Tableau d’honneur

Mise au point
Les media ont disparu depuis plusieurs semaines. Pour les récupérer, il faut raquer. Comme je travaille depuis plusieurs années sous WP, je devrais mordre à l’appât… mais comme mon vieux Mac est prétendument obsolète (au point que même la calculatrice ne fonctionne plus… nous prennent vraiment pour des cons !) impossible de finaliser les applications ; là aussi, il faut passer à la caisse. DONC les derniers textes et les dernières images étant rentrées, sans garantie de permanence, je continue, en attendant le prochain désastre.

Catalyst E2 max : le bus électrique qui bat le record du monde

Avec un trajet en autonomie de 1770 kms, parcourus sur un unique rechargement de ses batteries, et assurant le transport de 40 personnes, ce prototype ouvre magistralement la voie des transports propres.

Proterra, l’entreprise américaine qui l’a mis au point, a été fondée en 2004. En 2013 ses autobus sont équipés de batteries à recharge rapide. A partir de 2016 les records de distance se succèdent. Les ventes grimpent en flèche ; on atteint 276 bus vendus en 2017.
Une petite visite virtuelle (en anglais) pour les sceptiques mais surtout pour les écoentrepreneurs de demain.

Villes à transports en commun gratuits
Aubagne, Bar-le-Duc, Castres, Châteauroux, Cluses, Compiègne, Gap, Issoudun, Libourne, Niort, Vitré et uneImage 2 vingtaine d’autres. Les motifs des mairies sont généralement écologiques mais pas exclusivement. Globalement les recettes de la billetterie ne représentent qu’un faible pourcentage du coût total des transports en commun. La conversion d’une partie des automobilistes à l’autobus ne réduit pas seulement les émissions de gaz et de particules fines ; elle désengorge les centres-villes. Les entreprises n’ont plus à payer leur quota du coût du transport des salariés. Autre bénéfice pour l’emploi : l’effet de réduction de la précarité des chômeurs par l’accroissement de leur mobilité. Et puis on favorise la mixité sociale. Attention, pourtant : il faut soigneusement préparer la transition. Investir pour éviter la saturation et réduire, autant que faire se peut, le temps d’attente, implique d’y préparer contribuables et usagers. Mais cette cause se plaide aisément : en augmentant leur attractivité, ces villes pionnières vont engendrer des bienfaits qui profiteront à tout le monde, à commencer par les commerçants et les salariés. C’est sans doute par là que les municipalités compenseront leurs dépenses.

Tilos, la plus petite et la plus vertueuse…
… des douze îles du Dodécanèse (pléonasme) a décidé de passer à l’énergie renouvelable. Maria Kamma qui dirige la Image 5municipalité, explique comment, avec une éolienne, des panneaux solaires et un « smart grid », le projet a convaincu le jury de l’UE. De là les crédits nécessaires et la mise en place de l’indépendance énergétique. Seulement 85 % du total consommé localement parce que le gouvernement grec, pour la première fois confronté à un tel cas, entend sans doute garder la main sur le réseau de distribution et les taxes qui vont avec. Mais la municipalité pourra vendre son électricité vertueuse à Kos (où Maria Farandouri donna autrefois un concert mémorable), l’île la plus proche. Démographie : 500 habitants à l’année mais 30 000 touristes à la belle saison, laquelle, en principe, ne devrait pas être avare de soleil. En septembre, on installe les batteries. Cerise sur le gâteau : l’île est classée parc naturel. Pour les îles ou villes qui voudraient déposer un dossier de transition énergétique locale, voilà le site Horizon 2020.

¡ Que viva el Costa Rica libre de plastico de un solo uso !

Petit pays d’entre les deux océans, situé sur ce mince bras de terre qui relie les deux Amériques, entre le PanamaImage 1 et le Nicragua, le Costa Rica fait rarement parler de lui. Pourtant, à y regarder de plus près, on n’en finirait pas de lui tresser des couronnes. Il bat en effet des records en matière de démocratie, d’éducation, de santé publique… et d’écologie ! Un quart de son beau territoire est classé en réserves naturelles et il a récemment décidé de s’attaquer à la pollution du plastique dont on sait qu’elle fait de ravages dans les océans. La procédure est simple et exemplaire : en 2021 tous les plastiques à usage unique seront purement et simplement interdits : gobelets, paille, bouteilles, sacs, et c… Quand des alternatives existent, elles pourront se mettre tranquillement en place ; autrement le gouvernement a créé un site où les ingénieux entrepreneurs susceptibles de proposer des solutions de rechange sont invités à se faire connaître.

La Faim du Monde par Baptiste Dubanchet
Il n’a pas 30 ans ; il est titulaire d’un master « développement durable » et il a été chargé de la mission de Image 3s’attaquer au gaspillage alimentaire. Sa cible est précise : faire en sorte que soit abolie, par le parlement européen, la DLUO. Traduction : « date limite d’utilisation optimale » ? Ça correspond à la mention « A consommer de préférence avant le ». En fait, contrairement à ce que suggère ladite mention – qu’il ne faut pas confondre avec la DLC, « date limite de consommation » – certains aliments secs sont parfaitement consommables plusieurs années après leur conditionnement.
Baptiste n’a pas lésiné sur les moyens et il lui a fallu deux ans pour monter son projet : un Paris New York en vélo… et en pédalo. Dans la première phase du parcours, qui l’a conduit jusqu’à Agadir, il s’est arrêté ici ou là pour sensibiliser enfants et adultes au problème. Pour faire court, les mieux dotés jettent à la poubelle 20 kilos d’aliments par an et par tête de pipe tandis que les plus misérables continuent à mourir de faim. La seconde phase, c’est autre chose : Baptiste Dubanchet a entrepris de traverser l’Atlantique en pédalo en se nourrissant exclusivement d’aliments périmés, secs ou lyophilisés par ses soins. Cru prestigieux : des lentilles de 11 ans d’âge. Il y eut de grands moments mais ce fut aussi une véritable épreuve dont il donne quelques aperçus dans cette interview au Parisien. Et il est arrivé à la Guadeloupe, après avoir essuyé une sacrée tempête. Pendant toute cette traversée, 8 heures par jour à pédaler… Ce qui lui a coupé les jambes, c’est que sa pétition a péniblement dépassé 7500 signatures. Il faut la signer à tout prix, cette pétition, parce qu’elle est un pas de plus dans ce qui nous reste à faire : changer le monde ou périr.

Hype, Hype, Hype, Hurrah !
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A Paris si vous voyez passer quelques beaux petits nuages sur roues, n’hésitez pas : levez la main et dites « Taxi ! » C’en est un en effet, mais il roule à l’ hydrogène. Ça fait un demi siècle qu’on en rêvait et Hype l’a fait : une pile qui produit de l’électricité en combinant son hydrogène à l’oxygène de l’air et rejette de la vapeur d’eau. Pour le moment la Société du Taxi Électrique Parisien dispose d’une flotte de 15 véhicules mais celle-ci devrait connaître une croissance exponentielle. Partenaires d’investissement : Moveo, Air liquide, Région Ile-de-France et Caisse des Dépôts. Le site pour localiser ces irréprochables véhicules et / ou les réserver. Last but not least : ils sont rechargeables en 5 minutes et disposent de près de 500 kms d’autonomie.

Bon et Bien
C’est le nom d’une entreprise de l’économie sociale et solidaire qui a pris corps en 2014, dans les Hauts de France. En 2012 Mc Cain Europe organise à Bruxelles une conférence sur la responsabilité sociétale des entreprises. De retour à Harnes Jean Bernou, qui dirige l’usine McCain du lieu, développe avec Ghislain LePrince, agriculteur, le concept primitif de l’entreprise : des chômeurs longue durée sont engagés dans un « glanage d’insertion » pour récupérer les pommes de terre non ramassées, lesquelles sont pour partie récupérées par McCain, pour partie déposées dans les banques alimentaires, pour partie vendues à bas prix dans le magasin Leclerc de Templeuve. La structure pérenne se met en place un peu plus tard, sur le mode gagnant / gagnant. La ressource de la structure, c’est tout l’invendu des légumes tordus des agriculteurs dont la grande distribution Image 2ne veut pas, tout simplement parce que le client lambda les laisse en rayon. Ces « écarts de triage » qui peuvent représenter jusqu’à 30% de la récolte, sont désormais rachetés. McCain en récupère une partie pour ses flocons de purée, les banques alimentaires, une autre ; le reste est transformé en soupes, vendues dans les magasins Leclerc de la région. C’est du reste le Leclerc de Templeuve qui accueille la petite unité de production, laquelle s’est en outre vouée à la réinsertion des chômeurs longue durée. Soupes savoureuses par ailleurs puisque concoctées par deux chefs cuisiniers du coin : Clément Marot et Maxime Schelstraete.
L’investissement initial de 300 000 € a été assuré par McCain, Leclerc et Randstad, l’entreprise de travail temporaire qui recrute les chômeurs. Le retour sur investissement a été assuré en quelques mois. Les bonnes soupes sont vendues à des prix très raisonnables : 1,5€ pour la portion individuelle de crème aux oignons, carottes-coriandre ou poireaux-laurier. 3,5€ pour la bouteille en verre de 75 cls. L’été on a en plus la soupe froide d’endives à l’orange. Donc c’est bon ; et c’est bien aussi parce que ça permet le retour à l’emploi de quelques uns, dans une région durement frappée par le chômage, parce que ça réduit significativement le gaspillage alimentaire, parce que ça valorise le travail des agriculteurs et que ça produit local. Last but not least : ça ouvre la voie de la transition économique. Le site à visiter. On n’espère qu’une chose : que Bon et Bien croisse et se multiplie. Si par hasard vous apercevez une de ces bouteilles…

Monaco : premier état vert
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Sur environ deux kilomètres carrés de surface au sol, la principauté est véritablement exemplaire en matière d’environnement : transition énergétique en cours avec un objectif de 30% de renouvelables en 2020, multiples propositions de transports sans émission de GES, individuels ou collectifs, récupération et recyclage des déchets (notamment fabrication de compost), enfin multiplication des zones végétalisées sur toute surface disponible, jardins potagers inclus. (sur la photo Jessica Sbaraglia qui propose ses services en la matière). Du côté de la mer l’extension du bâti a été précédé d’une transplantation des herbiers de posidonies, parallèlement à la mise en place de deux réserves marines. Tout ça est plaisamment détaillé sur Radio éthic, la première radio écolo-éthique. Dans un contexte tellement vertueux on peut regretter le maintien du Grand prix de Monaco. Une suggestion : chaque voiture reçoit au début de la course la même quantité limitée d’essence. Celle-ci diminue d’année en année.

Valbio ou les solutions d’avenir
Image 1Cette filiale de Valgo, entreprise spécialiste de la dépollution des sites industriels, opère dans le créneau de la valorisation des déchets organiques, en particulier grâce au procédé de la méthanisation. Créée en 2006, son haut degré d’expertise lui a déjà permis de réaliser une centaine d’installations, en France et ailleurs. Deux atouts considérables expliquent ce succès : 1° Le bénéfice supplémentaire procuré à l’entreprise commanditaire. Ex : le chauffage des locaux va désormais être directement assuré par le biométhane produit in situ. 2° La proposition systématique d’un projet « clef en main », adapté d’une part à la quantité et à la nature des déchets produits, d’autre part aux besoins et aux débouchés locaux. Des fromageries, des brasseries, des fermes, des stations d’épuration municipales ont fait appel aux services de Valbio.
Autre mérite : Valbio a mis en place une ambitieuse politique de recherche, en particulier un projet relatif à la récupération du phosphore. On ne le sait généralement pas encore mais le phosphore est à la fois une ressource minière limitée et l’intrant majeur des engrais de l’agriculture industrielle. C’est donc une option R&D particulièrement pertinente. Cerise sur le gâteau : Valbio embauche !
Bref, s’il existait un prix Nobel des entreprises éco – innovantes, il faudrait l’attribuer à Valbio pour ce double bienfait : limitation les émissions de GES, tant par la captation à la source que par la réduction de la consommation en énergies conventionnelles. En prime, un site remarquablement bien conçu.

Portugal ao vivo longa !

C’est une belle histoire. Ça commence par une pétition de l’association végétarienne portugaise pour que toutes Panles cantines des services publics (écoles, hôpitaux, prisons, administrations) proposent un menu végétarien. Ladite pétition obtient environ 15 000 signatures et reçoit en outre le soutien de la Direction générale de la Santé et du parti P.A.N. (Pessoas, Animais, Natureza = personnes, animaux, nature) ; car le grand Pan est ressuscité ! Mais végétarien : le raisin, oui, l’agneau, non, diasparagmos, ou pas ! Ledit parti dépose donc au parlement un projet de loi ad hoc, lequel obtient un vote majoritaire ; la loi est par conséquent promulguée et entre bientôt en application. Il faut encore préciser qu’en 2015 le parti P.A.N. a obtenu 1,4% des suffrages, de quoi faire élire un seul député. Comme quoi le régime parlementaire a du bon. Autre avantage : avec une disposition pareille, on règle le problème des prosélytes musulmans qui surfent sur l’intégrisme meurtrier pour obtenir des menus « hallal » dans les cantines publiques. Si ça ne leur convient pas, qu’ils deviennent végétariens ou qu’ils aillent voir ailleurs ; on ne les retient pas.

LA juriste spécialisée

Son nom : Marta Torre-Schaub. Sa spécialité en matière juridique : le droit de Image 1l’environnement. Comme elle a acquis la formation la plus pointue disponible en la matière, qu’elle a en outre conduit des recherches approfondies sur ce qui est en train de se construire sur la question, ici ou ailleurs, c’est d’abord à elle que doivent s’adresser ceux qui, pour un motif ou un autre, entendent conduire une action en justice contre tel pouvoir public ou tel autre, pour dommages subis du fait d’un manquement à l’obligation de préserver leurs conditions de vie par une politique ad hoc.
Ici son profil professionnel et ses compétences spécifiques ; là une remarquable synthèse des actions de cet ordre actuellement conduites dans le monde.
Last but not least : pour des motifs électoraux ou démagogiques, aucun gouvernement ne paraît actuellement disposé à s’engager résolument dans une politique de transition (écologique, énergétique, économiques). Par conséquent, en dehors des initiatives individuelles ou associatives, l’action en justice, avec ses répercutions médiatiques et jurisprudentielles, paraît être un bon moyen de faire avancer les choses.

Sain Christophe nous fera passer le cap

On n’en entend jamais parler et il ne fait pas non plus les unes. Mais c’est qu’il travaille quand d’autresImage 3 paradent devant les micros et caméras. Nom : Najdovski ; prénom : Christophe ; fonction : adjoint chargé des transports et de la voirie à la mairie de Paris. Anne Hidalgo n’est peut-être pas écolo mais elle a besoin des voix d’EELV. Alors il y va, le prof d’économie. Le plan vélo, c’est lui ; la fermeture de la voie sur berge rive droite, c’est lui ; les vignettes de degré de pollution, c’est encore lui ; le projet tram sur les rives de la Seine, c’est toujours lui, de même que la journée sans voiture. Et puis il y en a encore dans les cartons : l’extension du réseau de transports en commun à la grande couronne, l’augmentation de l’amende pour stationnement illégal. Comme il est aussi en charge de l’espace public, il promeut les jardins partagés et les espaces réservés aux artistes. Qui dit mieux ?

Térenga

Son nom : Jean-Paul Augereau ; son âge : 49 ans ; son mérite : avoir fondé, il y a six ans, pour faire face à tous les problèmes de retraitement de l’eau, la société Opuntias. C’est le nom d’un cactus, de ces sortes de plantes qui survivent dans les déserts avec deux pluies par an… Jean-Paul Augereau a conçu, fabriqué et commencé à distribuer un prodige du même ordre : une fontaine à eau potable qui image-4produit de l’eau bonne à boire en toutes circonstances ou presque. Une mare, une flaque, un puits suffisent à l’alimenter. Pas besoin d’énergie, pas besoin de maintenance ; juste à nettoyer de temps en temps. Un cube en inox dans lequel se succèdent adéquatement cinq filtres, dont le dernier en microcéramique qui retiendra virus et bactéries. Bien alimenté en eau et manœuvré (pompe manuelle), le « Safe Water Cube » peut produire 1000 litres d’eau potable à l’heure ; il suffit à couvrir les besoins en eau de boisson d’un village d’un millier de personnes. Evidemment il va être une bénédiction pour une flopée de villages du Tiers Monde et on en compte déjà plusieurs dizaine en Afrique de l’Ouest; mais il constitue également la bonne solution pour rétablir au plus vite l’alimentation en eau potable quand un sinistre quelconque a détruit les installations qui assuraient ce service ; c’est le cas en Haïti où 15 cubes sont déjà installés. Son coût : 5 500 €, transport inclus. Les O.N.G. du secteur savent désormais ce qu’il leur reste à faire.
Jean-Paul – qui a travaillé des heures pour concevoir cette machine – a, comme on dit, « retrouvé du sens » ; c’est aussi quelque part le sens qui fait retour à ses origines. Au Sénégal où plusieurs fontaines ont été installées, subsiste la tradition ancestrale de la Térenga, c’est-à-dire de l’hospitalité. Autrefois c’est dans tout le Sahel et toute la Méditerranée, que quiconque voyageait et frappait à une porte, trouvait non seulement à boire mais encore à manger et un coin pour s’étendre et passer la nuit. Mais avant le sommeil, le grand plaisir de tous était d’échanger, de raconter… Sans cette haute culture d’avant la société marchande, l’Odyssée n’existerait pas.
Fasse l’Alma mundi que ces fontaines soient le prélude du retour universel au partage et à la sobriété heureuse.
Ici des verres d’eau levés ensemble, peut-être à ce rêve. Et là le site d’Opuntias.

Wattway by Colas

Colas, c’est une filiale de Bouygues et le wattway, c’est le way qui produit des watts ; image-3 autrement dit le revêtement routier qui accumule et redistribue de l’énergie solaire. Après la route made in USA qui recharge les moteurs de voitures électriques et la piste cyclable made in Poland qui se charge le jour et éclaire la nuit, celle-ci paraît particulièrement prometteuse : 1 km de ce revêtement sur la largeur d’une départementale peut alimenter 5 000 personnes en électricité et en équipant un quart des routes en France, on assure l’indépendance énergétique… sans nucléaire. Last but not least : ne nécessitant aucun aménagement pour être fixé sur les routes, tolérant le passage des gros camions, globalement accessible au rayonnement solaire, gérable par des communautés locales. Trop beau pour être vrai ? On verra : en cours d’expérimentation dans 3 localités. WFYPoUSA

Centrale de Kembs, géniale réalisation !
image-1EDF vient de concrétiser avec la mise en service de la nouvelle centrale de Kembs sur le Rhin, tout ce à quoi on peut aspirer en matière de développement durable. Une centrale hydroélectrique dont les deux turbines produiront 28 millions de kilowattheures, soit de quoi couvrir la consommation annuelle de 8 000 ménage. Mais a également réalisé, sur l’Île du Rhin, un parc naturel d’une centaine d’hectares, la remise en eau d’un bras mort du fleuve et le rétablissement de la voie migratoire des saumons – ce qui en plus augmente les performances de la centrale – et enfin la restauration des gravières naturelles par la destruction progressive de l’ancienne digue du site d’origine.
Toute l’intelligence du projet initial réside dans la prise en compte scrupuleuse de l’environnement local et des améliorations qu’il était susceptible de lui procurer. Bravo aux concepteurs et aux ingénieurs qui ont mené à terme ce chantier exemplaire. Cette intégration de toutes les composantes du lieu dans un projet de développement durable, c’est ce qu’on pourrait nommer le standard El Hierro. Peut-être pourrait-on étendre ou augmenter les termes de la loi Biodiversité en stipulant que tout projet industriel devra désormais comporter au moins deux réalisations annexes relevant de ce standard (optimisation du panel énergétique sur la base des ressources locales durables, restauration ou création d’un biotope, constitution d’un système de stockage de l’énergie, habitat à énergie positive, et c…)

Brachoua, ou la résurrection
Il n’y a pas si longtemps, dans cette petite communauté rurale des environs de Rabat, on allait chercher de l’eau au ruimage-3 et il n’y avait pas d’électricité. Et puis quelques villageois se sont rendus à une session de formation organisée par l’association Ibn al Baytar. C’est le nom du plus grand botaniste du monde arabe ; l’association qui le porte, si elle promeut la culture de l’argan – l’huile miracle pour la peau et la santé – propose aussi des formations, en particulier d’alphabétisation pour les femmes en milieu rural. Mais ceux de Brachoua, c’est pour la permaculture qu’ils ont eu le coup de foudre. De retour ils ont convaincu une soixantaine de familles de se lancer dans l’aventure. Et il a fallu à peine trois ans pour que le village voit pousser en abondance les fruits et les légumes. On a vendu des paniers en ville, on a fait de la restauration au village et puis, la renommée aidant, on a commencé à accueillir des randonneurs. Quand le soleil ni l’eau ne manquent, il n’y a pas de fatalité de la misère.

image-2Lundi 3 octobre 2016 : 7 organisations catholiques se sont engagées à retirer leurs fonds des entreprises intervenant dans le secteur des énergies fossiles, certaines replaçant directement cette part de leurs avoirs dans les renouvelables. D’autres organisations religieuses chrétiennes les avaient précédées dans cette heureuse initiative.
Quoiqu’on connaisse les positions très écolos du pape François, le Vatican se fait encore attendre sur ce terrain-là. Il est, avec l’Arabie Saoudite et quelques autres, l’un des 7 états à ne pas même avoir signé l’Accord de Paris ; il faut croire que la curie n’a pas perdu, en matière de trafics de fonds, ses bonnes vieilles habitudes.

Monsieur le maire, bravo!
Ça se passe en Dordogne ; un petit village qui, comme tant d’autres, était en train de s’éteindre, revit image-5miraculeusement. Saint-Pierre-de-Frugie – c’est son nom – commence son histoire récente par la séquence habituelle : les vieux meurent, les jeunes partent en ville chercher du boulot, on ferme l’école… Et puis Gilbert Chabaud, devenu maire en 2008, se dit qu’il faut faire quelque chose. Et pourquoi ne pas tenter de retrouver la vie d’avant ? Avec des rires d’enfants sur le chemin de l’école, de bonnes discussions avec les copains au bistrot, des produits sains dans l’épicerie, des randonneurs qui viennent faire un tour et passer une nuit au gîte rural, des papillons et des abeilles dans les jardins… Alors la mairie bannit les pesticides, embauche une institutrice Montessori, réactive le bistrot comme cantine scolaire, institue un jardin partagé en permaculture, ouvre 9 sentiers de randonnée alentour… et le village revit si bien que de nouveaux arrivants rachètent des maisons… avec inversion de la courbe démographique. En projet, la priorité aux piétons dans l’enceinte du village et la transition énergétique. Qui dit mieux ?

Christophe Chaumont, prix Nobel de restauration scolaire
Il exerce à Paris,au lycée Janson de Sailly, le plus grand de France. Arrivé en 2013 dans cet établissement de 3850 élèves dont 600 internes – soit environ 3000 repas par jour -, il a eu le projet un image-2peu fou de faire « comme à la maison » : du bio, du local et de l’écologique. Et il s’est mis au travail, embarquant son équipe dans l’aventure. Contacter les producteurs locaux et / ou responsables, établir les menus en fonction d’une carte des saisons, évaluer les déchets pour recaler les portions, biorecycler lesdits déchets (lombricompostage et poules), du coup créer un potager pédagogique, avec des plantes mellifères, et de là deux ruches… potager arrosé exclusivement à l’eau de pluie, dans lequel, en prime, on trouve encore, en dehors des fruits et des plantes aromatiques, 10 variétés de rhubarbe ! De quoi alimenter la méditation des futurs biologistes en matière d’ ontogenèse et d’avantages adaptatifs. C’est sans doute un peu plus cher à l’achat mais il y a des externalités positives ; par exemple la taxe sur les ordures ménagères a été divisée par 3 ! Christophe a encore planté deux prunus… cette fois, méditation sur l’avantage de la chlorophylle rouge pendant les périodes glaciaires… Coup de chapeau au proviseur et à l’intendant qui ont soutenu leur technicien territorial dans cette initiative. Cerise sur le gâteau : tout le matériel est désormais mif (made in France).
Vous n’aimiez pas la cantine ? Vous allez adorer le restau-responsable ! Délégués des élèves, agents, parents, administratifs, enseignants, vous pouvez faire la même chose dans votre établissement grâce à la restauration collective responsable. Conseil de l’intéressé : « Lancez-vous… et n’ayez pas peur de la critique ! »

My infographie
Allison Chan est étudiante en design interactif à l’université de Washington et ce tableau, à la fois synthétique et analytique, est l ‘excellent résultat du travail de son année de licence. Pour y regarder de plus près, télécharger le document ; après avoir pris connaissance de l’ensemble, cliquer sur le quart image-2qu’on souhaite examiner en détails.
Vous relèverez que la France est le plus vertueux des pays développés ; elle le doit à l’énergie nucléaire, que ça plaise ou non aux intégristes de l’écologie. Certes les réacteurs actuels constituent eux aussi une impasse, avec deux ou trois problèmes insolubles : les déchets, le démantèlement, la corrosion des générateurs de vapeur. Mais la transition énergétique ne se fera pas d’un coup de baguette magique, du moins tant qu’on n’aura pas résolu de façon satisfaisante le problème du stockage. Il faut donc continuer à implanter, partout où on le peut, des sources d’énergie renouvelable adaptées à l’environnement, créer parallèlement des structures de stockage (réservoirs méthane, lacs de retenue, et c…) et compléter le tout avec des réacteurs au thorium. Ceux-ci ont toutes les qualités requises pour cet emploi : petite structure, combustible accessible, coefficient de vide négatif, auto nettoyage.
En attendant bravo à Allison qui, en diffusant au plus grand nombre les données du problème, va permettre à tous d’avancer plus vite vers les solutions.

Agroforesterie : même en Ethiopie
Dans ce village des hauts plateaux, c’est le maire qui fait la loi depuis 30 ans. Et néanmoins ses habitants Image 4n’ont pas à s’en plaindre. Abo Awi les a mis en demeure, il y a une quinzaine d’années, de faire un choix : ou bien partir (ce que certains ont fait, puisqu’on mourrait de faim à Abreha We Atsbeha comme ailleurs), ou bien mettre en application le dispositif qu’il avait conçu.
Résultat des courses : au bout de quinze ans le village est luxuriant et certains des partants sont revenus. Ce dispositif tient en trois termes : association, rotation et protection des cultures, politique de l’eau, travail communautaire. Et il fait des émules ailleurs.
Côté cultural, c’est une espèce d’acacia géant qui est le pivot de la réussite ; il protège les arbres de rapport, il enrichit le sol et limite l’évaporation, il nourrit en partie le bétail ce qui évite les divagations destructrices. Pour l’eau, il a fallu combiner les nouvelles ressources (puits) et la captation (digues) ; si les pratiques agraires se maintiennent (compostage notamment), la diminution des besoins en eau devrait permettre de parvenir à l’équilibre par la reconstitution des réserves. Chaque membre de la communauté doit 40 heures mensuelles de travail d’intérêt général ; ceux qui se sont défilés doivent comparaître debout, au conseil, devant la communauté.
Zïna läzälalämï Abreha We Atsbeha… en amharique 😉

L’université de Yale a publié son classement international EPI = Environemental Performance Index 2016, ce qui donne, pour les 10 premières places : 1° – Finlande, 2° – Islande, 3° – Suède, 4° – Danemark, 5° – Slovénie, 6° – Yale EPIEspagne, 7° – Portugal, 8° – Estonie, 9° – Malte, 10° – France.
Les critères retenus sont multiples et variés ; quelques exemples : qualité de l’environnement, vitalité des écosystèmes et biodiversité, santé publique, qualité de l’air et qualité de l’eau, résilience de l’agriculture, exploitation raisonnée des forêts et des pêcheries, exposition au risque environnemental, accès à l’eau potable et à l’électricité, protection des écosystèmes et des espèces.
Quelques mauvais élèves : Chine : 109° ; Turquie : 99° ; Arabie Saoudite : 95° ; Algérie : 83° ; Brésil : 46° ; Belgique : 41° ; Japon : 39° ; Russie : 32° ; Allemagne : 30° ; Etats-Unis : 26°. Tout ça montre à l’évidence que les moyens financiers ne sont pas en eux-mêmes suffisants pour engendrer des pratiques de protection de l’environnement et des ressources naturelles ; il y faut une politique publique résolue. Mais d’un autre côté aucun pays du Tiers Monde – et d’Afrique, en particulier – ne décroche un classement acceptable. Autrement dit pas de moyens, pas de protection possible… ce qui, une nouvelle fois, plaide pour la rapide mise en place du fonds vert. Voilà une destination toute trouvée pour la future taxe sur les transactions financières…

Marseille Provence Afrique Coopération

C’est le nom de l’ONG qui s’est instituée sur la base de l’extraordinaire invention de Jean-Marc Philip : un appareil maniable, réparable, facile à entretenir et à alimenter en énergie, et, surtout, capable de rendre l’eau potable. En plus il est léger (moins de 23 kg), aisément installable (sur un circuit existant), et il produit environ 1m3 d’eau potable par jour, de quoi procurer quotidiennement à chaque membre des communautés villageoises africaines où il est mis en place, une eau débarrassée de tous les pathogènes habituels. Son Image 2coût est de 2€ par an et il crée des emplois. Il a par ailleurs été baptisé Providence.
Jean-Marc a travaillé 10 ans sur ce projet, passant probablement moins de temps sur l’optimisation de la technologie (UVc) que sur l’adaptation de l’appareil aux conditions locales (panneau photovoltaïque, en particulier). Plein succès, là aussi, puisqu’à l’heure actuelle déjà une trentaine de villages d’Afrique de l’Ouest en bénéficient. Il a été secondé par Lucien Palmas et Roland Malavialle ; et puis ils ont été rejoints par des bénévoles qui vont même, le cas échéant, jusqu’à faire le voyage d’accompagnement en Afrique.
Il y a dans cette exigence de solidarité et de pertinence, quelque chose de l’esprit de René Dumont qui a peut-être inspiré Image 1ce jeune ingénieur agronome quand il faisait ses études à Agro Paris Tech. En tout cas Jean-Marc Philip, qui travaille par ailleurs pour la Société du Canal de Provence – également partie prenante du projet – s’est spécialisé dans les problèmes d’approvisionnement en eau. On ne pouvait mieux faire ; dans le monde de la déstabilisation climatique, la régularité de l’approvisionnement en eau est appelée à devenir le problème majeur.
Subsidiairement si les princes qui nous gouvernent doutent encore de l’urgente nécessité d’abonder le Fonds Vert, qu’ils se disent qu’en faisant ce qu’il faut, c’est à des projets comme celui-là qu’ils permettront d’exister.
Dernier point : on peut adhérer à MPAC en adressant un mail à mpacooperation@free.fr.

Albi la verte et vertueuse

Dans cette ville d’un peu plus de 50 000 habitants l’équipe municipale a décidé de parvenir dans la décennie qui vient à la sécurité et à l’éco-compatibilité alimentaires. Comment fait-on ?
D’abord les lignes de force du projet : 1° Que toute la nourriture provienne de terres agricoles situées à l’intérieur d’un cercle d’un rayon de 60 kms autour de la ville. 2° Qu’elle soit obtenue selon les principes de l’agriculture biologique.
Ensuite sa mise en œuvre : 1° Préemption de toutes les friches agricoles de cette zone. 2° Cession quasi gratuite à des agriculteurs (70 € de loyer annuel par hectare) contre le double engagement de pratiquer l’agriculture biologique et de vendre priritairement leur production à des détaillants albigeois.
AlbiEt ça marche ? C’est bien parti : 73 hectares dores et déjà intégrés au projet – dont 8 mis en culture – et sept emplois créés. Reste à convaincre la grande distribution (l’un des objectifs de l’opération est évidemment d’éviter les interminables trajets carbonés des fruits et légumes…) et par conséquent, les consomm… acteurs. Suggestion : un label « mia » (made in Albigeois).
Comme cette équipe – c’est une rareté – est parfaitement consciente du problème crucial à venir, celui de la sécurité alimentaire, elle a ouvert les platebandes de la municipalité à Incroyables Comestibles (fruits et légumes plutôt que fleurs et gazon) et s’est engagée dans une politique de réhabilitation des jardins ouvriers et urbains ; celui de l’université, en particulier, permet aux étudiants non seulement de manger des fruits et légumes mais encore ceux qu’ils ont cultivés ensemble, dans le respect des équilibres naturels.
Gouverner, c’est prévoir. Chapeau bas à Stéphanie Guiraud-Chaumeil, maire d’Albi « la Rouge » étiquetée « divers droite »… mais diversement et, apparemment, écolo dans l’âme ; et à Jean-Michel Bouat, son adjoint UDI, délégué au développement durable et à l’agriculture urbaine, écolo convaincu… et convaincant. Pas sûr, pourtant, que l’écologie en actes soit encore longtemps compatible avec le libéralisme économique ;).

Standing ovation pour Emmanuel Faber, directeur de Danone

Il avait été invité à H.E.C. – où il fut lui-même étudiant – pour la cérémonie de remise des diplômes. Et pas un instant ces jeunes gens et leurs professeurs n’auraient pu s’attendre à un discours pareil. Discours de la souffrance d’abord, de ce Image 2frère interné périodiquement en hôpital psychiatrique et qui finit par mourir de sa schizophrénie ; discours de l’ouverture ensuite, à ce monde des humbles qui avait su justement s’ouvrir à ce frère ; discours de la lucidité sur ce monde, enfin regardé en face. Et c’est à cela justement que ces jeunes gens aspiraient secrètement ; qu’on cesse de leur raconter des bobards, de leur servir du convenu qui n’a plus prise sur le réel. Ils le savent bien que ce monde va mal. Emmanuel l’a parcouru de bidonville en bidonville et il en a rapporté les clefs. Sur le vif… Passant du français à l’anglais – et pourvu que ça fasse le tour du monde (c’est bien parti !) – You were told there was an invisible hand ; there is none ; or there may be one, but it’s broken. Trois choses encore sont proposées à votre désirs : la gloire, l’argent, le pouvoir. Résumé : les deux premières ne servent à rien, la dernière, seulement si on s’en sert pour transformer ce monde, justement. Il n’y a pas de transition écologique possible sans justice sociale, sans égalité… et il n’y a pas de survie sans transition écologique. Ecoutez-le ; il en vaut la peine.

Ode au village étoilé

C’est dans la Drôme que se situe Saillans, petit village de 1200 habitants et fleuron de la démocratie participative. Les Saillansons ont décidé d’en finir avec la pollution lumineuse nocturne et donc quand la nuit est bien avancée et que chacun est rentré chez soi, on éteint les lumières. Ça permet aux insomniaques de contempler la Voie lactée quand le ciel est dégagé Image 1(ou, autrement, la lune à cache-cache avec les nuages) et à la municipalité de faire des économies.
Comment tout cela a-t-il commencé ? En 2014 la liste « Autrement pour Saillans, tous ensemble » l’emporte aux élections municipales. Avant, comme ailleurs, on se contentait d’élire un maire… jusqu’à l’élection suivante, chacun râlant ou se félicitant de ce que faisait ledit maire en attendant ladite élection suivante. En l’occurrence, en 2013 les choses s’étaient passées un peu différemment : quand le maire d’avant avait voulu implanter un supermarché Casino à 1 kilomètre du village, levée de boucliers (comme quoi Astérix ne demeure pas qu’en Bretagne…) : manif, pétition… ledit maire lâche l’affaire et les Saillansons réalisent qu’au fond, rien ne leur interdit de gouverner ensemble leur village, de décider d’un commun accord et de mettre en œuvre ce qui est bon pour la communauté. De là cette liste étonnante, collective et sans programme, en tête de laquelle on a placé un type… qu’on a prévenu par mail ; un type bien, tout simplement. Et pour le programme, on avancera pas à pas, en fonction des problèmes rencontrés et après avoir examiné ensemble les meilleures solutions possibles. Ce qui donne :
– sept commissions permanentes à la mairie, réfléchissant respectivement sur les rythmes scolaires, la circulation et les parkings, la salle des fêtes, le lien social, le lit de la Drôme, la santé. Avec bilan annuel.
– un conseil des sages veillant à l’éthique des projets en train d’émerger : transparence, collégialité, participation.
A Saillans, hors de l’esprit de parti, le terme de politique – organisation de la cité – a retrouvé tout son sens… et celui de démocratie aussi : gouverner par le peuple et pour le peuple. Ce qui en émerge : un réaménagement du plan local d’urbanisme, le recyclage de la vieille perception en maison de santé, des logements sociaux à énergie positive. En attendant la suite…

Bye Mister Ban and thank you.
Khi-moon est né en Corée, dans un village à la campagne où son père était entrepreneur. Pendant la guerre Nord-Sud, la famille s’est réfugiée dans les montagnes. Et puis c’est le lycée où Ban Khi-moon est un bon élève. Au terme de sa formation il parle parfaitement trois langues. Très tôt, il a exprimé le désir d’être diplomate. Etudes terminées, il commence par être ministre dans son pays avant d’aboutir à l’O.N.U.Image 1
En décembre 2016, il y achèvera son second mandat comme Secrétaire général. Les critiques ne lui ont pas manqué mais le plus bel hommage lui vint de Joseph Nye, universitaire de haut vol, qui le définissait comme : « un mélange rare d’analyse claire, d’humilité et de persévérance ».
Il en fallait pour conduire à son terme, avec d’autres, l’entreprise titanesque de la COP 21… et pour continuer ensuite à tenir fermement les rênes, comme il le fait encore.
Mais c’est l’initiative qu’il vient d’avoir avec les assureurs de la planète qui lui vaut ici la palme.
Il les a réunis à New-York sur la question de la résilience au changement climatique. L’essentiel de sa communication : d’une part il est crucial de mettre en place des structures de gestion collective des risques climatiques, d’autre part il importe au plus haut point que les capitaux considérables dont disposent les compagnies se portent sur les investissements à empreinte carbone réduite. Enfin le secrétaire général a insisté sur la nécessité de la prévention et a proposé aux assureurs de travailler en synergie avec les Nations-Unies : « Nous devons passer de la gestion des catastrophes à la gestion et à la réduction des risques ». Un mélange de finesse, de pertinence et d’honnêteté qui fait qu’il a toutes les chances d’être entendu. Puisse la prochaine ou le prochain « SG » prendre adroitement sa succession.
En plus il est féministe… et grand-père.

Martine le Lu ou la réinvention de l’économie. Docteur en pharmacie, elle s’est avisée, il y a quelques années, de ce qu’il y avait peut-être quelque chose à faire avec les tonnes de coquilles d’huîtres abandonnées chaque année par les ostréiculteurs bretons (environ 15 000 tonnes). Là dessus trois années de recherche assidue et puis elle a trouvé : Image 1une peinture blanche laquée, antidérapante et résistante à l’érosion, qu’il est notamment possible d’utiliser pour les marquages sur asphalte de la signalisation routière et dans la composition de laquelle entre encore deux autres composants renouvelables : l’huile de soja et la résine de pin. Quadruple bonus puisqu’avec ce système, premièrement on économise le pétrole qui entrait ordinairement dans la fabrication de ces peintures, deuxièmement on utilise une matière première disponible localement et là, c’est le transport qu’on économise, troisièmement on diminue d’autant le volume de déchets, quatrièmement on ne prélève aucune ressource épuisable. Donc diminution des G.E.S., circuit court, composants renouvelables et recyclage ; il est notable que les coquilles d’huîtres entre pour 70% dans la composition du produit final. Cerise sur le gâteau : comme l’entreprise est en pleine croissance – augmentation annuelle des ventes supérieure à 10% – elle embauche ! Et ce n’est pas fini : avec de possibles débouchés dans le bâtiment, Ostrécal, la peinture à l’huître, a encore de beaux jours devant elle. Et, sur le plan de l’économie alternative, l’Usine de Kervellerin qui la commercialise, a bien d’autres propositions a faire.

Hans Rudolf Herren, le biovisionnaire. Ce Suisse germanophone a reçu cet honorable surnom du journal en ligne Natürlich en 2008 et ce n’était pas usurpé. En mettant en place une guêpe parasite capable de s’attaquer à la cochenille, ravageur du manioc, il a probablement évité à quelque 200 millions d’Africains une famine sévère. Accessoirement il a la conviction que seule l’agroécologie peut apporter une solution véritable aux problèmes que pose la redoutable conjonction de la déstabilisation climatique et du boom démographique. Il se souvient en Image 1frissonnant des quantités ahurissantes de pesticides déversés dans le plus petit village du Bas-Valais. L’agriculture industrielle est une illusion coûteuse, en dépenses et en impacts sanitaires et agronomiques ; c’est sa conviction et il la défend avec fermeté. Laissons lui donc la parole : « Regardez à quoi ressemblent certaines régions d’Afrique et d’autres continents, ces cultures d’OGM à perte de vue ! Pesticides et herbicides prospèrent, malgré leurs conséquences désastreuses maintes fois démontrées. Les rendements obtenus ne sont pas ceux escomptés. Au Burkina Faso, les paysans, qui ont également perdu la propriété des semences, ont payé le prix fort et n’en veulent plus. C’est tout à fait symptomatique d’un besoin de changement. L’avenir est dans la diversité. Toutes nos études le prouvent, dont celle soutenue actuellement par Biovision au Kenya, en Tanzanie et en Ethiopie : les variétés de maïs, sélectionnés par les anciens, plantées dans un sol sain, non seulement produisent autant que les hybrides mais elles ont également l’avantage de se défendre naturellement contre la plupart des insectes et des maladies. »
Dernier point : « Biovision – Fondation pour un développement écologique » est l’O.N.G. qu’il a créée en 1998 grâce à l’argent du Prix Mondial de l’Alimentation qu’il avait reçu en 1995 pour son travail de préservation du manioc ; s’y regroupent tous les projets d’une agriculture durable en Afrique. La fondation et son fondateur ont reçu le Prix Nobel alternatif en 2013.

Barcelone, première ville au monde à se déclarer « veg friendly »
Ce n’est pas seulement un voeu pieux ; il s’agit bien de mettre en place une politique locale encourageant et favorisant le végétarisme et le végétalisme. Comment, demandera-t-on ? D’abord en participant aux « meat free mondays », autrement dit aux Image 2« lundis sans viande », un mouvement lancé par Paul Mc Cartney (mais oui..), Mary and Stella… auquel ont déjà adhéré San Francisco et Gand. Pour d’autres villes volontaires, le site. Ensuite en veillant à ce que dans tous les selfs des événements publics, on puisse faire le choix d’un menu végétarien ou végan. Enfin en instituant un Barcelona Veg-point où tous les acteurs économiques et sociaux impliqués dans ce secteur d’avenir pourront se rencontrer et bâtir des projets ensemble.
Ce n’est pas un effet de mode. Si cette planète et les hominiens qui la peuplent ont un avenir, il passe nécessairement par le végétarisme ; il importe en effet de réduire les émissions de G.E.S. (dans lesquelles les animaux de boucherie entrent à hauteur de 20%), de diminuer l’emprise agricole de tout ce qui n’a pas d’usage direct dans l’alimentation humaine (seule option pour faire face aux pénuries qu’engendrera la déstabilisation climatique), d’infléchir la courbe des pathologies chroniques induites en particulier par l’alimentation trop carnée (le corps médical risquant d’être suffisamment occupé par les maladies émergentes).
¡ Visca Barcelona i llarga vida als vegetarians ! …en catalan 😉

Dominique Belpomme, cancérologue

Il se bat depuis des années pour une médecine environnementale encore dans les limbes. Les plus récentes découvertes de biologie moléculaires viennent de lui donner raison en ce qui concerne un certain nombre de pathologies, notamment cancéreuses et neurodégénératives. Le mot clef, c’est épigénétique. Jusqu’à une époque récente, quand une maladie était Image 1génétique elle relevait symboliquement d’une sorte de fatalité intrinsèque contre laquelle on ne pouvait rien. Ce qu’on vient de découvrir, c’est qu’un nombre considérable de facteurs environnementaux, en modifiant l’équilibre protéique de la cellule, sont en mesure d’induire des mutations qui peuvent à la fois s’exprimer directement et se transmettre sur plusieurs générations. Si on ajoute à cela le rôle désormais avéré des pesticides dans la cancérogénèse et celui, probable, des champs électromagnétiques, basses et radiofréquences, dans les troubles cognitifs et comportementaux – dont l’autisme – on parvient, ainsi que le fait le professeur Belpomme, à un total de 70 à 90 % de pathologies induites par l’environnement. Ses conseils : manger bio, interdire le portable aux enfants et le limiter pour les adultes, proscrire la wi-fi. Et il est catégorique : non il n’y a pas de fatalité du cancer ou de la maladie d’Alzheimer quand on vieillit ; il y a simplement un environnement délétère dans lequel nous maintiennent de conserve (oui, c’est comme ça qu’on doit dire quand on est puriste…) la pusillanimité des pouvoirs publics et le lobbying forcené des industriels et des actionnaires qui les gouvernent. Son dernier livre : Comment naissent les maladies ( Les liens qui libèrent).

De l’énergie à revendre !

EnertimeEnertime est une entreprise polyvalente qui propose à ses clients toute une gamme de réponses adaptées à la question de la transition énergétique. Fondée en 2008 par Gilles David secondé par Fabien Michel, son équipe est constituée d’une trentaine de personnes, pour la plupart des ingénieurs de différentes spécialités qui interviennent partout dans le monde. C’est dire que sa spécificité est la prise en compte de la totalité des paramètres propres à l’entité qui fait appel à elle. Enertime a acquis en particulier la capacité de valoriser les effluents et par conséquent de proposer le meilleur compromis possible entre production et récupération. Site plurilingue très bien conçu où tout est parfaitement expliqué.

Du rôle ingrat de Cassandre

Son nom : Dennis Maedows. Depuis les années 70, en particulier au sein du Club de Rome, il a décliné cette idée simple sur toutes les notes de la gamme : on ne peut pas entretenir une croissance infinie dans un monde fini. Aujourd’hui, toujours en avance sur cette époque aveugle, il perçoit partout les signes précurseurs de l’effondrement systémique. Pas moins de 5 livres pour tenter d’alerter ses contemporains sur la nécessité de changer de modèle économique ; en vain.Image 2
Le plus célèbre – dont il est coauteur avec son épouse Donella et deux autres collègues du M.I.T.- The limits of growth (Halte à la croissance ?) est paru en 1972. Réédité avec remise à jour en 2004.
Ce qu’il a déclaré en 2012 : « Nous n’avons pas mis fin à la croissance ; la nature va s’en charger ». Prodromes de la catastrophe à venir selon lui : « C’est aujourd’hui que nous entrons dans cette période d’arrêt de la croissance. Tous les signes le montrent. Le changement climatique, la dislocation de la zone euro, la pénurie d’essence, les problèmes alimentaires sont les symptômes d’un système qui s’arrête. C’est crucial de comprendre qu’il ne s’agit pas de problèmes mais bien de symptômes. » (Interview donnée à Terraeco à l’occasion de l’édition française).
Que faire ? Édifier la résilience. Selon Dennis Meadows cette capacité de résistance se structure selon 6 grands axes : 1° Les « tampons  » (Ex : stocks de nourriture). 2° L’efficacité id est la même chose avec moins d’énergie (Ex1 : la voiture hybride ; Ex2 : rendez-vous au bistrot avec les copains plutôt que de prendre le volant) 3° Les barrières pour se protéger des chocs (Ex : les digues de Fukushima) 4° Le réseautage (Ex : l’échange de services entre amis plutôt que l’appel à un service marchand) 5° La surveillance 6° La redondance (élaborer deux systèmes pour la même fonction ; si le premier lâche…)
On peut ne pas adhérer à toutes ses vues ; en tout cas elles sont fécondes et suscitent la réflexion.

Bon anniversaire, Biocoop !

La coopérative de producteurs et distributeurs de produits biologiques fête ses 30 ans, dans la joie et la bonne humeur. Il y a de quoi :
– 200 000 hectares supplémentaires passés en 2015 à l’agriculture biologique,Image 6
– 33 nouveaux magasins ouverts pour le même exercice,
– un chiffre d’affaires en progression de 10%.
Le secret ? Des consommateurs qui en ont assez de se faire empoisonner et une authentique éthique du développement : « Renforcer notre maillage territorial traduit notre volonté d’être un acteur de proximité, et n’est pas là pour faire davantage de profit (…) le premier métier de Biocoop c’est d’être constructeur de filières » dixit Gilles Piquet-Pellorce, son directeur.
Comme quoi il est possible d’en finir avec l’économie de la dévastation, seul effet assuré de la « main invisible ». Production, échanges, emplois, assainissement… pour que chacun y trouve son compte, il faut y travailler.
Allez faire un tour sur ce super site ; vous y trouverez le magasin le plus proche de chez vous ou, pourquoi pas, la procédure pour créer votre propre magasin ou encore, plus simplement, un emploi 😉

31 janvier 2016, jour à marquer d’une pierre blanche

L’île d’El Hierro, de l’archipel des Canaries, est parvenue à atteindre le pari fou que les résidents et sympathisants Image 5avaient pris entre eux il y a déjà 37 ans : 100% d’énergie renouvelable ! Bravo à tous, à Tomás Padrón, élu infatigable, à Alain Gioda, spécialiste au dévouement exemplaire, à Loyola de Palacio, commissaire européen qui a permis en 1986, de passer à la concrétisation du projet, et à tous les autres qui se sont lancés dans l’aventure, avec foi, patience et résolution.
Île vertueuse, à montrer au monde entier, simplement pour que d’autres comprennent enfin que c’est possible. Comment ça marche ? 😉 C’est déjà dans l’EEeL….à l’ article du même nom. Y que viva El Hierro !

Lenge leve Norges!

Ce qui signifie « Vive la Norvège ! »… en norvégien. C’est bien le moins qu’on puisse faire pour une nation où la part des Image 1véhicules électriques vient d’atteindre 17 % du parc automobile. En France on roule des mécaniques – cas de le dire – parce que cette part a cru de 60 % en un an… passant glorieusement de 0,7 à 1,12 %.
Il ne faut pas chercher bien longtemps la clef du succès norvégien : une politique volontaire et résolue dans la durée. En Norvège les véhicules essence diesel sont lourdement taxés alors que les véhicules électriques ne le sont pratiquement pas. Là dessus vous ajoutez une prime à l’achat plus des droits supplémentaires de stationnement et de circulation. Et ça suffit pour enclencher la mutation vertueuse.

Pile : l’avenir, face : la recherche publique !

Bravo au C.E.A. et au C.N.R.S. qui viennent de mettre au point la pile sodium ion. Elle est performante, sa technologie peut apporter une réponse au problème des batteries de stockage des énergies intermittentes (éolienne, solaire) mais surtout elle surmonte Image 1l’obstacle de la raréfaction de la matière première que posait le lithium. Le sodium (les grains blancs sur la photo, c’est du gros sel), on en trouve facilement et à peu près partout. Cerise sur le gâteau : un marché potentiel de 84 milliards de dollars et les emplois qui vont avec… à condition de ne pas se faire chiper les plans par oncle Sam ou cousin Chang.
Les mutations requises pour assurer l’avenir passeront nécessairement par la recherche publique parce qu’elle est la seule à pouvoir intégrer des objectifs non marchands. Sans compter que pour relever le défi du potentiel d’innovation requis par cet avenir incertain, il faudra nécessairement revenir à la recherche fondamentale.
Ici toutes les explications + une vidéo sur cette pile révolutionnaire.

Pierre Pavy, restaurateur, et ses partenaires

Image 1Être en cuisine n’interdit pas de réfléchir. Quand Pierre Pavy a appris qu’à Grenoble où il travaille, il se jette chaque jour à la poubelle une tonne de viande, non pas avariée mais simplement parvenue à la limite de péremption, il s’est dit qu’il fallait faire quelque chose. Alors il la fait récupérer et cuisiner au bénéfice des s.d.f. Le samedi, ils ont encore droit, par ses bons soins, à un vrai bon repas pour le prix d’un euro.
Logistique considérable qui, en plus de l’investissement initial, mobilise la Banque alimentaire locale, la cuisine d’un collège et des bénévoles. Mais la viande cuisinée et mise en barquettes voit de cette façon sa date de péremption prolongée de quatre à cinq jours ; elle est, en outre, beaucoup plus facile à apprêter pour les sans abris.
On n’oublie pas Laurent Fabius pour autant (voir article suivant) mais Pierre Pavy et ceux qui le secondent sont aussi là pour nous rappeler que chacun de nous peut, à son niveau, faire quelque chose pour le bien-être de ses semblables, d’aujourd’hui ou de demain ou les deux.

Laurent Fabius

Longue et prestigieuse carrière, certes. Mais 2015 en a été, secrètement, le couronnement. Le monde ne mesurera probablementImage 2 jamais ce qu’il doit à cet homme sans lequel, manifestement, la COP21 n’aurait pas pu aboutir à un accord universel. Bien sûr tout n’est pas réglé, loin de là. Mais notre courageux et lucide ministre des Affaires étrangères a établi le socle sur lequel il est désormais possible d’édifier un avenir. Un travail acharné, trois nuits blanches et puis un tout ou rien, semble-t-il. Une aide précieuse aussi de Christiana Figueres et de Laurence Tubiana et tous les trois à coeur l’avenir de l’humanité mais aussi une claire conscience des verrous à faire sauter pour aboutir à un accord. Il est là, cet accord. mais il n’entrera dans les faits qu’à proportion de notre mobilisation. En attendant je vote pour Laurent Fabius la Grand-croix de la Légion d’Honneur.
Muriel Grimaldi

L’homme qui parlait à l’oreille des capitalos

Diplômé de HEC, Tristan Lecomte fait ses armes chez L’Oréal… mais en Corée du sud. Ensuite, et très vite, il devient plus qu’un éco-entrepreneur. Il est, et ce n’est pas le moindre de ses mérites, le fondateur d’Alter-éco, pionnier du commerce équitable. Mais avec Pur Projet (visite conseillée), il passe à l’échelon supérieur : il propose à ses collègues chefs d’entreprise de compenser leurs émissions de G.E.S. et autres impacts destructeurs, par des plantations d’arbres. Bien sûr les puristes invoqueront le « greenwashing » ; mais ce qui importe, c’est que ça marche ; c’est que tous les entrepreneurs qui font appel à ses services parviennent grâce à lui au solde « zéro dommage ». Deux exemples :
Tristan Lecomte– Clarins finance la plantation de 10 000 arbres pour compenser les prélèvements d’urucum qu’il importe pour fabriquer ses produits.
– Accor, après une campagne de réutilisation des serviettes dans ses hôtels, s’est engagé auprès de ses clients à réinvestir les économies réalisées dans la plantation de 4 millions d’arbres.
Et c’est comme ça qu’on va avancer : pas à pas, sans miracle, dans le consensus. En plus c’est un écolo pur jus ; citation : « L’agriculture intensive est en faillite. L’enrichissement des sols, la dépollution des eaux, la diversification et la sécurisation des revenus des petits producteurs sont la clé de la pérennité en amont des approvisionnements des grandes entreprises alimentaires » ; il ne se contente d’ailleurs pas de le dire ; il le met en pratique dans la ferme rizicole où il vit en Thaïlande avec son épouse et son fils.
Pas bisounours pour autant : « « Je n’irais pas travailler avec Monsanto, le géant mondial des semences et des OGM. En jouant avec les graines, il met en danger la vie. »
Autrement dit, il a tout compris. Bravo Tristan !

De l’écolonomie et des espoirs qu’elle engendre

Son nom : Emmanuel Druon. Ce qu’on lui doit : Pocheco, l’entreprise idéale qui fabrique des enveloppes à impact écologique positif. C’est possible ? Oui ; il suffit de se mettre à la tâche et de n’en pas démordre, tant qu’on n’est pas parvenu à réaliser ses ambitions… écolonomiques. Oui, vous avez bien lu. Etre écolo, c’est bien ; vouloir du travail pour ses salariés et leur bien-être dans l’entreprise, c’est bien aussi. Mais les deux en même temps, alors là chapeau !
Résumons-nous donc : chez Pocheco, on achète le bois chez des forestiers qui garantissent la gestion durable des forêts, on a mis en place des procédés de fabrication non toxiques, que ce soit les salariés ou pour l’environnement, on a Emmanuel Druonaménagé les locaux de façon à économiser l’énergie (et en produire aussi avec des panneaux solaires) et l’eau de toutes les façons possibles, on a modifié les procédés de fabrication, de stockage et de livraison dans le même but, on a aménagé le site par des plantations judicieuses pour qu’il puisse accueillir des oiseaux, des insectes… Quand le miel des ruches est récolté, il est distribué aux collègues (et ce génial patron, qui a su, en plus, susciter la bienfaisante inventivité des travailleurs, en est un, parmi d’autres). A un bon client Pocheco garantit la plantation d’un arbre toutes les 10 000 enveloppes livrées… Qui veut des arbres de l’écocompensation ? Il suffit qu’une commune en fasse la demande. L’entreprise en a déjà planté plus de 114 000 cette année. Mais le particulier peut aussi acquérir sur la boutique en ligne, outre des enveloppe, des pochettes de graines à semer ici ou là.
En plus Emmanuel Druon écrit des livres. Le dernier, « Le syndrome du poisson-lune », démontre, de la façon la plus éclairante possible, qu’on ne peut pas continuer sur la trajectoire d’une croissance indéfinie sans risquer l’explosion.
Les Pochecos ? Comme ils le disent si joliment eux-mêmes, idéalistes et pragmatiques !
Ça tombe bien : c’est pile poil ce qu’il nous faut pour sortir de la dévastation où nous a plongés ce syndrome.
Le site (super bien fait, comme le reste)… avec tout, tout sur Pocheco : l’historique, les méthodes, les mécanismes de compensation, l’organisation des bâtiments.
Et, au cas où vous auriez raté quelque chose lors de votre promenade virtuelle…. La boutique, le film sur le dernier livre, les visites, l’association, le bâtiment de stockage écolonomique.

Retour à la terre, retour à la vie

Son nom : Bakary Samaké. Malien d’origine, il part faire des études de phytopathologie en Allemagne. Revenu en Afrique, c’est finalement dans le nord du Togo qu’il va mettre en œuvre son projet de retour à une agriculture durable.
Région de savane, impactée par la sécheresse, où de petits paysans survivent à grand peine sur d’étroites parcelles… Image 2C’est qu’ici comme ailleurs, on s’est laissé séduire par les sirènes de l’agriculture industrielle : il faut acheter chaque année graines, engrais, pesticides… et voir les rendements s’effondrer inexorablement. Nous avons compris désormais comment les sols sont détruits par de telles pratiques…
Le coup de génie de notre ingénieux agronome, c’est l’organisation de stages où les solutions de l’agroforesterie et de la permaculture sont proposées mais pas imposées. Les paysans qui s’y essaient chaque année, sur de micro parcelles, peuvent comparer les rendements. Et là, comme on dit, y a pas photo. Dès qu’on adopte ces solutions, la productivité remonte, les revenus augmentent, le sol retrouve son potentiel, les vieilles pratiques traditionnelles refont surface, comme le « zaï », un demi-cercle de pierres pour retenir l’eau de ruissellement. Les paysans convaincus par ces pratiques, une fois retournés dans leur communauté, sont le meilleur vecteur du changement. Les villages revivent. On y replante des arbres ; les racines augmentent l’infiltration des rares pluies ; les branchages morts remplacent le foin dans l’âtre, réservant celui-ci à l’amendement du champ ; on y réapprend à utiliser le fumier.
Dernier point : les stagiaires repartent avec un kit culture, graines et outils. Ce superbe projet est soutenu par AVSF (Agronomes et vétérinaires sans frontières) ; il a déjà bénéficié à 1500 familles.

Les anges jardiniers

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Accueillir des chômeurs avec aménité ? Leur ouvrir les portes de la réinsertion ? Leur permettre de manger bio ? Parvenir à articuler économie solidaire et économie réelle ? Transmettre toutes les techniques d’une agriculture vivrière et durable ? Proposer de Image 2savoureuses recettes à faire avec des restes ? C’est possible, tout ça ?
Oui. Ils l’ont fait et magnifiquement. Petite promenade revigorante dans leur site ; ils y sèment généreusement toutes leurs idées.
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Trois femmes à Cancun

Dans la longue et périlleuse trajectoire des négociations /climat, la Conférence de Cancun (COP16), en 2010, constitue un tournant décisif. C’est là, en particulier, qu’est adopté, à une quasi unanimité, le principe de la limitation du réchauffement global à 2°C ; c’est là encore qu’est institué le Fond Vert d’aide à la transition énergétique des pays les moins avancés.

Trois femmes ont joué un rôle décisif dans la constitution de l’accord final :

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Patricia Espinosa Cantellano, ministre des Affaires étrangères du Mexique ; elle préside la Conférence et met tout en oeuvre pour qu’on sorte de l’impasse antérieure.

Margaret Mukahanana-Sangarwe, diplomate du Zimbabwe ; c’est elle qui a négocié le texte consensuel de l’accord, ce qui constitue un incontestable succès.

Christiana Figueres, secrétaire exécutive de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques le Climat (CCNUCC) à partir de 2010, elle participe aux négociations / climat depuis 1992 et met sa riche expérience au service de la communauté internationale.

Pierre-René Lemas
Directeur de la Caisse des Dépôts et Consignations, il met en place et accompagne vigoureusement la politique de transition écologique et énergétique. Voici ce qu’il déclarait le 30Image 1 juin au journaliste du Dauphiné Libéré, venu l’interroger lors du sommet mondial Climat et territoires : « Sur les infrastructures (routes, équipements publics…), nous nous sommes fixé une diminution de l’empreinte carbone de 15 % en 2020. Sur notre portefeuille immobilier, l’objectif est de 38 %. Reste notre portefeuille de participations financières dans des entreprises pour un total de 22 milliards d’euros : nous avons déjà demandé aux 200 plus grandes de notre portefeuille de mesurer leur empreinte carbone, pour pouvoir ensuite fixer ensemble des objectifs de diminution. » Et si ces entreprises rechignent ? « Nous sommes prêts à nous retirer de leur capital ». C’est dit.
Pour ce qui est des collectivités territoriales, il a opté pour une posture de conseil et d’incitation : il s’agira de « proposer des modes de financement, et aider dans l’ingénierie technique et financière ». Quand on sait que la Caisse des dépôts est présente de façon significative dans le capital de nombreuses entreprises du CAC 40, on peut être assuré qu’elle jouera le rôle qui lui est dévolu depuis sa création : financer les investissements nécessaires à la défense de l’intérêt général. C’est que, comme le dit justement son nouveau directeur : « Pour le climat, il n’y a pas de plan B ».

Le nettoyeur des mers

Il se nomme Boyan Slat et il a vingt ans. A seize ans, comme beaucoup, il s’est ému des tonnes de Image 6plastique déversées et pulvérisées dans l’océan, des poissons et des oiseaux empoisonnés. Mais lui n’en est pas resté là ; il est passé aux actes en décidant de s’attaquer aux « garbage patchs » du Pacifique, avec un projet à la hauteur du défi, « the ocean cleanup ». D’abord bâtir le concept d’une machine à récupérer les plastiques pour les recycler, ensuite conduire une campagne afin de rassembler les fonds, enfin recruter les ingénieurs et opérateurs qui passeront à la réalisation du projet. Ce qui donne, dans l’ordre : – un long bras mobile gonflable équipé d’un sas-réservoir coulissant (contenance : 3000 m3) – 2 millions de dollars récoltés par crowfunding – plusieurs dizaines de bénévoles et de salariés prêts pour l’aventure. Début des opérations ; printemps 2016. Etudiant à l’université de technologie de Delft, Boyan a reçu le prix « Champion de la Terre » des Nations Unies. Et en prime il ressemble à Frodon Saquet 😉
Des nouvelles du jeune homme, qui est en train de gagner son pari ! ça y est, c’est parti !

Michel Griffon

Si une humanité future et pacifiée doit exister, elle dressera des statues de cet homme-là. En Image 3mettant sur pied le concept d’Agriculture Écologiquement Intensive, il a posé la première pierre de la révolution agraire, laquelle se constitue dans une rupture essentielle avec les pratiques antérieures. Il faut désormais renoncer au fantasme d’augmentation indéfinie de la productivité. Dans un environnement climatiquement déstabilisé c’est un fort mauvais calcul, sans parler des coûts environnementaux, économiques et sociaux. il s’agit au contraire d’utiliser et de composer, avec intelligence et discernement, toutes les potentialités renouvelables d’un milieu, relativement à des productions données, variables et compatibles. C’est la seule voie possible pour nourrir les 9 milliards d’êtres humains de 2050. A lire : « Nourrir la planète », 2006, Éditions Odile Jacob.

Vive la vélorution !

Image 2La production des vélos emploie désormais 950 000 personnes en Europe, soit plus que l’industrie de l’acier ou le secteur des mines. Les déplacements à bicyclette, chacun en est désormais conscient, induisent une diminution des émissions de G.E.S., ce qui est une excellente chose. Mais ils ont encore d’autres impacts positifs sur l’emploi, notamment en stimulant la production et l’édification d’infrastructures urbaines et d’ateliers de réparation. Enfin le vélo sera probablement le vecteur principal du développement de l’écotourisme – qui paraît lui aussi promis à un bel avenir – pourvu que les pouvoirs publics se décident à limiter l’hégémonie des automobiles sur les voies routières.

Et la palme d’or revient à … l’Agriculture Biologique !

Une étude approfondie de la Royal Society montre que, contrairement à une idée reçue, la Image 1différence de productivité entre l’agriculture biologique et l’agriculture industrielle ne va pas du simple au double – ainsi qu’on l’a longtemps cru – mais n’est que de 19%. Encore cette différence tombe-t-elle à 9 % dans le cas de cultures associées… 9% sans engrais, sans pesticides, sans O.G.M., sans barrages de réserve d’eau, avec, en prime, des créations d’emplois, des abeilles, des moineaux, des cancers en moins. Qui dit mieux ?
Il faut donc se rendre à l’évidence : en tombant dans le piège de l’industrialisation, l’agriculture s’est fait parasiter, pendant plusieurs décennies, par des trusts empoisonneurs, assoiffés de bénéfices. Le tout pour un gain de 9%… chiffre à rapprocher de celui du gaspillage alimentaire : au moins 30%. Tout est dit.

La communauté d’Emmaus de Lescar-Pau

Maisons Emmaus Escar-PauIci on récupère tout ce que jette la société inhumaine qui est la nôtre : les hommes, les femmes, les vieux meubles, les déchets divers… Ici, avec tout ça, on bâtit un monde vivable pour les exclus. Et ça commence par la maison. Une structure au goût de chacun, qu’on dresse et qu’on habille, avec les moyens du bord et l’imagination du jour. Et quand le gros oeuvre est achevé, le reste est laissé aux occupants… qui se reconstruisent en achevant de construire leur maison. Depuis 60 ans, donc, du recyclage, du solidaire, de l’écologie. Qui dit mieux ? Vive l’abbé Pierre et tout son peuple !                   La video qui remonte le moral.

Marleen Kaptein

Marleen KapteinElle est l’âme de l’éco-quartier de Lanxmeer, à Culemborg, aux Pays-Bas. D’abord spécialiste de et de l’habitat participatif et de l’habitat écologique, elle se forme ensuite à la permaculture. Et puis, pendant plusieurs années, avec des amis et des collègues qui partagent les mêmes vues, elle commence à monter le projet d’un éco-quartier, idéalement autosuffisant sur le plan de l’eau (lagunage à macrophytes) et de l’énergie (panneaux solaires), produisant en outre une partie de son alimentation. Avant même que le dossier soit bouclé, le maire de Culemborg fait appel à l’équipe : il tient absolument à préserver la nappe phréatique de sa commune, tout en favorisant la construction de nouveaux logements. Marleen a alors l’excellente idée d’associer au projet les futurs habitants du lieu. L’urbaniste qui Lanxmer, écoquartierest engagé va s’efforcer de préserver le milieu naturel. Et ça fonctionne depuis 6 ans : petits îlots d’habitations en bois entourées de verdure ; chacune a deux circuits d’eau, avec récupération et retraitement des eaux usées, ferme biologique à courte distance, complétant la production locale, gestion collective du parc, production individuelle de chaleur et d’électricité, préservation et développement de la faune et de la flore locales. On encourage l’usage du vélo et les voitures sont garées à la périphérie. Et ça n’est pas du folklore : il va falloir que ça devienne le modèle universel.

Rob Hopkins

Il est l’une des figures majeures des TT, les « transition towns », dont le nombre s’élève aujourd’hui dans le monde àImage 5 près de 400. Sur le plan conceptuel, la première de toutes était d’ailleurs TTT, « Totnes Transition Town ». Cité ancienne du sud de la Cornouaille, Totnes, comme beaucoup de ses semblables, se caractérisait, il y a 3 ans, quand Rob y débarqua, par un effondrement de ses emplois industriels. Ce jeune prof de permaculture se mit alors à réfléchir, dans l’axe « penser global, agir local », aux conditions permettant d’y faire face simultanément à la déstabilisation climatique, au pic pétrolier et à la perte d’emplois. Après quoi, avec ses camarades, ils définirent ensemble les conditions de la résilience, en l’occurrence de la capacité à relever tous ces défis. Résultats : développement des petits commerces vendant des produits locaux (les bénéfices des supermarchés vont ailleurs et ce qu’ils prélèvent sur les consommateurs ne bénéficie pas à la communauté), création  d’une monnaie locale (pour les mêmes motifs), promotion des énergies renouvelables dans la production d’énergie et les transports (financement des projets réalisé grâce aux investisseurs locaux), valorisation  des idées et des initiatives locales (donc, là aussi, recréation du tissu social), plantation de noyers à l’intérieur du périmètre urbain (les noix peuvent aussi servir en cas de famine). Jeunesse du monde, tu peux encore aller vers le futur avec enthousiasme et résolution !

Pascal Poot que vous voyez ici est en train d’inventer la culture par gros temps, celle qui nourrira demain les Terriens qui parviendront à survivre. Il a créé un « Conservatoire de la tomate » Pascal Pootmais il ne s’est pas contenté, comme le baron de Broglie, son prédécesseur, de rassembler et de préserver les variétés. Il a entrepris de créer des cultivars super résistants, capables de croître et de fructifier sans engrais et sous stress hydrique par excès ou défaut. Comment a-t-il fait ? Cet autodidacte génial a entrepris de réveiller dans ses plants les différents gènes de résistance aux conditions extrêmes. Et ça marche !
Recette : sortez délicatement les graines de la tomate, laissez sécher la gelée qui les empêche de germer mais plantez-les avant moisissure. Une jardinière banale et de la terre ordinaire font parfaitement l’affaire. Placer le dispositif sur du fumier afin que la température enclenche la germination. Replantez et pleine terre et laissez faire (pas besoin d’étayer). Au bout de quelques générations, des plantes robustes et des fruits savoureux. A noter : Pascal Poot vend aussi ses graines et il ne cultive pas que des tomates. Le potager de santé, son site.

ESSENTIELImage 1
C’est une épicerie éco-responsable à Toulouse. Produits locaux et de saison, circuits et origines contrôlés, vente en vrac… et, en prime, un superbe site qui vous explique tout… Toulousains, plus d’hésitations !

Image 2

 

Ça se passe au Québec et c’est une campagne exemplaire conduite par l’association Équiterre. Volontaires et bénévoles organisent des actions de sensibilisation aux transports électriques dans les villes principales : petits voyages en bus, initiation à l’auto « volt », conférences, rencontres avec les propriétaires de voitures électriques qui vous invitent à bord. Et tout ça est bien plus convaincant que le plaidoyer d’un vendeur ou d’un militant : 59% des participants déclarent que leur prochaine voiture sera électrique. Comme l’obstacle principal est le nombre restreint des bornes publiques de recharge rapide, les pouvoirs locaux saisissent assez vite ce qu’il leur reste à faire. Cette synergie des bonnes volontés individuelles et des autorités publiques, Image 1c’est la meilleure façon de marcher. Au Québec, en Ontario, comme en France les véhicules à énergie fossile sont responsables de 40% des émissions de G.E.S. ; c’est le moment de s’en souvenir… Ici, la video et là, le bilan 2014. Et puis, tant que nous y sommes, ajoutons sans hésitation Montréal à ce tableau d’honneur : fermes urbaines, jardins coopératifs, murs verts, plantation du moindre espace disponible, encouragement de toutes les initiatives éco-citoyennes, individuelles et collectives, aucune ville n’a tant fait dans ce domaine. Centre d’écologie urbaine à visiter absolument.

Thato Kgatlhanye, Image 2une jeune Sud-Africaine de 21 ans, vient de remporter le 1° prix du trophée Anzisha, qui récompense chaque année les meilleurs entrepreneurs africains. Elle a eu une idée géniale, et doublement ; fabriquer des cartables en plastique recyclé, équipés d’une cellule solaire. La batterie se charge sur le trajet de l’école, aller et retour et peut alimenter un feu de signalisation en cas de rentrée tardive sur la route. Une fois rentré à la maison, l’écolier peut finir ses devoirs à la lampe solaire puis la mettre à la disposition de la famille pour le dîner. Last but not least : son entreprise, lui a permis de créer huit emplois et de commencer à apporter une réponse au problème de la pollution par les plastiques dans les townships. Sans compter que pouvoir faire ses devoirs le soir, c’est aussi pouvoir accéder à un avenir meilleur.          L’entreprise se nomme Repurpose ; son site. Image 2 C’est à Bordeaux : une épicerie où on apporte ses pots, ses sacs, ses boîtes… pour les recharger en marchandises ;  une épicerie zéro déchets. En prime un site super sympa où on vous explique tout.

Tanmay Telang et Trang Tran Trang Tran est une jeune vietnamienne qui a eu l’idée, alors qu’elle préparait son M.B.A. aux Image 1Etats-Unis, de proposer à ses compatriotes paysans d’utiliser la paille de riz, au lieu de la brûler, pour faire pousser des champignons. Tanway Telang l’a épaulée dans la création de l’entreprise Fargreen qui commercialisera ce produit dérivé. Il se trouve que la paille dont jusque là on se débarrassait par le feu – en envoyant dans l’atmosphère des milliers de tonnes de gaz carbonique –  est localement très productive en champignons, du fait de la chaleur et de l’humidité qui règnent la majeure partie de l’année dans les plaines vietnamiennes. Un faible apport en eau suffit donc à assurer le succès de cette culture. Ce recyclage va  permettre à des paysans pauvres d’accroître sensiblement leurs revenus, leur évitant en particulier de partir travailler  en ville entre deux récoltes, tout en diminuant l’impact écologique de la riziculture. Économie réelle, réduction des émissions de GES, préservation des communautés humaines, c’est tout ce que doit être la transition vers un avenir durable. Bravo à nos jeunes entrepreneurs.

6 réflexions au sujet de « Tableau d’honneur »

  1. Dominique

    J’abonde dans le même sens, c’est tellement bien de retrouver à la même enseigne, toutes ces énergies et projets! Merci!

    Répondre
    1. admin Auteur de l’article

      Merci à vous. Et si vous avez d’autres exemples, n’hésitez pas à en faire part.

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