Records

Et puis la pluie est devenue de plus en plus rare…
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Au Cap, à la pointe extrême de l’Afrique du Sud, sévit une sécheresse drastique. On n’a rien relevé de tel depuis un siècle et il faut rationner l’eau. Le quota des réserves subsistantes est de 10% et l’usage quotidien est limité à un peu moins de 100 litres d’eau par foyer. Le lac de retenue du barrage qui alimente habituellement la ville en eau, est vide. Le climat de la région est normalement méditerranéen mais c’est la troisième année consécutive de raréfaction des précipitations et les habituelles pluies hivernales, si tant est qu’elles surviennent, ne suffiront pas à reconstituer les réserves. Subsidiairement Le Cap est la deuxième ville d’Afrique du Sud. Les autorités locales envisagent diverses possibilités : recyclage de l’eau usée, dessalement de l’eau de mer, exploitation d’une nappe phréatique supplémentaire. En attendant c’est tout un style de vie auquel les plus favorisés devront renoncer ; piscine, sauna, hamman, sports nautiques. Au moins les captowniens ont-ils acquis la certitude que la déstabilisation climatique n’est pas une histoire à dormir debout ou l’effet d’un complot destiné à désavantager économiquement leur pays.

Pénurie d’eau dans l’Est
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Dans la Marne et les Ardennes, il n’a pratiquement pas plu depuis 7 mois. Les nappes phréatiques sont au plus bas et il a fallu imposer des restrictions d’usage pour éviter la pénurie d’eau : interdiction de l’arrosage diurne, du nettoyage de voiture et de terrasses, du remplissage de piscine ; limitation de l’irrigation… La situation est un peu meilleure dans le Haut-Rhin et la Meurthe et Moselle mais, là aussi, le déficit est sensible. La disparition du vent d’ouest dominant est probablement la clef de cette modification. Si elle devait persister, on entrerait dans le processus d’érosion éolienne qui caractérise la désertification.

Jakarta paralysé par les inondations
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29 mai 2017. On ne se souvient pas d’avoir jamais vu ça de mémoire d’Indonésien. Dans la capitale de 14 millions d’habitants, seuls deux quartiers ont été épargnés. Les torrents d’eau de la mousson ont provoqué la mort de 4 personnes ; 20 000 autres ont dû être évacuées. Et ça dure depuis le mois de février…

Déluge au Canada
Tandis qu’une sécheresse drastique avait sévi dans les provinces de l’Ouest au printemps 2016, entraînant en Image 1particulier, dans l’Alberta, l’incendie de Fort McMurray (plus grande catastrophe de l’histoire du Canada ; 100 000 personnes évacuées, 500 000 hectares de forêt brûlés), cette année est celle des inondations et c’est l’Est qui est frappé, en particulier l’Ontario et le Québec (dans lequel on compte dores et déjà 121 municipalités sinistrées et 340 routes impraticables).
Autre record, celui du débit du Saint-Laurent : 9000 m3 /seconde. Il faut préciser que ce large fleuve est l’émissaire du lac Ontario, lequel reçoit en particulier les eaux de la rivière Niagara. Les eaux du lac atteignent cette année un niveau record de 32 cm au dessus de la moyenne.
Cette situation, qui risque de se prolonger (on attend encore dans la région 30 à 70 mm d’eau dans les prochains jours), résulte de la convergence de plusieurs facteurs : une pluviométrie anormalement élevée en avril ( de 1,5 à 2 fois plus que la normale) et une fonte des neiges rapide et importante.
Le plus inquiétant est que tout ça paraît résulter d’une modification sensible des courants océaniques et de la circulation atmosphérique. Plusieurs éléments suggèrent une remontée plus lente de la branche occidentale du Gulf Stream, avec un ralentissement des phénomènes dépressionnaires, qui séjourneraient donc plus longuement au-dessus de ces régions. Et puis il semble bien qu’on assiste à une modification de l’intensité et / ou de la trajectoire du Jet Stream, ce courant atmosphérique circumterrestre, présent dans chaque hémisphère, lui même résultant des déplacements d’air induit par la rotation terrestre dans la haute atmosphère. Auquel cas on n’est pas sorti de l’auberge…

Petite sirène sur petite reine, sous le regard bienveillant du capitaine CrochetImage 5
A Copenhague en 2016 le nombre de vélos en circulation (265 700) a pour la première fois dépassé le nombre de voitures (252 600). Mais la capitale danoise n’a pas l’intention de s’arrêter en si bon chemin et compte investir 150 millions d’euros supplémentaires pour faciliter encore la vie des cyclistes et susciter de nouvelles vocations.
Tout cela est fort bien mais pendant qu’on s’extasie, Maersk, le grand armateur danois, poursuit ses activités lucratives, en particulier dans le transport des marchandises. Flotte de 500 navires, et pollution équivalente à 25 milliards de voitures… soit 15 fois plus qu’il n’y a de voitures au monde. Paraître vertueux, c’est bien, mais l’être véritablement, c’est mieux.

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Oxfam, toujours…
C’est le rapport 2016 qui le dit : la concentration de la richesse a atteint de nouveaux records : les 8 personnes les plus riches du monde possèdent autant que la moitié la plus pauvre de la population Image 1mondiale, soit 3 600 000 personnes. Comment est-ce possible ? Tout simplement parce que le système capitaliste – dont il n’y a pas si longtemps de fervents économistes prétendaient qu’il apporterait le bien-être universel – rapporte de plus en plus aux possédants et de moins en moins à ceux qui ne possèdent que leur force de travail. Ceux-là peuvent se payer en outre l’accès aux paradis fiscaux, les médias, les gouvernements. Résultat : des exigences de plus en plus élevées des actionnaires et des pressions de plus en plus fortes sur les travailleurs.
Ici la présentation de l’étude et la pétition à signer. Mais ça serait dommage d’en rester là. Donc là les 8 friqués en question, présentés par Libé.
Question subsidiaire : comment met-on fin à cette dérive ? Réponse : ponction fiscale systématique informatisée sur tous les mouvements de capitaux + nationalisation des banques.
* Oxford Committee for Famine Relief, groupement d’ONG vouées à la lutte contre la pauvreté et l’injustice.

Paradis des profiteurs, enfers des exploités…
Selon l’organistion internationale Oxfam (initialement Oxford Committee for Famine Relief ) voici le classement international des pires paradis fiscaux : 1° Bermudes. 2° Îles Caïmans. 3° Pays-Bas. 4° Suisse. 5° Singapour. 6° Irlande. 7° Luxembourg. 8° Curaçao. 9° Hong Kong. 10° Chypre. 11° Bahamas. 12° Jersey. 13° Barbade. 14° Île Maurice. 15° Îles Vierges britanniques. image-7
La mécanique est désormais bien rôdée : telle entreprise qui fait ici ou là de fructueux bénéfices et trouve dommage de laisser une partie de l’argent gagné au fisc de l’état auquel elle doit lesdits bénéfices, qu’elle produise ou qu’elle vende, se fait domicilier dans un de ces lieux où on ne lui demandera qu’une somme symbolique. Ex : le taux d’imposition d’Apple en Irlande : 0,005 %.
Or non seulement les états victimes de cette « concurrence fiscale » sont ainsi spoliés de la richesse qu’ils ont contribué à créer – notamment par leurs réseaux de transports et de communication, le niveau d’éducation de leur population, leur système de santé – mais en plus ils sont contraints de reporter ce déficit de l’impôt sur les acteurs économiques résidents, à commencer par les particuliers qui vont voir augmenter à proportion leur T.V.A. Le coût de cette évasion fiscale s’est élevé pour la France en 2015 à 83 milliards d’€.
L’impact de cette fraude fiscale est encore plus catastrophique dans les pays sous-développés puisqu’elle va interdire le développement du système de santé et d’éducation. Elle leur coûte globalement 100 milliards de $ par an. Si les pays bénéficiaires de cette escroquerie étaient enfin contraints d’y renoncer, ce sont 128 millions d’enfants que l’on pourrait scolariser dans le Tiers Monde et dans nombre de ces pays – au Kenya, par exemple – on serait en mesure de doubler le budget de la santé.
Enfin, en bonne logique chrématistique, est-ce un si bon calcul que ça ? Quand on se paye trop longtemps sur la bête, il n’y a bientôt plus de bénéfices à en tirer…
L’enquête intégrale et les différentes actions de l’ONG.

La banquise arctique ne parvient plus à se reconstituer
image-1Depuis 1900 et l’instauration du relevé systématique des températures, les 10 dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées au pôle Nord. Cette diminution est inexorable ; elle résulte de la convergence de rétroactions positives que l’on peut tenter de schématiser de la façon suivante : accumulation de GES dans la basse atmosphère => réchauffement différentiel (ensoleillement / rétention de la chaleur) plus important aux pôles => fonte de la banquise => inversion de l’albedo (banquise : 0,8 / eau de mer : 0,1) => accroissement du réchauffement => fonte des clathrates et du permafrost => largage de GES supplémentaires => accélération du réchauffement => réduction de la banquise => accélération du réchauffement et c…
Voilà pourquoi l’ours solitaire se tenant avec peine sur un petit morceau de glace deviendra bientôt l’emblème de l’entrée de cette planète dans la déstabilisation climatique globale.

La rumeur du monde..
..entendue un peu avant 13 heures sur France Culture, ce samedi 28 novembre (impossible d’accéder au site, Apple fait de « l’obsolescence programmée » sur Safari 10.4 = impossible d’accéder aux mises à jour et quand on clique sur la image-8pomme associée à « Assistance », cet onglet restant impavide, le programme scélérat coupe carrément le contact). Donc, reprenons : des économistes sont invités à donner leur chiffre. Celui-ci, dont j’aimerais beaucoup pouvoir citer le nom, déclare qu’il va donner deux chiffres ; et, en effet, il en donne deux : 20 et 30. A quoi il ajoute qu’il se pourrait bien que ces chiffres aient un rapport… Comme ses collègues l’ont fait précédemment, il explique : + 20°C, la température excédentaire de l’Arctique par rapport aux normales saisonnières ; – 30%, le déficit de la production française de céréales pour la saison 2016. Quant au rapport, il n’en dira pas plus, sinon qu’il faut l’envisager.
Ce qu’il faut envisager, c’est la fin de l’économie indéfinie afin d’instaurer un système relocalisé et minimaliste d’échanges. Je ne rachèterai donc pas d’ordinateur ; j’attendrai qu’Apple me dépêche un technicien des programmes qui viendra en vélo et je le paierai le prix qu’il faut. M. G.

Hécatombe des butineuses
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En 2016 la production de miel a chuté de 25 % par rapport à 2015, et de 60% par rapport à 1995. On estime que 30 % des abeilles ont disparu au cours de cette saison, contre 5% l’année précédente. Les aléas climatiques, particulièrement importants cette année, sont venus majorer l’effet délétère des néonicotinoïdes – dont l’interdiction est prévue en 2018 – et autres pesticides destructeurs. Certains miels de terroirs sont devenus introuvables et le déficit global, qui s’élève à 9 000 tonnes, est tel que les grossistes envisagent des importations. On est encore incapable de chiffrer l’impact de ces disparitions massives sur la fécondation des plantes à fleurs et le déficit qui en résultera en termes de récoltes mais aussi d’élevage.

100 milliards de dollars pour la transition 3E100m-de
( écologique, énergétique, (économique)). C’est, fin 2016, la somme cumulée des « obligations vertes » c’est-à-dire des titres boursiers spécifiques remboursables aux bailleurs et disponibles aux emprunteurs à des taux accessibles pour financer cette triple transition. Evidemment les emprunteurs devront donner des garanties de l’inscription de leur projet dans le cadre prédéfini par les critères de cette triple transition : énergies renouvelables, efficacité énergétique, gestion durable des déchets et de l’eau, exploitation durable des terres, transport propre, adaptation aux changements climatiques. Les émetteurs sont des institution internationales, des entreprises, des banques privées ; et les acheteurs, des épargnants écolos. Il faut impérativement que ce mouvement prenne encore de l’ampleur ; la somme disponible en 2013 a triplé en 3 ans. Si elle continue de croître sur ce pas, alors les emprunteurs comprendront plus vite comment constituer un dossier vert pour obtenir un emprunt. Un des points de blocage est justement la constitution de ce dossier ; les pouvoirs publics seraient bien inspirés de mettre à la disposition des entrepreneurs intéressés les compétences dont ils disposent en la matière.

Paris est la plus belle ville du monde…
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…et la mieux desservie. L’IDTP, l’institut pour le développement de la politique des transports en commun, a conduit une évaluation, portant sur 26 métropoles, de la disponibilité pour chaque résident des transports collectifs. Paris s’est vu attribuer le quota de 100%, devant Barcelone ; autrement dit la totalité de ceux qui y résident intra muros disposent d’un moyen de transport performant à moins d’un kilomètre de leur domicile. Malheureusement ce quota chute de moitié dès qu’on passe le périphérique. Néanmoins ce chiffre devrait sensiblement s’améliorer dans les prochaines années étant donnée la politique ambitieuse de développement des transports électrifiés en banlieue, en particulier la création de nouvelles lignes de métro automatique. La dernière de la liste est Los Angeles avec un taux de disponibilité de 24%.

Printemps silencieux
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L’effondrement des populations d’oiseaux, nicheurs ou non, migrateurs ou non, agricoles, forestiers ou urbains, constitue un nouveau signe tangible de la déstabilisation climatique globale.
Causes spécifiques multiples, évidemment : aléas migratoires ou disparition des signes déclencheurs, décalage entre la reproduction et la disponibilité de la nourriture des oisillons, disparition ou détérioration des habitats habituels…
Deux indications éloquentes : 1° En 8 ans le quota des espèces d’oiseaux nicheurs menacées est passé de un quart à un tiers. 2° La population des moineaux friquets, autrement dit des moineaux autrefois qualifiés de communs, est en pleine régression, à telle enseigne qu’il faudra bientôt considérer cette espèce comme menacée. Ici l’étude régionale concernant l’Île-de-France.

C’est beau, c’est bien, c’est bio !
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En France en 2016 le taux de conversion des exploitations traditionnelles à l’agriculture biologique est en train de battre tous les records : 21 fermes bio par jour ! Et cela depuis le 1° Janvier de cette année. Ce mouvement de grande ampleur se traduit par une augmentation de 10% des fermes travaillant en agriculture biologique depuis 2015 et le quota du bio dans la SAU (surface agricole utile = exploitée) devrait atteindre 5,8 % à la fin de l’année.
Sans surprise, c’est dans la production du lait que cette conversion est la plus sensible, ce qui appelle deux remarques : 1° – Le lait bio est peut-être plus cher pour le consommateur mais il a le goût du lait et il permet au fermier de vivre. 2° – Les agriculteurs bios ont intérêt à se syndiquer s’ils ne veulent pas risquer, comme leurs confrères (ou eux-mêmes dans une vie antérieure), d’être étranglés par la grande distribution. Comme la réduction de la production pour maintenir les cours est difficile à organiser, il faut diversifier les circuits de distribution (Biocoops, AMAP, cantines scolaires). Et ce n’est pas plus cher, dès lors qu’on s’en tient à l’essentiel et qu’on proscrit définitivement toutes les fausses bonnes idées instillées par la publicité.

Californie, 21 septembre 2016 : la sécheresse continue, les incendies aussi
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Celui de Soberanes dure depuis deux mois. Comme il a pris en terrain accidenté, on ne peut espérer le maîtriser qu’avec des contre-feux ; de là le coût astronomique qui est déjà le sien, non seulement en biens détruits – 490 km2 de zones touristiques, une soixantaine de résidences – mais aussi en équipes et modalités d’intervention. Par ailleurs il va falloir encore embaucher des pompiers supplémentaires : tandis que quatre autres incendies sont encore en cours, on attend dans le sud les vents forts dits de Santa Ana, lesquels constituent évidemment, en période de sécheresse, un facteur aggravant.

Trafigura, une société suisse spécialisée en « qualité africaine »
Alors que la vertueuse confédération s’apprête à voter en faveur de « l’économie verte », id est circulaire et alimentée par toutes les formes de recyclage, elle continue imperturbablement, en bonne éthique protestante, à maintenir hors de sa vue ce qui n’est pas présentable.
Ce sont bien entendu ses réticences à dénoncer les titulaires de comptes bancaires ouverts à des fins exclusives d’évasion fiscale.
C’est aussi, en offshore, son lucratif trafic des poisons et déchets. On connaissait déjà la société image-2suisse Trafigura pour avoir empoisonné les quartiers pauvres d’Abidjan en répandant à ciel ouvert dans leurs décharges des milliers de tonnes de solutions toxiques transportées jusque là par le Probo Koala. Mais elle est également largement impliquée dans le trafic du pétrole frelaté. Ici, apparemment, nous sommes en présence d’un cas d’évasion entreprenariale. Les fondateurs de la société, Claude Dauphin (mort d’un cancer en 2015) Eric de Turckheim, deux Français, ont surfé pendant des années sur la quasi absence de réglementations en Afrique, notamment en y écoulant depuis plus de 30 ans du pétrole « allongé » de différents composés toxiques, dont les teneurs en soufre sont 200 à 1 000 fois le maximum autorisé en Europe. La méthode est simple : on embarque aux Pays-Bas une certaine quantité de pétrole standard, et puis, quand on est suffisamment éloigné des côtes, on compose le cocktail qui permettra d’obtenir un carburant dit de « qualité africaine », qu’on vendra évidemment moins cher mais suffisamment pour se remplir les poches. Et ce n’est qu’une combine parmi tant d’autres…
Chiffre d’affaires 2012 de Trafigura : 133 milliards de $. Selon le classement de Challenge M. de Turckheim, résidant en Hollande et ayant récemment acquis un château dans l’Hérault, possède la 134° fortune de France, estimée à 500 millions de $.

Arctique : il faudrait un miracle…
D’après la NASA la banquise a atteint en septembre 2016 sa plus faible étendue jamais image-1enregistrée. Il ne suffira probablement plus d’attendre l’hiver arctique pour que la situation se rétablisse ; on est pris dans un ensemble de rétroactions positives qui tendent vers la catastrophe : inversion de l’albédo => augmentation exponentielle de la chaleur absorbée + fonte des clathrates => libération du méthane => augmentation de la chaleur captée, et c… A quoi il faut ajouter un rétrécissement comparable des glaciers du Groenland.
Comment a-t-on pu laisser le champ libre aux commanditaires de la « croisière arctique » ?

Il sera bientôt trop tard…
L’année 2016 bat déjà tous les records d’augmentation de la température, 2015 incluse. On a vu partout dans image-8le monde s’accentuer les phénomènes météorologiques extrêmes ; il semble en particulier qu’ El Niño ait été particulièrement violent. Mais le retour à la « normale » en mai, au terme de l’oscillation, ne l’est pas moins. C’est ainsi que le bassin du Gange connaît des inondations catastrophiques, à telle enseigne qu’à Bénarès les cérémonies funéraires traditionnelles ont dû se transporter sur le toit des immeubles.
Concrètement on assiste depuis le début de l’année à une fonte accélérée de la banquise arctique et la concentration de GES a atteint la valeur inégalée de 407 ppm, ce qui ne s’était pas vue depuis 800 000 ans. Par ailleurs l’effet de l’expansion thermique des océans est devenu sensible, en particulier par la destruction accélérée des récifs coralliens. Enfin toutes ces rétroactions sont positives et accélèrent la dégradation climatique.
Il n’est plus temps de tergiverser, comme le font encore ces opposants à la piétonisation de la voie sur berge à Paris en alléguant que ça créera des encombrements de la circulation ailleurs. Il faut arrêter la voiture, tout simplement.
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image-22016, an 01 de la déstabilisation climatique globale
Comme il fallait s’y attendre c’est par une modification générale du régime des précipitations que se signifie l’entrée dans l’anthropocène, avec, pour corollaire, l’effondrement des récoltes et les menaces qui surgissent, ici ou là, sur la sécurité alimentaire ou sur les conditions économiques de la survie. En septembre, après la Californie et l’Alberta, le Portugal est à son tour la proie des flammes qui dévorent les vignes et les oliveraies. Après la Louisiane, le Mexique, la Chine et le Pakistan frappés par les inondations, c’est au tour du Niger de sombrer sous la pluie : morts, sans abris, champs dévastés… Comme le bassin du fleuve s’étend à quatre autres pays, des crues sont encore à venir. En un jour, en plein désert, autant d’eau qu’en une année . « C’est du jamais vu ». Ailleurs, comme en France, c’est plus simplement la sécheresse ; pas assez catastrophique, apparemment, pour qu’on parle de tout ça à la radio ou à la télévision.

Président médiatique et corail clandestin
Image 1Avant la fin de son second mandat Barak Obama a décidé de donner un signal fort pour la protection de la biodiversité. Par ses bons soins la réserve naturelle de Midway, au large d’Hawaï – où il est né – va voir sa surface quadrupler dès que le décret entrera en vigueur. Ce n’est pas rien puisque la superficie totale de cette réserve sera ainsi équivalente à celle de la Mongolie et deviendra la plus grande réserve marine du monde.
Et c’est une bonne nouvelle pour les coraux dits noirs. Il en existe 8 genres, de formes diverses, et qui se caractérisent par le fait qu’ils ne recourent pas à la photosynthèse pour leur développement (ni d’ailleurs à la commensalité, comme c’est le cas des coraux des récifs). Ils peuvent donc se développer depuis les eaux superficielles de la zone intertropicale, où le rayonnement solaire devient négligeable, jusqu’au fond des abysses. Ils sont constitués de colonies de polypes à six tentacules qui s’étagent sur un exosquelette à structure simple et de couleur sombre (d’où leur nom). Certaines de ces colonies peuvent atteindre l’âge vénérable de 4500 ans. Thank you Mister President !

Sur le plan climatique l’année 2016 est en passe de devenir, du moins temporairement, emblématique de la déstabilisation. En Californie, en Afrique australe, de terribles sécheresses ; ailleurs,Image 2 des inondations d’une ampleur jamais vue. Dans le sud et le centre de la Chine le déferlement des eaux a provoqué 130 morts et ravagé 1,9 million d’hectares de terres agricoles ; à quoi il faut ajouter l’effondrement de 40 000 bâtiments, le déplacement de 1,3 million de personnes et l’hécatombe des troupeaux. Au Pakistan 170 morts depuis le mois d’avril. A Chitral qui a compté 41 morts, 16 personnes ont été tuées par l’effondrement de la mosquée où elles s’étaient réfugiées pour prier…الحمدلله الذي آمن روعاتنا و آتانا من فضله

Le record à abattre
« Cargos, la face cachée du fret » une enquête remarquable réalisée par Denis Delestrac. En quelques chiffres : 60 000 cargos transportant des centaines de milliers de tonnes de marchandises, parcourent en permanence les mers et océans du globe. Au total 90% de tout ce que nous achetons a transité, tout ou partie, par une de ces énormes boîtes métalliques. Pas seulement d’ailleurs : c’est aussi le moyen qu’utilisent les grossistes de la drogue. Du reste ça n’est pas l’honnêteté qui étouffe les entrepreneurs de ce secteur : 100 % de pavillons de complaisance (donc pas d’impôts), 90% de marins philippins (donc très bas salaires), un anonymat précieusement conservé ( Maersk ? Chiffre d’affaires équivalent à celui de Microsoft…) et par conséquent des tarifs défiant toute Image 2concurrence. De là les milliers de kilomètres qui vont être parcourus par les différents constituants du produit final. Le sweat-shirt qui arrive dans les rayons d’un magasin de Londres est réalisé au Bangladesh ; mais auparavant le coton, cultivé aux Etats-Unis, est parti en Inde pour être teint et tissé ; les boutons, dont la matière première a été récoltée en Europe et transformée au Vietnam, ont été façonnés en Chine.
Malheureusement le recyclage du plastique européen ne pèse pas lourd face à l’impact climatique et sanitaire catastrophique de ces cargos marchands. Car, compression des coûts oblige, ces énormes tankers font aussi tourner leurs moteurs au rabais : généralement un fuel de la pire qualité qui soit, boue de charbon ou « fuel résiduel » (soufre, micro particules, résidus métalliques), et jusqu’à 200 tonnes par jour pour un seul de ces navires. S’agissant du soufre, un seul de ces tankers en émet autant que … 50 millions de voitures. Dans les zones portuaires, où la pollution des camions s’ajoute à celle des navires, cet impact sanitaire est mesurable. A Newark, port de New York, un habitant sur quatre est asthmatique. Estimation globale de cet impact : 60 000 morts prématurés par an. Mais, là encore, les armateurs échappent à toute réglementation.
Entreprises familiales, pavillons de complaisance, ports privés, arrangements pour les transports lucratifs (armes, pétrole, drogue)… mais surtout, probablement, poumon véritable de cette mondialisation dont on nous a tellement rebattu les oreilles, ce qui expliquerait pourquoi l’O.M.I. (Organisation Maritime Internationale / O.N.U.) ne lève pas le petit doigt.Image 3
A quoi il faut ajouter entre 110 à 120 naufrages et environ 2000 marins morts chaque année. Entretenir les bateaux coûterait cher inutilement ; comme on est hors la loi, personne ne viendra réclamer des comptes pour les marins disparus en mer. Subsidiairement le gouvernement philippin exige que les salaires soient versés sur des comptes spéciaux qu’il ponctionne à 30% au titre de l’impôt sur le revenu ; là encore, petit arrangement entre amis.
Comme le pétrole représente 50% de la marchandise transportée, ces naufrages – dont on ne parle jamais – se soldent par autant de marées noires, généralement en haute mer. Bilan : 150 000 tonnes de pétrole brut déversées en mer chaque année. A cela il faut ajouter le dégazage qui n’est pas seulement, pour ces pseudo navires, le fait de nettoyer les machines. Il se trouve qu’avec ces empilements pharaoniques de caisses, ils ont un balan considérable. Quand ils circulent à moitié pleins ou vides, ils ne peuvent maintenir leur équilibre qu’à condition de faire entrer de l’eau dans les soutes ; il faut évidemment les vider dès qu’on atteint la pleine charge. Moyennant quoi ils transportent d’un bout à l’autre du globe non seulement leur pollution mais aussi probablement les espèces invasives, destructrices des écosystèmes marins et au bout du compte, de 42% de leurs espèces. Sans parler de l’impact dément sur l’effet de serre.
En attendant la parade, le colibri attrape du fil et une aiguille et s’il a besoin d’une étagère, il va voir le menuisier du coin.

Mare nostrum De même qu’elle fut autrefois la mer des Romains, la Méditerranée est Image 1aujourd’hui devenue la mer des consommateurs compulsionnels. Avec 250 millions de touristes annuels, toutes rives confondues, c’est la première destination mondiale des estivants. Se faire brûler la peau sur 1 m2 de sable sale et préparer son futur mélanome, se fabriquer des selfies devant les ruines d’Athènes ou de Carthage, aller déguster des fruits de mer dopés aux microparticules toxiques dans un bon petit restaurant de la Côte d’azur, tout ça vous fait des vacances inoubliables. A propos des microparticules, on estime le nombre des micro fragments plastiques à 290 milliards en Méditerranée ; ils commencent à former, ici ou là, des îles supplémentaires, ainsi qu’ils le font dans les océans mais surtout ils détruisent les biotopes. Enfin comme la logique du développement implique la multiplication du transport des marchandises, ce sont 50 000 navires supplémentaires qui sont attendus en Méditerranée d’ici à 2030. Ça signifie qu’à ce tableau déjà fort peu reluisant il faut ajouter les dégazages clandestins plus quelques marées noires… Bonnes vacances !

Des raisons d’espérer Les alternatives durables sont en train d’émerger. Côté alimentation, les chiffres de l’agriculture biologique sont en plein boom. En matière de surfaces Image 2cultivées, on vient de franchir la barre des 5 % avec 23% de terres supplémentaires vouées à l’agriculture biologique fin 2015. Toutes les statistiques sont là, dans le dossier de presse avec, en prime, les événements passés (mais renouvelables) et à venir. En résumé : 14,7 % de croissance du marché bio entre 2014 et 2015 ; augmentation de 9% du nombre des producteurs et de 5% des emplois dans le traitement et la distribution. Pour la restauration collective, 18% d’augmentation ; autant en effet que les enfants et jeunes gens n’avalent pas de pesticides si c’est possible de faire autrement.
Côté énergie, c’est la marine qui a le vent en poupe… l’énergie marine, s’entend, et toutes techniques confondues : éolienne offshore ou flottante, hydrolienne, houlomotrice. Dans le même laps de temps (2014-2015) les investissements ont été multipliés par 5 atteignant le chiffre de 302 milliards d’€. Comme quoi, acheter bio, c’est bien ; mettre ses économies sur un livret « développement durable », c’est mieux. Le potentiel des océans serait au minimum 20 000 terawatts / heure alors que la consommation mondiale totale est actuellement de 18 000 ; de quoi remplacer toutes les énergies fossiles.

Image 1Stop it ! 2016 est dores et déjà l’année la plus chaude jamais enregistrée. L’Inde, particulièrement touchée, connaît des records de température (51°C dans le nord de la péninsule) et de sécheresse. Le phénomène El Niño s’est probablement trouvé amplifié, mais les précipitations semblent être majoritairement survenues sur l’Océan pacifique.
Ces excès rendent crédible l’hypothèse d’un réchauffement de 3°C à l’horizon 2060, d’autant plus que les modèles climatiques n’ont pas encore intégré le déplacement de l’axe des pôles.
En tablant sur une croissance démographique comparable à ce qu’elle est actuellement, le GIEC estime qu’ à cette date un milliard 200 millions de personnes seront directement atteintes par la hausse du niveau des océans. L’Inde, le Bangladesh, la Chine, le Vietnam, les Etats-Unis seront les pays les plus exposés.

Demain, le film, dépasse, début mai 2016, le million d’entrées. C’est un record pour un documentaire, aprèsImage 2 le césar reçu en février. En plus, sorti en décembre 2015, il se donne encore dans 104 salles en France ; puisse-t-il connaître ailleurs la même irrésistible ascension. Bravo à Cyril Dion et à Mélanie Laurent qui ont porté ce magnifique projet ; et aussi aux 10 000 kisskissbankers et plus, qui leur ont permis de boucler leur budget ; les producteurs patentés doivent se mordre les doigts ; comme quoi, il n’y a pas que le fric dans la vie. Et puis l’union fait la force ; donner quelques sous pour un projet qui vous plaît – c’est le concept même de kisskissbankbank – c’est peut être lui offrir la chance de s’épanouir en une magnifique fleur du genre de celle-ci. Petite piqûre de rappel pour ceux qui sont accros à la musique de la bande annonce.

Ils nous pompent l’air !

Maître Iosca et Pierre Chasseray, délégué de l’association « 40 millions d’automobilistes », portent plainte devant le Tribunal administratif contre la mesure d’Anne Hidalgo visant à limiter en semaine, à Paris intra muros, la circulation des Image 2automobiles les plus polluantes (vendues avant 1997). Monsieur Chasseray est contre, arguant d’une mesure qui frapperait les plus pauvres ; mais à Paris les plus pauvres empruntent les transports en commun. Il y a quelques années, Chasseray et son association furent aussi contre les radars et pour le droit aux vitres teintées. « 40 millions d’automobilistes »… et combien de morts ? 3461 en 2015. Et on ne parle pas des émissions de GES qui mettent en danger la survie de l’humanité ni des morts prématurées que les particules fines émises par ces automobiles provoquent. Quant à Maître Iosca, c’est le spécialiste de la défense des contrevenants sanctionnés par le retrait du permis de conduire… lesquels, ça va de soi, n’ont pas mérité cette sanction.
Ce qu’il faut savoir, c’est que 60% des Parisiens ne disposent pas d’une automobile, en particulier parce que Paris est probablement la ville au monde la mieux pourvue en matière de transports en commun. Quant aux 40% restant, il est probable qu’ils la laissent au parking quant il s’agit seulement de circuler en ville aux heures ouvrables, ne serait-ce qu’à cause des difficultés qu’il y a à se garer.
Si ça ne leur plaît pas, aux automobilistes forcenés, qu’ils aillent voir ailleurs. De toute façon, si tout va comme il faut, d’ici quelques années les moteurs à carburant seront purement et simplement interdits ; il n’y a pas d’alternative. Alors est-ce que ces deux messieurs pourraient avoir la décence de cesser, par leurs actes, d’encourager ces ravages ?

Hécatombe des saumons chiliens

Mars 2016. Nouvel exemple d’intrication pernicieuse entre pratiques irresponsables et déstabilisation climatique. Ça commenceImage 1 avec El Niño, phénomène bien connu (quoi que…) mais cette année avec des eaux plus chaudes que lors des épisodes précédents, de 2 à 4°C supplémentaires avec, ipso facto, de plus hautes latitudes impactées. A cela vous ajoutez des effluents agricoles rejetés en mer, probablement en quantité appréciable, style lisier de porcs bretons. Le tout provoque un bloom algal d’une ampleur inusitée (cf photographie). Ces algues microscopiques proliférantes prélèvent tout, ou presque, de l’oxygène disponible dans les eaux superficielles. Nombre de saumons qui y vivaient subissent l’asphyxie et 23 millions d’entre eux périssent dans l’aventure. Soit un dixième de la production annuelle… ce qui a commencé aussitôt à se traduire par des licenciements ; chiffrage à terme : 4000 emplois perdus.
Les phénomènes d’anoxie observés précédemment (notamment au Chili, déjà, ces millions de sardines qui avaient remonté le cours d’une rivière ) pourraient bien être provoqués par des blooms de même nature, passés inaperçus, plutôt que par la saturation des eaux superficielles en dioxyde de carbone. C’est du moins ce que suggère la brutalité des événements récents.

Les chiffres de la viande

80% des antibiotiques made in USA sont destinés au bétail. Les fonds d’investissement qui se portent sur la chaîne de la viande pèsent à eux tous 1200 milliards d’€ (soit près de 1357 milliards de $, autrement dit plus de 10 fois le montant annuel requis pour financer, via le Fonds Vert, la transition énergétique dans le Tiers Monde).
Comme, via leur régime carné, les Américains sont les consommateurs finals de ces antibiotiques, + les autres, via les chaînes de fast food, l’O.M.S. s’en est émue : la probabilité de sélectionner une souche léthale multirésistante est de jour en jour plus élevée… et par conséquent celle d’une vaste pandémie, en comparaison de laquelle la dernière grande peste européenne qui frappa Marseille au XVII° siècle, paraîtrait, après coup, une promenade de santé.
Image 1L’O.M.S. a donc alerté les investisseurs du secteur qui se sont tournés à leur tour vers les chaînes de fast food. Le timonier de McDonald’s et quelques autres ont reçu un courrier les priant de limiter ce recours systématique aux antibiotiques, faute de quoi lesdits investisseurs risquaient de retirer leurs billes.
Posture ou prise en compte ? La grande loi – ignorée – du libéralisme, c’est que la prévention augmente des dépenses sans engendrer de profits supplémentaires… alors que le traitement post-critique, lui, engendre nécessairement des profits : le tout est de déterminer si ceux-ci compensent les pertes induites par le changement de voilure. Les investisseurs ont dû se dire qu’ils avaient peut-être intérêt à placer quelques uns de leurs avoirs dans les laboratoires pharmaceutiques de pointe. Conclusion : l’autorité publique ou internationale n’a pas d’autre recours effectif que l’interdiction ; en l’occurrence, celle des élevages concentrationnaires. En mettant en place des menus végétariens McDo pourrait en plus se targuer de participer à la diminution des émissions de G.E.S. On n’en est pas encore là ; cependant, aux dernières nouvelles, le striped clown garantirait son poulet sans antibiotiques. La perspective d’un fléchissement des ventes, ils ont horreur de ça… ce qui vaudrait la peine de mettre en place « a none hamburger day ».

France 2016, veille du solstice d’été

Par un nouvel arrêté publié le 16 juin 2016, l’état de catastrophe naturelle consécutif aux pluies et aux inondations de maiImage 1 et début juin, vient d’être étendu de 17 à 24 départements. En outre 496 communes viennent s’ajouter aux 862 déjà reconnues, soit un total de 1358. A Paris les pluies au long cours ont repris et la Seine monte à nouveau. Mais à part ça, Madame la Marquise…
Attention : les assurés ne disposent en principe que de 10 jours après publication de l’arrêté pour faire parvenir leur déclaration de sinistre à leur assureur. Voici l’arrêté en question.
Comme le montant des dégâts devrait atteindre environ 1 milliard d’euros, les compagnies d’assurance seraient bien inspirées d’entendre le conseil de Ban Ki-Moon : favoriser les achats, les installations et les pratiques limitant les émissions de G.E.S. et pénaliser les autres.

Ce matin, dépêche de l’AFP reprise sur France Inter :
Cinq départements du nord de la France sont maintenus en vigilance orange mercredi au petit matin en prévision de violents orages : le Pas-de-Calais, le Nord, la Somme, l’Oise et l’Aisne. La fin de l’événement était prévue pour mercredi vers 6 heures. Trois départements restent en alerte orange pour inondations : l’Essonne, l’Eure et la Seine-Maritime.
Dans le Pas-de-Calais, un conducteur septuagénaire a été surpris par la montée des eaux et est mort noyé au volant dans une rue du village de Mondicourt, près d’Arras, a indiqué la préfecture. Plusieurs centaines de véhicules étaient toujours bloqués sur la RN25 à 19 heures. Selon la préfecture, sept secteurs du département sont concernés par une rapide montée des eaux, notamment aux environs de Lens et de Béthune. Des déviations ou circulations sur une voie ont dû être mises en place sur au moins quatre routes ou autoroutes. Les secours sont intervenus à plus de 260 reprises dans le département, ont ajouté les services de l’État.
Dans le Nord, les pompiers ont également été fortement sollicités, notamment aux environs de Villeneuve-d’Ascq, Douai et La Bassée. Dans cette dernière commune de près de 7 000 habitants, un hélicoptère de la gendarmerie a dû intervenir pour évacuer des habitants. À Lille, le trafic des trains a été totalement interrompu en gare de Lille Europe, pour cause de « disjonction », mais le trafic reprenait vers 19 heures, selon la SNCF. En gare de Lille-Flandres, de légers retards pour les départs vers Paris ont également été signalés. Le tramway a aussi été bloqué à Lille, mais le trafic reprenait après 19 heures.
Un hôpital touché
En fin d’après-midi, c’est l’Oise qui était dans l’oeil du cyclone, avec 419 interventions en une heure et demie dans le secteur de Beauvais, principalement pour des coups de foudre et des caves inondées, ont indiqué les pompiers. L’hôpital de Beauvais a été touché et quelques centimètres d’eau se sont infiltrés notamment « dans les couloirs de la salle d’attente des urgences » mais « la continuité des soins a été assurée », a précisé l’établissement. « Il est tombé localement de l’ordre de 50 à 80 mm en quelques heures », a indiqué Météo France.
Dans la Somme, des interventions ont aussi eu lieu pour des sous-sols et des caves inondées aux environs d’Abbeville. Depuis la fin de matinée, la Côte-d’Or, les Vosges et le sud de la Haute-Marne ont aussi été touchés par des orages donnant lieu à de forts cumuls par endroits, selon Météo-France.
Image 2Un orage de grêle à Strasbourg
Dans l’Est, la Moselle « commence à être touchée vers Sarreguemines et Forbach », ont indiqué en fin d’après-midi les pompiers, qui ont effectué « quelques petites interventions, dont un début de feu de maison à cause de la foudre ». L’alerte doit être levée à 6 heures mercredi. En Meurthe-et-Moselle, « ça arrive sur le sud du département » et une trentaine d’interventions ont eu lieu depuis le début de l’après-midi.
L’activité orageuse devrait se généraliser et perdurer en début de nuit prochaine sur une grande partie du nord-est du pays, a indiqué Météo-France, qui souligne les nombreux impacts de foudre attendus plus particulièrement sur les Hauts-de-France, les Ardennes, et de la Champagne à la Bourgogne et la Franche-Comté.
Un violent orage de grêle s’abattait en fin d’après-midi sur Strasbourg. Par ailleurs, la vigilance orange crues est maintenue sur les départements de l’Essonne pour la Seine moyenne, de l’Eure et de la Seine-Maritime pour le tronçon Seine aval. Avec l’arrivée de la nuit, l’activité orageuse devrait perdurer encore en soirée, mais principalement sur les départements du nord du pays. Ailleurs, les orages perdront de l’activité en début de nuit, a précisé Météo France.

A la radio le journaliste fait encore état des inondations à Lille et de phénomènes météorologique du même ordre en Belgique et en Allemagne (où les intempéries ont fait neuf morts). Plus tard, dans le même journal de 6 h, un agriculteur fait état de la dévastation des cultures déjà en place, de l’impossibilité de procéder aux semis ordinaires et de la détresse de certains de ses jeunes confrères. Dernière précision : il s’agit du mercredi 8 juin 2016.

3 juin 2016 : la Seine devrait atteindre la cote des 6 mètres de crue dans le courant de la journéeImage 5
Les inondations en amont, en particulier celles du Loing qui s’y déverse, arrivent dans la capitale. Les voies sur berge ont été fermées ; le RER C ne circule plus. Commentaire radiophonique : « c’est malgré tout 4 mètres de moins que les inondations de 1910« . Pas exactement… mais la question n’est pas là. Depuis 1910 la mise en place des lacs réservoirs en amont permet de minorer les crues dans la capitale. C’est surtout un moyen de dire encore – peut-être pour se rassurer – « Voyez, en 1910 : crue centennale de la Seine ; 2016 : il est, somme toute, naturel qu’une crue de cette ampleur se produise à nouveau« . A un détail près pourtant : la crue de 1910 survint en janvier… et nous sommes en juin ; et il pleuvra encore la semaine prochaine…

Le Déluge, Genèse 7,1-8,22 : record battu !
Selon le récit biblique Dieu fit pleuvoir sur la Terre 40 jours et 40 nuits. Dans certaines régions d’Europe de l’Ouest, entre un mois d’avril très humide et un mois de mai qui bat tous les records d’averses à répétition, on ne doit pas être loin des 60 jours. Dieu a donc singulièrement amélioré sa performance ; mais le Très Eau peut sans doute faire mieux encore.
On vous explique doctement, ici ou là, que le phénomène (qui s’étend en France sur une zone Ouest Sud-Ouest / Nord Est) résulte de la convergence de deux zones dépressionnaires, l’une positionnée sur l’Atlantique, l’autre en Europe continentale. Les mêmes – qui commencent à envisager les effets locaux possibles de la déstabilisation climatique – ont prévu la sécheresse et la hausse des température… mais pas les pluies torrentielles. Faut-il croire que les météorologues rivaliseront bientôt avec les économistes dans la catégorie j’comprends-rien-mais-j’sais-tout ?
La carence fondamentale est toujours la même : incapacité à penser la mise en place d’un événement de Bond en Atlantique Nord. La modification incidente des courants océaniques et du régime des vents (ex : disparition quasi totale du vent d’Ouest en France sur le littoral atlantique) a dores et déjà modifié températures et précipitations. Or il ne s’agit pas d’un phénomène transitoire ; un événement de Bond s’étend sur une centaine d’années.
D’autre part il faudrait que la modélisation du climat atteigne un degré de complexité supplémentaire. On savait déjà que la nébulosité était le facteur clef à la fois de l’évolution du climat et de la fiabilité du modèle ; on vient de découvrir que la tension superficielle spécifique des gouttes d’eau qui se forment dans un nuage déterminera, elle aussi, le sort de l’eau dont il est constitué.
Enfin cet épisode pluvieux exceptionnel de 2016 aura peut-être eu le mérite de nous faire comprendre qu’il ne suffira pas d’être à une altitude suffisante, relativement à la hausse du niveau des océans, pour échapper aux inondations. Fleuves et rivières saturées, s’écoulant plus difficilement, auront aussi leur part dans la dévastation ; sans compter la modification des cours. Un fleuve, au fond, matérialise une séquence notable de l’histoire climatique.

Image 1Tempête de grêle record
Elle a frappé le 12 avril 2016 le nord du Texas, dans la région de San Antonio. Les grêlons qui atteignaient la taille de balles de tennis ont causé des dommages considérables : vitres éclatées, toits troués, voitures chiffonnées… le montant actuel des dégâts est équivalent à celui d’une année entière – en matière de grêle – pour l’ensemble des États-Unis. Or on n’est encore qu’en avril et ce n’est que le nord du Texas.

Le mystère des sardines toujours pas éclairci
Le 11 avril 2016 plusieurs milliers de tonnes de sardines mortes ont été retrouvées le long des rives de l’embouchure de la rivière Queule, dans le sud du Chili. Les estimations quant à la quantité d’animaux morts varient du simple au double : 12Image 2 000 tonnes selon les autorités, 23 000 selon les habitants du village de pêcheurs établi dans cette zone. Quant aux causes possibles du désastre, on est encore plus prolifique : El Nino (mais on est un peu trop au sud pour qu’il ait sur la zone une incidence directe), une maladie transmise par le même (mais apparemment les recherches, si elles ont été faites, n’ont pas abouti), des rejets imputables à différentes usines établies en amont (même criante absence d’expertise) ; on a été jusqu’à invoquer des radiations imputables à des sous-marins nucléaires circulant dans cette zone. Le plus probable est une anoxie. Il est notable que ces animaux, quoique marins, aient cherché à remonter le cours de la Queule, probablement parce que la respiration n’était plus possible au large. Rappelons que cette forme particulière d’asphyxie survient quand les eaux sont saturées en dioxyde de carbone et que les animaux ne sont donc plus en mesure d’y rejeter le gaz carbonique pour y puiser l’oxygène.

Inde : la mère de toutes les sécheresses
La péninsule indienne a connu en avril 2016 une des pires sécheresses de son histoire. Après deux années consécutives de faible mousson, les réservoirs n’étaient remplis qu’à environ un tiers de leur capacité. Plus de 328 millions de personnes Image 3ont souffert de la pénurie d’eau et il a fallu affréter des trains pour en transporter où elle manquait le plus. Les premières victimes ont été les paysans : impossible d’irriguer les champs ou de donner à boire au bétail. Alors on commence par abattre les bêtes et puis on se suicide ; 9 morts par jour… Cette situation de stress a été aggravée par des températures particulièrement élevées, avec, là aussi, des victimes quotidiennes. Autre conséquence, à moyen terme : le déficit céréalier et l’augmentation des cours.
On pourrait se dire que c’est une année El Nino ; le problème c’est que les 12 états affectés sont répartis sur l’ensemble du territoire de la confédération : centre et sud essentiellement, mais aussi Nord Est et Nord Ouest. Il faudra probablement interroger le débit des fleuves en relation avec la diminution du volume des glaces himalayennes mais aussi les modifications du régime des vents et des courants océaniques, en remontant jusqu’au vellage des glaciers antarctiques…

Alberta : la capitale du pétrole est en flammes
A Fort Mac Murray, ce 6 mai 2016, 300 000 hectares ont déjà brûlé et 90 000 personnes ont dû être évacuées, certaines, deux fois ; elles avaient d’abord trouvé refuge au nord de la ville mais le feu les a rejointes… Ce vaste état du centre-ouest du Canada est l’un des plus riches du monde ; il le doit au pétrole, bientôt au schiste bitumineux, et à un élevage bovinImage 5 intensif. Sur 1200 kms du nord au sud et 600 kms de l’est à l’ouest, le climat y est naturellement contrasté, avec un gradient de plus de 100°C des températures hivernales les plus froides aux estivales les plus chaudes. L’été y est généralement chaud et sec. En ce début de période estivale il faut plus chaud, il fait plus sec… et il y a davantage de vent que d’habitude. Autrement dit non seulement ce sont les conditions idéales pour un départ de feu (déjà une vingtaine…) mais il y a une forte probabilité pour qu’elles se prolongent.
Incendie Fort McMu 2C’est par paliers successifs que la déstabilisation climatique a commencé à faire son oeuvre. Le bilan de ce gigantesque incendie en termes climatiques dépend d’une part du temps qu’il faudra au consortium pétrolier pour faire redémarrer l’exploitation des différents sites et finaliser – ou pas – son projet d’oléoduc de 1200 kms, d’autre part d’un possible basculement de l’opinion canadienne en faveur d’une ratification de l’Accord de Paris. Il se trouve que l’Alberta est aussi l’un des états qui détiennent le plus fort potentiel en termes d’hydroélectricité. Puissent ses habitants entendre enfin la voix de la sagesse…
Le 27 mai, il y a toujours 20 foyers actifs ; 578.620 hectares sont partis en fumée ; environ 100 000 personnes ont été évacuées ; 104 hélicoptères et 24 canadairs opèrent sur zone. Comme une légère pluie a sensiblement amélioré la qualité de l’air, les deux compagnies pétrolières qui exploitent les schistes bitumineux envisagent de faire réintégrer à leurs salariés les préfabriqués qui leur servent de logement… Il ne semble pas que le gouvernement provincial de l’Alberta ait mandaté des enquêteurs spécialisés afin de déterminer la part de cette exploitation dans les départs de feu.

Le monde des pesticides
Classement des pays en quantité absolue de pesticides épandus :
Image 41° Etats-Unis
2° Inde
3° France
4° Allemagne
En épandage à l’hectare :
1° Japon
2° Europe
3° Etats-Unis
4° Inde
Le record régional en France : la Gironde = 3% de la surface agricole, 20 % des pesticides consommés…
Dans une étude de 2013 l’INSERM a établi une corrélation d’une part entre la fréquence des cancers et le maniement des pesticides chez l’adulte, d’autre part entre les expositions périnatales et des pathologies graves chez l’enfant (leucémie, tumeurs cérébrales).
Le dernier mot à Anne-Lise Goujon, présidente du Syndicat des vignerons bio d’Aquitaine : « Il faut aider les viticulteurs à changer de pratique et je ne vois pas qui ne pourrait pas passer en bio. Cela demande certes plus d’attention, de temps, de main-d’œuvre car il faut plus observer, plus regarder la météo, être plus réactif. Mais plutôt que mettre de l’argent sur des produits phytos, autant créer des emplois et rendre les gens moins malades.»
Toute la philosophie de l’éco-développement en une vingtaine de mots.

Bienvenue chez les hyènes
Comment nommait-on les laboratoires pharmaceutiques au Moyen Âge ? « Bandits des grands chemins ». La technique est rigoureusement la même :
– 1° Attendre à l’endroit adéquat ; ici, en l’occurrence, quand vous venez d’atteindre le carrefour « Madame – ou Monsieur – Image 3vous avez un cancer… »
– 2° Enoncer clairement la proposition. « Le pronostic est mauvais sauf traitement ad hoc… mais c’est très cher ». Quelques aperçus : les médicaments qui peuvent vous tirer d’affaire se nomment Imnovid, Sovaldi, Glivec ou Lucentis. Leur prix : en moyenne, 400 euros le comprimé, 8600 euros la boîte.
La sécurité sociale ne peut pas suivre ? Le client n’a pas les moyens de payer ? C’est pas le problème des laboratoires.
Tu veux pas crever ? Tu raques ! Tu peux pas raquer ? Tu crèves ! Bref, la bourse ou la vie… Et le chef de la bande se nomme Actionnaire, du moins c’est ce qu’ils disent. Mais leur aspiration secrète est d’obtenir ce qu’ils nomment un drap doré en menaçant d’aller livrer leurs secrets à l’officine d’en face.
Voici, dans l’ordre, les laboratoires coupables de ce chantage lucratif : Celgene (USA), Gilead (USA), Novartis (France), Roche (Suisse). En attendant d’organiser des réseaux de moralisation écologiste et humaniste des pratiques économiques et politiques – en l’occurrence un boycott de tous les autres produits – non nécessaires ou remplaçables – de ces maîtres chanteurs – on peut toujours leur faire savoir tout le bien qu’on pense d’eux.

Bientôt un humain sur quatre mourra par l’effet d’une condamnation. C’est une étude de l’O.M.S. parue en Image 42012 : 23 % de ceux de nos congénères qui meurent chaque année sont victimes d’une atteinte à l’environnement : pollutions diverses, produits toxiques déversés n’importe où, accidents de la route, eau contaminée, déplétion de l’ozone, changement climatique… ce qui donne 12 millions 600 000 victimes dont 1 millions 700 000 enfants… Malthus, au fond, était un humaniste : nous ne connaîtrons jamais la surpopulation, tout simplement parce que dès que les récoltes commenceront à s’effondrer, les plus vulnérables commenceront à mourir. C’est probablement là-dessus que comptent les princes qui nous gouvernent et les Midas dont ils sont les laquais. Combien d’années encore avant d’abattre ce Baal Moloch monstrueux qui réclame chaque jour ses 5000 petites victimes ? C’est la Phrygie que gouvernait Midas et les esclaves peuvent s’affranchir…

Papillons de Fukushima Le 11 mars 2011 un séisme de subduction a provoqué un tsunami avec à terme une vague déferlante de 11 mètres qui s’est abattue sur la centrale nucléaire. Trois des six réacteurs se sont arrêtés Image 9(coefficient de vide négatif) mais c’est la panique des opérateurs qui a provoqué une excursion de puissance et de multiples explosions qui ont répandu des tonnes de matériaux radioactifs alentour. C’était la version réelle du « Mont Fuji en rouge » (« Rêves » en japonais), le film d’d’Akira Kurosawa dont le dernier sketch – éruption volcanique, tremblement de terre et explosion d’une centrale – avait fait sourire d’un air entendu les gens intelligents. On savait pourtant que l’énergie nucléaire est incompatible avec les zones de forte activité tectonique ; c’est le cas de tout l’archipel…
Les gens intelligents vont pouvoir continuer de sourire. Les plus pauvres sont retournés dans les zones contaminées ; R.A.S. sauf ce petit papillon, courant dans le pays, qui commence à présenter des anomalies phénotypiques : ailes raccourcies ou racornies, troisième antenne, mortalité précoce. On attend 20 000 cancers supplémentaires mais ça ne concerne que les gens ordinaires ; les autres pourront continuer d’empocher leurs dividendes…

C’est arrivé plus tôt que prévu : le 1% le plus riche de cette planète détient désormais autant de richesse Image 3que les 99% restant. 2015 n’a pourtant pas été une année faste sur le plan économique mais ça n’est pas un problème pour ces gens-là. Certains d’ailleurs sont probablement persuadés qu’ils méritent cette monstrueuse richesse ou, mieux encore, qu’ils la doivent à leur travail. Si le seul travail enrichissait, ça se saurait et nous n’en serions pas là. La vérité c’est que quand on naît sur un matelas bourré de billets, il suffit ensuite de trouver un bon banquier qui fomentera la meilleure combine fiscalement paradisiaque ou de boursicoter avec suffisamment de ruse.
Alors voilà : l’humanité a besoin de 130 milliards de dollars pour financer le fonds vert sans lequel il n’y a aucune chance de parvenir à atteindre les objectifs fixés par les Accords de Paris. Ici les vingt personnes les plus riches du monde ; quatre de ces fortunes suffiraient à constituer le fonds en question…Ou bien nous mettons fin au système qui permet cette iniquité et constituons ce fonds par un impôt équitable, ou bien c’est la guerre. Et si ces gens-là continuent à ricaner entre eux sur le mode « Qu’ils mangent de la brioche ! », alors qu’on leur coupe la tête !
Choquant ? Pas tant que ça. Ceux-ci sont, de proche en proche, les commanditaires du système qui condamne l’humanité à mort et qui tue déjà chaque jour les plus humbles d’entre nous. Et puis d’ailleurs, dans l’ordre de l’estime de soi, ils ont tout à y gagner ; c’est du reste ce qu’a fort bien compris Bill Gates en créant sa fondation Bill et Melinda Gates vouée à la santé et à l’éducation dans le monde et dotée d’un fond de 150 milliards de dollars…
Dernière précision en date : les « Panama papers » ont permis d’établir que, sous le couvert de sociétés écrans fictives ce sont 6477 milliards de $ que les friqués ont placé à l’abri du fisc… ce qui représente 18 fois la dette de la Grèce.

Un cyclone prénommé Winston s’est abattu sur les îles Fidji dans la nuit du 20 au 21 février 2016. Avec des rafales atteignant une vitesse de 325 km / h et des déferlantes de 12 mètres de hauteur, Winston, catégorie 5/5, estImage 3 la tempête la plus violente jamais enregistrée dans le Pacifique sud. Le bilan final est de 29 morts. Dans les zones les plus fortement impactées des centaines d’habitations ont été littéralement broyées et des centaines de palmiers, couchés au sol. Les récoltes sont détruites.
Les commentateurs parlent de catastrophe naturelle et abordent la question de la reconstruction. C’est aller un peu vite en besogne. Le phénomène El Nino pourrait bien cette année avoir atteint une ampleur anormale du fait des émissions anthropogéniques de G.E.S. Si cette tendance devait se confirmer, il faudrait s’attendre à des désastres comparables tous les cinq ans en moyenne. C’est dire qu’il est peut-être temps de poser la question de la pertinence d’une telle reconstruction.

Regardez bien : cet animal sera bientôt préhistorique
Image 3Sur la base d’une étude génétique dûment conduite, le professeur Samuel Wasser a pu établir que la grande majorité des éléphants victimes du braconnage, dans la dernière grande réserve, celle de l’Afrique de l’Est, viennent de la même région trans frontalière – réputée « protégée » – située aux confins du Cameroun, du Congo et du Gabon. L’ivoire prélevé dans ces massacres (50 000 animaux abattus tous les ans) transite via la Tanzanie, par trois filières au plus. Comme on a retrouvé le même phénotype à deux reprises, on peut raisonnablement estimer que la corruption des fonctionnaires peut s’effectuer par prélèvement d’une dîme remise ensuite en circulation, contre espèce… sonnante et trébuchante.
Etant donné qu’on estime par ailleurs le nombre d’animaux survivants à 450 000, dans dix ans tout au plus, l’espèce aura disparu.
Cet ivoire est commercialisé à 70 % en Chine. Il suffirait peut-être, pour sauver les éléphants, de faire à concurrence de 70 % la grève de l’achat de la Shaï Chi* …
* Pour « chinese sheet », merde chinoise, par exemple les parapluies périssables dont les cadavres ornent nos rues.

Prélude pour une mer morte
Alerte lancée début 2016 par le W.W.F. : la Méditerranée est promise à devenir dans les dix ans qui viennent le plus grand Image 1dépotoir géologique de l’Anthropocène. L’exploitation pétrolière et gazière qui affecte déjà 10 % de ses fonds devrait doubler dans cet intervalle tandis que les fermes aquacoles s’y multiplieraient. Naturellement la plupart des espèces autochtones auront disparu dans ce laps de temps : réchauffement, barrière nord du déplacement des isothermes, espèces invasives. Les herbiers de pausidonies ne sont plus qu’un souvenir ; le même sort attend les autres écosystèmes. Sans compter le développement des transports maritimes…
Cerise sur le gâteau : mare nostrum est, du point de vue de la tectonique des plaques, un véritable puzzle ; ça ne serait pas trop grave n’était le proto océan en Mer Rouge. Nice, à la jonction de trois microplaques, est la ville la plus dangereuse de France. Mais de multiples zones – où l’on est susceptible d’installer des puits – présentent des probabilités sismiques comparables. Heureux qui comme Ulysse y fit un beau voyage…
Petite chanson nostalgie

La fabuleuse histoire du virus Zyka
Image 2C’est un virus particulièrement efficace puisqu’il est actuellement parvenu à utiliser une dizaine d’espèces de moustiques comme vecteurs. Repéré pour la première fois en Ouganda en 1947, il est aujourd’hui largement répandu en Afrique et en Amérique du Sud. Les symptômes les plus courants d’une contamination sont la fièvre, les courbatures et les douleurs articulaires ; mais il peut également provoquer des éruptions cutanées et des atteintes neurologiques graves. Enfin il pourrait également induire une microcéphalie du nourrisson. Par ailleurs il semble que, dans un cas au moins, il ait étendu sa compétence à la transmission sexuelle. Enfin comme certains des moustiques qui lui servent de vecteurs sont parvenus en Europe et en Amérique du Nord, son aire de répartition pourrait encore s’étendre dans les années à venir.
Au 21 janvier 2016 : plus de 3000 cas de microcéphalie du nourrisson ont été recensés au Brésil. Le gouvernement conseille aux femmes d’éviter de tomber enceintes.

When there is a will, there is a way
Par l’Accord de Paris qui clôt la COP21, les pays développés se sont engagés à alimenter le fonds vert destiné à financerImage 9 la transition énergétique des pays les moins avancés, à hauteur de 100 milliards de dollars par année, cette somme devenant plancher à partir de 2020 et le montant de cette provision étant révisable à partir de 2025.
Selon une étude publiée en novembre 2015 par l’O.D.I. (Overseas Developpment Institute, O.N.G. britannique d’aide au développement des P.M.A.), ces mêmes nations qui s’étaient engagées en 2009 à réduire leurs subventions aux énergies fossiles, ont cependant continué à les subventionner à raison de 452 milliards de dollars par an durant cette période… périodes pendant laquelle les subventions accordées aux énergies renouvelables ont culminé à 121 milliards de dollars par an.
L’argent est donc là ; on peut même progressivement le faire passer des bénéficiaires mortifères à ceux qui offre un avenir aux humains, d’ici ou d’ailleurs. It’s up to you, folk !

Vous laissez votre voiture à l’aéroport ?
Image 2Automobilistes au fuel ou à l’essence (selon la puissance du moteur), habitués des aéroports (240 litres de kérosène minute à diviser par le nombre de passagers et à multiplier par la durée du vol) et carnivores patentés, tentez d’estimer le nombre de personnes que vous avez tuées ces derniers temps.
Selon le rapport publié par le CRED (Center fot Research of the Epidemiology of Disaster / ONU) en novembre 2015 et intitulé « The human cost of weather related disasters », 90% des catastrophes ayant eu lieu dans le monde depuis 1995 ont été provoquées par des aléas climatiques.
Dans l’ordre :
– Tempêtes : 242 000 morts
– Vagues de chaleur : 164 000 morts
– Inondations : 157 000 morts
– Famines : pas de statistiques ; c’est généralement le lot des PMA (Pays les Moins Avancés)
Sans parler de ceux qui ont perdu des proches… 87 millions ont encore vu leur domicile dévasté.

Indonésie 2015, les chiffres du jour :
Hectares de forêt brûlée : 2 à 3 millionsImage 1
Foyers actifs recensés depuis juillet: 120 000
Personnes souffrant de troubles respiratoires : 500 000
Tonnes d’équivalent CO2 excédentaires lâchées dans l’atmosphère : 1 700 000 000, plus que le total des émissions annuelles du Japon.
Chiffres fournis par Magali Reinert, article paru dans Novethic.
En cause : les tourbières asséchées par la déforestation ; l’industrie de l’huile de palme a pris la suite de celle du papier. C’est à ce prix que vous croquez des biscuits en Europe.
Les chiffres du jour d’après
L’archipel devient un enfer au milieu des flots. La photographie prise par la NASA l’établit sans conteste.
Nouvelle évaluation de l’impact : autant d’équivalent monoxyde de carbone (les tourbières asséchées libèrent aussi du Image 3méthane) depuis le début de l’année que l’ensemble de l’activité économique des Etats-Unis et, en trois semaines, autant que les émissions annuelles de l’Allemagne, selon l’article de George Monbiot paru dans The Guardian du 30 octobre. Celui-ci rapporte encore que « Les députés du Parlement du Kalimantan (la partie indonésienne de Bornéo) ont été obligés de porter des masques durant les débats. La salle est tellement enfumée qu’ils éprouvent probablement des difficultés à se reconnaître les uns les autres ».
Outre la culture traditionnelle sur brûlis et les incendies criminels commandités par les industriels de la palme (auxquels nous décernons la Palme 2015 de la Connerie Dévastatrice), l’ampleur encore jamais atteinte lors des épisodes précédents (2003) pourrait s’expliquer par un phénomène El Nino particulièrement important. A un détail près pourtant : la masse particulièrement importante de vapeur d’eau et de précipitations résultantes ne paraît pas avoir atteint la côte ouest des Amériques.
George Monbiot s’émeut encore de ce qu’on n’en parle pratiquement pas dans les médias et l’article s’intitule judicieusement « L’Indonésie brûle et nous regardons ailleurs ». Du pain et des jeux ; les Romains avaient compris, il y a belle lurette, que pour gouverner infailliblement le peuple, il suffit de lui remplir la panse et de lui occuper l’esprit.
Le peuple qui trouve encore à se nourrir et dont la télévision suce quotidiennement les neurones, c’est justement celui qui a pouvoir de renverser l’Aureus Imperator ; c’est nous.

Image 3Astérix ne risque rien

Selon un sondage Ifop réalisé en septembre 2015, 86% des Français s’attendent à devoir changer de mode de vie du fait
de la déstabilisation climatique… Mais ils ne sont que 8% à envisager de changer de mode de transport. On l’aura compris : le record se tient ici dans l’écart abyssal qui sépare la prise de conscience effective – 83% estiment que la lutte contre le changement climatique doit être une priorité – et la capacité de mobilisation. Du reste 48 % des sondés estiment que le principal obstacle à la modification de leurs habitudes est « l’aspect financier »…
Autrement dit les Gaulois savent désormais que le ciel leur tombera sur la tête mais ils espèrent encore passer au travers des gouttes.

Nicolas Hulot fait ses comptes

Lors du lancement de la pétition OSONS, le 7 octobre 2015, notre délégué à la COP 21 a établi ce qui suit :
Image 2Il faut rassembler 100 milliards de $ chaque année pour financer la transition énergétique des pays du tiers monde (lesquels – rappelons-le – ne sont pas responsables de l’état de délabrement de notre écosysyème mais en sont et continueront d’en être les premières victimes). C’est ce qu’on nomme le « fonds vert ». A l’heure actuelle les différentes promesses des pays développés atteignent à peu près 50 milliards de $.
Par ailleurs si l’on fait le total de ce que les énergies fossiles coûtent effectivement à l’ensemble des communautés nationales (subventions plus ou moins déguisées = 650 milliards de $ ; coût santé + accidents = 2 850 milliards de $ ; impacts environnementaux = 1 400 milliards de $), on atteint la somme faramineuse de 4 900 milliards de $ !
Et c’est pas fini : l’évasion fiscale globale coûte, chaque année aussi, 6 600 milliards de $ à la communauté mondiale.
Total : 11 500 milliards de $ par an. Et on ne serait pas capable de trouver les 50 qui manquent encore pour le premier versement ? Fonds vert des pauvres et avidité sans fond des riches… On doit encore être loin des sommes qu’ils versent chaque année à leurs divers lobbyistes pour conserver leurs avantages exorbitants. Maudits soient-ils s’ils ne consentent pas aux mesures économiques qui s’imposent !

La plus petite bactérie du monde. Taille : 0,009 microns soit pas tout à fait un centième de millionième de millimètre. Pour s’en faire une idée sachez qu’on peut en loger 150 000 à la pointe d’un cheveux. Image 1
La plus petite avec un code génétique de taille modeste : environ 1000 paires de bases contre 4,6 millions pour le colibacille (dont nous hébergeons environ 15 millions d’exemplaires dans nos intestins). La plus petite mais pas la plus archaïque : elle a déjà quelques ribosomes pour assurer la synthèse de ses protéines et son code lui prescrit d’être cillée, peut-être pour communiquer des informations ou échanger des molécules avec ses congénères. Enfin il en existe au moins trois familles différentes. Tout cela suppose déjà une longue histoire préalable.
Mais ensuite ? Combien de milliards d’années entre elle et nous ? Et nous sommes apparemment l’espèce maléfique qui s’apprête à détruire ce patient et hasardeux travail de l’élaboration des formes vivantes. Ça ne sera pas la première fois… Mais, contrairement aux cyanobactéries et aux trapps de Sibérie qui nous ont précédés dans ce rôle du fossoyeur, nous pourrions encore l’éviter. Plus pour longtemps…

18 %, = part des voitures électriques dans le marché norvégien en 2014
Image 1
A titre de comparaison, cette part était, en France, pour la même époque, de 0,6%. Comment réalise-t-on ce prodige ? Très simplement, au fond ; il s’agit d’avoir une politique volontariste. Par exemple :
– les voitures électriques sont entièrement défiscalisées
– elles peuvent stationner gratuitement dans les parkings publics
– elles sont autorisée à circuler dans les couloirs réservés aux autobus.
Un grand merci à la Norvège qui, en plus, absorbe 31% des véhicules électriques fabriqués en Europe et qui permet donc aux entreprises innovantes en la matière, de survivre.
Og vi, hva gjør vi forventer å gjøre det samme ? (Traduction : « Et nous, qu’est-ce qu’on attend pour en faire autant ?)

L’incendie le plus dévastateur de l’histoire de l’Argentine

Les premières flammes sont apparues le 15 février 2015, sur les bords d’un lac de Patagonie, dans la province de Chubut. Et Image 2puis le feu a pris de l’ampleur, et puis on a espéré une pluie qui n’est pas venue, et puis on a tremblé pour le parc national…
Au bout du compte le feu a duré jusqu’au 5 mars et on n’a pu faire le bilan qu’un mois plus tard. Plus de 40 000 hectares de forêt primaire sont parties en flammes, et la plupart des animaux qui y demeuraient sont morts ; des arbres centenaires et millénaires ont également été dévorés par le feu.
Sur les causes de l’incendie, toutes les hypothèses circulent encore. Peut-être la foudre ; un responsable local relève que les orages sont devenus plus fréquents dans la région… Peut-être un geste criminel ; ici on hésite entre les commanditaires : promoteurs immobiliers ou forestiers ayant opté pour des espèces plus rentables. En tout cas le responsable de la province a pris la bonne décision : moratoire de dix ans avant d’être autorisé à vendre une parcelle qui a brûlé.
Ce qui est sûr, c’est qu’il fallait que cette forêt ait été bien sèche pour brûler aussi longuement.

L’île la plus vertueuse du monde

El Hierro, dans l’archipel des Canaries, compte 10 000 habitants, plus les touristes. En 2014 les îliens ont fait le pariImage 1 ENR (énergie renouvelable) et installé un parc de 6 éoliennes couplé à deux bassins de régulation (montée des eaux quand l’énergie éolienne est excédentaire, libération hydroélectrique quand elle est déficitaire).
Le 9 août 2015, entre 12h30 et 14h30, l’île s’est, pour la première fois, alimentée en continu à 100 % sur l’ENR. ¡ Viva El Hierro !
Le tout en V.O, pour la peine : El Hierro, milagro « verde »
Muchos dudaron de que el territorio insular alcanzara su sueño: surtir a su población de energía limpia, procedente del viento. El 9 de agosto, durante dos horas y un minuto, El Hierro fue 100 % sostenible. Los sueños en El Hierro suelen ser tan persistentes que terminan por cumplirse. Ese momento de felicidad… Concha De Ganzo

Image 4 600 millions de dollars à l’heure

C’est le montant effectif des subventions que percevraient à chaque heure dans le monde, les énergies fossiles, si l’on intégrait à leur coût global les dépenses qu’elles engendrent effectivement en matière de santé publique, d’impacts des équilibres climatiques et de gestion des accidents qu’elles provoquent. Ce calcul n’a rien de fantaisiste ; il procède des estimations du Fonds Monétaire International.
Le total de 5 300 milliards de dollars (4 740 milliards d’euros) escomptés pour l’année 2015, c’est plus que toutes les dépenses de santé de tous les gouvernements du monde, rapporte l’institution financière. Par conséquent financer les énergies renouvelables, c’est faire des économies, cqfd !
TerraEco, juin 2015

Au Liban les cèdres eux-mêmes…

Il y a 5000 ans Gilgamesh, seigneur d’Uruk, et son ami Enkidu gravissaient déjà les pentes du mont Liban pour se procurer le bois précieux des cèdres. Assurbanipal et Alexandre de Macédoine en firent autant. Il y eut, sur ces pentes, jusqu’à 400 000 Image 1arbres ; il en resterait 80 000 en tout et plus pour très longtemps. Il n’y a plus assez de neige, sur ce mont-là non plus.
Le sirex pond ses larves sur les bourgeons des cèdres et celles-ci s’en nourrissent avant de s’enfouir dans le sol ; jusqu’à une date récente elles y restaient plusieurs années en sommeil. Le réchauffement et la disparition de la neige les réveillent tous les ans ; à ces ravageurs s’ajoute la sécheresse. Les arbres meurent les uns après les autres ou ensemble, quand il y a un incendie.
Le Liban devra probablement changer de drapeau avant la fin du siècle. Il faudra se souvenir qu’un cèdre pouvait alors vivre jusqu’à 2500 ans. Il se peut qu’il y ait encore, au cœur de la forêt de Tannourine, un arbre qui aurait atteint cet âge vénérable et qui serait issu d’une graine d’un arbre aussi vieux, et celui-là d’une jeune pousse sur laquelle, par respect, Gilgamesh en personne aurait évité de faire rouler les troncs. C’est son épopée que raconte le premier roman de l’histoire de l’humanité, à trois cèdres d’aujourd’hui…

Championnat mondial d’ignominie : notre vainqueur est EXXON !!!

La première compagnie pétrolière mondiale, l’américain ExxonMobil, comme on l’a récemment appris par un courrier d’un de ses anciens responsables scientifiques au Guardian, était au fait du Image 3risque de déstabilisation climatique induit par les émissions de dioxyde de carbone depuis 1981 ! Le staff de direction ne s’est pas contenté d’exiger le silence ; il a financé des lobbyistes climatosceptiques – ou prétendument tels – pendant trente ans ! De quoi se demander s’il y a encore quelqu’un d’honnête au sein de cette docte confrérie… Comme il n’y a pas de petits profits, Exxon a fait lanterner les victimes de la catastrophe de l’Exxon Valdez, tanker pétrolier échoué en 1989 sur la côte d’ Alaska, pendant 17 ans… La directrice de l’Institut d’Éthique appliquée de l’Université de l’Ohio établit un rapprochement avec les magnats du tabac qui se sont évertués pendant des lustres à « prouver » que fumer ne donnait pas le cancer ; petite différence : « but this is an order of magnitude greater moral offence, in my opinion, because what is at stake is the fate of the planet, humanity, and the future of civilisation, not to be melodramatic.» Y’re n’t ; it’s nothing but the truth.

Ces espèces qui disparaissent…

Les statistiques, pour commencer.  Et puis les noms et les portraits de certaines de celles que les enfants ne verront plus, à condition qu’eux-mêmes survivent toutefois, ce qui n’est pas gagné.
Image 1
La sixième grande extinction, celle de l’Anthropocène, a commencé à un rythme environ 1000 fois supérieur aux processus réputés naturels des derniers 10 millions d’années. Quelques chiffres notables : une espèce vivant disparaît toutes les 20 minutes ; d’ici à 2100, si ce rythme se maintient, les 2/3 des espèces vivantes auront disparu. Plus de la moitié des populations d’oiseaux, d’amphibiens, de reptiles et de mammifères ont disparu ces quarante dernières années.

Quelques unes des espèces récemment anéanties : le dauphin de Chine, le rhinocéros d’Afrique de l’ouest, le phoque moine des Caraïbes, l’huîtrier des Canaries, le pic à bec ivoire, le canard d’Oustalet, le bruant à dos noirâtre, le grizzly mexicain, le tigre de Java, l’otarie du Japon, le bouquetin des Pyrénées, le crapaud doré et la grenouille plate à incubation gastrique. La tortue géante de Pinta, qui était donnée pour disparue, a refait surface, il y a peu, en Équateur.

Il y a malheureusement encore une proportion ahurissante des espèces subsistantes qui sont en voie de disparition imminente : 25% des mammifères, 12% des oiseaux, 35% des amphibiens. Quelques uns d’entre eux : le loup rouge, le cerf de Bawean, la roussette de Nouvelle-Guinée, la tortue imbriquée, le pigargue de Madagascar, le cacatoès des Philippines, la gazelle de Dama, le fugu, le gavial du Gange, le muriqi du nord, le thon rouge du sud.

Sans parler de celles qui sont simplement menacées – par exemple les 1300 espèces d’oiseaux – et qui, si rien de conséquent n’est fait, disparaîtront aussi dans les décennies qui viennent.
Et pendant ce temps-là le responsable scientifique de Total plaide pour les forages off-shore et profonds, parce que, décidément, non, le pétrole, on ne peut pas s’en passer… pas plus que l’alcoolique, de son alcool, ou le drogué, de sa cocaïne. Il va bien falloir, pourtant. Et, comme de juste, plus on attend, plus ce sera douloureux.

ça chauffe !

2014 : année la plus chaude sur la planète depuis qu’existent les relevés systématiques deImage 2 température, soit 1900. Cinq premiers mois de 2015 : mois les plus chauds jamais enregistrés. Il n’est cependant pas pertinent de parler de « réchauffement climatique » ; « déstabilisation » est un terme plus à même de traduire la réalité de ce qui prend place dans notre monde. Plus d’énergie admise dans le système terrestre, en plus des catastrophes, implique à terme la rupture de tel ou tel des fragiles équilibres qui assuraient jusque là, d’un pôle à l’autre, le retour exact des saisons et des récoltes qui permettent aux hommes de se nourrir et de survivre.

Image 1La grande poubelle

… dite encore « continent secret », s’est progressivement constituée à partir des déchets – plastiques notamment – dans le gyre du Pacifique Nord. Résultats des courses (si l’on peut dire) : 3,4 millions de km2 de surface – soit 2 fois celle du Texas -, 269 000 tonnes de déchets variés (ce qui surnage, dans cette zones, des 10 millions de tonnes de détritus rejetés chaque année) et 663 espèces marines impactées. Les quatre autres gyres sont à peine moins bien lotis… sans parler des zones côtières.

Du prix de la tortue et de celui du lièvre

Son nom : Astrochelys radiata (Tortue étoilée). Sa particularité : des motifs singuliers de dossière. Son tort : plaire aux amateurs. Donc, en résumé, superbement décorée mais fort mal barrée. Une tortue de cette espèce peut atteindre le prix astronomique de 10 000 $. De là des trafics lucratifs,Image 3 depuis Madagascar où vit cet animal, en direction des clients susceptibles de débourser cette somme : Japon, Etats-Unis. Comme les tortues en général sont peu adaptées à la fuite salvatrice, il s’en prélève plusieurs milliers par an. Total : l’espèce est en voie de disparition. Pas grave : les lois du marché y pourvoiront ; quelques milliers de dollars en plus, pour un animal encore plus rare et des amateurs supplémentaires (Chine).
– Venez, donc mon cher, que je vous montre mon Astrochélys radiata.
– C’est une tortue…
– Certes ! Mais pas n’importe laquelle… et pour tout dire, elle est unique !

Voilà comment le 1% s’amuse… Cours, camarade ! Le vieux monde est derrière toi !

Image 4… le charançon rouge

Apparu dans le Var en 2006, il a, depuis, colonisé tous les départements de la Côte d’Azur où il ravage les palmiers. La femelle pond entre 200 et 300 larves qui se nourrissent des palmes. Devenues adultes en une vingtaine de jours, celles-ci pondent à leur tour. A terme le coeur de l’arbre est gagné par le pourrissement et il faut l’abattre. Des milliers d’arbres sont morts, qu’on a tenté, tant bien que mal de remplacer ; mais le nombre des sujets contaminés a littéralement explosé en 2014. Un avant goût des catastrophes à venir…

Le territoire et la carte Image 3

Les ouragans à répétition, la montée des eaux et les infiltrations dévorent inexorablement le bayou de Louisiane ; en moyenne 41 km2 de terre disparaissent chaque année. Et la ligne de côte se modifie si rapidement… qu’on n’a plus le temps de la cartographier.

La série cévenole 2014-2015

Image 1Le nombre des « épisodes » est un record : 10 en un hiver, alors qu’on donnait jusqu’ici à la probabilité de 4 épisodes survenant la même année la valeur de 5%. Record aussi en matière de régions touchées : Alpes-Maritimes, Hautes-Alpes, Gard, Hérault, Var, Ardèche, Aveyron, Lozère, Pyrénées-Orientales, Dordogne, Pyrénées-Atlantiques… bref les épisodes cévenols n’ont plus de cévenol que le nom.
Le bilan est de 35 morts ; au moins 3500 personnes ont dû être évacuées et les dégâts matériels sont considérables. Record de précipitations aussi : il est tombé en un mois 500 mm d’eau à Nimes, autant qu’en une année habituelle (si ce terme a encore un sens).

Pourtant, que la montagne …

…« était » enneigée. Mais ce sera bientôt un souvenir, aussi bien dans les Andes que dans les Image 2Alpes. Sur la cordillère, 30 à 50% des glaciers ont fondu en 30 ans ; heureusement, si l’on peut dire, avec le relief, ça fait des lacs ; un millier de lacs nouveaux. Evidemment il faudra beaucoup plus de 30 ans pour que la vie s’y installe et s’y diversifie. Dans le massif alpin les températures ont augmenté deux fois plus vite que la moyenne mondiale ; il y a donc de moins en moins de neige pour les sports dits « d’hiver » ; heureusement, il y a les canons. Relevons qu’il serait évidemment contreproductif de les faire tourner à l’essence… ce qui n’est cependant pas à exclure, Homo Oeconomicus se caractérisant par son invariable aptitude à limiter sa vue aux bornes de son pré carré.

100 millions d’ étoiles de mer… mortes.

Image 2C’est une véritable hécatombe qui a lieu depuis 2013 sur la côte Ouest des États-Unis : vingt espèces d’étoiles de mer, attaquées par le même virus, de l’Alaska à la Californie. Des lésions apparaissent, les animaux s’immobilisent progressivement, leurs bras se cassent occasionnellement et ils meurent en quelques semaines. On ignore encore le facteur déclencheur de l’épidémie. Le virus responsable est connu depuis plusieurs décennies mais on est pour l’instant incapable de dire si c’est une mutation ou un cofacteur qui a provoqué cette flambée. On prévoit d’importants retentissements sur les écosystèmes affectés.

Stephan Schmidheiny, record mondial d’iniquité

Il doit sa fortune à Eternit, société de conditionnement d’amiante et héritage de l’empire paternel. Quand les autorités publiques ont fini par entendre que ce produit prétendument idéal (isolant, ignifugeant, pas cher) était en fait hautement toxique pour la santé (cancer de la plèvre ou du Image 3poumon), ce monsieur a commencé prudemment à diversifier ses investissements et à se refaire une virginité ; c’est ainsi qu’il est devenu conseiller pour l’environnement auprès des Nations Unies… ça ne s’invente pas.
Les victimes ou leurs proches pouvaient encore espérer que leurs plaintes seraient jugées recevables dans le procès en cours depuis 2009 en Italie ; il n’en a rien été. M. Schmidheiny qui avait fait appel de sa condamnation – sans s’être jamais présenté devant le tribunal – a finalement été déclaré « non opérationnel » dans la direction d’Eternit ; ça non plus, ça ne s’invente pas.
Le même coule des jours heureux au milieu de sa collection d’objets d’art ou sur les plages privées du Brésil. Et les 3000 morts d’Eternit, ça ne pèse pas sur sa conscience ? Non, pas du tout… « Qu’ils mangent de la brioche ! »

Image 1Bardarbunga, le terrible : 6 mois d’activité volcanique et sismique

Ça a commencé le 24 août 2014 et c’est, semble-t-il, en train de se terminer. Silence radio sur la question ; les Islandais affrontent dans la solitude la peur et les nuages soufrés. Consignes : ne pas sortir, ne pas faire d’efforts, augmenter le chauffage pour refouler l’air du dehors chargé en dioxyde de souffre. Sous le massif de glace du Vatnajökull, le plus grand des volcans est une redoutable menace ; mais ce ne sont pas les éruptions qu’on redoute, c’est un jökulhlaup, c’est-à-dire une inondation gigantesque, résultant de la fonte et de la pulvérisation des quelques centaines de mètres de glace qui recouvrent le volcan. Heureusement, c’est fois-ci le magma s’est écoulé par une faille latérale (un dike), engendrant un immense champ de lave, qui a coupé une route, atteint au 28 février 2015 la surface de 70 km2 et a, par conséquent, reçu un nom de baptême : Holubraun. La question qu’on ne s’est pas encore posée, quoique les différentes mesures aient permis de découvrir que la couche de glace était moins épaisse que ce à quoi on s’attendait, c’est dans quelle mesure cette activité volcanique était liée à cette fonte partielle. On sait en effet qu’une pression suffisamment importante de la calotte de glace solidifie le magma. L’Islande se trouvant à l’appui d’un point chaud (montée directe du manteau terrestre), si la fonte devait s’y poursuivre, ce serait un véritable désastre.

Et les premiers prix Pinocchio du développement durable…

… reviennent respectivement à Shell, pour la catégorie « Un pour tous, tout pour moi », à Image 6Samsung, pour la catégorie « Mains salles, poches pleines » et enfin à GDF Suez, lauréat du « Greenwashing ». Ces prix sont attribués chaque année depuis 2007 par les Amis de la Terre, sur la base du vote des membres de l’organisation. Pour 2014, Shell doit sa distinction à sa destruction record des ressources naturelles, Samsung, à son exploitation éhontée du travail des enfants et GDF Suez, pour avoir récolté plus de 2 milliards d’euros sur des projets d’énergie propre, toujours pas définis, tout en continuant à construire, ici ou là, des centrales à charbon. Comme il ne suffit pas de savoir communiquer pour devenir vertueux, le boycott est le plus sûr moyen de générer la réforme des mœurs économiques.

Connerie abyssale sans équipement de plongée : islamistes de Qetta, Pakistan

Image 2Le 27 novembre 2014 ils ont abattu 4 nouveaux infirmiers engagés dans une campagne de vaccination antipoliomyélite, ce qui porte à 65 le nombre  des agents sanitaires tués ces deux dernière années, au prétexte que ce vaccin n’est pas islamiste, ou qu’il rend stérile, ou qu’il contient du porc ; c’est selon. Le Pakistan capitalise 85% des nouveaux cas de poliomyélite dans le monde, essentiellement concentrés dans cette région contrôlée par les talibans. Les infirmiers affectés à cette mission se sont mis en grève ; on les comprend. La bonne nouvelle, c’est que quand ces abrutis seront tous contaminés, par l’un ou l’autre des agents pathogènes, ils auront plus de mal à se tenir debout et seront beaucoup moins efficaces à la mitraillette.

Écart : 800 000 années solaires actuelles

Image 4

C’est le temps écoulé qui nous sépare de l’époque où la concentration des G.E.S. dans l’atmosphère était  de 400  ppm,  valeur que nous venons d’atteindre récemment, à une vitesse record. A 450 ppm ce sera le « tiping point » climatique, avec sortie garantie de « l’ère quaternaire » : fin des glaciations, fonte des banquises et des glaciers, hausse générale du niveau des mers (20 m en estimation moyenne), réchauffement d’environ 10° C des hautes latitudes. Il va de soi que les courants marins et le régime des vents et précipitations en seront profondément affectées et que les climats actuels disparaîtront pour la plupart ainsi que les écosystèmes qui en dépendent. Après quoi pourrait resurgir un système climatique terrestre de type Pliocène. Evidemment, ça risque de prendre un certain temps.

Abjection : Hy-Line International

Image 1Entreprise américaine  commercialisant des poules pondeuses, et appliquant à sa chaîne de production les bons et justes principes de Frederick Winslow Taylor : on trie les poussins, on envoie les femelles se faire couper le bec au laser, après quoi on les entasse à 150 dans des caissons en plastique, aussitôt expédiés aux clients. Les poussins mâles sont passés vivants à la broyeuse à la cadence de 150 000 par jour. Des associations de défense des animaux se sont émues ; le chargé de com a certifié qu’on allait enquêter et que les responsables seraient punis. C’est fabuleux à quel point ces types-là prennent les gens pour des cons… C’est la même chose ailleurs. Boycott des oeufs industriels !!!

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