Semences fermières

Semences des fruits, légumes et céréales obtenues depuis la nuit des temps par le travail des paysans. La semence est, par définition, une graine que l’on sème et vue d’une récolte future. Le qualificatif de « fermière », récemment adjoint au terme, paraît d’abord un pléonasme ; il est enImage 2 réalité l’indice d’une stigmatisation. Il s’agit, pour les industriels du secteur – et singulièrement pour les producteurs d’O.G.M.- de restreindre puis d’interdire l’emploi des semences dites fermières afin de maximiser les profits issus de la commercialisation des semences industrielles. Leur argument principal est que les fermiers qui utilisent leurs propres semences bénéficient, sans en payer le prix, du travail de recherche des laboratoires des semenciers industriels.

Cet argument est fallacieux et cela pour trois raisons : 1° Ces semenciers industriels bénéficient, quant à eux, du travail de sélection variétale opéré par les fermiers depuis le néolithique, soit 9 000 ans de recherches. 2° Les semences industrielles de type V.H.R (variétés à haut rendement) sont généralement issues, par espèce, de quelques cultivars présentant avant tout un intérêt économique, (par exemple une forte rétention en eau et un volume élevé) alors que les semences fermières se signalent au contraire par leur grande variété et leur richesse gustative. 3° L’un des principaux caractères des O.G.M. est la stérilité des graines.

Image 3Les industriels du secteur ont cependant mis en place un lobbying forcené pour obtenir des autorités l’éradication des semences fermières, qu’il s’agisse d’interdiction de commercialiser des espèces non répertoriées ou du paiement d’une redevance pour l’emploi de ces semences. A un moment où une majorité de responsables politiques a enfin compris que nous étions entré dans la déstabilisation climatique et que celle-ci se traduirait inévitablement par une tension croissante sur les récoltes, encourager l’appauvrissement génétique des plants et la stérilité des graines est proprement criminel. Seule la plus grande variété génétique permettra aux cultures de s’adapter aux aléas climatiques. Une politique responsable consisterait, au contraire, à encourager l’emploi et la multiplication des semences fermières.

Kokopelli, le semeur de vie.

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