La citation du jour

« Je hais entre autres vices, cruellement la cruauté, et par nature et par jugement, comme l’extrême de tous les vices :Image 1 mais c’est jusques à telle mollesse, que je ne vois pas égorger un poulet sans déplaisir, et ois impatiemment gémir un lièvre sous la dent de mes chiens, quoique ce soit un violent plaisir que la chasse. Je ne prends guère bête en vie à qui je ne redonne les champs. Il y a un certain respect qui nous attache et un certain devoir d’humanité, non aux bêtes seulement qui ont vie et sentiment, mais aux arbres même et aux plantes. Nous devons la justice aux hommes et la grâce et la bénignité aux autres créatures qui en peuvent être capables ; il y a quelque commerce entre elles et nous et quelque obligation mutuelle. »

Montaigne

Bien vu, comme tout le reste, et sans se dissimuler non plus la pluralité et les contradictions de la psyché ; à quoi il faut ajouter aujourd’hui, s’agissant des plantes et des bêtes, que notre survie dépend de la leur, et qu’il faut pour ces dernières, les épargner ou renoncer à les élever pour les mettre à mort, tant leur élevage a d’impacts sur l’environnement (méthane et bloom algal, en particulier).

Plus con, tu meurs !

« As president, I have one obligation, and that obligation is to the American people. The Paris Accord would undermine ourImage 4 economy, hamstring our workers, weaken our sovereignty, impose unacceptable legal risks, and put us at a permanent disadvantage to the other countries of the world ». Donald Trump, 1° juin 2017.
Aussi débile que de dire par exemple « Nous refusons de participer à l’extinction de l’incendie de notre immeuble car nous ne voulons pas prendre le risque de nous brûler les mains ». Et aussi abject que de trahir un serment. Le tout sans prendre en compte la responsabilité considérable qui est celle des États-Unis, de leur idéologie du profit à tout prix et de leur politique séculaire « America first », qui a conduit le monde entier dans l’état où il est aujourd’hui. Alors que le ciel leur tombe sur la tête au plus vite afin qu’ils comprennent enfin, ces voraces Américains !

A propos du même °!°
« A l’heure où la vie sur Terre est menacée par la généralisation du modèle consumériste, la nomination au gouvernement du lanceur d’alerte Nicolas Hulot pourrait représenter une lueur d’espoir dans la cécité ambiante.Image 2
Notre monde n’est plus celui d’hier, Nicolas Hulot le sait. Tous les sols de la planète sont contaminés par des radionucléides, des particules de plastique et des molécules toxiques, plus de la moitié des vertébrés ont disparu depuis quarante ans, nous sommes entrés dans un nouveau régime climatique où les forces colossales mises en jeu par les sociétés industrielles entravent jusqu’à l’horizon existentiel de l’espèce humaine.
Si ces tendances continuent, le système Terre pourrait bientôt basculer vers un nouvel état, très éloigné des conditions écologiques favorables et stables qui ont permis le développement des sociétés humaines depuis dix mille ans. Le risque d’effondrement est réel. » Agnès Sinaï, journaliste, auteur et maître de conférence à l’I.E.P. Paris. En l’occurrence ce qui retient l’attention ici, c’est la rare lucidité du bilan.
Enfin elle est fondatrice de L’institut Momentum, think tank de la transition réaliste : résilience, décroissance et techniques de survie. « Belle Phillis , on désespère alors qu’on espére toujours… »

Le même N.H. °!°
« Ceux qui me connaissent savent qu’être ministre n’est pas pour moi un objectif en soi. Je pèse toutes les implications Image 1de cette décision. Cependant, j’ai l’intuition, sans en avoir la certitude que la donne politique ouvre une nouvelle opportunité d’action que je ne peux pas ignorer. Je considère surtout que l’urgence de la situation m’impose de tout tenter pour faire émerger le nouveau modèle de société que nous appelons collectivement de nos vœux. J’espère que cette nouvelle donne offrira un terreau fertile pour le construire enfin. » Nicolas Hulot
Bon ; mais y a du boulot. Une société non productiviste, non consumériste, où la réparation prend le pas sur la production, le développement humain sur le développement matériel, la culture de soi sur le remplissage du caddy… En fait, ça s’appelle un changement de civilisation. Pas sûr que le premier ministre et le président de la République l’aient compris…

Deux, pour le prix d’une, et courtes.
Nicolas Hulot : « C’est la campagne de tous les dangers. Il y a dans le pays une colère et une peur légitimes. Image 2Quand la gauche déçoit, c’est plus violent pour les populations vulnérables. Mais la peur et la colère sont très mauvaises conseillères. C’est pour cela que je suis très inquiet. »
C’est un peu tard, jeune homme ! Il aurait fallu, il y a un an, avoir le courage d’être candidat ; 42 % d’intentions de vote, si je ne m’abuse, c’était mieux que n’importe qui d’autre…
Ce qui est inquiétant, quand on a un potentiel pareil, c’est, tout inquiet qu’on soit, de n’en rien faire à une semaine du 1° tour… et pire que tout, de n’avoir toujours pas compris qui était Jean-Luc Mélenchon.
Benoît Hamon : « « Dire ‘j’aime l’entreprise’, c’est aussi absurde que de dire ‘j’aime les poissons’. Il y a des requins et des sardines ». Evidemment, particulièrement quand on est le remarquable auteur de la loi sur l’Économie Sociale et Solidaire. Mais la beauté de cette phrase, c’est ce qu’ « aimer » , ici, veut dire ; à savoir non pas porter aux nues, en fin gastronome, l’aileron de requin ou les sardines grillées à la poularde, mais éprouver un irrésistible élan de sympathie qui porte à la communion. Pas d’hésitation : le seul véritable écolo, c’est lui ; et c’est donc lui qu’il faut soutenir – et vigoureusement – avant qu’il ne soit trop tard.

End with « globalization » !
Image 1« En ce qui concerne plus généralement l’impact environnemental du CETA, il est indéniable qu’en libéralisant le commerce, le CETA engendrera une augmentation des flux commerciaux entre l’Union européenne et le Canada : en dissociant lieux de production et lieux de consommation, le commerce international contribue significativement aux émissions mondiales de gaz à effet de serre, notamment à l’occasion du transport des marchandises. »
Rapport du Commissariat Général au Développement Durable et du Conseil Économique pour le Développement Durable remis au Ministère de l’Environnement en février 2017.
Ça, les amis, c’est une véritable révolution culturelle. Et comme l’économie de la dévastation ne peut penser qu’en termes de conquête de « parts de marché », ceci est tout simplement son arrêt de mort. Il va donc falloir enfin conduire par la main l’imagination au pouvoir et remplacer le développement matériel (en fait, le principe des décharges géantes de la compulsion possessive) par le développement humain (apprendre, réaliser, échanger, inventer, produire du bénéfice… narcissique).

Patience…
« Le rapport de la NOAA relève également que la faune et les populations humaines de la région subissent les effets néfastes de ce changement climatique. Ainsi, l’acidification de l’océanimage-1 résultant du réchauffement accroît le stress notamment sur les crustacés, qui ont besoin de carbonate de calcium pour former leur coquille. Cela affecte aussi les populations autochtones qui dépendent de la pêche pour se nourrir. » Le Monde, 13 décembre 2016.
Certes ; mais, une fois de plus, le plus grave est ailleurs. Les ptéropodes de l’Arctique sont à la base de toutes les chaînes alimentaires de l’hémisphère Nord. Leur dégradation et la diminution de leur taux de reproduction signifient donc la fermeture du puits biogéochimique de carbone et, par conséquent, l’accélération exponentielle de l’effet de serre ( un phénomène comparable affectant le krill dans l’hémisphère Sud). Par ailleurs, contrairement à ce qui est dit, cette acidification ne résulte pas du réchauffement (les eaux tropicales ne sont pas plus acides que les autres) mais de la présence de concentrations de plus en plus élevées de dioxyde de carbone dans les couches les plus basses de la troposphère, sachant que son action acidifiante est favorisée, au contraire, par les basses températures.
Un jour, peut-être, vous comprendrez ; mais il sera probablement trop tard.

Le monde qui vient
« Anyone who believes exponential growth can go on forever in a finite world is either a madman or an economist. »
« Celui qui croit qu’une croissance exponentielle peut se poursuivre indéfiniment dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste »
image-4C’est de Kenneth Boulding, un économiste atypique, mort en 1993. Il affirmait encore qu’il fallait remplacer l’économie du cow boy (autrement dit celle de la prédation) par celle du spationaute (autrement dit celle de la reproduction).
La bonne nouvelle, c’est qu’il y a un des candidats à la primaire de la gauche qui le cite : Benoît Hamon. Et il affirme encore avec raison qu’il faut envisager une diminution du temps de travail ; autrement dit l’énergie laborieuse doit être consacrée à la subsistance (satisfaction des besoins de base = se nourrir, se vêtir, s’abriter) et, pour le reste, il faut entrer dans la décroissance, remplacer le développement matériel par le développement humain. C’est justement ce que Boulding nommait « la grande transition ».
Ce qu’il faudrait c’est que Yannick Jadot (en transition alimentaire…) se désiste en faveur de Benoît Hamon et appelle tous les écolos à aller voter pour lui à la primaire de la gauche. Comme le vilain petit canard à postiche vient de nommer un climatosceptique notoire à la tête de l’Agence de l’Environnement et qu’il prétend par ailleurs qu’on peut produire de l’énergie fossile propre, il est désormais clair que les lobbies continueront à faire la loi aux Etats-Unis. Il ne nous reste donc plus qu’à nous replier sur notre pré carré. Le même Benoît Hamon rappelle avec raison que nous disposons de la dissuasion nucléaire ; autrement dit l’ogre russe n’a pas intérêt à nous chercher des poux dans la tête. Ce n’est peut-être pas exaltant mais c’est véridique et il n’y a pas là dedans une once de démagogie.

Vivent les Wallons !
..pour avoir eu, et eux seuls, le courage de s’opposer à la ratification par l’Union Européenne du traité de libre échange avec le Canada, dit CETA. Nicolas Hulot a déclaré très solennellement devant les caméras : « J’appelle la France à voter contre le traité le 18 octobre lors du Conseil européen et a minima à s’opposer à toute entrée en vigueur provisoireimage-1 avant la ratification par les parlements nationaux. J’aimerais que l’énergie consacrée par la France et François Hollande pour parvenir à l’accord de Paris ne soit pas annihilée par ce traité commercial. Ce traité n’est pas compatible, pas cohérent avec les objectifs de l’accord de Paris. Nous ne sommes pas opposés par principe à ce traité mais, a minima, il faut prendre le temps de l’évaluation de sa compatibilité avec les engagements pris à Paris. » A tout le moins… En bonne logique libérale ce traité constitue déjà en lui-même l’outil d’une remise en cause des normes sociales et environnementales ; mais le fait qu’une entreprise privée puisse citer un état à comparaître devant un tribunal privé en arguant d’un manque à gagner, en particulier du fait de ces normes, , est proprement intolérable.
Et puis ce traité est un cheval de Troie. Comme le Canada a souscrit au TAFTA avec les Etats-Unis, ceux-ci vont pouvoir en toute quiétude pulvériser les minces barrières qui protègent encore l’Europe de l’économie de la dévastation et nous enfourner allègrement leurs O.G.M. et autres saloperies. Par ailleurs, et à juste titre, Denis Voisin, membre de la F.N.H. lui aussi, a précisé : « Le traité va conduire l’UE et le Canada à augmenter leurs émissions de gaz à effet de serre. Il va par exemple faciliter les investissements européens dans les sables bitumineux au Canada et assurer que le marché européen reste ouvert à ce type de pétrole qui est 50% plus polluant que le pétrole conventionnel. L’accord en l’état va entraver les politiques publiques de soutien aux énergies renouvelables ou celles privilégiant les produits locaux dans les marchés publics. »
Illustration : le cigarettier Philip Morris va pouvoir citer les états de l’UE qui mènent une politique de prévention anti-tabac à comparaître devant le tribunal arbitral pour privation de bénéfices. « Mais et la politique de santé publique ? » demandera le citoyen ordinaire. Ce n’est pas un argument ; il faut laisser faire « la main invisible » et Philip Morris a besoin de sa cohorte de cancéreux pour gaver ses actionnaires. En outre – ainsi que les autres prédateurs de la nuée libérale – la démocratie, il s’en tape. Elle est pas belle, la vie ?

Iznogoud en remet une couche
Image 3
Sarkozy qui veut redevenir calife à la place du calife et, pour ce faire, entend probablement se concilier les bonnes grâces et gestes gracieux du lobby pétrolier, a déclaré lors d’une réunion avec des chefs d’entreprise (mais Marianne était là…) : « Cela fait 4 milliards d’années que le climat change. Le Sahara est devenu un désert, ce n’est pas à cause de l’industrie. Il faut être arrogant comme l’Homme pour penser que c’est nous qui avons changé le climat… » Et il faut être con comme un balais pour estimer que 2 000 mm de précipitations annuelles, c’est la même chose que 2 mètres d’eau qui tombent en un quart d’heure… sans parler du reste.

De Pascal Canfin, directeur du WWF France :
« Lorsque nous demandons à des ministres, à des chefs d’entreprise, ou, lors de conférences publiques, à notre auditoire quelle part les énergies renouvelables ont représentée en 2015 dans la image-2totalité des nouvelles capacités de production d’électricité installées dans le monde, les réponses hésitent entre 5 %, 20 % ou 50 % pour les plus audacieux.
La réponse, selon l’agence internationale de l’énergie, est 90 % ! Ce chiffre était de 50 % en 2014… Il a fallu des décennies aux renouvelables pour conquérir les premiers 50 %, et trois ans pour les seconds. Voilà un bel exemple « d’ubérisation » d’une industrie entière. Si ce chiffre est quasiment inconnu des décideurs, c’est parce que leurs représentations sont souvent en retard par rapport à la réalité. Ils regardent et pensent le monde avec les catégories d’hier et non plus celles d’aujourd’hui. »
La suite ? Plafonnement des émissions de GES du secteur de l’énergie, création d’emplois, obligations d’état vertes afin de rendre des fonds disponibles.
Voilà d’excellentes raisons, pour les décideurs, de passer à l’étape suivante : arrêter par la loi que toute nouvelle structure de production d’énergie devra désormais s’alimenter en renouvelables ou acquitter une taxe carbone portant sur la somme de ses émissions de GES durant la totalité de la durée d’utilisation de la structure.

Nicolas Hulot a dit « Il y a une chose qui est contraire à l’idée qu’on se fait de la image-9civilisation, c’est que certains puissent mettre en coupe réglée les ressources alimentaires de la planète. Que nous puissions spéculer sur les ressources alimentaires. Que les paysans qui, depuis la nuit des temps, pouvaient mettre une partie de leur récolte de côté pour ressemer puissent être privés de ce droit élémentaire. Que les mêmes paysans puissent souffrir dans leur chair, dans leur corps, des pratiques toxiques, des produits que l’on leur demande d’employer sans aucune précaution. Que la vie dans le sol, qui est une des conditions de notre avenir puisse être ainsi empoisonnée au quotidien en toute indifférence… Tout cela est contraire à l’idée de civilisation. Il est temps d’y remédier, il est temps d’adapter le droit à ces crimes impunis et qui ne sont pas reconnus en tant que tels, et que la notion d’écocide soit débattue et à terme inscrite dans les plus hautes instances internationales. Je soutiens donc l’initiative Monsanto Tribunal
Comme il a raison, une fois de plus ! Oui, l’agriculture, c’est bel et bien, il y a 8 000 ans à la louche, dans le pays d’entre les fleuves, la naissance de la civilisation. Planter, compter, s’approprier par son travail, anticiper, prévenir… de là sont venus les échanges, l’écriture, les lois, les métiers, les cités, l’architecture, l’art. Alors oui, un tribunal Monsanto – bientôt Bayer – à soutenir absolument.

Matthias Fekl, secrétaire d’État au Commerce extérieur, a déclaré le 30 août, à propos desimage-4 négociations du TTIP (TAFTA in french) : « Il n’y a plus de soutien politique de la France. Ces négociations ont été engagées dans l’opacité, elles ont créé beaucoup de méfiance, de défiance et des peurs. Le rôle de l’UE et des États-Unis, c’est de fixer ensemble les meilleures règles possibles pour le commerce mondial du 21ème siècle, sur l’alimentation, la santé, l’énergie, les services publics et la culture. Ce n’est pas la direction qu’ont prise ces négociations. Il faut un coup d’arrêt définitif pour reprendre les négociations sur de bonnes bases ». En conséquence il demandera à la prochaine réunion des ministres européens du commerce qu’elles soient suspendues.
Le seront-elles ? C’est une autre histoire ; ainsi d’ailleurs qu’il a tenu à le préciser : « D’un point de vue des procédures, la Commission a parfaitement la possibilité de négocier jusqu’à la fin des temps et personne ne peut juridiquement s’y opposer ». Pour bien faire, il faudrait qu’une majorité de pays membres de l’UE rejoignent cette position…
Ou bien, en effet, patienter jusqu’à la fin des temps… Quand le dernier arbre de Californie aura brûlé, quand le dernier jardin de Floride aura disparu sous les eaux, alors l’intelligentsia américaine consentira peut-être à abandonner le dogme des bienfaits du libéralisme et la certitude intime de la bêtise des peuples. But, as u know folk, it’ll be too late…

Qui dit mieux ?
Image 2« Notre thèse est l’idée qu’un marché s’ajustant lui-même était purement utopique. Une telle institution ne pouvait exister de façon suivie sans anéantir la substance humaine et naturelle de la société, sans détruire l’homme et sans transformer son milieu en un désert. »
Karl Polanyi, « La grande transformation »
Le vrai, l’énorme, le seul et crucial problème aujourd’hui, c’est COMMENT ON EN SORT ?
Les économistes qui nous bourrent le mou depuis des lustres avec leurs pseudo savoirs divers et variés, déclarant, fort infatués d’eux-mêmes, à peu près tout et n’importe quoi, promettant le beurre et l’argent du beurre et la crémière par dessus le marché – cas de le dire – feraient bien de s’attaquer sérieusement au problème pour sortir à temps nos décideurs de l’inertie mentale qui les font nous précipiter dans le mur en continuant à débiter comme des mantras le marché, la concurrence, la mondialisation, le développement. Au fond, c’est de l’alcoolisme à l’échelle planétaire. Il faut commencer sans retard la cure de désintoxication en veillant à éviter le coma éthylique.

Le triste sort des grenouilles… et le sort enviable des ignorants.
« Des grenouilles aux tritons, les amphibiens voient leurs populations décroître et des espèces disparaître. Le phénomène est observé depuis une cinquantaine d’années mais les causes de ce déclin sont mal comprises. Une vaste étude vient de paraître mais elle ne simplifie pas le problème : les facteurs sont multiples et varient d’une région à l’autre. Les programmes de conservation doivent donc être ajustés localement, et de façon empirique. »
Jean-Luc Goudet, Futura-Sciences, 28 mai 2016
Rien de tel ; il faut avoir le courage d’épuiser sa documentation. Le principe général de la disparition des amphibiens est connu depuis longtemps : c’est la déplétion de la couche d’ozone. Déplétion et non pas « trouImage 1 » qui se reboucherait régulièrement. Ce sont les très basses températures de la stratosphère polaire qui catalysent la destruction des molécules d’O3. Au changement de saison, la circulation aérienne ramène sur les pôles de l’air plus riche en ozone… mais elle le prend ailleurs. Le protocole de Montréal, signé en 1985, a interdit la production des chlorofluorocarbures qui sont les principaux responsables de cette réaction. Seulement comme une seule de ces molécules de CFC détruit une centaine de molécules d ‘ozone avant de disparaître, on ne compte pas atteindre une stabilisation avant 2050. En attendant les UV B, particulièrement énergétiques et destructeurs, continuent d’atteindre le sol et d’impacter, entre autres, les amphibiens.
D’autre part la courbe de ralentissement de la destruction est plus plate que ce à quoi on s’était attendu (+ 6 % / an). Il semble qu’une réaction imprévue ait pris place dans la chimie déjà très compliquée de la haute atmosphère (plus de 150 réactions…). Enfin un phénomène récemment repéré d’acidification de l’eau douce vient encore majorer ce effet destructeur. Et, pour corser le tout, la déstabilisation climatique, en modifiant la circulation des enveloppes fluides (atmosphère, océan) déplace, d’une année à l’autre, les zones appauvries en O3 de la stratosphère ce qui peut, en effet, engendrer des épisodes locaux de destruction massive ; ça n’implique pas que le facteur déterminant soit local.

LamartineAu dire d’Alphonse « Physiquement, cette éducation découlait beaucoup de Pythagore et de l’Emile. Ainsi, la plus grande simplicité de vêtement et la plus rigoureuse frugalité dans les aliments en faisaient la base. Ma mère était convaincue, et j’ai gardé à cet égard ses convictions, que tuer les animaux pour se nourrir de leur chair et de leur sang est une des plus déplorables et des plus honteuses infirmités de la condition humaine ; que c’est une de ces malédictions jetées sur l’homme soit par sa décadence à une époque inconnue, soit par l’endurcissement de sa propre perversité. »
Lamartine Les Confidences 1849

Il avait l’esprit simple et droit, et c’est pour cela, je crois, qu’on l’appelait…
« Aussi cru que ça puisse paraître, je ne reconstruirais rien, je laisserais le courant naturel des choses faire son oeuvre, le feu de Fort McMurray, c’est l’opportunité de nous sortir des hydrocarbures. Pourquoi dépenser plusieurs milliards, encore,Image 1 dans une industrie destinée à mourir ? Pour stimuler la productivité et le PIB par la dette ? Pour créer des emplois dans la construction ? Pour épuiser une ressource de moins en moins rentable dans un endroit qui n’existera plus dans 40 ans ?
Dans un monde idéal ce serait le moment de recommencer sur de nouvelles bases, dans un monde meilleur il serait temps de relocaliser et former ces gens dans l’économie du 21° siècle. Ce feu est une grande ironie.
Monsieur Trudeau, vous avez tout un défi devant vous. Faire le choix facile de l’économie du pétrole et perpétuer cette tradition toxique. Ou alors faire le choix du progrès humain. La balle est dans votre camp. »
Jean-François Hotte.
Quebeccois, il s’est laissé embarquer il y a quelques années dans la promesse de faire fortune dans l’Alberta, plus exactement à Fort McMurray. Et puis il y a eu l’incendie et pour ce romancier en herbe, la fin des illusions. Ici on peut lire la reconstitution précise de ce périple de Candide au Canada. Et ça vaut le coup parce que, par le truchement de la Belle Province, quelque chose de l’esprit de Voltaire s’est transmis jusqu’à lui, quelque chose qui fait que peut-être les Canadiens comprendront à temps qu’il est inutile et dangereux de reconstruire ce qui est parti en fumée de l’eldorado du pétrole. Oui, « il faut cultiver notre jardin », c’est-à-dire entrer dans une économie qui soit à la fois celle du minimum vital et celle du développement humain ; juste ce qu’il faut de cultural et du culturel à l’infini.

« All hell will break loose in the North Atlantic » (« L’atlantique nord deviendra un véritable enfer ») Image 2James Hansen, de l’Université de Columbia, dans son dernier article : « « Ice Melt, Sea Level Rise & Superstorms ».
Ce chercheur, quoiqu’il n’ait pas encore énoncé le concept clef de « Bond event », est sur la piste d’une modification d’envergure de la « Great conveyor belt », autrement dit du système intégré des courants océaniques et de la circulation thermohaline. Il n’y a pas à réfléchir longtemps pour comprendre que la fonte accélérée des banquises et des glaciers, en propulsant aux basses latitudes de l’eau peu dense parce que sans sel, va modifier l’ensemble des courants marins, donc des précipitations, donc de la circulation atmosphérique.
En dépit des apparences Hansen reste néanmoins optimiste. S’il avait consulté ses collègues de la NASA, il aurait appris que le déplacement de l’axe des pôles n’épargnera, quant au changement climatique, aucune zone terrestre ; c’est toute la planète qui, de façon ou d’autre, deviendra un enfer.

Planète poubelle, effet boomerang
« Depuis 1981, le cachalot, dont les populations ont été décimées, est protégé, inscrit sur l’annexe I de la CITES et considéré comme « vulnérable » sur la liste Rouge de l’UICN. Il n’empêche : il est maintenant victime des filets dérivants, deImage 1 la pollution chimique et des plastiques.
Que pouvons-nous y faire ?
Ces échouages impressionnants sont symptomatiques d’une société de consommation polluante symbolisée par une industrie agro-alimentaire productiviste, incapable de gérer ses déchets et de pêcheries irrespectueuses du milieu marin.
Ces tragédies montrent aussi la face cachée des tomates hollandaises ou espagnoles, la plupart du temps insipides, bourrées de pesticides et qui nous sont proposées toute l’année.
C’est pourquoi, la meilleure solution est de privilégier des produits alimentaires locaux, de saison et si possible BIO ! Outre les bienfaits pour notre santé, nous contribuons ainsi à diminuer la pollution qui affecte notamment la vie marine

Christophe Magdelaine, pour notre-planete.info, àpropos de l’échouage au printemps d’une trentaines de cachalots sur les rives de la Mer du Nord, l’estomac rempli de déchets plastiques divers, issus généralement des serres agricoles.
Le même donne une adresse web sur le même site pour nous aider à limiter la production de ces déchets.

“Le monde a suffisamment pour les besoins de chacun, mais pas assez pour la cupidité de tous.” Gandhi.
Et c’est bien l’enjeu crucial des années qui viennent :
Image 3– soit les consommateurs des pays riches – dits encore « développés » – parviennent à réformer à temps leurs modes de production et de consommation, et il est alors possible d’assurer le minimum vital pour tous ;
– soit ils sont incapables de renoncer à ce qu’ils nomment leur « niveau de vie » et alors ils précipitent les plus pauvres dans les pénuries irrémédiables qu’engendrera la déstabilisation climatique globale.
Notons au passage que la seconde option est « perdant / perdant ». Pour ce qui est des privilégiés, leurs compagnies d’assurances leur permettront probablement de récupérer l’équivalent en numéraire de leurs biens ravagés par le cyclone ou l’incendie… mais pas leur enfant mort dans la catastrophe.
Une autre sentence du même, plus explicite encore : « « La civilisation, au vrai sens du terme, ne consiste pas à multiplier les besoins, mais à les limiter volontairement. C’est le seul moyen pour connaître le vrai bonheur et nous rendre plus disponible aux autres. Il faut un minimum de bien-être et de confort ; mais passé cette limite, ce qui devrait nous aider devient une source de gêne. Vouloir créer un nombre illimité de besoins pour avoir ensuite à les satisfaire n’est que poursuite du vent. Ce faux idéal n’est qu’un traquenard » Voilà ; tout est dit.

Nuit debout
« La question écologique englobe toutes les autres. L’écologie est centrale dans la convergence des luttes, message étendard du mouvement, car elle tisse des connexions entre elles, et soudain le tableau se précise. Tout est lié, et tous ces choix politiques qui détruisent les hommes détruisent aussi la planète. Mais si nous renversons l’équation, les luttes sociales et économiques trouveront des solutions qui s’appuieront sur l’écologie. » Pierre, dont la proposition ainsi formulée a obtenu la majorité, ce 12 avril, Place de la République.Image 2
Cette jeunesse, qui se rassemble sur cette place depuis le 31 mars, fleurissant aussi ailleurs, et qui invente en tâtonnant une nouvelle manière d’être et de dialoguer, ressemble étrangement, sans le savoir encore, à celle de 1968.
Il m’a fallu 45 ans pour comprendre ce que c’était que mai 68. La jeunesse du monde d’alors, qui avait passé son enfance sous la menace permanente de l’apocalypse nucléaire, a eu soudain envie de vivre avant qu’il ne soit trop tard. Alors elle a plaqué là les adultes avec leurs bombes A ou H, et elle est partie… bois, campagnes, forêts, utopies, communautés, îles, amour, liberté. C’est là aussi qu’est née l’écologie politique, bien avant que ne surgisse la menace climatique.
La jeunesse d’aujourd’hui est dans la même situation : on lui a confisqué son avenir. Alors elle aussi, il faut qu’elle plaque tout et qu’elle l’invente, cet avenir. Et ça, c’est un sacré boulot ! Bon courage. Muriel Grimaldi
P.S. Une chanson d’alors qui peut rappeler opportunément qu’au risque de retomber dans les mêmes ornières, une révolution doit aussi, comme il se fait à Nuit debout, réinventer ses formes.

Lave plus blanc, tue plus tôt
« Il y a une industrie du détergent qui essaie de nous équiper d’un arsenal de produits pour la maison comme si nous étions en guerre ! Image 2 Assouplissants, désodorisants de frigos ou de lave-vaisselle, anticalcaires, brumes d’oreillers, nettoyants de lave-linge… on multiplie les molécules, les composés organiques volatiles, tout ça se mélange à la pollution, au soleil, et donne des molécules encore plus toxiques » Adeline Tregouët, rédactrice en chef de 60 millions de consommateurs qui a fait paraître sur la question un numéro complet : « Entretenir sa maison au naturel », mai 2016. Objectif ? « L’idée est de sensibiliser le public au double visage de produits qui nous promettent douceur et fraîcheur et sont en fait agressifs. Il faut que les gens soient mieux informés, et aussi leur offrir des solutions. Car outre notre santé, c’est tout un écosystème marin que l’on déséquilibre. » Donc savon noir et vinaigre blanc, bicarbonate de soude et terre des Sommières ; c’est suffisant. Et pour qui n’aurait pas le temps de bricoler les solutions ad hoc, il y a les produits d’entretien des magasins bios.

Tableau d’une scrupuleuse exactitude…
« La concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère continue d’augmenter, de même que la température des océans et celle des terres. Les changements climatiques s’accélèrent à un rythme alarmant. Le temps qu’il nous reste pour limiter laImage 1 hausse de la température mondiale à moins de 2 °C – comme les dirigeants du monde en sont convenus à Paris en décembre dernier – se réduit comme peau de chagrin (…) Les effets du réchauffement de la planète n’épargneront personne. Le niveau de la mer monte et les phénomènes climatiques extrêmes sont en passe de devenir la norme. Les fortes pluies et les inondations menacent vies et biens. Les sécheresses prolongées et plus sévères que par le passé compromettent la sécurité alimentaire, accroissent la mortalité et déstabilisent l’économie locale et mondiale. L’évolution de l’environnement favorise la propagation de nombreuses maladies (…) En adoptant l’Accord de Paris sur l’évolution du climat, la communauté internationale s’est clairement et unanimement engagée à agir. Nous disposons déjà de bon nombre des connaissances et des outils dont nous avons besoin. Mais nous ne pouvons pas nous permettre de prendre du retard. (…) Cependant, avant même que l’Accord entre en vigueur, tous les pays, toutes les entreprises et tous les citoyens doivent jouer le rôle qui leur revient dans la lutte contre les changements climatiques et l’édification d’un avenir durable pour les générations présentes et futures. » Ban Ki-Moonet injonction irrécusable.

Quand l’Organisation météorologique Mondiale est plus optimiste qu’elle ne le croit « L’année 2015 restera à de nombreux égards comme une année historique pour ce qui est du climat mondial. Année record en termes de chaleur, tant au niveau mondial que dans de nombreux pays, elle a vu tomber des records de température établis depuis le début des relevés modernes. Des vagues de chaleur d’une intensité extrême ont frappé différentes régions du monde, entraînant une surmortalité de plusieurs milliers de personnes en Inde et au Pakistan.
Image 3Des précipitations extrêmes, atteignant un niveau record, ont provoqué des inondations qui ont fait des dizaines de milliers de sinistrés en Amérique du Sud, en Afrique de l’Ouest et en Europe. Le déficit pluviométrique en Afrique australe et au Brésil a exacerbé des sécheresses qui sévissaient déjà depuis plusieurs années. L’influence de l’épisode El Niño intense qui s’est mis en place à la fin de 2015 s’observe dans nombre des phénomènes météorologiques et climatiques de l’année. »
Une année historique, El Nino… Tout ça implique qu’on revienne à la norme dès 2016 et suppose que c’est le phénomène de dévalement des eaux chaudes du Pacifique qui a amplifié les écarts de température et de pluviométrie. Mais rien ne garantit qu’une proche année à venir ne sera pas pire que celle-ci et que le phénomène El Nino conservera sa périodicité actuelle ; il implique en effet un maintien de la structure actuelle des courants océaniques ; or ceux-ci ont commencé à se modifier en Atlantique Nord…

Post COP quote « By comparison to what it could have been, it’s a miracle. By comparison to what it should Image 4have been, it’s a disaster » C’est de George Monbiot, écrivain et auteur d’un billet hebdomadaire dans The Gardian. On traduit : « En comparaison de ce que ça aurait pu être, c’est un miracle. En comparaison de ce que ça aurait dû être, c’est un désastre. » Et le pire, c’est que la page paraît universellement tournée. Bref l’humanité attend le prochain cataclysme pour se pencher à nouveau sur le problème.
Ici tout l’article
(en anglais).

« Comment tout peut s’effondrer ; petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes » C’est le Image 3Image 4titre d’un essai magistral coécrit par Pablo Servigne et Raphaël Stevens et paru au Seuil en 2015. Un mélange rare de lucidité et de positivité dans la façon d’appréhender l’évolution de plus en plus probable de notre monde. Quelques aperçus :
« Être catastrophiste, ce n’est ni être pessimiste, ni optimiste, c’est être lucide » , « Notre société reste bloquée sur des choix technologiques de plus en plus inefficaces. Et nous appuyons à fond sur l’accélérateur car on ne peut se permettre d’abandonner la croissance, sauf à prendre le risque d’un effondrement économique et social. », « Quand le grand arbre s’effondre dans la forêt, les jeunes pousses peuvent émerger dans la clairière. Il s’agit de les mettre en réseau, d’en prendre soin, de les voir grandir. »

De la société des loups
«Et ce n’est pas le gouvernement qui, d’ailleurs, aura à décider quelque chose. Ce sont celles et ceux qui consomment de la Image 3mobilité, et celles et ceux qui offrent de la nouvelle mobilité. C’est ça qui va se passer.» Emmanuel Macron ministre de l’économie, à propos des manifestations des VTC, contre les concessions accordées aux taxis. Ce qui revient à dire, mutatis mutandis, que ce n’est pas le gouvernement qui détermine l’économie mais le consommateur.
Que le consommateur ait son rôle à jouer, nous en sommes persuadés ; de là les appels à la consommation éthique et responsable. Mais que le gouvernement n’ait pas à prendre la barre, c’est une autre affaire. M. Macron a-t-il entendu parler de la COP 21 ou bien en tient-il encore pour la « main invisible » de sir Adam Smith ? Le résultat le plus clair du libéralisme débridé, c’est la dévastation. Peut-on se contenter de dire aux cancéreux du poumon qui fument leurs cigarettes sorties d’un paquet non neutre, « C’est le consommateur qui décide » ? Non ; il faut une politique de santé publique. Le libéral objectera qu’elle coûte cher, qu’elle met injustement à contribution des citoyens non fumeurs. Peut-être ; est-ce une raison pour la restreindre ? Qu’adviendra-t-il en cas d’épidémie si les infrastructures sanitaires ont disparu ? Le rôle fondamental de tout gouvernement digne de ce nom, c’est l’arbitrage.
Ce n’est pas le moment de réduire les dépenses de santé. Il y a eu le virus du S.I.D.A. ; il y a le virus zyka ; demain un autre et pour les mêmes causes : déforestation => animaux porteurs en contact avec des populations humaines => moustiques servant de vecteurs. Le même Emmanuel Macron, en bon libéral, prétend augmenter la taille des panneaux publicitaires. La tempête du 7 janvier à Paris a fait s’effondrer un panneau sur un jeune couple ; la femme n’est toujours pas sortie du coma. Et si c’était ta fille ? Ta soeur ? Le monde n’est plus qu’apparemment ce qu’il paraissait être antérieurement. Au lieu de reconduire les mêmes recettes éculées, il faut inventer l’économie de la décroissance.

COP 21 : quelques jours plus tard
« Ce qui s’est passé à Paris, c’est que le futur a changé de direction » Pierre RadanneImage 7
C’est vrai, la direction de l’utopie ; mais il faudra garder le cap, d’abord jusqu’en avril prochain, pour la ratification de l’accord à New-York, et puis dans les multiples mises en oeuvre qu’exige le rendez-vous de 2020.

L’utopie ou la mort
« La solidarité n’est pas une option ; c’est une solution » Nicolas Hulot lors de la COP21.
Il aurait fallu dire « c’est LA solution ». Et il vrai qu’il n’y en a pas d’autres qui puisse préserver le plus grand nombre Image 1d’êtres humains. Mais ceci implique à la fois de donner quand on n’est pas certain d’avoir demain assez pour les siens, et de se fier suffisamment à l’autre pour croire qu’il nous donnera à son tour. L’humanité sur une corde raide tendue au dessus de l’abîme.
Double risque pourtant à ne pas se lancer dans cette entreprise périlleuse : les avantages comparatifs n’existeront bientôt plus. Avec la déstabilisation climatique, aucune nation désormais ne pourra plus compter sur son agriculture. Ne pas donner quand d’autres ont besoin c’est être assuré qu’on ne recevra pas quand on aura besoin à son tour. L’autre voie, c’est la guerre, la plongée dans la barbarie universelle. Il ne faudrait pas s’imaginer que les cités résilientes s’abstiendront de faire des razzias quand il en sera besoin. Retour aux cités états et aux chefs de guerre…
Il faut une gouvernance mondiale, impérativement.

Davantage de mauvaise foi, tu meurs !
Image 2 «Il n’y en a que pour la COP 21. Comme si le drame qu’a connu la France il y a dix jours était déjà passé»
Nicolas Sarkozy, lors d’un meeting des Régionales à Rouen.
A chaque fois, on croit qu’il a touché le fond, Iznogoud. Mais non ! Il fait mieux encore, plus crapuleux, plus glauque, plus puant… Pourquoi croit-il que la chaîne humaine est passée par le boulevard Voltaire ? Mais les écolos, il n’en a rien à foutre ! La déstabilisation climatique non plus ! Les affamés de demain, il s’en tape ! La seule chose qui l’intéresse Iznogoud, c’est d’être calife à la place du calife ! Ton Raymond, Carla, il est vraiment pas reluisant…

Image 2Pas plus malin que ça…
La Terre n’est qu’une île de Pâques dans l’univers…
Vincent Rondreux, journaliste Et ici le reste de l’interview

Un mauvais Signal…
Il est devenu le symbole de l’érosion du littoral français. Vestige de la ruée vers les stations balnéaires des années 1960, le Signal, cet imposant immeuble dominant le front de mer de la ville de Soulac, en Aquitaine, s’apprête à glisser vers cet océan qu’il a toisé pendant plusieurs décennies. A l’époque de sa construction – le premier bâtiment a été Image 1 achevé en 1967 –, 200 mètres le séparaient du trait de côte. Aujourd’hui, il n’en reste plus que douze.
Petit à petit, année après année, la houle et le vent ont grignoté la dune sur laquelle est posé le Signal. Et les grosses tempêtes de ces dernières années n’ont pas arrangé les choses. En 2009, Klaus a mangé, d’un coup, plus de dix mètres de dunes. Un an plus tard, c’est Xynthia qui a frappé : quinze mètres ont été avalés. « Là, ça a été l’affolement, la panique », se souvient Jacqueline Gandoin-Jaudin, qui résidait alors au rez-de-chaussée. Celle qui se définit, à bientôt 83 ans, comme « la doyenne du Signal », raconte, d’un ton appliqué :
« De mon appartement, je voyais la dune, mais pas l’océan. Et puis il y a eu Xynthia. Quand je me suis réveillée, je voyais la mer. Toute la crête de dune était partie. J’ai pensé que j’avais un trouble cérébral. »
Quatre ans plus tard, « le couperet tombe ». L’hiver 2014 a arraché neuf mètres supplémentaires à la dune. Elle passe alors sous la barre fatidique des vingt mètres au-dessous de laquelle la stabilité de l’immeuble n’est plus assurée. La préfecture fait évacuer les habitants quelques jours plus tard, le 29 janvier 2014.
« J’ai tout perdu », soupire Jacqueline Gandoin, qui avait acheté son appartement de 70 m2 en 2005 pour 160 000 euros. « C’était mes économies, une vie de travail ».
Morgane Tual, Le Monde, 28-02-2015

This is the first time in the history of mankind that we are setting ourselves the task of intentionally, within a Image 1defined period of time, to change the economic development model that has been reigning for at least 150 years, since the Industrial Revolution.
“This will not happen overnight and it will not happen at a single conference on climate change…It is a process, because of the depth of the transformation.”

Namely : « C’est la première fois dans l’histoire de l’humanité que nous nous assignons comme but de modifier volontairement, dans des délais définis, le modèle de développement économique qui s’est implanté, il y a plus de 150 ans, lors de la Révolution industrielle. Ça ne se fera pas du jour au lendemain et ça ne se décidera pas à l’occasion d’une unique conférence sur le changement climatique. Du fait de l’importance des transformations requises, c’est un véritable processus qui devra se mettre en place. »
Christiana Figueres, secrétaire exécutive des Nations Unies pour la Conférence sur le Changement climatique.

Soyez moderne ! Devenez Végan* !

«Les niveaux élevés de résistance aux fluoroquinolones observés chez des isolats de Campylobacter présents à laImage 2 fois chez l’homme et les poulets de chair sont préoccupants, étant donné qu’une proportion élevée d’infections humaines à Campylobacter ont pour origine la manipulation, la préparation et la consommation de viande de poulets de chair. Des niveaux de résistance aussi élevés réduisent les options de traitement efficaces pour les infections graves à Campylobacter chez l’homme»
Mike Catchpole, membre de l’ECDC (European Center for Desease protect and Control)
On observe le même phénomène avec la bactérie Salmonella. A partir de l’intestin du bétail, celle-ci peut contaminer les milieux aquatiques ou être transportée par des oiseaux ; on peut donc la retrouver aussi bien dans la viande que les poissons ou les œufs. Campylobacter infecte également le bétail. Pathologies induites : fièvre, diarrhée, entérite, typhoïde.
* veg(etari)an : alimentation et mode de vie dépourvus de toute espèce de produit animal, miel compris.

Tu l’as vue, ma Rolex ? Dis, tu l’as vue ? Elle est belle, hein ma Rolex ? Dis-moi qu’elle est belle…
Image 1
« Si l’aiguillon de l’accumulation était le besoin de moyens de subsistance ou de confort physique, alors on pourrait concevoir que les progrès de l’industrie satisfassent peu ou prou les besoins collectifs ; mais du fait que la lutte est en réalité une course à l’estime, il n’est pas d’aboutissement possible. »

Thorstein Veblen, à propos de la consommation ostentatoire caractéristique de la classe de loisir, in « The theory of the leasure class« , en V.O.

« Il est trop tard pour être pessimiste »
Colibri
Cette étonnante déclaration est faite par Yann Arthus-Bertrand, photographe, réalisateur, animateur… et écologiste, en 2011, lors d’une émission de radio. Elle signifie que, quels que soient les sentiments des uns et des autres, l’heure est passée de rester assis dans son fauteuil à s’interroger sur la nature des choses. Il faut agir et agir comme le colibri dans l’incendie, en faisant sa part, espérant par là entraîner chacun des autres à faire la sienne. L’heure est à l’optimisme de l’action ; or, comme on sait, « il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer ».

FAQ / ATTAC

« L’économie casino – dans laquelle l’argent devient le principal objet d’échange, avant les biens et Image 2les services – a explosé au cours des deux dernières décennies. Il y a eu un divorce entre l’économie productive et la création d’emplois d’une part, et la plupart des transactions financières d’autre part, qui sont purement spéculatives, et qui mènent à la création de « bulles ». En 2008, par exemple, le montant des transactions financières était de 74 fois supérieur au PIB mondial nominal. » $ $ $ $ $ Voilà pourquoi il est regrettable que le gouvernement aille, en la matière, de reculade en reculade. Non seulement il y aurait dans la TTF (taxe sur les transactions financières) le moyen de recentrer le numéraire sur l’économie réelle, mais, à vue d’oeil, c’est la seule voie pour financer à temps la transition écologique.

Image 1Journaliste, le plus beau métier du monde !

« Cinq degrés, c’est ce qui nous sépare d’une ère glaciaire. » Jean-Marc Jancovici, le 2 juillet 2015.
Plutôt 5,8° ; mais enfin on va pas chipoter.
Du reste l’essentiel est ailleurs : c’est l’état d’ahurissement absolu du journaliste d’Europe 1 quand il apprend ça, ce matin-là, vers 7 h 18 : « Cinq degrés, c’est ce qui nous sépare d’une ère glaciaire ? et on parle déjà de deux degrés avant la fin du siècle ? ! » Comme M. Jancovici est aimable et compréhensif, il s’abstient de préciser « 2°C, dans le meilleur des cas, c’est-à-dire si l’on parvient à un accord universel et contraignant au terme des négociations de la COP 21 en décembre prochain. » Le plus probable : 3,8°C sous la condition d’un accord partiel et 4,2°C si Paris 2015 est un échec, le tout à une vitesse encore jamais atteinte dans l’histoire de la Terre, à l’exception de la météorite qui a percuté notre planète il y a 65 millions d’années et mis un terme au règne des dinosaures. Deux espèces en compétition pour la prochaine position dominante : les suricates et les fourmis végétariennes. Monsieur Sotto, le journaliste, n’est donc pas au bout de ses surprises.

Laudato si, Jorge Mario Bergoglio

« L’humanité est appelée à prendre note de la nécessité des changements de mode de vie etImage 2 dans les méthodes de production et de consommation, pour lutter contre le réchauffement, ou au moins les causes humaines qui le produisent et l’accentuent. De nombreuses études scientifiques montrent que la plus grande partie du réchauffement de la planète au cours des dernières décennies est due à la grande concentration de gaz à effet de serre… dégagée surtout en raison de l’activité humaine. » Encyclique, 2015, V.F.

Bees business

bees rentingA l’occasion de la reconduction du moratoire de l’UE sur les néocortinoïdes qui ravagent les ruches, Ségolène Royal a déclaré : « La nature rend des services gratuits. On estime à 1 milliard et demi (d’euros par an) la valeur des services rendus par les abeilles, les papillons, les pollinisateurs sauvages ». Certes… et certains se sont dit qu’il y avait là une opportunité à saisir. Des entreprises étatsuniennnes transportent leurs ouvrières en camionnette, dans les ruches ou des cagettes en bois blanc, et louent leurs services pour la journée aux agriculteurs. « Le capitalisme porte en lui la guerre, comme la nuée, l’orage » avait autrefois déclaré Karl Marx ; il faudrait ajouter : « ainsi que la destruction de la nature ».

Voici venir le temps du monde fini

« Nous devons nous occuper ici des étapes essentielles de la création d’une économie mondiale dynamique dans laquelle les peuples de chaque nation seront en mesure de réaliser leurs potentialités dans la paix et de jouir toujours davantage des fruits du progrès matériel sur unemort Ebola et FMI Terre bénie par des richesses naturelles infinies. »
Henry Morgenthau, président de la conférence de Bretton Wood, 1° juin 1944.
Des deux institutions qui virent le jour à l’occasion de cette conférence, la Banque Mondiale et le F.M.I, seule la première paraît avoir compris que la croissance permanente, se développant sur la base de ressources inépuisables, était une illusion. Le F.M.I. continue invariablement à promouvoir et à traduire en actes les tables de la loi du libéralisme. Une récente étude britannique a montré que la réduction drastique des ressources allouées aux systèmes de santé du Liberia, de la Guinée Bissau et de Sierra Leone, avaient empêché les gouvernements de ces nations de maîtriser l’épidémie de fièvre Ebola. Réponse de la « com » du FMI : on a bien demandé la réduction des dépenses publiques, mais pas dans le domaine de la santé. Ajoutons que c’est en abattant les arbres qu’on fait sortir les virus du bois. Ebola 2014 / 2015 : 10 000 morts

Image 1On ne saurait mieux dire
« La démocratie sera la première victime de l’altération des conditions universelles d’existence que nous sommes en train de programmer » Michel Rocard, Le Monde, 2 avril 2011
Et la paix, la deuxième.

Allô, Allah … Et l’eau, alors ?
« Un jour alors que nous étions avec le messager d’Allah, il plut. Il releva donc son habit de telle sorte que la pluie le mouille. On lui demanda la raison pour laquelle il avait fait cela, il répondit car elle provient d’Allah. » Hadith d’Anas.
Eh bien il faut croire qu’Allah est sunnite. L’Iran, qui rassemble l’essentiel des chiites, est en effet en train de se Image 1transformer en désert ; il y entre sans doute une gestion catastrophique de la ressource en eau, elle-même induite par une politique nataliste qui a motivé le développement de l’agriculture irriguée. Sauf que quand l’ensoleillement est important, l’eau des barrages de rétention s’évapore ; par ailleurs, sur des sols à dominante évaporétique, une irrigation intempestive a un effet paradoxal : elle les assèche. C’est que la pompe solaire, une fois amorcée, non seulement reprend l’eau qu’on a apportée au sol mais prélève encore une partie de son humidité résiduelle. Bref, il faudrait pratiquer le « low dropping ».
Il est donc arrivé au lac d’Ourmia ce qui est arrivé à la mer d’Aral : disparition de 70% de sa surface sur les dix dernières années. D’autres lacs, des rivières, des nappes phréatiques ont subi le même sort. Le régime des ayatollahs parade sur la question des hérétiques mais il n’a pas le courage de prendre les inévitables mesures de restriction de la consommation d’eau.
Last but not least : les précipitations ont effectivement diminué de 16% en quelques décennies et se concentrent sur une étroite bande sud et, dans une moindre mesure sur la frontière ouest et les vallées du nord. Le gouvernement iranien s’est engagé pour une somme faramineuse auprès d’un entrepreneur belge qui prétend restaurer le lac d’Ourmia en une dizaine d’années. Tant qu’on a la foi…

De la différence entre l’intérêt général et l’intérêt des laboratoires pharmaceutiques
Image 1« D’ici à 2025, plus d’un million de personnes trouveront la mort en Europe suite à l’utilisation d’antibiotiques inefficaces » European Society of Clinical Microbiology and Infectious Diseases.
No comment

Bonnes gens, passez à la caisse !
« C’est un bond en arrière de trois siècles qui rétablit la dîme versée par les paysans aux seigneurs du Moyen-âge et la porte ouverte à une biopiraterie généralisée » Michel Metz, Réseau Semences Paysannes.

Dans un assourdissant silence médiatique l’Union Européenne vient d’avaliser (25-03-2015) laMaïs dollars brevétabilité du vivant. Désormais n’importe quelle entreprise susceptible d’établir un lien entre une séquence génétique et son expression phénotypique sera dotée de la propriété intellectuelle du processus biologique, ce qui donnera lieu à un paiement de droits. Cela implique à terme la fin des semences fermières. Comme les multinationales du secteur des biotechnologies peuvent potentiellement décoder tout l’A.D.N. des animaux et des végétaux présentant un intérêt commercial, il leur suffit de déposer les brevets correspondants.
D’autre part, il y a peu, plusieurs pays membres de l’U.E. autorisaient l’importation d’O.G.M. Quand on sait que le maïs Monsanto voit sa production s’effondrer aux States, son gène de résistance aux herbicides étant passé à l’amarante qui envahit les champs américains en toute impunité… et qu’on doit alors arracher à la main (oui, vous avez bien lu : À LA MAIN ; sur 300 hectares, ça prend du temps…) on comprend pourquoi la firme californienne a décidé d’exporter ses surplus en Europe.
La survie des agriculteurs ? Leur créativité ? La sécurité alimentaire ? Ce n’est pas le problème des lobbys, ni, apparemment, des princes qui nous gouvernent.
Exiger de ces entreprises une rétribution du travail de sélection variétale accomplie par les paysans depuis le néolithique – et dont elles font leurs choux gras – pouvait sembler une plaisanterie ; ce sera bientôt le seul recours contre ces ogres. Et d’autant plus qu’il leur suffira désormais de racheter les créations paysannes au prix du kilo… pour se faire du beurre. « C’est moi qui ai créé cette variété de fraise » dira le paysan ; « Ah oui ? Mais c’est nous qui avons déposé le brevet » répliqueront les fumiers.

La mer ne porte pas de moissons
Je commence à chanter sur Poséïdôn, le grand Dieu, qui ébranle la terre et la mer stérile, qui possède Aigas et le Hélikôn.
Hymes homériques – A Poséïdôn

Image 1Du temps d’Homère, si toutefois ce nom désigne une personne singulière, la mer était « a-karpos », ne portant pas de moissons.
Et puis les hommes ont appris à pêcher… de plus en plus méthodiquement et de façon plus en plus rentable… Et puis les prises sont devenues plus difficiles ; on a inventé la pêche industrielle (chalut, pêche profonde) Et puis la prétendue bienfaisante concurrence a précipité les unes contre les autres les grandes nations pêcheuses et pêcheresses : prendre avant l’autre pour prendre plus… en laissant de moins en moins aux poissons le temps de se reproduire… et en diminuant d’autant les prises.
A l’heure où un tiers pauvre de l’humanité vit en zone côtière et trouve ses protéines dans l’eau des mers, celles-ci, inexorablement, redeviennent stériles.
Ce sont les morts massives dûes aux anoxies par saturaton des eaux superficeielles en dioxyde de carbone, l’empoisonnement par les blooms d’algues toxiques, l’inhibition de croissance par le déversement des eaux usées chargées en déchets chimiques divers… Les sardines de la Méditerranée ne perviendront bientôt plus à remplir les boîtes ; comme les anchois, les juvéniles sont en nombre suffisant mais la croissance s’arrête avant terme, sans qu’on comprenne pourquoi. Même s’ils se sont un peu calmés, les navires japonais continuent à exterminer les baleines au nom de la science ; ici, d’ailleurs, on atteint au comble de la mauvaise foi puisque l’objectif réduit de 333 rorquals au lieu des 900 précédents est présenté comme le nombre nécessaire « pour obtenir des informations sur l’âge de la population baleinière », afin de « définir le plafond de capture compatible avec la durabilité de l’espèce. »
Au bout du compte, les stocks de gros poissons ont chuté des deux tiers en 130 ans… Sans parler de l’impact de l’acidification carbonique sue les bases des chaînes alimentaires, krill et ptéropodes.

Regrets

Image 5« Trois tonnes de vers de terre à l’hectare, ça vous remue 280 tonnes de terre. Pendant ce temps-là, vous n’avez pas besoin de labourer.Avec Michel Sapin, on a vérifié : ils ont fait une conférence sociale il a plusieurs millions d’années et ils sont d’accord pour travailler gratuitement. Et le Medef, on a vérifié aussi, n’était pas là, donc pas de durée légale, pas de cotisation sociale, pas d’heure supplémentaire : ça travaille tout le temps ! Et quand ils pointent, c’est parce qu’ils font des petites cabanes sur le sol. Parce que, en plus, ils redescendent de la matière organique donc ils enrichissent le sol. Moi, tous les jours quand j’en vois un, je lui dis salut et merci mon camarade. Il y a des mécanismes dans la nature qui sont très utiles pour la production agricole. » Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture, 27 novembre 2014.
Fort bien dit, Monsieur le Ministre ; c’est dommage que vous n’ayez pas expliqué ça, un mois plus tôt, à Bernard Cazeneuve, votre collègue de l’Intérieur. Il aurait peut-être compris que la seule justification du barrage de Sivens, c’est une poignée d’agriculteurs industriels qui ont éliminé 80 % des organismes terricoles et compacté le sol avec des lustres de mécanisation lourde ; ça aurait calmé les troupes déléguées sur place par le préfet et Rémi Fraisse ne serait pas mort à vingt ans.

Schizophrénie ordinaire / 2

Geneviève Azam, maître de conférence en économie et membre d’Attac est interrogée à propos de la COP 21 (Paris 2015) : « Mais ce n’est pas notre dernière chance, c’est une erreur deImage 2 présenter cela comme ça. Cette formule engendre la fatalité, la même que celle qui a suivi le sommet de Copenhague, que nous présentions déjà comme le sommet de la dernière chance. »
La même, quelque temps plus tard : « Il faut modifier notre regard : nous ne sommes pas seulement des victimes, nous avons le pouvoir d’agir collectivement au lieu de s’en remettre avec fatalisme à des experts. Nous sommes la première génération à savoir que si nous ne faisons rien maintenant, nous allons droit dans le mur. »
Donc, si on comprend bien, le fait de s’en remettre aux responsables politiques relève du fatalisme mais, d’un autre côté, s’ils ne parviennent pas à un accord contraignant, on va droit dans le mur. Il faudrait donc, pour l’éviter, comme Madame Azam le précise aussitôt, une « insurrection citoyenne ». La COP 21 serait donc seulement notre avant-dernière chance… Sauf que quand les « catastrophistes » alertent à propos de la « dernière chance », c’est précisément pour mobiliser leurs concitoyens…

30 Novembre 2014
« Nous sommes les seuls garants de la République » a déclaré Marine Le Pen lors de la clôture du congrès du F. N. à Lyon. Quand on sait que Poutine finance sonImage 1 parti, on serait plutôt porté à croire – étant donné qu’il est fort douteux que le potentat russe ait en lui le moindre soupçon de philanthropie – que ledit parti est, au contraire, pour la République, un danger mortel. Il est fort concevable que l’ogre de l’Est s’emploie à déstabiliser par ce moyen toutes les démocraties d’Europe de l’Ouest afin de les avaler plus commodément, quand le moment sera venu. Si Fifille était capable de connecter ses trois neurones, elle comprendrait qu’elle est, au contraire, une traîtresse potentielle.

Realmente, me gusta mucho este Papa !

Lors de sa visite à la F.A.O. en novembre 2014, François a dénoncé avec insistance la dictature du profit et la spéculation qui aboutiront, si rien n’est fait pour mettre un terme à la surexploitation, à la destruction de la planète et qui se soldent déjà par des millions d’affamés, condamnés à devenir desImage 3 exclus sociaux.
On attend avec impatience l’encyclique écologique qui paraîtra, selon toute probabilité, en septembre 2015, à l’occasion de la venue du Pape à New York. Les responsables religieux ont en effet décidé d’appeler à la mobilisation générale pour la survie des humains à l’occasion de la conférence préparatoire de l’O.N.U. sur le climat qui s’y tiendra alors.
A l’occasion de la rencontre des délégations des confédérations paysannes du Tiers Monde, François nous a déjà donné une petite idée de ce qu’on y trouvera : « Un système économique axé sur le dieu argent a aussi besoin de piller la nature pour soutenir le rythme frénétique de consommation qui lui est propre. Le changement climatique, la perte de la biodiversité, la déforestation font déjà apparaître leurs effets dévastateurs dans les grandes catastrophes naturelles auxquelles nous assistons et ceux qui en souffrent le plus, c’est vous, les humbles, vous qui vivez près des côtes dans des logements précaires ou qui êtes vulnérables économiquement, au point de tout perdre lors d’une catastrophe naturelles. » Saint René Dumont, priez pour nous !

Schizophrénie ordinaireImage 2

« Alarmist green groups made ‘exaggerated’ claims about global warming » ; « People think climate change is just all about melting icecaps and the Arctic ; the reality is climate change is about the weather changing in many parts of the world including where many people live » Myles Allen, Dealy Telegraph, 2014, 3th of november.

Nous suggérons respectueusement au professeur Allen (qui n’a heureusement rien à voir avec Alexander, dit Woody) de procéder à la connection de ses deux hémisphères cérébraux.

J- 335

Image 1« Nous avons peu de temps avant que la possibilité de rester sous les 2°C ne disparaisse », Rajendra Kumar Pachauri, président du G.I.E.C., 3 – 11 – 2014.

« Difference between 2C and 4C is human civilisation » John Schellnhuber, climatolog, 2014, 10th of november. He’s right.

« Maman, j’ai trouvé une coquille d’ hérisson ! »Bogue de châtaigne

Yorick a 4 ans et c’est une bogue de châtaigne qu’il montre fièrement. Enthousiasme du petit naturaliste en herbe… Il reste encore des milliers d’espèces à découvrir mais en un siècle nous avons multiplié le taux d’extinction naturelle par un facteur 100 à 1000… Chaque année nous en faisons périr des centaines sans en avoir rien su. Et il ne s’agit pas seulement du plaisir de découvrir ; plus un écosystème s’appauvrit, moins il est résilient et moins il assure la survie des espèces subsistantes ; la nôtre ne fait pas exception.

De la rationalité libérale

« Les Québécois en ont assez de l’approche gouvernementale qui consiste à « tuer les abeilles d’abord et à poser des questions ensuite » pour réglementer les pesticides. » Lisa Gue, Fondation David Suzuki, 29 octobre 2014

Image 2La prévention ne rapporte rien aux entrepreneurs ; au contraire, elle augmente les coûts. Mais le traitement post critique peut, lui, engendrer de juteux profits. Donc gouverner sous économie libérale, c’est, a priori, laisser faire d’abord, déplorer ensuite, brandir des solutions enfin. Les exemples abondent ; pour ce qui est des pesticides, après les catastrophes, ils vont engendrer l’élaboration et la commercialisation des O.G.M., les entreprises itinérantes de pollinisation (comme il en existe déjà aux États-Unis), et les médicaments anticancéreux pour soigner les travailleurs de l’agriculture. Le problème, c’est qu’il existe des limites matérielles infranchissables à cette logique aveugle et qu’un jour ou l’autre, malheureusement plus très lointain, il n’y aura plus de solutions à brandir.

De la différence entre régulation et chrématistique

Image 1

« L’économie positive est une économie au service des générations futures, qui favorise une croissance responsable, durable et inclusive, respectueuse de l’environnement et au service de la société. L’économie positive est véritablement le cœur de l’économie de demain ; c’est à la fois ce qui est en train de pousser dans le souterrain de la société planétaire et l’élément fondamental de réponse aux grandes crises que nous vivons aujourd’hui. »           Jacques Attali

Image 22

Ça marche !

«Nous n’avons pas de temps à perdre. C’est maintenant qu’il faut agir contre le changement climatique ou nous allons le payer encore plus cher. Je suis le secrétaire général de tous ces gens qui marchent.»

Ban Ki-moon, secrétaire général de l’O.N.U., 21 septembre 2014, à l’occasion de la journée de marche pour le climat.

« Chers sympathisants,

Le 21 septembre prochain, à New York, des milliers de personnes participeront à la MarcheImage 1 mondiale pour le climat. Venez marcher avec nous ! Équiterre organise un transport par autobus en partance de Montréal. Achetez vos billets ici ! Les places sont limitées alors faites vite ! »                                                  Trouvé sur le site d’Équiterre, le 12 septembre 2014

Bel enthousiasme mais il faut espérer que les ultramarins ne l’ont pas pris pour eux ; autrement, ça reviendrait à dire : venez faire quelques heures de vol sur un long courrier à 200 litres de kérosène / minute, histoire de témoigner de votre engagement personnel à limiter vos émissions de GES.

Image 1« Le dérèglement climatique est-il plus important que la crise financière ? Je suis convaincu que, dans deux cents ans, les historiens accorderont à la crise de 2008 la même importance qu’à la spéculation sur les bulbes de tulipe au XVII° siècle. C’est violent pour les contemporains, mais les vrais sujets qui transforment le monde sont de nature différente. Comme cette accélération technologique phénoménale ou encore le dérèglement climatique, qui est bien réel, et dont on mesurera toutes les conséquences dans cinquante ans. »                                                                                                                                                                                                     Henri de Castries, PDG d’Axa, le 21 février 2014

Magnifique interrogation existentielle, on en conviendra, à quelques détails près. Encore faudrait-il que, dans 50 ans, il subsiste des historiens et que la pénurie alimentaire, conjuguée à l’effet de King, n’ait pas dévoré tout le système financier et économique avec elle… sans parler des incidences sociales et internationales.                                                                                           Mais à part ça, Monsieur le Marquis…

Honni soit qui mal y pense

« It’s therefore an act of suicide on a grand scale to ride so roughshod over those checks and balances and flout nature’s necessary limits as blatantly as we do.

“The longer we go on ignoring what is already happening and denying what will happen in the future, the more profoundly we condemn our grandchildren and their children to an unbearably Image 4toxic and unstable existence. We simply have to turn the tide » HRH Charles, prince of Wales, 10 décembre 2012

« C’est  donc une tentative de  suicide à grande  échelle  que de fouler au pied ces garde-fous, ces équilibres… et de faire fi des limites indépassables de la nature de façon aussi flagrante que nous le faisons.

Plus longtemps nous persisterons à ignorer ce qui est déjà en train d’arriver et à dénier ce qui surviendra dans le futur, et plus implacablement nous condamnons nos petits-enfants et leurs propres enfants à une existence insupportable, incertaine et empoisonnée. Il nous faut simplement inverser le courant. » Charles, prince de Galles.

Y’re welcome, your Majesty.

2 réflexions au sujet de « La citation du jour »

  1. dominique

    Euh, salut Mumu, heu, je voulais juste préciser que le voyage se faisait par autobus entre Montréal et N-Y donc pas 200 litre à la minute mais plutôt 100 litre pour 5 heures de route. N’empêche c pas malin anyway.

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    1. admin Auteur de l’article

      Salut, Dom. En fait je me suis laissé tromper par « mondiale » et j’ai pensé aux Français qui auraient éventuellement pris l’avion pour aller manifester. Mais tu as raison ; je modifie le commentaire.
      Bons baisers à toutes les trois et aussi de la part de Jordaël.

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