties, et la seconde, Secrétaire Image 2exécutive des Nations Unies ? Ici, tous les deux, fatigués mais heureux… Ils ne prennent pas la pose non plus ; juste une petite pause. C’est qu’ils ont fait du bon boulot et que le vrai bonheur, c’est d’être avec soi-même en bonne compagnie. Ça partait mal ; alors ils se sont attelés à la tâche et voici : un texte d’accord réduit sur lequel les ministres vont pouvoir plancher dès lundi. Si jamais l’humanité survit à sa folle débauche carbonée, elle devra se souvenir de ce qu’elle doit à ces deux-là. Loués soient-ils !

Le premier jour doaivu + toivo + קווה + lootus + remény + الامل + nadzieja + nadati se + надія + cerēt + håp + 기 CH + håb + hopp + ελπίδα + berharap + 希望 + hoop + esperança + Image 1 esperanza + hope + hoffnung + shpresoj + надежда + loodan + umut + Aasha + upanje + امید + speranţă + xiwang + heimohng + ความ หวัง + hoop + vona + cerība + надежда + viltis + espoir + ümit + toivo + 望み + tuäivv + tama + ÿшáн + nădejde + speranza

J-1 We’ll walk hand in hand


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J-3 – Ce qu’ACIDIFICATION veut dire

C’est à propos d’un article de Julien Rochette, paru dans The Conversation du 23 novembre 2015, et intitulé « COP21 : que peut-on attendre pour l’océan ? » Bonne question ; mais quoique l’auteur soit coordinateur du programme océans et zones côtières de l’IEP, la problématique s’émiette assez vite et l’essentiel est perdu de vue.Image 1
Une fois de plus rien de précis n’est spécifié sur la fermeture du puits biogéochimique de carbone consécutive à cette acidification… Ce puits océanique est le seul qui soit durable (1 à 2 millénaires), le seul qui accorde un sursis à l’humanité. Le défaut de calcification atteint les ptéropodes en Arctique et le krill en Antarctique. Comme ces petits animaux constituent à eux seuls la base de toutes les chaînes alimentaires océaniques, leur disparition provoquera inévitablement une accumulation exponentielle des GES dans la troposphère et une accélération de la déstabilisation climatique. Il faut impérativement décider d’un accord contraignant la semaine prochaine et le mettre immédiatement en application partout dans le monde. Autrement la perte de la sécurité alimentaire, les famines et les guerres de survie se multiplieront dès la prochaine décennie.

J-3 De la forêt russe

Nous apprenons, dans un article très documenté de Marianna Poberezhskaya que la Russie compte se servir de sa vaste forêt boréale comme de monnaie d’échange contre une limitation modérée de ses émissions de GES. Forêt boréale russe
Or la forêt en général – et la forêt russe en particulier – n’est pas un argument et ceci pour deux motifs :1° Les arbres ne piègent le carbone que durant leur croissance ; ils le restituent ensuite sous une forme ou une autre, sauf à utiliser le bois comme matériau de construction.2° Les lignes isothermes ont commencé à se déplacer ; elles le font à la vitesse moyenne de 20 kms /an, soit 3 fois plus rapidement que ce qu’on avait estimé il y a 30 ans. La végétation est susceptible de coloniser un nouveau biotope à la vitesse moyenne de 3,8 kms /an. Elle ne pourra donc se maintenir qu’en zones montagneuses. La forêt boréale est donc condamnée à terme par la barrière océanique. De nouveaux arbres n’auront pas le temps de s’implanter à sa place.De façon générale les positions nationales ancrées dans les avantages comparatifs respectifs sont une absurdité. La Californie brûle ; la France a dû importer du blé en 2014…Nous devons désormais raisonner à l’échelle du globe pour une humanité enfin devenue majeure et unie. Autrement nos enfants ne survivront pas.

Paris en marche !
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Il ne faut pas céder à la logique de la terreur. Le 29, comme des centaines d’autres villes de par le monde, Paris marchera pour le climat. Ceux qui ont choisi d’être debout ce jour-là savent qu’ils peuvent mourir et ils l’acceptent. Si cela doit être, si les aboyeurs d’Allah ourdissent un nouveau massacre, alors que notre mort forge les termes de l’accord salvateur et que par elle, l’humanité prenne enfin la voie du meilleur. Oui, nous sommes en guerre ; contre la bêtise et contre l’égoïsme. Et c’est pour une humanité unie, pour une humanité majeure, que nous nous battons et que nous sommes prêts à mourir. Dimanche 29 novembre, 12 heures, place de la République.
Liberté, Égalité, Fraternité.

J – 15 Une vidéo pour tout comprendre Image 1
Les dérives, climatiques et systémiques, les points de blocage, dans les institutions mais aussi les individus, et le challenge inédit dans l’histoire de cette planète : un monde qu’il faut qu’on réinvente. A voir ; production DATA gueule. En plus, c’est la récré et après elle, la classe ne pourra pas reprendre comme avant parce que l’école est en train de brûler. D’ailleurs l’école aussi est à réinventer. => 2°C avant la fin du monde

Paris, 29 novembre 2015, République => Nation, 12 heures
Image 2La méga marche pour le climat. Oui, c’est la lutte finale ; tu la voyais pas comme ça mais on n’a plus le temps de pinailler. Dans 10 ans, c’est l’effondrement systémique et l’entrée en grandes pompes dans la déstabilisation climatique. Alors soit on limite les dégâts à 2°C et on invente un autre monde dans ce délai, soit c’est la plongée dans la barbarie universelle. Ce jour-là il faudra dire au monde entier qu’on est prêt, prêt à renoncer pour toujours à la consommation destructrice, prêt à se contenter du minimum pour le partager avec tous, prêt à inventer ensemble le développement humain, prêt à remiser le temps de vie perdu à remplir son caddy et son réservoir de voiture dans les poubelles de l’histoire et à laisser s’épanouir la créativité de chacun.

Osons, la pétition IN DIS PEN SABLE ! ! ! ! ! Image 6
Oui, OSONS exiger de ceux qui nous gouvernent qu’ils agissent enfin conformément à l’intérêt général et engagent le monde dans la voie du salut.
Et, en prime, la vidéo promo la plus awesome, super, sexy, cool, trash de toute l’histoire d’internet. Et vive Nicolas Hulot !!!

Prélude : HUMAN

Image 13Un film sensible, magnifique, émouvant. Yann Arthus-Bertrand donne la parole aux pauvres, aux humbles, aux éprouvés, aux exclus. Confidences sans fard, les yeux dans les yeux avec les spectateurs éloignés dans l’espace et le temps, pourtant si proches. Tous, jeunes ou vieux, hommes ou femmes, l’âme ouverte, bouleversants. Et puis de magnifiques paysages traversés par des hommes et parfois des hommes formant paysage. Et de tout cela, hasardeuse et fragile, la vérité lentement émerge : pour les uns temps de vie perdu à amasser l’argent d’objets inutiles pendant que d’autres crèvent des guerres ou de la misère… Puissions-nous enfin édifier un monde humain.

COP 21 : ATTENTION DANGER !!!

C’est le moment de rappeler les écueils déjà pointés, il y a quelques mois, par les uns ou les autres, et qui feront immanquablement capoter l’ambition de Paris 2015 : un accord contraignant permettant de maintenir la planète sous la barre fatidique des + 2 ° C.
=> L’accord Chine / Etats-Unis nous a rassurés, en particulier parce qu’il a permis de réintégrer la Chine dans le concert des Parties. Attention, pourtant ; comme le relevait déjà Réseau Action Climat par la voix d’Alix Mazounie en Image 6février « (…) il est très peu contraignant. Washington et Pékin se sont essentiellement mis d’accord sur des enjeux économiques liés au climat. Ils ont cependant pris bien soin de reléguer dans l’ombre les points sur lesquels ils ne voulaient pas de réglementation onusienne. »
=> De puissants lobbies se sont mis en place pour freiner la progression des énergies renouvelables afin, en brandissant l’argument du réalisme, de préserver les intérêts les majors de l’industrie pétrolière. C’est notamment le but des obscures manœuvres de B.P. et de quelques autres.
=> Seuls 45 états ont annoncé, dans les délais, leur contribution nationale (en termes de pourcentage de réduction de leurs émissions de G.E.S.) à la réduction universelle dont le principe avait été arrêté à Bonn en 2014.
=> L’outil économique de la bourse du carbone, expérimenté ici ou là, n’est toujours pas fonctionnel ; c’est notamment le cas de l’E.T.S. européen. Il paraît urgent de constituer une réserve internationale qui permettra de réguler le prix de la tonne d’équivalent CO2.
=> On est loin d’avoir atteint les 130 milliards de dollars qui devaient abonder le Fond Vert et
permettre aux P.M.A. de ne pas s’engager plus avant dans une économie carbonée.

Sommet mondial Climat et territoires / Lyon, 1° et 2 juillet

Image 1 C’est une Initiative qui n’a rien de marginal, dès lors qu’on part du principe que c’est au niveau local – en particulier dans la confrontation quotidienne des élus, des responsables et des citoyens – que s’inventeront les solutions concrètes, effectives, au plus près des contraintes et des besoins locaux. Cette perspective est la variante principale du mot d’ordre désormais universel : penser global, agir local.
Ici un exposé lumineux et choral de Gilles Berhault et de Pierre Radanne. Professionnel de l’événementiel, le premier oriente, de façon privilégiée, son action vers le développement durable ; c’est lui qui a organisé ce sommet. Quant au second, il a été président de l’ADEME et négociateur à Tokyo et Copenhague ; il préside aujourd’hui l’association 4D (Dossiers et Débats pour le Développement Durable) et anime une chronique hebdomadaire Climat sur RFI. Dernier point : il est inutile d’attendre, pour commencer à opérer les mutations requises, dès lors qu’on en a les moyens ou la possibilité. Ici le Hub des solutions durables (hub : moyeu, carrefour échangeur).

Image 3Glossaire
CCNUCC ; Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques. Cette instance créée en 1992 lors du sommet de la Terre de Rio est en charge des négociations internationales visant à enrayer la déstabilisation climatique et à promouvoir les moyens d’y faire face.
COP : COnférence des Parties ; cet acronyme désigne la réunion annuelle des 196 nations signataires de la convention cadre sur le climat, établie en 1992, lors du sommet de la Terre de Rio. La réunion de Paris en décembre prochain sera la 21°, d’où la désignation COP21.
Protocole de Kyoto : c’est le premier accord international relatif à la limitation des émissions de gaz à effet de serre. Il est établi en 1997, entre 37 pays signataires, lors de la COP3, qui s’assignent pour fin la réduction de 5% de leurs émissions avant 2012 (base : 1990). Objectif atteint mais essentiellement du fait de l’effondrement économique du bloc soviétique.
Sommet de Rio : réuni en 1992, il inscrit la problématique du climat dans l’agenda international (CCNUCC), institue une Conférence annuelle des Parties, édicte les trois principes qui commanderont l’action de la communauté internationale dans ce domaine : principe de précaution, principe de responsabilité (commune mais différenciée), principe du droit au développement.

A ceux du pont avant du Titanic, aux lanceurs d’alerte
L’iceberg, c’est vrai, bouche de plus en plus l’horizon ; mais quand on se retourne, on voit que la Image 2 trajectoire du navire s’est nettement infléchie.
C’est maintenant qu’il faut tous aller à la manoeuvre pour virer de bord à temps.
L’humanité doit enfin entrer dans l’âge adulte.
Une fois le minimum atteint, on pourrait remplacer le développement matériel par le développement humain ; ou encore offrir du travail à tous au lieu d’entasser nos machines dans des décharges. Et puis, surtout, arrêter de faire tourner nos moteurs pour rendre à nos enfants leur avenir.
Les énergies fossiles sont aussi celles qui font de nous des fossiles.
La chrysalide peut encore devenir papillon ; ça sera long, difficile, périlleux… mais, au fond, nous sommes prêts.

Haut les coeurs !
Image 1
Le site officiel du gouvernement français qui s’ouvre sur une très belle vidéo. On a tellement besoin d’espoir… Et puis toutes les informations utiles, d’abord pour comprendre ce qu’est la C.O.P. – et celle-ci en particulier – ensuite pour trouver tous les renseignements pratiques, à noter et / ou à diffuser. Enfin des idées pour se rendre utile et aider à la réussite de ce grand projet. Pour l’heure, aucun autre qui vaille…

Démons et angesImage 2

En forçant un peu le trait, on peut repérer durablement les éléments qui contribueront à un accord global et ceux qui y feront obstacle ; D, ceux-ci – A, ceux-là.
D : les climatosceptiques, la N.S.A – A : Julian Assange, les lanceurs d’alerte
D : le Canada, l’Australie, le Japon – A : la Chine, l’Union européenne, les Etats-Unis
D : les spéculateurs, Business Europ – A : les écolos, le WBCSD
D : les Républicains du congrès – A : Barack Obama
D : l’énergie fossile et ceux qui en redemandent – A : le numérique et ceux qui sont prêts à muter
D : les vampires de la financiarisation – A : les engagés de l’économie sociale et solidaire

Des idées et du moyen de les rendre efficaces

Un livre indispensable : « Climat 30 questions pour comprendre la conférence de Paris », coécrit par Pascal Canfin et Peter Staime. On ne présente plus le premier qui se singularise, dansImage 1 l’échiquier politique français en général (et chez EELV en particulier), par une grande rigueur intellectuelle et un dévouement inconditionnel à l’intérêt général. Le second participe depuis une décennie aux négociations sur le climat, pour le compte des nations d’Afrique et des petites îles.
Tous ceux qui – de façon ou d’autre – sont parties prenantes à la COP 21, trouveront dans ce livre une exacte appréciation de la position, des atouts, des freins, des lobbies et des réalisations de chacun des états qui siègeront à Paris en décembre 2015. Ils y cueilleront encore de quoi rectifier les préjugés courants sur chacun des points précédents. Enfin ils seront guéris du simplisme du tout ou rien et y gagneront de quoi poursuivre action et mobilisation après la conférence.
Last but not least, cette lecture stimule la réflexion. Suggestion d’une formule potentiellement universelle de la répartition des efforts entre les signataires :
Part nationale des émissions / nb d’hab = (émissions brutes cumulées efficaces depuis 1915) + (1/2 émissions liées aux importations et aux délocalisations) – (1/2 des émissions économisées par les technologies vertes exportées à prix coûtant)
Abondement du fond vert = Sur la base de la répartition des émissions en 2009, toute émission ultérieure excédant les engagements pris donnera lieu à une indemnité par tonne excédentaire au prix fixé par un consortium des compagnies d’assurances relativement aux risques climatiques.
Nec plus ultra : livre neutre en carbone ; les émissions relatives à sa fabrication ont été compensées par des plantations d’arbres au Mali.

Le géant vert rejoint les rangs / 9 mai 2015

Image 1Marc Ruffalo, qui a interprété Hulk à l’écran, est un écolo convaincu. Il a récemment manifesté pour peser sur la réunion du G7 qui vient de se tenir en Allemagne et invite à signer la pétition internationale pour en finir avec le changement climatique. Point… vert !

Ne pas désespérer / 28 novembre 2014

Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, répond aux questions du JDD au lendemain de la clôture de la conférence environnementale.

Quel bilan tirez-vous de cette 3e conférence environnementale ?

C’est un succès. Nous venons de vivre une formidable accélération de la cause environnementale. Je pense particulièrement au financement de la transition énergétique. Dès janvier, nous serons opérationnels pour tenir les engagements pris. Notre devoir est d’être à la hauteur de l’enjeu, car ce succès doit être un tremplin.

Après avoir abandonné l’écotaxe poids lourds, le gouvernement n’a-t-il pas un problème de crédibilité ?

Je ne regrette pas cet abandon, qui a mis fin à une hémorragie financière. La convention prévoyait une dépense de 2 milliards d’euros avant même toute productivité de la taxe. Le contrat avec Écomouv’ était vicié dès le départ puisque le gouvernement Fillon avait autorisé le report de cette taxe des transporteurs vers les chargeurs en la forfaitisant. Et c’est pour cela qu’il y a eu une révolte en Bretagne, parce que les producteurs de fruits et légumes allaient devoir verser une taxe qui était devenue incompréhensible.

Ségolène RoyalL’écotaxe est-elle définitivement enterrée ?

Si des régions, notamment frontalières comme l’Alsace et la Lorraine, sont intéressées, pourquoi pas… Mais sous une forme plus simple.

L’écologie est parfois perçue comme punitive. Comment aider les gens à acheter « vert » ?

Je n’aime pas le verbe punir, je préfère encourager. Nous allons, par exemple, augmenter le bonus jusqu’à 10.000 euros pour changer les vieux diesels en voitures propres, notamment électriques. On doit aussi baisser l’écart de taxation entre l’essence et le gas-oil. Par ailleurs, nous devons trouver des indicateurs qui permettent de calculer la « croissance qualitative » lorsqu’une action permet d’améliorer la valeur environnementale ou le niveau de santé publique : investir pour limiter la pollution de l’air est, par exemple, un gain en termes de santé publique ; réduire les pesticides dans l’alimentation, c’est bon aussi pour la santé. Ces bénéfices ne sont jamais pris en compte dans le PIB.

En matière de comportement vertueux, l’administration ne doit-elle pas donner l’exemple ?

Si, et je vais d’ailleurs élaborer un cahier des charges afin que toutes les administrations soient exemplaires : utiliser les voitures électriques, éteindre les lumières et ordinateurs en veille en partant, économiser l’énergie et le volume de papier… Je mets en place dans le ministère ces principes. La sobriété recommandée doit commencer par l’État exemplaire. Une fois les nouveaux comportements installés, cela devient irréversible. Et c’est encourageant.

On a peu parlé du nucléaire dans la conférence environnementale. À vos yeux, cette énergie est-elle un atout pour la transition énergétique ?

Oui, bien sûr. Nous ne sommes pas obligés, comme en Allemagne, de rouvrir des centrales à charbon.

Fermer la centrale de Fessenheim en 2016, une promesse du candidat Hollande, est-ce toujours possible ?

Le plafonnement de la puissance nucléaire est inscrit dans la loi de transition : donc avec l’ouverture de deux nouveaux réacteurs, il faudra fermer deux réacteurs. Nous avons nommé une nouvelle gouvernance à la tête d’EDF qui doit s’impliquer dans la transition énergétique. L’entreprise va proposer des réacteurs à la fermeture. Si elle dit que des investissements ont été faits à Fessenheim et qu’il existe d’autres choix judicieux au regard de la sûreté nucléaire, nous les examinerons. Il n’y a pas d’idéologie en la matière, ce qui compte c’est la pertinence et l’intérêt général.

Le JDD a récemment mené une étude scientifique qui démontre, à partir de l’analyse des cheveux des enfants, que les petits Parisiens sont des fumeurs passifs. Alors question simple : faut-il interdire la cigarette dans les rues des grandes villes ?

J’ai vu cette étude, c’est incroyable. Mais, enfin, les adultes doivent être responsables. S’ils sont informés qu’ils intoxiquent les enfants, j’espère qu’ils vont arrêter de fumer. Je ne tiens pas à ce que l’on tombe dans une société où l’on interdit tout, où certains partent même en guerre contre les feux de cheminée. Il faut aussi vivre, prendre du plaisir sans polluer les autres.

Pourquoi la France n’impose-t-elle pas de valeur limite pour les particules fines, dont on connaît les dangers pour la santé ?

Le Premier ministre a annoncé que l’on allait mettre l’accent sur la qualité de l’air avec, par exemple, une identification des voitures dès 2015 selon leurs émissions et la prime à la conversion. Aujourd’hui, nous mesurons les particules jusqu’à une certaine taille (10 microns), comme prévu par les textes européens. Mais ce travail sur les particules fines et ultrafines est urgentissime et je vais m’en occuper.

François Hollande a appelé, lors de la conférence environnementale, à un accord historique sur le climat en décembre 2015 à Paris. Comment passer des mots aux actes ?

La France doit être exemplaire, concentrée, à la tâche, mais ne surtout pas penser que les choses sont faites, que l’accord de Paris est déjà signé. Pour enclencher une dynamique positive, nous devons rester modestes, sans chercher à imposer un seul modèle énergétique, sans prétendre donner de leçons et être très à l’écoute. Quand je suis arrivée ici, on pensait dans ce ministère qu’on n’arriverait jamais à un accord en Europe, qu’il y avait trop de lobbies. Eh bien si, j’ai poussé à agir vite et fort, les Européens ont pris leurs responsabilités et sont tombés d’accord le 24 octobre pour baisser d’au moins 40% leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030. C’est le but de notre loi de transition énergétique, la plus en avance d’Europe.

La Chine et les États-Unis, le 12 novembre, se sont promis de tout faire, ensemble, pour parvenir à Paris à un accord mondial sur les gaz à effet de serre. C’est historique ?

Oui, et si la Chine est devenue un moteur de la lutte contre le réchauffement, c’est que les Chinois n’en peuvent plus de la pollution atmosphérique. Ce qui est nouveau par rapport au fiasco de la conférence climat de Copenhague, en 2009, c’est que désormais les peuples se mêlent du changement climatique, descendent dans la rue, voire se révoltent pour réclamer des décisions. Les États-Unis bougent, aussi, parce que les Américains subissent des inondations, des ouragans… Touchés et informés, les gens veulent être protégés. Et nous, les décideurs, nous devons accélérer et concrétiser cette transition. La question climatique est la belle aventure de ce siècle. C’est le levier de sortie de crise, notre nouvelle frontière. On doit donc penser autrement, bouger les habitudes figées. Et dès que les citoyens font mouvement, c’est bon signe

Le JDD, 30/11/14, Propos recueillis par Richard Bellet

Une voieImage 2

Constituer, sur la base de la réunion de la Communauté du Pacifique organisée par Laurent Fabius et Nicolas Hulot en Nouvelle Calédonie en novembre 2014, un syndicat des nations les plus exposées qui puisse fonctionner comme minorité d’impulsion ou de blocage et induire le principe d’une gouvernance mondiale (Collegium International) ; placer cette initiative sous le patronage moral de la seule personnalité qui ait eu à la fois l’envergure et la notoriété requises : René Dumont (Fondation René Dumont, AgroParis Tech).

L’appel de Manille / 27 février 2015

Image 2Il a été lancé conjointement par les présidents français et philippin après que Begnino Aquino ait accueilli François Hollande dans le palais de Malacañang. Trois mots-clefs pour la feuille de route de la COP 21 en décembre prochain ; cet accord doit être :
– contraignant, faute de quoi il n’y aura plus aucune chance de maintenir le réchauffement sous la barre des 2°C,
– universel ; si un seul membre de l’O.N.U. y déroge, tous les autres se sentiront fondés à le faire,
– équitable ; ce sont les pays développés qui sont très majoritairement responsables de la situation actuelle et ce sont les pays les moins avancés qui sont les plus exposés aux impacts destructeurs de la déstabilisation. Le contrat sur lequel chaque signataire s’engagera devra en tenir compte.
Si François Hollande a choisi de lancer cet appel depuis Manille, c’est que les Philippines risquent de payer en cyclones dévastateurs le prix fort pour la débauche pétrolière et charbonnière des Etats-Unis et de l’Europe d’abord, de la Chine et de l’Inde ensuite. En 2013 le typhon Haiyan avait causé plus de 7 000 morts.
La visite avait été organisée par Nicolas Hulot et fut accompagnée par Marion Cotillard (qui lut le manifeste) et Mélanie Laurent, toutes deux engagées dans le combat écologiste.

Rencontres de Genève / 14 février 2015

La session de travail de l’O.N.U., préparatoire aux accords à venir, fut particulièrement consensuelle. Image 1Conduite par Ahmed Djoghlaf et Daniel Reifsnyder, elle a eu pour résultat de faire passer de 36 à 80 pages le texte de référence universel qui servira de base à la suite des opérations. Chacun a pu y exprimer ses souhaits et ses impératifs, ce qui explique pourquoi il a été si facile d’opérer ; le problème, c’est que sur cette base multiple, on parviendra difficilement à des compromis. On peut s’en désoler, comme le font un certain nombre d’O.N.G., conscientes de la nécessité absolue d’aboutir à un accord… dans 9 mois, désormais. On peut aussi considérer qu’au Palais des Nations a été établie la dead line en deçà de laquelle il ne sera plus possible aux 195 signataires de revenir. Reste que l’idée d’une adaptation des engagements aux circonstances est une porte ouverte à toutes les reculades. Prochain rendez-vous en juin, à Bonn ; il va falloir resserrer les boulons.

Maintenant ou jamais

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Beaucoup  ont déjà payé le prix du laissez-faire en matière de déstabilisation climatique. On peut continuer dans la même voie : que les plus forts l’emportent et que les plus faibles périssent. On peut aussi, même si c’est difficile, oeuvrer aux transitions écologiques, économiques et démographiques qui ménagent un avenir à tous, au nom des droits humains.

Vers un accord mondial ; les grandes étapes de la négociation :

– Durban 2011.Chacune des 195 nations signataires s’est engagée à mettre en place, en 2020 au plus tard, une politique de limitation de ses émissions de GES, telle que le total mondial de ces émissions maintienne la variation globale de température dans la fourchette de 2° C.

– Bonn, juin 2014. Réunion des signataires du protocole de Kyoto.

– Septembre 2014. Réunion de l’Organisation des Nations Unies. Chaque nation rend publics ses engagements. Des acteurs économiques et sociaux sont invités à prendre part aux débats.

– Octobre 2014. Réunion de GIEC et conclusion de son 5° rapport.

– Décembre 2014. COP 20 à Lima et dernière ligne droite avant un accord international contraignant.

– parallèlement Sommet des Peuples constitué des ONG écologistes décidées à faire entendre la voix des humains les plus exposés aux périls climatiques.

– Janvier à juin 2015 : chaque état remet la liste de ses engagements en matière de réduction de ses GES.

-Paris, 30 novembre-11 décembre. 21° conférence climat, dite COP 21.  La feuille de route de Durban doit aboutir à la signature d’un accord contraignant et universellement applicable. Les cadres : limitation du réchauffement à 2° C + accord contraignant + entrée en vigueur en 2020.

Les vertus du pourcentage et du petit poucet

Le Canada,  qui découvre jour après jour les vertus du schiste bitumineux, non seulement s’est retiré du protocole de Kyoto mais a déclaré en outre, par la voix de Stephen Harper, son premier ministre, qu’il n’entendait pas imposer une réduction des GES à ses concitoyens tant que les plus Image 1gros pollueurs n’auraient pas eux-mêmes entamé cette réduction. Malgré l’engagement pris récemment par la Chine et les Etats-Unis, le 12 novembre 2014, de réduire leurs émissions de 26% d’ici 2025, l ‘Australie qui, il y a peu, est revenue sur sa décision antérieure de renoncer au charbon, paraît tenir le même raisonnement. Ce qui revient à dire, mutatis mutandis : puisque le toit fuit, inutile de réparer la baignoire.

C’est l’inverse qu’il faut faire : commencer par réduire ses propres émissions afin d’inciter les autres états à le faire. Si un petit état réduit ses émissions de x%, alors un grand état ayant les mêmes standards économiques sera moralement – je sais que c’est un gros mot en politique et en économie mais les choses peuvent changer 😉 – tenu de parvenir au même résultat de x% et l’on atteindra alors un impact mesurable. D’autre part x pourrait être précisé, état par état, non seulement en fonction du P.I.B / habitant mais aussi des contraintes climatiques spécifiques. Enfin l’O.N.U. pourrait stimuler cette compétition vertueuse en disposant que les derniers à atteindre le nouveau palier – en terme de pourcentage – abondent en outre le fond d’assistance à la conversion énergétique des P.M.A.

Sous des dehors rassurants, Lima est un échec

On s’est contenté, au finish, de renouveler les engagements précédents mais sans apporter de réponse à la demande de financement des P.M.A. Le fonds de reconversion est passé de 5 à 20 milliards de dollars mais c’est encore loin des 150 milliards de l’estimation initiale. Le compte renduImage 4

Il faut des mesures drastiques si l’on veut sauver la C.O.P. 21 et maintenir le réchauffement dans les limites gérables ; autrement on va à la catastrophe.

Deux suggestions : 1) L’instauration par l’O.N.U. et le tribunal pénal international du délit d’atteinte  à la stabilité climatique. Si une catastrophe climatique est déclenchée, dans un pays donné,  par un écart de 35% d’une variable climatique par rapport à la moyenne saisonnière des 50 dernières années, alors elle est compensée par une contribution financière prélevée sur les pays émetteurs de G.E.S. au pro rata de leurs émissions per capita. 2) Une monnaie internationale est instituée ; le numéraire initial est réparti entre les P.M.A. afin qu’ils réalisent leur conversion en se procurant le nécessaire auprès des pays développés. Dans un premier temps tout pays vendeur est tenu d’accepter le nouveau titre monétaire en priorité sur tous les autres. Dans un second temps, toutes les transactions internationales se font dans cette monnaie à taux fixe de façon à annihiler la spéculation et à réduire progressivement les exportations rentières au profit de biens issus du développement durable.

« Accord historique » entre la Chine et les Etats-Unis

Ce sont les termes mêmes du Président Obama pour qualifier les engagements respectifs des deux plus gros émetteurs de G.E.S. de la Planète. Xi Jinping s’est engagé à ce que son pays ait atteint son plafond d’ émissions  en 2030 au plus tard et les Etats-Unis, à réduire les leurs de 26%Image 10 à l’horizon 2025. Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations Unies, s’est félicité de cet accord signé par les deux grandes puissances le 12 novembre 2014 et qui constitue un jalon supplémentaire sur la route d’un accord global à Paris, en décembre 2015.

Le leader de l’opposition républicaine au sénat américain s’est cependant insurgé contre ce projet qu’il a qualifié d’irréaliste, et qui, selon lui, coûtera cher et détruira des emplois. Mr McConnell ne paraît pas avoir compris que ne rien faire coûterait cher non seulement en vies humaines mais encore en dollars, et infiniment plus que de s’engager résolument dans la transition énergétique. Il n’a pas dû entendre parler de Porterville

28 novembre 2030 – Démographie et statistiques   

« En une décennie, du fait d’un effondrement de 35% des récoltes,  2 702 827 369 personnes Image 7sont déjà mortes de faim, hors conflits armés. Environ 245 millions devraient encore disparaître d’ici la fin de l’année, faute de nourriture. »

C’est possible  ? Parfaitement. Voir ci-dessous la prospective du G.I.E.C. sur l’évolution des récoltes d’ici à la fin du siècle ( sur la base d’un réchauffement de 4°C ) et celle de l’O.N.U. sur l’évolution démographique. La seule variable, c’est le taux d’évolution des rejets de G.E.S. et, par conséquent, la capacité de la communauté humaine à se mobiliser à temps.

La solution ? Des accords contraignants à Paris, d’ici un an et, comme les hommes politiques des démocraties n’iront pas contre leur électorat, le choix, par chacun de nous, de la sobriété heureuse.

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Évolution des récoltes au XXI° siècle en excédents et déficits, selon la synthèse pour les décideurs du rapport du G.I.E.C. 2014

L’UE trouve enfin un accord sur la réduction des GES / 24 octobre 2014

Tard dans la nuit les dirigeants des 28  pays membres de l’UE ont fini par se mettre d’accord sur les points suivants :

– D’ici à 2030, réduction de 30 % des émissions de GES dans le secteur de la production d’énergieImage 1 et sur la base des émissions de 1990. Disposition contraignante.

– Dans le même intervalle de temps, passage à 27 % de la part des énergies renouvelables et à 27% également du taux d’économie d’énergie. Dispositions non contraignantes.

La Pologne a obtenu au dernier moment une clause de « révisabilité » de cet accord en fonction des résultats de la Conférence de Paris en 2015. Par ailleurs, sur la demande de l’Espagne  et du Portugal, l’interconnection  au réseau général sera portée à 15% des circuits nationaux.

Un accord fragile mais réel ; le succès de Paris 2015 dépendra de la bonne volonté des deux géants économiques, la Chine et les Etats-Unis. Ceci dit, il ne faut pas perdre de vue que la production d’énergie ne représente que 26 % des émissions, les parts de l’industrie et des transports étant respectivement de 19,3 % et 13 % (GIEC, chiffres 2007).

Interview de Nicolas Hulot, Paris Match, 10 octobre 2014

L’envoyé spécial de François Hollande pour la protection de la planète tire la sonnette d’alarme.

Depuis votre récent retour de New York, où vous accompagniez François Hollande, vous réclamez des décisions immédiates.

Nicolas Hulot. Il y a urgence. Notre fenêtre de tir d’ici à la conférence sur le climat de Paris fin Image 62015 est ultracourte. Il n’y a pas de temps à perdre. Peu de gens en ont conscience, mais c’est maintenant que se décide l’avenir de nos enfants. Pas demain. Les phénomènes climatiques ne nous ont pas attendus. Tous ceux qui se produiront demain seront autant de rappels cinglants de notre passivité. Nous devons faire pression sur les acteurs privés et publics pour qu’ils s’engagent autrement.

Quelles sont les priorités absolues ?

Nos élites ont été formées à un modèle économique dépassé. Si les crises climatiques deviennent permanentes, c’est qu’on les a pilotées avec les outils d’hier. Il faut des priorités fortes, des objectifs clairs : les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique. La loi sur la transition énergétique, portée par Ségolène Royal, prévoit une réduction de 50 % de notre consommation d’énergie d’ici à 2050. Je me suis battu pour qu’il y ait au moins une réduction de 20 % d’ici à 2030. Il faut avancer plus vite. De même pour la baisse des émissions de gaz à effet de serre.

Et la fiscalité écologique ?

Elle est impopulaire parce que présentée comme une fiscalité additionnelle. Mais elle est inévitable. Faisons appel à notre imagination. La résignation est insupportable. Nous ne sommes plus dans l’utopie mais dans le concret. Les solutions sont sur la table, il n’est plus possible de se réfugier dans l’ignorance. Tout le monde sait ce qu’il y a à faire. Nous sommes devant un mur de conformisme, de scepticisme et de fatalisme. Faisons-le voler en éclats.

Que répondez-vous à ceux qui invoquent le manque d’argent dans les caisses de l’Etat ?

C’est une mauvaise excuse. Utilisons l’argent autrement : 650 milliards de dollars de subventions sont accordées chaque année aux énergies fossiles. Basculons une partie de ces subventions vers les énergies renouvelables. Paris va être le centre du monde lors de la conférence climatique où 195 Etats seront présents. Il n’est plus possible de jouer la montre. La multiplication et l’intensification des événements climatiques sont avérées. En 1980, le coût des catastrophes naturelles aux Etats-Unis s’élevait à 2 milliards de dollars. En 2013, il a atteint 22 milliards de dollars. Il faut que ça s’arrête !

Propos recueillis par Virginie Le Guay

Le 13 mai 2014  Nicolas Hulot rend compte de sa mission internationale au Sénat, devant la Commission  du Développement durable. Il y donne la mesure des enjeux et des difficultés de la négociation à venir. Il n’y aura pas de miracle et la partie ne se jouera pas en termes de « tout ou rien ». Mais entre les incontournables égoïsmes nationaux et l’impérieuse nécessité d’un accord international contraignant, il y a un chemin de crête qu’il va falloir, coûte que coûte, parcourir jusqu’à son terme.  L’exposé initial et la réponse aux questions.

Sommet de NY : les attentes

On le nomme le « sommet de Ban » parce que le secrétaire général de l’O.N.U., Ban Ki-moon, en a pris l’initiative afin de dynamiser la Cop 21 à venir et d’éviter un flop comparable à celui de Copenhague en 2009. Initiative pertinente parce qu’en 5 ans, la donne a changé : personne neImage 1 doute plus non seulement que l’on soit entré dans la déstabilisation climatique globale, mais encore à une cadence telle que le retour à l’équilibre demandera beaucoup de temps et des efforts considérables. Ban Ki-moon s’est fixé 3 objectifs :

– amener chaque état à prendre des engagements chiffrés sur les réductions de ses émissions de GES, autrement dit à engager la décarbonisation de son économie  à l’horizon 2015.

– constituer les réserves du « fonds vert », à partir d’engagements à contributions, lesquelles seront consacrées à l’adaptation des P.M.A aux changements climatiques.

– structurer « l’agenda des solutions », autrement dit servir de pouponnière aux coalitions d’entreprises, d’agences, d’états, d’investisseurs qui produiront des outils adaptés pour affronter tel ou tel aspect concret des problèmes qui vont se poser.

Sommet de NY : les résultats

Rien qui puisse soulever l’enthousiasme, à part l’intervention inspirée de Leonardo di Caprio. PourImage 1 ce qui est des GES, on relève seulement que la Chine s’engage à  atteindre son pic d’émissions le plus tôt possible et le Costa Rica, l’équilibre émissions / captations en 2021. S’agissant du fonds vert, peu de contributeurs et une grande disparité entre eux :  Allemagne, France : 1 milliard de $, Corée, Suisse : 100 millions d’ €, Danemark, 70 millions d’€. Les Etats-Unis ont promis 15 millions de $, mais à la Banque Mondiale et pour lutter contre les émissions de méthane ; la Norvège allouera 300 millions de $ au Pérou afin de lutter contre la déforestation en Amazonie ; la Chine consacrera 6 millions de $ aux  partenariats d’écodéveloppement Sud – Sud…   C’est encore sur le dernier point, celui des synergies acteurs politiques / acteurs économiques, que les résultats sont les plus probants. De façon exemplaire les héritiers du groupe Rockefeller se sont engagés à mettre un terme à tous leurs investissements dans les énergies fossiles. On rêve d’un effet levier qui conduirait progressivement tous les boursicoteurs de Wall street à en faire autant, les capitaux dégagés se portant sur les alternatives énergétiques…

Par ailleurs Ban Ki-moon a repris  l’idée d’un prix mondial du carbone ; espérons qu’elle finira pas faire son chemin.

Nouvelle conférence prévue à Lima, en novembre 2014.

L’appel du 19 septembre

Pour le climat, on n’a pas le choix de faire ou de ne rien faire. Il n’y a pas d’alternative. C’est la menace majeure qui pèse sur l’humanité. Le pire danger aujourd’hui serait que, au prétexte que la période est difficile, nous soyons dans le déni. Si j’ai un cri à lancer, c’est : « Réveillez-vous, indignez-vous, osez le changement et résistez au fatalisme. »

Le contexte géopolitique ou économique ne sera jamais favorable. Pour une raison bien simple : la crise climatique va transformer toutes ces crises en une, profondément systémique. Il y a un silence irresponsable de la classe politique et une forme de résignation silencieuse d’une partie deImage 1 la société civile. Ne nous résignons pas. Ce sujet tétanise nos responsables politiques, car il remet en cause un modèle économique qui les a nourris pendant des décennies. C’est un réel changement de logiciel. Dans un premier temps, on pouvait dire « on ne savait pas », maintenant on sait. On pouvait dire « on ne sait pas quoi faire », maintenant on sait quoi faire. Des solutions existent, mais il faut les mettre en œuvre. Cela demande des changements profonds. Il faut qu’il y ait un minimum d’esprit coopératif dans la classe politique. Ce n’est pas la gauche, la droite, ce n’est pas le Nord, le Sud, ce n’est pas les pays riches et les pays pauvres. C’est l’humanité qui est au pied du mur. Essayons d’agir en humain et non en barbare. Il faut créer un lobby des consciences.

.                                                                                .Nicolas Hulot

Marchons, marchons !!!

Le dimanche 21 septembre 2014, à l’appel d’AVAAZ, l’Internationale écologiste se mobilise. A Paris le cortège partira de la Place de la République, à 14h. Mais il y aura aussi des manifestations ailleurs en France :  Lyon, Auxerre, Rouen, Trouville-sur-mer, partout où des citoyens du monde auront décidé de se mobiliser… Et ailleurs dans Image 1le monde entier, justement  : Rio, New-York, Djakarta, Berlin, Delhi, Istanboul, Johannesbourg, Londres, Lagos, Melbourne. On trouve  ces informations sur le site People’s climate mobilisation.

Pour la première fois au monde peut-être, des gens de tous pays se dresseront pour dire aux responsables politiques et économiques qui se réuniront à l’O.N.U. le 23 septembre : « Nous sommes prêts ». Prêts à affronter solidairement les difficiles étapes qui nous attendent pour réussir la transition écologique. Nous leur dirons, en descendant ensemble dans les rues de chacune de nos cités : « N’ayez pas peur. Sortez de votre frilosité. Nous consentons à tout ce qui peut épargner la vie de nos enfants et celle des enfants des autres. Nous porterons tous nos efforts, en chacun de nos gestes quotidiens, vers ce qui préservera l’avenir. Et nous serons derrière tous ceux qui consentiront à prendre cet avenir en charge.» Prêts et unis pour cette grande cause internationale.

C’est en effet le 23 septembre que chacune des nations est invitée à déclarer officiellement ce à quoi elle s’engage pour réduire ses émissions de GES et préparer sa population à affronter le mieux possible les conséquences de la déstabilisation climatique en cours. Toutes les informations sur le site de l’O.N.U.Image 1

Appellent à se joindre au mouvement : Action Contre la Faim, Agir pour l’environnement, Amazon Watch, Art of Change 21, AVAAZ, Blue Energy, CARE France, CCFD – Terre Solidaire, Centre d’information sur l’environnement et d’action pour la Santé,Chrétiens unis pour la Terre, Climates, Comité 21, Coordination Sud, Fédération Protestante de France, Fondation France Libertés, Fondation Nicolas Hulot, France Nature Environnement, GERES, Greencross France, Greenpeace France, Greenraid, Jeûne pour le Climat, Koom, La Ruche, Les engraineurs, Mouvement Colibris, Mouvement de la Paix, Mouvement Générations Cobayes, Oxfam France, Planète Amazone, Plateforme Océans et Climat, Pari Roller, REFEDD, Réseau Action Climat, Secours Catholique – Caritas France, Sherpa, Singa, Sum of Us, Surfrider Foundation Europe, URD Groupe, Vélorution Paris Ile-de-France, Vignerons Franciliens Réunis, WWF France, Youth Diplomacy, 350, 4D. Et le soutiennent : Europe Écologie Les Verts, Jeunes écologistes, Mouvement des Jeunes Socialistes, Nouvelle Donne, Parti de Gauche.

Image 1Superbe manif à Paris. Toutes les nuances de vert, toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, et les fleurs délicates de l’imagination, et plusieurs fois le cri du coeur. La jeunesse était là. Et puis, place de l’Hôtel de Ville, divine surprise : un écran géant sur lequel défilent tous les autres manifestants de cette mémorable journée, d’un bout de la Terre à l’autre, nos semblables et en tout. Jusqu’à ce jour « citoyen du monde » était un principe ou une aspiration ; désormais, c’est une réalité.

Et ailleurs aussi => Marches pour le climat

Montrons l’exemple

Image 2La peur du nucléaire a précipité l’Allemagne dans les énergies fossiles et si la France doit l’essentiel de son énergie à la fission de l’atome, ça n’est pas par vertu. Chacun des participants de la conférence de Paris présentera, de façon analogue, un panel énergétique commandé à la fois par les hasards de l’histoire et les impératifs de l’économie.

Mais si nous voulons que se prenne à Paris le tournant du développement humain durable, il va falloir agir. La loi sur la transition énergétique est prête ; elle sera présentée en septembre à l’Assemblée nationale où elle devrait rencontrer un large consensus. Elle pourrait en outre être un facteur de croissance, en appelant en particulier les travaux requis par l’efficacité énergétique et la conversion des transports ; mais pour cela, elle a besoin de la mobilisation de chaque citoyen, chacun agissant à sa mesure, du geste quotidien à la décision importante.

Peut mieux faire

Le 6 août 2014 le CITEPA (Centre Interprofessionnel Technique d’Etudes de la Pollution Atmosphérique ) a publié  son inventaire  des émissions de polluants atmosphériques et de gaz à effet de serre  pour la période 1990 – 2012 (+ estimations 2013). De ce rapport plutôt confus, Actu-environnement a conduit une analyse éclairante. L’essentiel : sur cette période, en France, le potentiel global de réchauffement, du fait des émissions de GES, a diminué de 13%. Des résultats ponctuels encourageants (dont CO2 : – 10 % ; CH4 : – 14 %), qui sont du meilleur effet, ne doivent pourtant pas nous aveugler : pour les 20 prochaines années, sur ce pas là, nous ne parviendrons pas à atteindre de objectifs compatibles avec ce que devra être le Protocole de Paris. Il faut une politique volontariste et courageuse. Ceci implique en particulier des mesures incitatives dans le transport routier et l’agriculture ainsi que la mise au point de réacteurs nucléaires de transition (par exemple le réacteur aux sels fondus et au thorium sur lequel la Chine et les États-Unis ont déjà engagé des recherches).

Demain, le film, ou comment réenchanter le monde

Image 2Mélanie Laurent, actrice, et Cyril Dion, cofondateur de Colibris, avec Pierre Rabhi, ont décidé de faire un film qui sera projeté à l’ouverture de la Conférence de Paris à l’automne  2015, un film qui ouvre la perspective sur un monde vivable pour demain, un monde dans lequel les enfants d’aujourd’hui puissent avoir une vraie vie, un film où ils présentent les solutions alternatives qui commencent à monter en graines ici et là. Ils y travaillent, bénévolement, depuis plusieurs années. Sur la page facebook du film, on peut parcourir les étapes de l’avancement du projet et les soutiens qu’il a suscités, dont celui de Mohamed Yunus, ce qui est une grande et belle chose..

Mais le plus beau peut-être, c’est qu’ils avaient opté pour un financement participatif et que les fonds dores et déjà récoltés ont dépassé leurs espoirs. Sur le site de kisskissbankbank  la video de présentation, le planning et toutes des options des kissbankers, de 5 à 5000 euros, avec ce que chacun recevra – ou induira – en échange. Alors, si vous voulez aider à faire décoller l’espoir…

Des nouvelles du projet et des bonnes ! 

Message de Mélanie & Cyril et bilan de la semaine

Bonjour à toutes et à tous

Voici un message de Cyril et Mélanie publié la semaine dernière : Image 1

« Les amis,

nous venons de dépasser 400 000 Euros de collecte sur Kiss Kiss Bank Bank. Toute l’équipe se joint à nous pour vous dire un immense MERCI !!! Jamais nous n’aurions cru que vous seriez aussi nombreux, que nous pourrions réunir une pareille somme. Cette mobilisation est extraordinaire. Grâce à vous nous avons déjà pu filmer les fermiers urbains de Détroit, l’initiative ZERO WASTE de San Francisco, le réseau BALLE, plus grand réseau au monde d’entrepreneurs locaux engagés pour transformer l’économie, les acteurs de la révolution des casseroles, la géothermie qui permet à l’Islande d’être quasiment autonome en énergie renouvelable, des experts internationaux comme Lester Brown, Muhammad Yunus, Toni Baronsky, Liz Hadley, l’écrivain Nancy Huston…

Grâce à votre soutien nous avons maintenant la possibilité de poursuivre notre tournage auquel nous avons ajouté une destination : la Chine. C’est sans doute là qu’une partie du monde de demain va se jouer, mais nous n’avions pas la possibilité de nous y rendre pour des questions budgétaires. Mais c’était sans compter sur vous tous. Encore un immense merci, vous êtes formidables. Avec toute notre affection et notre admiration,

Cyril et Mélanie

Ils ont commencé le  montage et le générique !

Chers KissBankers,

Nous espérons que vous allez tous bien !

Nous sommes depuis 8 semaines en train de monter le film. Nous avons déjà terminé Image 2l’introduction, la première partie sur l’agriculture et sommes en ce moment dans la partie énergie.
Beaucoup de frustration de ne pouvoir garder certains moments formidables, mais nous allons chercher le moyen de donner une vie à ces séquences et à ces personnages à travers le site internet ou d’autres prolongations du projet DEMAIN.

Les 2 et 3 décembre nous allons interviewer Vandana Shiva et Pierre Rabhi, deux pionniers de l’écologie et du combat pour un monde plus juste.

Courant janvier, nous allons effectuer notre dernier tournage en Inde, non loin de Chennai où nous filmerons une extraordinaire expérience démocratique.

D’ici là, un teaser quelque peu rafraîchi (avec des images de nos différents tournages) sera diffusé en ouverture de la Conférence Environnementale à l’Elysée le jeudi 27 novembre 2014 où seront présents ONG, syndicats, entreprises et élus de tout le pays.
Nous le partagerons en même temps sur les pages dédiées au film. Nous souhaitons de cette façon encourager toutes les parties prenantes de cette conférence à un maximum d’audace pour prendre les décisions qui s’imposent afin d’engager la transition écologique.

Par ailleurs, nous commençons à préparer le générique du film, pour se faire nous aurions besoin que vous téléchargiez sur votre profil Kiss Kiss Bank Bank votre photo d’avatar, vous pouvez télécharger une photo de vous ou de vos enfants si vous le souhaitez ! Nous pourrons ainsi récupérer toutes vos photos pour les insérer au générique.

Les photos vont défiler rapidement car vous êtes nombreux, le but est de créer une mosaïque de sourires !
Attention, nous avons besoin que votre photo soit de bonne qualité, au moins 300 DPI.

À très bientôt pour d’autres nouvelles !

Cyril, Mélanie et toute l’équipe de Demain

Et le teaser du film !

Paris en ordre de marche

Image 1Anne Hidalgo, maire de Paris, vient de constituer une équipe qui aura en charge la préparation de la conférence de 2015. Elle participera dès cet automne, à New York, à une réunion préparatoire des maires des grandes métropoles, après quoi elle ouvrira, le 11 octobre prochain, la conférence des régions pour le climat. Des personnalités remarquables constituent cette équipe : Célia Blauel, en charge de l’environnement, de l’eau et du développement durable ; Patrick Klugman, avocat, entre autres, de Caroline Fourest, et responsable, à la mairie, des relations internationales ; Serge Orru, en charge de l’économie circulaire, du climat et des sources d’énergie ; Christophe Najdovski, enfin, chargé des transports et des espaces publics.                      MG, 23-06-2014, d’après Entourages, n° 152

Vivent les patrons éco-responsables !!!

DECLARATION DES RESEAUX ET ORGANISATIONS PROFESSIONNELS D’ENTREPRISES 

En vue de la conférence mondiale climat Paris 2015 

Dans 500 jours aura lieu à Paris la 21e Conférence des Etats signataires de la Convention des Nations unies pour le climat, communément appelée la COP 21. 194 pays d’une grande diversitéImage 1 de cultures et de niveaux de développement viendront négocier l’accord qui succèdera au protocole de Kyoto.

Le récent rapport du Groupement intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), résumant le travail de milliers de chercheurs, confirme que les dérèglements climatiques en cours vont entraîner des bouleversements considérables pour l’humanité. Pour les atténuer et limiter le réchauffement à la surface du globe, il faut absolument réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais il faudra aussi s’adapter à des changements devenus pour partie irréversibles.

L’Union européenne a mis en place dès 2005 une politique ambitieuse en matière de lutte contre le changement climatique qui a permis d’obtenir une réduction sensible des émissions de son industrie. Toutefois, en l’absence de mesures mises en place par l’ensemble de la communauté internationale, les ressorts de l’économie mondiale ne sont pas suffisamment incitatifs pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Pourtant les entreprises sont parmi les principaux acteurs en mesure de les réduire et d’en limiter les effets. Toutes les filières professionnelles en ont conscience et agissent à leur niveau. Beaucoup d’entreprises, que ce soit des grands groupes ou des TPE-PME, s’engagent à généraliser ces démarches, guidées par les pionniers qui ont pris un peu d’avance et peuvent inspirer les autres.

Dans ce contexte, les réseaux d’acteurs et les associations d’entreprises qui agissent, avec leurs approches respectives, en faveur du développement durable et du climat, veulent coordonner leurs actions et présenter leurs priorités communes dans le cadre de la préparation de la COP 21. 

Quelle meilleure occasion en effet que la COP 21 pour cristalliser ce monde des pionniers, pour donner envie aux autres et pour montrer aux citoyens du monde entier qu’il est possible de répondre au défi climatique tout en assurant la pérennité du développement humain et de l’activité économique ? Quelle meilleure occasion de porter haut et fort les compétences des entreprises en la matière ?

La COP 21 est pour les acteurs économiques et pour les organisations représentatives l’occasion de placer l’engagement contre les changements climatiques au coeur de leurs stratégies, tout en veillant à la nécessaire compétitivité des entreprises. Beaucoup d’investissements ont déjà permis de diminuer l’impact environnemental de leurs produits et services. Beaucoup d‘innovations ont été testées ces dernières années au coeur des territoires et des entreprises : mobilité, construction, énergie, économies de ressources, télécoms, alimentation… Elles devront être déployées à grande échelle, rendues accessibles à tous.

Notre pays, par exemple, sait déjà fabriquer des voitures qui consomment peu, bâtir ou rénover des bâtiments économisant l’énergie, édifier des centrales électriques qui n’émettent pas de CO2, optimiser le déplacement de trains à grande vitesse, créer des procédés industriels performants, et bien d’autres innovations indispensables pour progresser. C’est ainsi que la France est l’un des pays industrialisés les plus performants au monde en matière d’émissions de gaz à effet de serre par habitant.

Ces déploiements et les transformations nécessaires doivent se faire à une époque où la capacité d’investissement public est faible, il faut donc aussi ouvrir le chantier du financement, accroître les effets de levier entre le public et le privé, promouvoir un signal prix du carbone.

Agir pour le climat est une démarche qui dépasse largement les frontières, dans une économie mondialisée. C’est pourquoi les réseaux d’acteurs et les associations d’entreprises signataires décident, au travers d’une série d’événements tout au long de l’année 2015 à Paris et en province, d’inviter les acteurs économiques européens et mondiaux à faire connaître leurs engagements et leurs actions en faveur du climat, et à démontrer par un dialogue constructif avec les pouvoirs publics combien les entreprises assumeront leurs responsabilités dès lors que les règles fixées par les gouvernements – dans un cadre mondial aussi harmonisé que possible entre principaux pays émetteurs – favoriseront la visibilité et les changements de comportements.

La Conférence de Paris 2015, présidée par la France, sera une réussite si elle organise une convergence des politiques nationales des principaux pays émetteurs, appuyée par des règles d’harmonisation et des mécanismes de coopération qui valorisent les solutions concrètes tout en respectant l’équité et la nécessité du développement humain. Les entreprises inviteront les 195 Etats à s’engager avec force et cohérence, à donner un signal clair aux acteurs économiques, à encourager le déploiement des solutions techniques et organisationnelles offrant le meilleur rapport coût-efficacité, à favoriser l’investissement dans la transition vers une économie mondiale bas carbone.

Les organisations représentatives d’employeurs : CGPME, MEDEF                                         .   Les réseaux d’acteurs économiques (par ordre alphabétique) : AFEP, CDP, Clean’Tuesday, Comité 21, Collège des directeurs du développement durable (C3D), Club France Développement durable, Croissance Plus, Entreprises pour l’environnement (EpE), FIR, Global Compact France, Orée, Shift Project

Contact :  contact@entreprisescop21.com                                                                   .        Entreprises COP21, c/o AFD, 5 rue Roland-Barthes, 75598 Paris cedex 12

Nicolas Hulot ou le courage de l’intelligenceNicolas Hulot

Des détenteurs du pouvoir, aux paysans démunis du Tiers Monde, en passant par les éco-entrepreneurs bretons, l’envoyé spécial de la 21° conférence sur le climat ne s’accorde pas un instant de repos. L’urgence est là et le cap est clair ; en décembre 2015 il faut impérativement un accord international contraignant, fondé cependant sur le consensus de toutes les parties prenantes, si l’on veut maintenir la déstabilisation climatique dans le domaine du gérable. Quant à l’enjeu, il est clair : commencer à édifier la conscience universelle et les solidarités indispensables ou laisser faire, jusqu’au  retour à la sauvagerie. De cette société de demain, qui seule pourra survivre sur cette planète, à la fois conviviale et sobre, tout ou presque, est à inventer. Et comme c’est avec les petites gouttes qu’on fait les grands fleuves… chaque colibri est invité à apporter la sienne, comme dirait Pierre Rabhi.

Le film, ça continue !!!  –  Un message depuis Kaboul pour Demain

Cher Kiss Bankers,

nous avons reçu des centaines de messages de votre part qui nous ont beaucoup émus, encouragés durant ces deux mois. Aujourd’hui nous partageons celui d’Angel, une jeune femmeImage 4 en mission d’assistance au coeur de Kaboul. Nous faisons aussi ce film pour toutes les personnes qui se sentent seules et incomprises…qui veulent changer ce monde et changer les mentalités… Nous avons le trac parce que nous ne voulons pas les décevoir mais quand nous lisons des messages de ce type, cela nous donne envie de nous dépasser, cela nous donne du courage…

Merci à vous tous qui êtes à nos côtés.                                   Mélanie & Cyril

Le message d’Angel :

« […] Quelle journée … je me faisais la réflexion il y a à peine une heure, que je me sentais revivre, je suis à fond dans ce projet, presque comme si j’en faisais partie intégralement !!! Cela peut paraitre ridicule, mais j’y pense tous les jours et je souhaite plus que tout son succès, et au-delà de nos frontières, partout et ailleurs, qu’il fasse réagir tous les âges, toutes les cultures, toutes les catégories socio professionnelles, les beaux, les moches, les gentils, les méchants, les grands, les petits, les célébrités, les anonymes, les urbains, les ruraux, les hétéros, les homos, les bi, les handicapés, les athlètes, les artistes, les intellectuels, les étudiants, les retraités, les chômeurs, les enfants, les parents, les grands parents, les optimistes, les pessimistes … et que les efforts de Cyril et Mélanie soient récompensés à leur juste valeur et que cette entreprise si belle et ambitieuse soit reconnue, admirée, et même enviée. Je veux qu’il apporte concrètement le Changement, le vrai. J’aimerais tant faire partie de cette aventure, d’agir au cœur de l’action, poser quelques pierres à cet édifice merveilleux … et un jour pouvoir raconter fièrement cette aventure hors du commun à mon enfant pour que SON Demain ne soit pas