Puits de carbone

Métaphore désignant uniformément les différentes modalités, mécaniques, biologiques, Image 4thermodynamiques ou combinées, de captation du carbone accumulé dans l’atmosphère.

Le « puits » végétal ou terrestre est à l’équilibre, d’une part du fait de la « respiration » végétale, et d’autre part du fait du cycle de vie de la plante. Quand elle reçoit de la lumière, celle-ci capte en effet du dioxyde de carbone atmosphérique – dont elle va métaboliser le carbone pour sa croissance – et émet du dioxygène ; mais, dans l’obscurité, les échanges gazeux s’inversent et du dioxyde de carbone est rejeté dans l’atmosphère. D’autre part si le bilan est positif pendant la période de croissance de la plante – par exemple pour l’arbre qui grandit et qui étend ses branches – il est à l’équilibre à la maturité et tend vers zéro après la mort de la plante.

La seule façon de maximiser durablement les effets du puits terrestre consiste donc à soustraire du bois d’oeuvre au cycle végétal. Encore faudrait – il cesser de détruire la forêt amazonienne qui, du train où vont les choses, risque de devenir sous peu un émetteur net de G.E.S.

Quant à l’océan, le captage mécanique par l’effet de la houle est négligeable ; le seul  véritable puits de carbone est le puits biogéochimique. Le carbone fixé par le phytoplancton va être absorbé par le zooplancton – dont le krill et les ptéropodes qui constituent les bases des chaînes  alimentaires – et la nécromasse produite (déjections, squelettes), captée par les courants, sera en principe enfouie durablement en profondeur.

Le problème, c’est que le puits océanique est en train de se fermer …

– Il y a les zones mortes qui se multiplient et s’étendent, avec les blooms algaux qui interrompent ce cycle, et qui sont dues, en particulier, au fait que la respiration, qui implique le rejet  du gaz carbonique, n’est plus possible dans des eaux déjà saturées.

–  il y a surtout l’acidification des eaux de surface, du fait de la saturation en dioxyde de carbone des basses couches de la troposphère, qui diminue la quantité d’ions carbonates disponibles et fait que le zooplancton calcifie de plus en plus difficilement.

– il y a, enfin, le ralentissement alarmant de la « grande courroie de transmission » avec, en particulier, des modifications de la plongée thermohaline.

….. comme autrefois s’était fermé pour les cyanobactéries le puits d’oxygène.

MG

Cas de l’Amazonie, un article du Monde

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