Résilience

Capacité qu’a un individu, une communauté, un écosystème de s’adapter à un changement important de ses conditions de vie initiales. Pour l’individu il peut s’agir d’un traumatisme ; pour la communauté ou l’écosystème, d’une modification climatique ou géoclimatique impactant sensiblement le substrat sur lequel elle ou il était implanté(e). D’après « Le petit vivants symboles de résiliencetraité de la résilience locale » d’Agnès Sinaï, Raphaël Stevens, Hugo Carton et Pablo Servigne, la notion de résilience mobilise les concepts de robustesse, d’adaptation, de récupération, de réactivité, de transformation et de persistance. Livre remarquable répondant à l’impératif de penser l’avenir d’un monde de plus en plus incertain et la contrainte où nous serons de composer avec des limites désormais indépassables. Notre humanité, encore largement « oil dependant » qui se rue fébrilement sur tout ce qui peut faire tourner ses moteurs, au risque permanent de l’état de manque, doit pourtant apprendre à survivre sans sa drogue, ce qui implique notamment de réinventer les systèmes d’échange et de reformater l’économie.
Si la résilience est l’essence même du vivant – qui se caractérise, comme l’avait montré Georges Canguilhem, par la capacité à fixer sa propre norme – il n’est pourtant pas certain qu’on tienne là le concept clef de l’avenir de l’humanité. les changements auxquels il faut s’attendre seront probablement si rapides et si brutaux qu’il est douteux que les communautés humaines puissent y faire face par de simples logiques adaptatives. Mais ce que notre espèce perd en capacité d’ajustement progressif, elle a le pouvoir de le compenser par son pouvoir d’anticiper. L’autre limite du pouvoir opérationnel de la notion de résilience, c’est que les petites communautés autonomes et harmonieuses qui se profilent à l’horizon ne pourront probablement pas faire l’économie de la loi.

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